vendredi 26 mars 2010

Trois capacités négatives


Le poète John Keats nous incite à cultiver ce qu’il nomme des « capacités négatives », et dans lesquelles il voit une forme de maturité et d’achèvement psychologique.
Il s’agit de la capacité à tolérer en soi l’incertitude, le mystère et le doute, sans vouloir aussitôt se raccrocher à du concret et du rationnel (pas si négatif que ça, finalement).
Ce sont évidemment des paroles de poète (Keats estimait que ces capacités négatives étaient indispensables au travail littéraire).
Mais ce qui est vrai pour la littérature ne l’est-il pas aussi, assez souvent, pour la vie de tous les jours ?

Illustration : le masque mortuaire de Keats.
Et pour les lecteurs anglophones, le passage original : "I mean Negative Capability, that is when a man is capable of being in uncertainties, mysteries, doubts without any irritable reaching after fact and reason."

60 commentaires:

  1. Bonjour,
    Un bon sujet de méditation ...
    Bon week end

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  2. Ouf, j'ai eu PEUR, pour la première fois, j'ai allumé mon ordi et votre billet n'était pas là!

    The Song of the wandering Aengus
    Interprétation magistrale du troubadour italien Angelo Branduardi du poème de J. Keats
    http://www.youtube.com/watch?v=y2jsLXQjrf4
    (sinon taper Branduardi aengus, youtube)

    Pour vous Christophe et pour tous les lecteurs de ce blog.

    "Aime-toi et la vie t'aimera" de C. Bensaïd m' accompagne depuis l'âge de 20 ans, isa (._.)

    Douce journée à tous.

    Sandrine.

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  3. Tout cela ne nous a t il pas poussés à aller voir du coté de notre intérieur? Peut-être sans y mettre de mots, sans vraiment définir le comment. J'ai lu un extrait d'un livre de Paule Salomon qui dit que vivre avec son ombre est importt et puiser ds ses souffrances la force de créer..Je ne suis pas très bonne en résumé!
    Accepter pour mieux se connaitre et mieux se reconnaitre.
    bonne journée

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  4. Message @ Colonel Trivos

    La méditation, présentée sur ce blog, n'ouvre pas sur la spiritualité. Je veux dire par là, certainement maladroitement, qu'elle n'ouvre pas sur l'au delà et la mise en relation avec l'autre monde.

    Ce qui pose, à mon sens, la question de savoir si la méditation doit ouvrir sur une gnose (Dieu et l'au delà) ou sur le bien être de l'individu (l'homme, le bonheur et la vie terrestre).

    La finalité est RADICALEMENT différente et n'implique pas les mêmes orientations psychiques chez le "méditant".

    En fait, Colonel, si on y réfléchit, peut-être la question est-elle de savoir si soufisme et psychologie positive peuvent parler de la même chose?

    Bonne journée à vous

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  5. Toujours ce même vieux principe de l'action/réaction, non ? Pour me débarrasser de quelque chose qui me dérange, je n'ai pas encore trouvé d'autre moyen que de commencer par l'accepter, le tolérer. Mais ça n'est vraiment pas facile. Merci, John.

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  6. Vu de mon coté , le mystère l'incertitude et le doute règnent , et surtout, bien plus que chez certains . Un contexte rassurant . Cela dit , la photo est belle.

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  7. "On mesure l'intelligence d'un individu à la quantité d'incertitudes qu'il est capable de supporter." [ Emmanuel Kant ]

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  8. Anonyme 7:4026 mars 2010 12:57

    Merci Colonel trivos pour votre réponse qui est riche en éléments de réflexion. Je n'arrive que maintenant sur mon ordi, j'ai été très occupée ce matin avec une grosse colère à piquer. Une tous les dix ans, j'espère m'améliorer bientôt (1 tous les 5 voire 3 ans, oh! puis une tous les deux jours et on n'en parle plus!)
    Vous écrivez: "je pense que la méditation hors contexte mystique agit sur le mental, non sur le coeur". Je comprends par là que les couches profondes de la conscience humaine ne seraient donc pas mobilisées dans la méditation qu'on appelle pleine conscience. Je partage votre opinion là dessus.
    Tout cela, je vous l'avoue, me laisse très très perplexe. Car peut-on mobiliser des états de conscience en fonction de l'effet que l'on désire en obtenir( ex:le bonheur)? En d'autres termes, peut-on mobiliser une capacité de l'esprit humain pour servir une finalité qui part de l'homme et qui retourne à l'homme?

    Je vous le confie aussi: je suis plus pessimiste que vous sur le débouché d'une telle expérience.
    En premier lieu, j'y vois, comme vous, un bienfait. Mais à terme, une déviation discrète qui tire son origine dans l'impulsion initiale.
    Car vers qui, vers quoi l'impulsion a-t-elle été donnée....? Vers qui, vers quoi l'homme s'est-il mis en marche?

    Au plaisir de vous lire car vos messages amènent de grandes bouffées d'oxygène. En tout cas, je les reçois comme tels.
    Bien à vous

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  9. à anonyme de 7h40 et colonel trivos :
    Christophe André écrit dans "les états d'âme" : l'esprit libère et l'âme accomplit...
    J'espère avoir nourri votre réflexion.

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  10. Ce n'est, en effet, pas facile de développer cette clairvoyance. Coment savoir si nous agissons en âme inspirée plutôt qu'en âme despostique ou moralise? Avez-vous une idée, Colonel Trivos?

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  11. Je ne sais pas si le Colonel Trivos vous répondra Anonyme de 16:04, autrement que par un silence, qui est le creuset de toute sagesse.

    Mais, pour vous éclairer prenons un exemple :

    - quand vous rencontrez une âme despotique, si vous êtes attaché, dépendant d'elle, vous allez souffrir, car vous attendrez d'elle quelque chose qu'elle est incapable de vous donner puisqu'elle ne pense qu'à elle-même.

    - quand vous êtes vous-même une âme moraliste et que vous rencontrez une âme despotique, vous allez la juger, vous direz qu'elle est un monstre, par exemple. Alors qu'elle n'est un monstre qu'en relation avec vous : une âme dépendante et attachée à elle, si ce n'était pas le cas elle ne vous ferait aucun mal et vous passeriez votre chemin sans même la juger.

    - et quand vous êtes une âme inspirée et que vous croisez sur votre chemin une âme despotique ou moraliste, ces 2 types âmes n'aurons absolument aucun effet sur vous. Auprès de ces âmes inspirées, vous vous sentirez bien, ni en état de dépendance, ni jugé.

    Mais bien souvent hélas, ce n'est pas aussi simple que de rencontrer des types d'âmes facilement reconnaissables.

    Nous sommes peut-être bien des alchimies d'âme...à l'essai.

    Bonne fin de journée.

    SH.

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  14. Message @ Colonel Trivos

    Il est clair que les explications "soufiques" de notre colonel Trivos ne sont que des approximations à la sauce occidentale de quelque chose de bien plus grand (en arabe : tasawwuf).

    C'est comme la musique, ça ne s'intellectualise pas. La connaissance spirituelle vient du coeur, dans une sorte d'intuition mystique.

    Ce n'est pas par l'intellectualisation à outrance que l'on se rapproche du divin, même si certes, ça a son utilité (travail préparatoire).

    Petite correction :

    Un "faqir" ne signifie "disciple de la voie soufie". Faqir signifie tout simplement "pauvre".
    ____

    PS : désolé pour mes 3 messages d'affilé. Bug du serveur "Blogspot".

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  15. anonyme 7:4026 mars 2010 17:24

    Décidément Colonel, que de choses à dire! Merci pour votre esprit délié, l'on vous suit avec facilité!
    "...je trouve la démarche du docteur Christophe André salutaire. Mais je la considère comme une étape transitoire, qui peut vraiment aider des personnes complètement submergées par le flot des mauvaises pensées."
    Tout à fait juste. Et là nous sommes sur la question de la moindre souffrance, ou comment tendre vers une satisfaction minimale à être là, sur terre, vivant. Pas simple, c'est sûr! et le travail du Docteur André a, à ce titre, toute sa place. Il pose la problématique du "comment": comment vivre, comment moins souffrir, etc...

    "Mais une fois l'avarie colmatée, il est bon de revoir son intention, car si l'on veut atteindre la véritable sérénité et la paix intérieure, c'est un tout autre chemin qu'il faut prendre." Eh oui, car là, nous sommes sur la question du sens, qui transcende la question du bonheur. Et qui, quoiqu'on en pense, nous habite tous. Paf! Nous sommes passés du comment au pourquoi!

    Et c'est là que les choses deviennent intéressantes, car la question du sens, dans la psychologie positive et sa présentation de la méditation, je ne la perçois pas.

    Or, le moyen utilisé par les mystiques pour percer cette question mystère, est bien la méditation, considérée comme supérieure à la prière.

    Or, il m'apparaît, dans le cadre de la psychologie positive, que la méditation s'offre, une fois "les avaries colmatées", comme un moyen de mieux jouir de la vie. En dehors de la question du sens de l'existence. En dehors de la pratique méditative originelle qui part à l'exploration de l'Infini.
    En d'autres termes, le comment prime sur le pourquoi (voire l'annule). De l'Infini, l'on bascule dans le fini.
    (Peut être que je grossis le trait, mais en tout cas, ça ouvre une réflexion je pense, pas superflue....)

    Et là, il m'apparait comme un détournement de fonction de la pratique méditative, qui, dès lors, se met au service du bonheur humain.
    Et se vide de sa "substantifique moëlle" comme l'écrivait Rabelais.


    Alors cela taraude vraiment la cafetière!
    Peut-on vraiment vider la méditation de toute métaphysique?

    Cordialement

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  16. Merci à Sandrine, Colonel Trivos et anonymed de 7h40!! je vous trouve très "sages" et sans doute sur la voie d'une spiritualité pleine d'amour. C'est réconfortant de vous lire!

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  17. Est-ce que je peux résumer vos différents écrits? Dire que nos émotions nous renseignent et que la méditation c'est bien pour contribuer au bien-être mais que la démarche spirituelle est plus vaste et plus "accomplie"?
    Anonyme 17:31!

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  18. Quelle curieuse manie que de remercier seulement les gens qui flattent votre ego....

    Et les critiques négatives (ou neutres), on a tendance à les ignorer....

    Votre chemin spirituel est très tortueux, colonel Trivos. Dépossédez-vous de votre ego. Arrêtez les remerciements égocentrés ;)

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  19. Je vous déclare la guerre, colonel Trivos. Préparez l'artillerie lourde. Nous voilà en guerre contre L'ego ;)

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  20. Colonel Trivos,
    Les lecteurs de ce blog se sont aperçus que vous et les différents anonymes 7:40 et 17:31 ont le même style.
    De là à en déduire que...
    Amicalement

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  21. "L'ego des autres c'est pas important"

    Si, c'est important, puisque les autres nous renvoient en miroir nos propres défauts ; on voit chez les autres nos propres défauts : par exemple, si vous percevez de la prétention dans mes propos, c'est que vous portez la prétention en vous, en votre cœur.

    C'est ce qu'on appelle le mécanisme de projection : on projette sur les autres ce que l'on porte en soi-même, en notre cœur.

    Ce que l'on voit chez l'autre, c'est ce que l'on porte en soi-même : en effet, comment voir chez l'autre une chose que l'on ne porte pas en soi?

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  22. En tous cas, avec tous ces anonymes qui se succèdent, se congratulent et se contredisent, que d'incertitude, de mystère et de doute ... qu'on n'a pas le choix que de tolérer si on veut arriver à suivre.

    Il suffit juste de choisir "Nom/Url" d'écrire un nom et de laisser la ligne "url" vide si on n'en a pas. En plus, ce serait plus chaleureux, je crois.

    Rééquilibrer son estime de soi, ne serait-ce pas la plus douce façon de "faire la guerre" à son égo ? La critique et l'auto-critique ne mènent à rien d'autre qu'à le regonfler, non ?

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  23. Oh, là, là ! ça vole haut aujourd'hui, quel plaisir de vous lire tous après une journée de travail...J'imagine la perplexité de Monsieur Christophe Docteur André lorsqu'il a découvert que son blog peut être le lieu où l'on se déclare la guerre. Pardon, la guerre à l'ego, pardon ! Oserais-je vous avouer que Zoé me manque ?
    "lorsqu'on ne sait comment agir, c'est souvent l'action qui nous pèse le plus qu'il convient de choisir" Je me contenterai de garder ceci pour aujourd'hui : à chaque jour suffit sa peine, et cette maxime frappée au coin du bon sens me servira.
    Merci à tous pour votre talent d'écriture, car "ce qui se conçoit bien..." et je suis bluffée !

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  24. Ah merci Boulezail, ce n'est pas pratique tous ces anonymes ! D'ailleurs rien n'est plus anonyme qu'un pseudo (quoique)...

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  25. — « Faire une doua pour moi sera plus bénéfique. »

    Vous avez raison. Je fais une « doua » pour tous les lecteurs souffrants de divers troubles psychosomatiques du Dr André :)

    — « Mieux vaut couvrir les défauts des autres. Si vous voyez un défaut chez l'autre mieux vaut se taire et en profiter comme vous le dites pour se corriger soi-même. Qu'Il nous inspire. »

    Non, moi quand je vois un défaut, je le dis. Si je ne le dis pas, ce serait ce que j'appelle de l'hypocrisie bienveillante.

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  26. Quelle horreur voilà qu'on me colle une étiquette de sage!
    Attention ! ça pourrait flatter mon égo!

    ça m'apprendra à me taire et me servira de leçon. On n'en finit pas d'apprendre...surtout sur ce blog.

    Allez donc à l'essai tout seul doc, je me contenterai de vous observer sans vous juger et de vous contempler sans me dévouer!

    Bon we à tous.

    SH.

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  27. Anonyme 7:4026 mars 2010 21:00

    Merci pour cet échange Colonel ainsi qu'à tous les anonymes et écrivains attentifs et fidèles au blog du Docteur André.
    Merci à vous aussi Docteur André qui livrez cet espace à tant d'idées différentes!
    J'étais partie ce matin avec un un plafond bas (nuages de colère) et puis pffff, la réflexion, collective, chaleureuse, les belles rencontres humaines, et Quelqu'un, Quelqu'un, au-dessus de tout ça!

    Bien cordialement à tous

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  28. L'incertitude, le mystere et le doute développeraient les capacités négatives ?! Bof bof bof...j'opte pour les capacités positives :

    L'incertitude = la liberté
    Le mystere = passionnant
    Le doute = l'ouverture

    La créativité se trouve partout, il est dommage de lire trop souvent qu'elle est liée a la souffrance, la joie est une excellente source d'inspiration

    Belle journée

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  29. Et oui, pas si "négatif" tout cela ;le ressentir sereinement , sentir que cela passe , comme la question sur notre mort ..
    Pour Hanna, en référence à un billet de cet hiver , je serai à Buis -les Baronnies demain soir!
    Bon week-end à tous.

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  30. Ca va peut-être sembler réducteur, mais, pour adapter cette philosophie de John Kieth à mon quotidien, je ne vois que deux "capacités négatives" : "tolérer" (= accepter malgré moi) et "renoncer" (= refuser malgré moi). Parce que "l'incertitude, le mystère et le doute" ne sont, selon moi, que des variantes d'une seule chose : l'inconnu (= absence de repêres).

    A partir de là, je tolère ce qui me dérange, ce qui me fait mal, ce qui m'effraie, je tolère mes imperfections et celles du monde. Je renonce à chercher à les comprendre, à les inscrire dans mon système de valeurs. Je laisse passer ces phénomènes de la même façon que mes pensées lorsque je médite. Je vis l'instant présent. Je m'ouvre à ce qui est, à ce que je suis, à ma respiration. Puis j'observe, je regarde et j'écoute, en pleine conscience. Je cherche à comprendre, à décortiquer, à classer. Je compare, je trie, je sélectionne. Je me questionne, je questionne, le présent, le passé, l'avenir.

    C'est la vie, le mouvement. Je saisis puis je laisse aller pour saisir de nouveau et laisser aller. C'est une danse, une respiration.

    Cette capacité "négative", parce qu'elle va à l'encontre de mon esprit (accepter ou refuser malgré moi), semble contre nature. Pourtant, dans la nature, le ruisseau se précipite vers le bas sans résister. Suivre un mouvement contraire sans résitance est une sorte de aïkido de l'esprit, finalement. En jouant avec mon chien, j'ai constaté qu'il connaissait très bien ce principe : sans jamais lâcher le bâton que je tenais à l'autre bout, il ne tirait que lorsque je cessais de tirer, et me suivait lorsque je tirais de nouveau. Une méthode de chasse, probablement qui permet de fatiguer la proie (surtout lorsqu'on a affaire à un gros gibier). Aller dans le sens de l'adversité permet, ne serait-ce qu'un instant, d'apaiser les passions, d'économiser ses forces, de se régénérer.

    Mais voilà. Je suis loin d'être sage et sereine, alors j'ai besoin de scruter à la loupe (rationaliser), puis, afin de ne pas me perdre dans les détails ou dans le "feu de l'action", j'essaie de prendre du recul (lâcher prise).

    Merci pour ce beau sujet de réflexion, Dr André.

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  31. Toutes mes excuses pour avoir déformé le nom du grand poète John Keats.

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  32. S'il n'y a plus de mystère, alors c'est que nous sommes devenus absolument transparents, que le monde est devenu transparent, que l'autre est devenu transparent. Transparent!
    Comme quand le soleil de midi descend d'un ciel pur et nous inonde d'une lumière qui rend aveugle.
    Circulez! Il n'y a plus rien à voir, disparus les plis du monde, plus rien sur quoi accrocher le regard.
    La transparence a quelque chose de cru, de vulgaire, d'envahissant, quelque chose de la violence, quelque chose de sidérant.

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  33. Merci pour ce très enrichissant billet sur Keats.
    Je m'interroge sur l'adjectif négatif, car il me semble que ce que propose Keats va bien au-delà de l'attitude réceptive d'un poète, et est un véritable cheminement vers la sagesse.
    Cela me fait songer à cette belle formule de Rilke dans ses Lettres à un jeune poète : " Au fond, le seul courage qui nous est demandé est de faire face à l'étrange, au merveilleux, à l'inexplicable que nous rencontrons."

    Accepter sereinement ce qui nous dépasse au lieu de sombrer dans l'angoisse et les ruminations existentielles... Quel plus beau programme de sagesse ?

    Très bon week-end à tous.

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  34. merci Séverine pour cette formule de Rilke! Une jolie composition d éléments que je vais utiliser ce week end...Histoire d'al"chimie"..
    Programme qui me ressemble et me parle bien.
    bonne fin de nuit

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  35. @ TdarkyT & Colonel Trivos

    L'incertitude et le doute peuvent conduire à la peur et l'angoisse existentielle, causes de souffrance psychique. Certains vont alors tenter de chercher une solution radicale (voire finale) dans l'agressivité et l'attaque ad hominem. D'autres, par contre, essaient de trouver ensemble des solutions plus pacifiantes et enrichissantes car ils se sont rendus compte que mystique et paramilitaire, goupillon et épée ne riment pas du tout ensemble.

    Bien amicalement

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  36. Je suis surpris de découvrir des tensions entre vous. Le principe de la méditation en pleine conscience n'est-il pas d'apprendre à tout accueillir avec douceur, bienveillance et absence de jugement?

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  37. @ Heffgé
    Heureusement qu'il i y a de la tension, sinon le courant ne passerait pas, mais il faut pas que les plombs sautent.

    Bien amicalement

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  38. Bonjour Rairoa,

    Bien sûr, vous avez raison, l'essentiel est dans notre regard sur le monde.

    Si vous ne cultivez en vous que des idées positives, vous verrez le monde en rose-positif, malgré la souffrance que vous ressentez vous-même et celle que vous pouvez percevoir autour de vous.

    Le créativité n'est pas seulement l'apanage des souffrants. Et le chemin de la joie devrait mener à la créativité : un mécontentement joyeux.
    Mais force est de constater que la plupart du temps les êtres humains ont créé dans un bain d'anxiété, d'angoisse, de souffrance et d'abus...et rares sont les joyeux créatifs. Ils sont plutôt contemplatifs, et en cela ils créent oui en effet : une atmosphère joyeuse tout autour d'eux.

    Dans le symbole du yin et du yang, il y a du noir et du blanc, et dans la partie blanche un peu de noir, et dans la partie noire un peu de blanc.

    Parfois, une belle harmonie peut naître de la rencontre des mots et du silence.

    Belle journée à vous Rairoa. C'est un joli prénom, quelle est son origine?

    Sandrine.

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  39. "la capacité à tolérer en soi l’incertitude, le mystère et le doute"
    Quand je l'intègrerai intimement, je vivrai mieux avec moi!
    Par contre une chose est sure, cet état m'aide dans mon cheminement "écriture".
    Merci doc!
    Mauve

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  41. Mais Sandrine H, vous nous lirez encore?

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  42. Dommage, Sandrine H. que vous vous ennuiez. Moi, j'ai eu beaucoup de plaisir à vous lire et beaucoup apprécié votre définition des âmes despotiques, moralistes ou inspirées. Peut-être cet ennui est-il passager?
    Bonne soirée et à bientôt, j'espère.

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  43. Dépression.
    Je crois comprendre aujourd'hui que c'est lié à ce que je suis et que je ne changerai pas. Je serai toujours mal quoi que je fasse parce que ce que j'entreprends même si c'est de ne rien faire, prend la forme tordue insupportable de ce dont je suis faite.
    Ma dépression a pris un cran supplémentaire, de ces crans qu'on ne peut faire sauter pour revenir en arrière.
    Il n'y a pas d'issue pour moi qui porte en mon être mon propre malheur. Il y a juste un long cri de silence, l'éternel présent qui n'en finit pas d'agonir, tel le crissement du train qui entre en gare, et qui pendant ces longues minutes feint de s'arrêter. Sauf qu'il ne s'arrête pas.

    Et dans la prostration afficher un sourire, éviter qu'il m'échappe cependant car l'autre ne sait pas que derrière lui se trouvent les murs roides du désarroi et il est bien inutile qu'il s'en rende compte. Afficher un sourire parce qu'on peut m'en vouloir au point que ça peut être pire, encore bien pire. Dans le rejet, le reproche, la coercition ou la peur-pitié, cette souffrance peut encore gagner en intensité.

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  44. Nous souhaiterions savoir si ce que dénonce le livre ci-dessous paru en 2002 est toujours d'actualité. Nous avons droit à quelques explications et au plus vite. L'Enquête interdite. Handicapés : le scandale humain et financier de Pascal Gobry.

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  45. Au revoir Sandrine, vous nous quittez sur une note de John Keats, ce poète talentueux dont la vie est si brève, mais qui, pour moi,reste avant tout un homme de coeur, et ce pour avoir veillé jusqu'au bout sur son frère cadet atteint de tuberculose, et c'est comme cela qu'il a contracté lui-même la maladie.
    C'était aussi un homme humble, car il voulut pour épitaphe cette phrase : "Here lies One
    Whose Name was writ in Water " ( Ce que l'on peut traduire par "Ci-gît quelqu'un dont le nom est personne")

    Bon vent. God Bless you.
    Merci au Dr André et bon we à tout le monde

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  46. Chère Sandrine,
    quelle émotion à lire votre message !
    Merci pour les mots adressés à ceux qui traversent cette terrible épreuve de la dépression. Je confirme.
    Merci pour votre message-caresse que je relis pour me réchauffer. Les mots ont un grand pouvoir.
    Je suis troublée d'apprendre que comme moi vos yeux sont fragiles, en effet ma rétine, "c'est de la dentelle" pour reprendre l'expression poétique d'un ophtalmologiste que j'ai traduite aussitôt par "pleine de trous". Parfois je me dis que si un jour je ne peux plus lire, je ne pourrais plus vivre. Rassurez-vous, j'exagère.
    Ce soir, je suis un peu triste, je me suis querellée avec mon amoureux. Et je constate avec étonnement que je suis de moins en moins dépendante, car je ne me blâme pas d'une rupture que je sens inévitable, l'amour est là, mais ne suffit pas à faire un couple.
    40 ans, c'est une belle étape. Moi, je vais en avoir 50 cette année, et cela fait longtemps que je ressens la brièveté de la vie, un sentiment d'urgence que j'essaie de tempérer un peu. Sans doute parce que je n'ai pas vécu ma vie de 20 à 40 ans. J'ai envie d'autre chose maintenant, d'être un peu "égoïste", ou tout du moins de cesser d'agir contre mon intérêt. Bienveillance envers soi-même et envers les autres passe par la compassion, mais pas par le martyre.
    J'aurais bien des choses à vous dire encore, en fait je cherche depuis longtemps un correspondant, en vain. J'avoue que ce blog en fait office, mais reste très impersonnel. J'avais par exemple écrit des détails sur mes proches pour expliquer une vie tronquée, je les ai effacés, par respect pour eux. J'en profite au passage pour dire à Christophe André, que même si je comprends un papa adorateur de ses filles, il ne devrait pas livrer leur intimité sur ce blog, cela leur appartient. Et une petite pique ! D'ailleurs j'ai remarqué qu'il ne le faisait plus.
    Comment conclure ?
    Moi aussi il m'est arrivé de m'ennuyer sur ce blog, comme dans la vie, il a des hauts et des bas ! Et puis, il rebondit. Et je reviens.
    Alors peut-être reviendrez-vous aussi un jour, pour mon plus grand plaisir (et Zoé aussi, elle est tellement marrante !)
    Je vous envoie toute ma tendresse, Sandrine.

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  47. Message @ Anonyme de 20 : 4128 mars 2010 01:08

    Ce que vous avez écrit est très beau, mais aussi très triste. Vos mots m'ont touchée. Je ne connais pas votre histoire et je ne voudrais pas vous heurter par des paroles maladroites. Sachez seulement que toutes mes pensées vous accompagnent.

    Prenez bien soin de vous.
    Cordialement à vous,
    Séverine

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  48. Bonjour Isalugo,

    votre message m'a beaucoup touchée, je veux bien être votre correspondante et je viens de créer cette adresse pour vous :

    daria.delgado@hotmail.fr

    Merci à toutes les personnes qui sont intervenues après la lecture de mon dernier message.

    Je n'écrirai plus sur ce blog, mais je continuerai à vous lire, de temps en temps, et surtout à cultiver des pensées positives pour vous tous, sous forme de champs de prières et de petites lumières.

    Bonne suite à vos chemins de vie.
    Adieu Christophe André.
    Et à très bientôt Isalugo.

    SH.

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  49. Une certaine frustration de se sentir débordé par le magma continu de la diversité émotionnelle, mais toujours autant de curiosité à observer les chemins qui mènent à l'âme.
    Merci pour les clefs délivrées çà et là par chacun dans cette quête...
    Sus à l'égo, et encore une fois courage aux désespérés. La moisson des 'capacités négatives' bat son plein. Et c'est ce qui nous rapproche.

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  50. J'ai fait un stage avec les pastelliste de France et le président J.P qui voyait mon doute et mon malaise palpable (que je cache avec une grande gentillesse)m'avait dit:" garde ton doute !" Si il savait et il savait quelle douleur était pour moi la création d'un tableau et que c'est dans la douleur ( horreurs de tout les jours ,injustice ...)je vais chercher l'énergie pour sortir du beaux . Peut être que sans la souffrance que je ressent mais tableaux seraient moins beaux mais l'accouchement est douloureux . Sans vouloir faire de pub mais pour faire comprendre mon propos je vous invite à voir ma série "gueules de fleurs "
    MB
    Je viens d'acheter "Imparfaits , libres et heureux" je me suis régalé au première pages !

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  51. Christophe André12 mai 2010 09:52

    le message de Sandrine H, 27 mars à 19h19 a été supprimé à sa demande.

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