jeudi 27 janvier 2011

Ne m'oubliez pas !


C'est un rêve que j'ai fait il y a quelques semaines à propos de mon père, mort il y a 3 ans.

Il revient lors d’une réunion de famille, avec l’air pas content, comme si on ne pensait pas assez à lui.
Tout le monde est très embarrassé, évidemment, et par son retour et par la culpabilité.
Tout le monde se demande : c'est vrai, il a raison, est-ce qu’on pense assez à lui ? Est-ce qu'on n'est pas souvent en train de penser à autre chose, de l'oublier tout doucement ?
Et tout le monde est un peu mal (surtout moi) : il a raison de venir nous remonter les bretelles, nous sommes bien en train de commencer à l'oublier.

J'ai encore la sensation de mon embarras au fond de la poitrine.

Je comprends pourquoi les anciens voyaient les rêves comme des signes à respecter : les images sont virtuelles mais les émotions ressenties, elles, sont bien réelles. Vérité du corps, d'autant plus mystérieuse qu'indicible...

Illustration : Squelettes se disputant un hareng saur, un tableau magnifique et dérangeant de James Ensor.

43 commentaires:

  1. Isaac Bachevis Singer a écrit à la fin d'une de ses histoires, "The living die so that the dead can live"... (je ne trouve pas une traduction aussi belle et élégante que la traduction anglaise que j'avais lu originalement...). Et oui... c'est nous qui faisons vivre nos chers perdus.

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  2. Ne serait-ce pas tout simplement les émotions que nous refoulons inconsciemment qui reviennent en force pendant notre sommeil ... votre père est mort il y a trois ans et, petit à petit, vous pensez moins souvent à lui, ce qui me semble normal mais, sans vouloir vous l'avouer, cela ne vous semble pas normal à vous et vous en êtes culpabilisé ... culpabilité qui, refoulée la journée, revient vous visiter pendant votre sommeil ... les rêves servent à nous mettre en contact avec notre inconscient ... pas toujours joli, pas toujours agréable mais utile, parfois.

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  3. Et vous Christophe avez-vous peur qu'on vous oublie ?

    Les rêves ne nous ramènent-ils pas à nous-mêmes ?

    J'ai toujours pensé qu'on était mort lorsque plus personne ne pensait à nous. Alors lorsque je visite un cimetière et que je vois une tombe abandonnée je pense à celui ou celle qui y repose...

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  4. « J'ai encore la sensation de mon embarras au fond de la poitrine. »

    La poitrine est, comme le sein, un symbole maternel nourricier et protecteur. C'est ce sens qui prédomine le plus souvent, le giron maternel. Un rêve de poitrine pourrait être un rêve de nostalgie, un désir de retour en arrière. Ô redondances !

    La poitrine masculine est plus évocatrice d'une notion de force, mais comme la poitrine maternelle, elle suggère un aspect protecteur et enveloppant.

    Tristan-Frédéric MOIR. Psychothérapeute - Onirologue (Jungien)
    Analyse et interprétation de rêves, en direct chaque mercredi de 23h à 1h30 sur "Radio ici et Maintenant".
    Site : http://abcdreve.fr/

    Entrez dans vos rêves - Leurs différents niveaux de lecture, de Tristan-Frédéric Moir

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    PS : Non, ce type n'est pas un charlatan ! Découvrez l'analyse Jungienne, vous m'en direz des nouvelles. Vous m'en remercierez ! Alors, oui, j'en fais la pub !

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  5. Bjr,
    a) L'angoisse d'être oublié(e) après notre mort est-elle universelle ? Pour certains athées, une fois qu'on est mort, il n'y a plus rien. Donc que les autres pensent à nous après, quelle importance ?
    Finalement, ne pas oublier c'est peut-être plus important pour les vivants qui ont ainsi un point d'ancrage ferme, une impression de fidélité éternelle.
    b) qu'est-ce qu'oublier un mort : ne pas penser à lui régulièrement ? oublier une demande/un rite qu'on avait avec lui ou qu'il nous a demandé(e) ? ne plus souffrir autant de l'absence ? pouvoir rappeler ses défauts sans cette sorte de respect post-mortem qui fait que tout le monde est beau, tout le monde est gentil ?
    B.A.

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  6. je me demande si nos morts ont besoin de se sentir présents dans notre vie ? si leur absence devenue présence en nous, c'est à dire incarnée dans nos vies ne leur suffit pas ?
    j'ai l'intuition qu'ils n'ont plus de besoin, sauf de nous sentir heureux. Cela passe-t-il par le souvenir ou par la conscience de cette part du meilleur d'eux qui vit en nous ?

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  7. Culpabilité de leur survivre, de survivre au chagrin qu'on pensait insurmontable, d'accepter l'inacceptable et quelque part de trahir l'amour qui nous liait à eux ...
    Mystères des rêves et de l'alchimie de notre cerveau qui distille patiemment nos expériences les plus traumatisantes pour nous les faire accepter ...

    Bonne journée à tous, même si le billet du jour ne nous renvoie pas forcément à des états d'âme très réjouissants ... la vie quoi !

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  8. Le temps nous change irrémédiablement,il nous fait tout accepter petit à petit, par obligation souvent, même l'inacceptable ? N'est ce pas bien ainsi ? Ce rêve exprime votre prise de conscience de ce temps balayeur et précise votre extrême sensibilité.Vous êtes un homme précieux par votre gentillesse mais vous ne pouvez rien au temps qui passe.Bon courage dans votre chemin qui doit être plein de remise en cause, de recherche du meilleur.Comme il doit être bon d'être votre patient !

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  9. Aprés la mort de ma grand-mére je fis plusieurs réves où elle venait me voir : Dans le premier de ces réves je voyais ma grand-mére prisonniére d'un pays infiniment triste gris désértique . Elle était là , solitaire sur cette terre de cendre et sous ce ciel de plomb ... Dans le deuxiéme de ces réves elle me parlait et me disait d'une voix déséspérée : "J'ai ratté ma vie!" et j'en étais désolée ... Dans le troisiéme de ces réves elle s'approchait de moi et se penchant vers moi elle buvait mon sang dans mon cou "comme font les vampires la nuit de Walpurgis", et je la laissée faire car cet acte semblait la réconforter et la nourir de mon amour ... Dans le quatriéme de ces réves ma grand-mére revenait encore une fois pour me parler et me remercier de l'avoir délivrée et puis elle partait , elle quittait ce pays infernal et désolé .
    Voila , je n'ai plus jamais révé de ma grand-mére mais je sais où elle est et qu'elle va bien maintenant et je suis heureuse de l'y avoir aidée ...

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  10. "Il a raison de venir nous remonter les bretelles" Vous le pensez vraiment ?
    Pensez-vous que vous "remonterez les bretelles" de vos enfants lorsque vous serez dans l'au-delà (ie le plus tard possible, je le souhaite) ?
    On reçoit assez de reproches de la part des vivants, si en plus les morts en ajoutent... Leurs faut-il une tombe de plus ?
    Si leurs esprits rôdent autour de nous (ce qui est une pensée déjà extrêment "agréable" n'est-ce-pas ?), j'aimerais plutôt croire que ceux-ci nous soutiennent et non pas nous chargent d'un poids supplémentaire. Personnellement, lorsque je pense à mes grands-parents (mes parents sont encore de ce monde) je pense qu'ils me soutiennent, et ils le font parce qu'ils m'aiment. Peut-être faut-il justement bien faire sentir à notre entourage qu'on les aime afin que de mauvaix rêves (qui deviennent vite des croyances) ne viennent pas les hanter.

    Lors de ma petite réflexion, une phrase m'est aussi revenue à l'esprit, une phrase que j'ai relue pas plus tard qu'hier "la vérité vous rendra libres" (un hasard ?), je me suis alors posée la question "quel esprit vaut mieux-t-il suivre ?"

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  11. Bonjour Docteur Andre,

    C'est tres etonnant, il y a trois jours vous avez ecrit un post sur le theme On ne peut pas mettre le vent en cage, et vous terminiez par cette phrase:
    "Alors, comment devenir meuniers ou marins de nous-mêmes ?"
    Je n'ai fait aucun commentaire, sauf que ca m'a saute aux yeux ce mot de marin et ca m'a fait pense, tient il se pose la question comment devenir marins....comme son pere. Et voila le post d'aujourd'hui. Ne vous faites pas trop de soucis, finalement c'est plutot bien de voir les gens qu'on aime dans ses reves.

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  12. J'aimais beaucoup mon père qui est décédé quand j'étais jeune. Une nuit dans un rêve je l'ai vu et j'avais enfin oublié qu'il était mort.Au réveil ce qui dominait ce n'était pas la déception de la réalité,mais un sentiment de paix

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  13. Moi je pense qu'il faut laisser nos défunts s'en aller, ils ont tellement de choses à découvrir dans l'au-delà. Les retenir serait comme ne pas vouloir lâcher un ballon de baudruche, alors que c'est si beau de le voir s'envoler tranquillement vers une autre destinée.

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  14. Bonjour,
    je crois qu'aucun parent au monde, surtout de là où il s'en est allé, ne voudrait que ses enfants soient freinés dans leur bonheur par leur départ...C'est ça qui aide les enfants à supporter la mort d'un de leur parent,même et surtout quand ce départ est plein d'incompréhension et de sentiment d'hostilité à l'égard du "destin". Vraiment. On n'oublie jamais ni son père ni sa mère, il vivent en nous....même à l'insu de notre "pleine conscience" et c'est cela qu'ils voudraient.
    Emmanuelle

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  15. Salut à tous,
    Je suis bien heureux de lire les commentaires de ce post et suis ému ! je trouve ca délicieux de voir que certains s'essayent à interpréter le rêve de Christophe André, d'autres lui posent des questions, les rôles sont renversés et encore une fois je trouve ca délicieux ! ca m'aide pour faire moins de transferts...
    Quant aux sujets traités 2 bouquins me viennent en tête : le livre des morts Tibétains de Sogyal Rimpoché je ne l'ai pas lu mais c'est un livre apprécié. Quant à la culpabilité un petit bouquin qui paye pas de mine mais qui en dit long sur le fond : responsable oui ! coupable non ! D'Yves Alexandre Thalmann aux éditions Jouvence.
    Bonne journée à tous
    Fabrice

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  16. Quel incroyable phénomène que le rêve. C'est en soi incroyable que la " Nature " ait inventé cette activité si bizarre qu'est le rêve . J'aime bien la théorie qui l'assimile au fait de ranger pendant la nuit tout ce qui nous est arrivé dans la journée .Quand un évènement est trés chargé émotionnellement, notre cerveau a beaucoup de mal à le ranger , alors il revient dessus comme si il devait mettre une grosse couette dans un sac en plastique trop petit, la couette ressort et le rêve serait cette tentative du cerveau de digérer l'indigeste pour tenter de le faire rentrer dans un coin du placard et ne le ressortir que très épisodiquement .
    Par ailleurs la mort est elle même programmée. Notre " créateur" aurait très bien pu nous faire immortel c'est a dire mortel par accident . Mais "il" ou bien "elle, la sélection naturelle" a préféré programmer une date de fin . Mais "il, elle " a aussi programmé les émotions qui malgré leur allure irrationnelle sont quand même plus efficaces que la privation émotionnelle dans nos prises de décision ....
    Tout cela n' empêche que si "il , elle" avait pu trouver une astuce pour nous mettre 3 ou 4 ans dans un état de rêve dq on perd un enfant par exemple je pense que l'on serait preneur ... Profitons des moments épargnés par l'état aigu du deuil...

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  17. Je n'ai pas connu mon père;je n'ai pas de photo de lui.Je ne me rappelle pas l'avoir rêvé un jour..
    Je pense à lui mais je ne sais pas si le fait de n'avoir rien partagé avec lui fait que je sois ainsi...


    PATOU

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  18. re bonjour,
    le livre des morts est un livre très apaisant. Je le lis pour ma part comme un recueil de poèmes, comme cela, au hasrad des pages...Je me suis souvent sentie apaisée à sa lecture. PAs de réponse aux questions strictes que tout esprit et coeur torpillés par la mort d'un être aimé se pose...mais peut être une autre manière de les poser, un aute regard sur les départs, donc sur la vie....Une autre voie pour vivre avec ce départ qui si souvent vous plante un poignard qu'il est aussi dangereux de garder que de vouloir enlever...
    Bonne journée à vous tous
    Emmanuelle

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  19. Merci Emmanuelle pour votre témoignage, ca me donne vraiment envie de lire "le livre des morts Tibétains".
    Bonne journée à vous
    Fabrice

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  20. Quand vous avez succombé à du harcèlement psychologique de la part de vos collègues de travail avec la complicité de vos supérieurs et simultanément de la part de vos voisins avec la complicité du propriétaire puis de la Régie du Logement durant plusieurs années, perdez la santé, votre emploi, votre capacité à payer vos comptes régulièrement et, en plus de l'épuisement, de la famine et autres privations, de la perte d'autonomie et des humiliations, de la peur et des phobies dues à ces années de souffrance à répétition "non stop", faites en plus face à du harcèlement de la part de vos créanciers, et des sarcasmes de la part de tous les psychologues, organismes communautaires et gouvernementaux auxquels vous demandez de l'aide, que, seul, vous parvenez à réunir un peu de forces pour aller travailler et que l'employeur vous tape encore sur la tête, que les Normes du Travail vous disent malgré une liste détaillée des faits que l'employeur ne fait qu'exercer son "droit de gérance" et que ce que vous ressentez aujourd'hui c'est seulement à cause du harcèlement que vous avez vécu par le passé alors que personne n'a jamais voulu reconnaître que vous avez vécu du harcèlement par le passé et même n'a jamais voulu en entendre parler vous laissant pourrir avec votre souffrance à l'intérieur, quand vous perdez de nouveau cet emploi devenu un nouvel enfer au lieu d'une voie vers la sortie, que vous parvenez encore par vous-même à rassembler un peu de force pour aller demander à des avocats de l'Aide Juridique de vous aider à défendre vos droits contre toutes ces "exigences implacables", et qu'il vous répondent :

    1) que ce n'est pas bien de faire sa justice soi-même (comme si demander l'aide d'un avocat c'était se faire sa justice soi-même),

    2) que ce n'est pas gentil de vouloir se venger (comme si défendre ses droit, sans aucune réclammation pour dommages mais seulement soit pour rappeler ses propres obligations à l'autre partie, soit pour allonger les échéances afin de pouvoir souffler un peu c'était se venger),

    3) que la Justice ce n'est pas un guichet unique et qu'il n'est pas raisonnable de vouloir se défendre contre toutes ces agressions (alors que tous vous traitent comme une pinata et vous tapent dedans pour avoir "ses bonbons" alors que vous êtes saigné à blanc depuis belle lurette),

    4) que de toutes façons la Justice ne sert pas à faire respecter la justice, que c'est un mythe curieusement répandu chez les citoyens (sic),

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  21. (suite)
    quand vous réussissez à tenir le coup, à persévérer, à vous résigner à prendre sur vous et vous démerder définitivement seul, à continuer à rassembler vos forces pour affronter vos peurs et vous remettre à chercher du travail et que là, vous recevez une lettre de menaces du gouvernement de vous couper vos allocations de dernier recours parce qu'il n'est pas capable de mettre plus d'ordre dans ses papiers que vous-même avec tous vos problèmes de concentration et d'organisation, et vous demande des justifications que vous avez déjà fournies à maintes reprises et qu'au lieu de mettre votre peu d'énergie sur laquelle vous avez travaillé pendant des mois pour chercher un emploi, il vous faut la mettre dans des recherches de documents que vous n'avez jamais eu l'opportunité de classer car dès que vous bougez un peu dans votre appartement, le propriétaire vous appelle pour vous dire que les voisins ont entendu un bruit et qu'il faut être raisonnable, qu'il faut respecter leur tranquillité (durant la journée, vu qu'ils ont fait la fête toute la nuit et vous ont empêché de dormir, mais là, ce n'est pas grave, c'est normal que vous entendiez du bruit, les logements ne sont pas isolés),

    ... si en plus, il faut rendre des comptes aux morts, on ne s'en sort plus ! A moins que ce soit la seule et unique façon pour moi d'obtenir justice : aller hanter les vivants dans leur sommeil ?

    Désolée pour ceux qui croient que je suis en train de me plaindre, en fait je suis en train d'acquérir une grande sagesse grâce à toutes ces belles épreuves providencielles. Comme c'est bien fait la vie.

    Pourquoi me plaindre, l'autre jour aux infos un couple disait que la police fermait l'enquête car ce n'est pas criminel de voler un bébé dans un hôpital ; et puis il y a des gens qui étaient dehors par -20°C ces derniers jours, et tout ce que je risque, c'est ce que j'essaie d'éviter depuis des années : aller les rejoindre avec de sérieuses lésions psychiques cette fois, parce qu'aujourd'hui, je sens que je n'en peux plus.

    Ca ira mieux demain.

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  22. Euthanasie : Une idée? un ensemble de téchniques trés rationnelles? un fantasme des vivants face aux agonisants? ... Nous ne connaissons la mort que par la mort des autres . Etre pour? ou contre? la légalisation de l'euthanasie . Je n'ai plus d'opinion , plus aucun avis sur la quéstion ... à la rigueur pour moi-même sans doute , mais certainement pas pour les autres . Je ne voudrais pas mourir en milieux médical . Je voudrais savoir mourir seule , aller au devant de ma mort à moi en m'éloignant du monde des humains , en me trouvant un lieu secret où pouvoir mourir tranquille sans doute telle un animal sauvage car il y a dans la mort une dimention de nature que la civilisation cherche à dompter à controler par l'idée d'euthanasie et cette volonté de controle ne me plait pas du tout . Alors l'euthanasie : pour qui? pourquoi? pour rassurer les futurs mourants? pour rassurer ceux qui réstent? ... Par compassion envers qui finalement? .....

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  23. Je crois, Odile, que la Nature ou le Créateur a même prévu cela, cet état de "rêve", cela s'appelle l'état de choc post traumatique. Et, à part la douleur intense dans la poitrine, on se sent tellement léger, comme un ballon, qu'on n'a pas du tout envie de remettre les pieds sur terre et de subir la pesanteur de la réalité. Mais quand on franchit cette étape, c'est tout le corps qui devient une douleur intolérable avec l'envie de crier pour s'en libérer. Mais comme il ne faut pas crier, c'est comme retenir un éternuement à la puissance 1 milliard.

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  24. On née pour mourir,
    Mais avant, on née pour vivre.
    Vos morts sont nées et ont vécu.
    Vivez avant de mourir.
    Pensez à eux vivants.
    Mais ne vivez pas leur mort
    Laissez la leurs, ils ont vécu leur vie.

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  25. J'étais surprise de la relation que les québécois ont avec "leurs morts" :

    lorsqu'ils rencontrent des difficultés, plusieurs personnes m'ont dit qu'elles s'adressaient à leurs morts pour leur demander de leur venir en aide.

    Je croyais au début que c'était une attitude chrétienne, car la religion est restée présente plus longtemps ici qu'en France, mais je commence à me demander si ce n'est pas une tradition amérindienne dont ils ont hérité, que cet appel aux ancêtres pour veiller sur eux et les protéger.

    Même si, dans ma culture on ne doit pas "déranger", "importuner" les morts, et que j'ai encore beaucoup de mal à m'adresser à eux, je trouve l'idée intéressante pour leur garder une place, un rôle parmi nous. Et cela respecte le sens que c'est aux parents de protéger les enfants (et non l'inverse). Cela dit, une fois que le deuil est fait, et l'idée le facilite aussi, un parent peut aussi demander à son enfant de l'aider, de le guider.

    Si votre père vous reproche de ne pas penser suffisamment à lui, Christophe André, c'est peut-être pour vous reprocher de sous-estimer et d'oublier son rôle de père, et de vous rappeler ainsi que vous pouvez encore compter sur lui lorsque vous avez besoin d'un soutien, d'un conseil, d'une présence forte et réconfortante.

    Bon, je retourne au front. Bonne journée.

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  26. Je suis en complet désaccord avec vous Boulezail .
    Cette sensation de pesanteur je la trouve prodigieusement interessante et je travaille personnellement à la renforcer en moi-même le plus possible . Arriver à cette sensation maximale de mon corps , je trouve cela prodigieusement passionant .
    Personnellement la sensation de légéreté je la trouve banale et ininteressante . Tout les humains (présque tous en tous cas il me semble)déclarent la rechercher . Cette sensation de légéreté m'indiferre . Je travaille à aquérir la plus grande pesanteur possible , et cela m'interesse à sang pour sang .

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  27. Toujours le mot pour rire, Zoé !
    Pour ma part, comme disait Coluche, "je ne suis ni pour ni contre, bien au contraire !"

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  28. Il faut rester dans le sujet, alor:

    BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA ..............................

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  29. rere bonjour,
    le livre des morts est pour moi unouvrage très précieux...si je devais partir loin, sans rien ce serait lui que je choisirais:-) c'est vous dire:-)
    Le travail du deuil est un moment bien singulier...où parfois, on est au seuil de perdre la raison. C'est un séisme intérieur comme le qualifiait Julie Bertuccli, qui a fait un très beau film sur le sujet "L'arbre", avec la chavirante petite Charlotte Gainsbourg...Oui, un séisme, une période où l'on est poussé aux frontières de soi où tout, jusqu'à notre propre existence, semble...irréel, ne pas nous appartenir...Dans ces moments d'incrédulité, il m'arrive, oui, d'appeler "maman...maman aide moi..." et le fait de le dire, d'en pleurer, et même si c'est douloureux, et bien, j'ai l'impression de réintégrer ma personnalité...alors oui, nos défunts doivent bien, quelque part, nous aider...de là où ils sont et où nous ne sommes pas...
    rebonne journée à tous et à vous...Fabrice M:-))))
    Emmanuelle

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  30. Bon , si vous voulez Boulezail , et pourtant c'est exactement ce que je pense et ce que je fais . La légéreté comme sensation corporelle je la connais depuis ma toute petite enfance , avec sensations de sortir du corps et tout ça . Donc je peux le ressentir quand je veux . Je n'explique pas plus , et je n'explique pas non plus pourquoi je n'explique pas . (en gros je ne tiend pas à ce que quelqu'un qui me lirait puisse comprendre) . Mais travailler sur la recherche de la sensation de densité maximale , cela me passionne complétement . Vu votre réaction je n'expliquerai pas non plus comment et pourquoi . Bon , juste une piste malgrés tout : lisez ou relisez LAO TSEU si cela vous interesse , mais pas au premier degré bien sûr ...

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  31. Je partage l'avis de Raphaele, Emma et anonyme de 9:30. Je n'aimerai pas que mes enfants culpabilisent et soient tristes...Cela ne fait rien si ils ne pensent pas à moi, du moment qu'ils sont heureux.
    Je pense souvent à mon grand père qui est mort il y a plus de trente ans et à ma prof -directrice de thèse- que j'aimais beaucoup et qui n'avait pas d'enfants. Mais je suis sûre qu'ils ne m'en voudraient pas si je n'y pensais pas...
    C'est assez narcissique de vouloir être toujours là, dans les pensées des autres, non ?

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  32. Docteur André,
    Je me permets de donner un sens à votre rêve d’après ma façon de voir les choses, je crois que votre père attendait beaucoup de vous de son vivant, c’est comme ça que j’ai compris votre rêve, pour moi la culpabilité qu’ont les enfants (quel que soit leur âge !) a toujours des racines dans l’éducation, en tout cas moi je me culpabilise pour tout et je sais pourquoi je fonctionne ainsi !
    Bien à vous
    PS : Est-ce qu’on a le droit d’essayer de s’expliquer votre billet, réaction plus adéquate peut-être serait de parler de nos expériences qui ont un lien avec votre témoignage ?

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  33. "On est dans le monde suivant la maniére dont on le voit"...(?)... Soit , pourquoi pas ... Mais , si on voyait le monde suivant la maniére dont on y est ? ... Hein ? DOC ! ... Finalement ...
    Bon , moi je vous dis ça , c'est rapport au tableau du Baron et de la citation de Hegel ... Je me suis dit ... Et puis voila

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  34. les rêves comme une autre intelligence qui nous donnent l'occasion de ressentir dans notre chair les choses qui vont nous déplacer ?

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  35. C'est souvent des bricoles qui nous font penser à nos parents "mon père aimait bien quand.... mon père adorait le .....Quand mon père revenait de..." On n'oublie pas, on n'y pense pas , mais ils sont souvent présents par association d'idée...
    Et puis la TOUSSAINT !!! On y pense bien en achetant nos chryanthèmes............;)

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  36. Les rêves, comme une autre sphère d'interprétation, comme une voie d'appréhension de nous mêmes...Comme l'est l'imginaire, dont ils sont si proches...Connaissez vous cette si belle phrase de Fellini? "Tout ce que j'ai vécu de plus vrai,je l'ai imaginé"....
    Bonne soirée à vous tous
    Emmanuelle

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  37. Peut-on se débarrasser - à jamais - de notre culpabilité ? Aviez vous tout régler avec votre père ? ou ne règle t-on finalement les choses qu'avec soit même ? Pouvons nous répondre à toutes nos questions ?
    "Si tu oublies les prénoms
    Les adresses et les âges
    Mais presque jamais le son
    D’une voix, un visage"
    Ton héritage (B. Biolay)

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  38. "Squelettes se disputant un hareng saur, un tableau magnifique et dérangeant de James Ensor."

    Dieu Que le monde est triste ! Vanité, vanité, tout est vanité ! Tout s'en va ! Aimons-nous les uns les autres ! La vie est trop courte pour nous haïr !

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  39. Au fur et à mesure de mon propre vieillissement je modifie mon regard sur mon propre père décédé et sur ma propre mère , bien en vie. Je m'interroge sur les secrets de leur intimité au cours de leur vie. La longévité de ma mère m'a permis au hasard d'un voyage de reccueillir des confidences de sa part mais qu'en est-il de ce qu'a vécu mon père en tant qu'homme? Je ne suis pas confrontée à l'oubli mais bien plutôt à l'ignorance ...

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  40. Une personne peut encore porter le deuil,
    alors que d'autres en ont fait le deuil.
    Chacun à son rythme...

    Et puis... les Chrétiens ne portent-ils pas tout le temps le deuil du Christ en célébrant sa mort (et sa résurrection aussi) ?

    Et puis ... il n'y a que les "fous" qui devant la mort de leurs proches continuent de vivre comme s'ils sont éternels....


    Amicales pensées, Dr André,
    ainsi qu'à ceux et celles qui sont dans le deuil.

    l.n

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  41. Oui , l.n , les chrétiens sont en deuil pathologique par rapport au Christ , c'est pour cela qu'il s'obstinent à en porter le deuil . J'y vois aussi un signe de leur masochisme et de leur dolorisme qui les a conduit à détruire le monde au nom de l'expiation . Le christianisme est un systéme sado-masochiste .

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  42. Bonsoir,

    Je n'etais pas passe sur le blog depuis un moment, et en y revenant (il y a quelques jours) j'ai ete surpris par un changement de ton, parfois bien plus incisif que d'habitude (voire agressif)...
    Bon...
    Et puis, j'ai lu la preface de C A pour le livre collectif qui vient de sortir...
    Et la, j'ai pu reconnaitre un certain nombre de billets qui nous avaient ete proposes.
    Du coup, nous lecteurs et intervenants dans ce blog, ne sommes plus seulement des individus reagissants a un autre individu nous livrant ses etats d'ame (ce que je croyais, un peu naivement...) mais nous etions en fait des champs d'experimentation...
    Bon...
    Personnellement, ca ne me gene pas plus que ca, mais autant que cela soit clair...
    et du coup je comprends un peu que pour certains, le ton soit un peu monte... deception deception...

    Duduche

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  43. je suppose que ce message ne sera pas enregistré puisque le site est fermé
    dommage je l'ai découvert trop tard
    moi j'aimerais bien arrêter de rêver de "mes morts" (mon mari décédé en 2006, mon père en 2008 et même ma mère en 1974)
    si j'arrivais à les oublier (surtout mon mari) je pourrais enfin reprendre le cours de ma vie

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