mercredi 24 mars 2010

Pierre Guyotat

J'ai lu récemment ceci dans une interview de Pierre Guyotat, un drôle d'écrivain : "Les idéologues, ce sont ceux qui ne font pas de phrases interrogatives."
Bien sûr, on peut tricher, et faire semblant de s'interroger (vous savez, ces hommes politiques, ou ces orateurs, qui posent une question pour aussitôt y répondre eux-mêmes). Mais avoir en permanence un petit point d'interrogation dans la tête représente sans doute un bon rempart aux dérives idéologiques (faire passer les idées et idéaux avant les humains). Mentalement plus fatigant, certes, que le point d'exclamation...

25 commentaires:

  1. Mes chouchous incontestés: les points de suspension....

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  2. Bonjour,
    C'est une phrase pleine de bon sens. C'est un homme engagé sur le plan humain Mr Guyotat.
    Je repense à une émission diffusée la semaine dernière "le jeu de la mort", les participants à cette mise en scène se sont-ils posés les bonnes questions sur leur rôle à tenir? Les médias et leurs idéaux qu'ils diffusent, polluent notre questionnement intérieur. Quand arrêterons nous ce train lancé à pleine vitesse sur la voie du profit, du matérialisme ? Quand s'arrêtera t-il en gare et s'aiguillera sur une voie plus humaine?
    La chanson de "SOS d'un terrien en détresse" me trotte dans la tête.
    Un coup de "gueule" de plus, il m'appartient au quotidien de participer à ce combat.
    Bonne journée.

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  3. Connaissez-vous le jardin Albert Kahn de Boulogne-Billancourt Christophe(??????)

    Vous ne connaissez pas le jardin Albert Kahn de Boulogne-Billancourt Christophe(!!!!!!)

    J'ai le souvenir d'une photo de Rabindranath Tagore (prix Nobel de Littérature)dans la roseraie du jardin AK. Magnifique!
    Et j'ai traversé un matin le petit pont rouge, allant du matériel vers l'immatériel?

    Petite pluie matinale de points d'interrogation et d'exclamation à votre front.
    Petite trace éternelle de nos passages sur cette Terre.

    Bonne journée à tous.

    Sandrine.

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  4. Je suis toujours un peu étonnée quand quelqu'un me dit: "Tu te poses trop de questions..."

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  5. La question éveille, ouvre des portes mais dérange aussi ceux qui ne veulent pas les ouvrir, par intérêt, par peur, par individualisme, alors on avance, on avance, on avance d'une idéologie à l'autre parfois comme des moutons de Panurge. C'est tellement plus simple de se laisser glisser sur des rails.

    J'aime bien cette idée du point d'interrogation. En ce printemps, je voudrais en semer dans tous les esprits.

    J'ai souvent eu peur de poser des questions ( peur d'être bête etc), dans le cadre professionnel notamment, puis peu à peu, j'ai franchi la porte. Aujourd'hui quand je pose une question et en particulier quand cette question rejoint celle non exprimée par de nombreuses personnes dans l'assemblée, la réunion.., je constate avec joie des regards qui s'allument et parfois des idéologues qui mettent la main sur la poignée de la porte.

    Belles journées

    PS : pas un seul point d'interrogation dans mon texte, çà craint?

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  6. Je ne sais pas si "ça craint" Stéphane mais en tous cas votre texte est bien agréable à lire et en toute liberté (donc à priori POINT d'idéologie).
    L'interrogation Christophe, c'est aussi la fraîcheur et l'innocence de l'enfance, c'est un chemin d'humilité et de Petit Poucet.
    Un "je ne sais pas", un "je n'affirme pas" qui accueille le TOUT de la vie. Pas par manque de confiance ou mauvaise estime de soi mais tout en pureté et délicatesse.
    J'aime dans la langue espagnole le point d'interrogation en début de phrase alors qu'en français, il faut atteindre la fin de la phrase pour le découvrir. Quizas, quizas, quizas.

    Belle journée de printemps à tous.

    Sandrine.

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  7. Est-ce si simple? Ca bouillonne dans mon esprit.

    Il y a aurait de méchants idéologues d'un côté qui ne réfléchiraient plus et assèneraient des vérités à coup de points d'exclamations et de gentils non idéologues qui eux auraient le mérite de réfléchir et de ne rien asséner du tout?

    C'est sûr que de la part de Pierre Guyotat, on frémit quand on sait à quels idéologies il fait référence.

    Mais justement, je voulais écrire le mot "idéologues" et l'ai transformé en "idéologies" car les idéologues pour moi sont ceux qui se posent d'abord des questions, qui s'étonnent du monde, le considère et se demandent toutes sortes de choses sur son fonctionnement et sur ce qui pourrait être modifié qui s'avère insatisfaisant.

    Certes ça ne fait pas de leurs réponses des vérités absolues ni des panacées universelles. La vérité est relative à l'appréciation qu'on fait des choses, du point de vue qu'on porte sur elles, de la validation qu'on leur donne ou pas.

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  8. Mais justement. 2 choses à mon esprit.

    - Je reviens à cette dépréciation de l'idéologie.
    Peut-on affirmer sans se tromper qu'une société évolue (au sens du mouvement) sans que ne se pose jamais la question pour elle (ses membres) de penser et choisir sur quelles valeurs, quels fondements elles repose, et vers quoi elle veut tendre?
    Je ne crois pas qu'une société puisse vivre hors sol. Hors sol c'est à dire sans ces valeurs, fondements, finalités.
    Ca supposerait dans mon esprit que la société serait, et c'est tout, elle serait, sans que rien ne l'agisse, ne la fonde. Elle serait "naturellement". Je parle de la société. Cette ensemble de personnes qui vivent ensembles justement.

    Pourquoi vivent-elles ensembles, cause mais aussi but? Quel projet ont-elles pour elles-mêmes?

    En France il est au moins une idéologie qui nous fonde et qui est complexe et qui doit beaucoup à des idéologues et qui s'appelle l'idéologie républicaine. Elle est complexe. Elle repose sur une certaine idée de ce qui fait l'homme, un projet d'émancipation (tiens oui pourquoi l'émancipation et qu'entend-on par émancipation et me vient toutes sortes de réflexions à débattre sur le sujet), un projet de vivre ensemble, une certaine idée du vivre ensemble et qui n'est pas la même idée que celle du voisin (tiens oui pourquoi?), et un projet malheureusement mis à mal aujourd'hui par une autre idéologie qui s'appelle le néo ou l'ultralibéralisme, qui est un projet de justice sociale, la République c'est le bien commun, c'est la seule chose qu'ont ceux qui n'ont rien...

    Alors j'ai choisi une idéologie bon teint, c'est sûr, je n'ai pas parlé du communisme, l'idéologie par excellence qui fait peur à tous dès qu'on parle d'idéologie.
    Pourtant, si cette idéologie a fait beaucoup de tort dans certaines contrées, elles nous a fait beaucoup de bien à nous Français (et sachez qu'il n'existe pas un mais des communismes).
    Par exemple, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le programme du CNR a-t-il pris sa source dans ces valeurs pour nous donner la sécurité sociale, et chose curieuse eh oui la nationalisation des banques, de l'énergie et des assurances...Pouah, quelle horreur, nationalisation? Ah tiens, mais pourquoi ce serait une horreur? Et sur quelle vision des choses repose cette idée?
    Bon. Que voulons-nous pour nous-même et par rapport à quelles valeurs auxquelles nous tenons?

    - la deuxième c'est qu'il nous soit imposé quelque idéologie. Comment se choisir ce destin commun de façon à ne pas subir? Nous croyons dans la démocratie, une idée elle aussi qu'on a mise en application (hum ou presque).
    Qu'est-ce que c'est, comment s'exprime-t-elle? Comment la rendre effective?
    Vastes questions auxquelles il y a ici et là des réponses, et même des réponses d'idéologues.
    Parmi elles, une qui m'intéresse, que nous puissions juger des choses qui nous sont proposées et que nous puissions aussi proposer.
    Et je me méfie de ceux qui prétendraient au nom du pragmatisme, que les options à choisir n'ont pas à reposer sur aucun terreau idéologique. Quelle idée vous faites-vous du vivre ensemble? De l'émancipation? Nous n'avons pas les mêmes idées toujours, c'est donc qu'il y a des point de vue différents, donc des valeurs, fondements, finalités à définir, à discuter...ou/et à défendre. Et pas dans la tiédeur des parti pris.
    J'assènerai par exemple bec et ongles à coups de points d'exclamations que je tiens à nos acquis sociaux et à ce qui les fonde, que je tiens à l'existence du débat démocratique qui devrait permettre de discuter jusque dans nos assemblées, de nos différents et d'autres choses encore.
    Je ne crois pas aux sociétés hors sol.

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  9. La question doit surtout être ouverte l'autre est libre ou non de répondre!
    aller à la rencontre de l'autre par la question ouverte grande découverte récente me concernant!

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  10. "Mon ami, le monde se divise en deux"* : ceux qui ont les ponts d'interrogation, ceux qui ont les poings d'exclamation.

    * "Le bon, la brute et le truand" de Sergio Leone.

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  11. Je pense aussi que c'est selon les personnalités... il y a ceux qui s'interrogent, ceux qui ne doutent de rien, ceux qui pensent savoir, ceux qui interrogent les autres, ceux qui n'ont pas d'opinion, ceux qui ne veulent pas dire leur point de vue, ceux qui écoutent, ceux qui parlent toujours, ceux qui sont curieux des autres, ceux qui s'écoutent parler, ceux qui aiment la diversité, ceux qui ne veulent que leur nombril, ceux qui ont peur des idées des autres, ceux qui....
    j'aime bien, Boulezail, "les ponts d'interrogations et les poings d'exclamation", lapsus graphique ? ou réellement dans le texte ?????
    j'espère que vous allez toujours bien !!!!

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  12. Est-ce moi ou bien la sexualité est devenue moins taboue que la chose politique?
    Excusons-nous et culpabilisons pour nos idées mais aussi pour avoir la prétention de vouloir les discuter et les défendre.
    Amen.

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  13. Je suis d'accord avc Sylvie. Moi aussi j'aime bien les points de suspension. Ils invitent avec tact à échanger, à compléter.
    Les questions, c'est pas mauvais, oser s'en poser est un signe d'ouverture et une preuve d'intelligence.
    Mais je trouve, qu'il est important de donner son opinion, sans détour.Parfois on se cache derrière trop de questions.

    Le principal c d'oser être sincère et vrai dans ses exclamations, dans ses interrogations et dans ses suspension ;)

    :* à tous

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  14. Je suis d'accord avc Sylvie. Moi aussi, j'aime bien les points de suspension. Ils invitent avc tact à échanger,à compléter.
    Les questions c pas mauvais.Oser en poser est un signe d'ouverture et une preuve d'intelligence.
    Mais je pense qu'il bon de donner son opinion sans détours aussi. Parfois,on se cache derrière trop de questions.
    Le principal, me semble-t-il est d'être sincère et vrai. Que ce soit à travers ses exclamations, ses interrogations ou ses suspensions ;)
    :*

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  15. Anonyme (24 mars 2010 14:42), c'est une interpretation libre des commentaires de Sandrine (24 mars 2010 07:46) et de Anonyme (24 mars 2010 11:13).

    Anonyme (24 mars 2010 15:30), il me semble que Anonyme (24 mars 2010 11:13) s'est exprimé(e) sans trop de tabous ? Et c'est intéressant, d'ailleurs.

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  16. oups! 2 fois le même message. Désolé :(
    Moi pas savoir quels boutons appuyer toujours bien :)

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  17. Anonyne (24 mars 2010 11:13 ), lorsque vous dites "Ca supposerait dans mon esprit que la société serait, et c'est tout, elle serait, sans que rien ne l'agisse, ne la fonde. Elle serait "naturellement".", vous me faites penser à ce que disait Henri Laborit (du moins ce que j'en ai compris) :
    si la vie a commencé avec des êtres unicellulaires, ayant pour seul but sa propre existence et survie, qui se sont regroupés pour devenir des organismes vivants, des structures vivantes composées d'organes etc.. Un être serait un ensemble d'organes, une nouvelle structure vivante ayant pour seul but sa propre existence et survie. Et de la même façon, la société, composée elle-même d'êtres vivants serait une nouvelle structure vivante n'ayant pour seul but que sa propre existence et survie.

    A partir de là, la question que je me pose depuis longtemps :
    A quoi sert l'intelligence humaine ? A la survie de l'espèce ? A la survie du groupe ? A la survie de la société ? La notion d'individu, relativement récente, comme vous le décrivez vous-même et en tous cas comme je le crois, semble plus servir à la survie d'une forme de société qu'au bonheur de l'individu comme elle le prétend. Ou pire ? Au détriment de l'espèce, si on continue d'avancer, avancer, avancer sans se poser de questions.

    Quant au communisme si effrayant pour tous (ou presque), pour moi compris, il s'agirait plutôt de capitalisme d'Etat, non ?

    "On avance, on avance", Stéphane, c'est Alain Souchon ? C'est vrai qu'il est encore beau votre commentaire aujourd'hui. Il suscite une autre chanson :

    "On prend tous la ligne droite,
    c'est plus court, oh oui, c'est plus court,
    on ne voit pas qu'elle est étroite,
    il n'y a plus de place pour l'amour"
    Danielle Messia.

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  18. Le terme Idéologie est né en France au milieu du 18ième siècle pour désigner un système de pensée basé essentiellement sur la logique et critique de la Raison et non sur les croyances et dogmes religieux. Il a donné naissance à la pensée scientifique et à la révolution industrielle.

    Les concepts religieux étant battus en brèche, les classes dirigeantes bourgeoises se sont rattrapés sur ces concepts idéologiques à la mode pour justifier leur possession et domination et assurer l'unité du peuple. C'est en ce sens que Karl Marx a dénoncé l'idéologie capitaliste, née de la révolution industrielle, qui selon lui est un mensonge qui ne profite qu'à la classe bourgeoise qui s'octroie pratiquement toutes les richesses de production de la classe ouvrière. L'idéologie capitaliste par exemple justifie les cadences de production par une démocratisation du pouvoir d'achat et de la concurrence des marchés. C'est depuis que le terme idéologie a cette connotation péjorative.

    Bonne soirée à toutes et tous.

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  19. Bonsoir,

    "le pont d'interrogation" pour interpréter l'image d'une personne traversant un pont rouge dans un magnifique jardin japonais.
    C'est en effet une belle et libre interprétation Boulezail de mon commentaire matinal.
    Je n'en finis donc pas d'apprendre l'histoire des jardins grâce à vous.

    Et vous Christophe, continuez-vous à mieux connaître la psychiatrie en lisant attentivement les commentaires quotidiens de vos billets, sur ce blog, ou peut-être le fonctionnement du groupe humain, ses ombres et ses lumières, ses partages et ses gouffres, ses compassions et ses indifférences?

    Bonne soirée à tous.

    Sandrine.

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  20. @ Boulezaï

    Quand je dis que je ne crois pas à une société hors sol, je veux dire (pour faire simple)que je pense que nos vies sont déterminées par des partis pris, une dynamique culturels.
    Ainsi la laïcité, son invention et sa promotion, détermine une certaine forme de vivre ensemble.
    Et remonter jusqu'à la nuit de la Saint-Barthélémy me semble nécessaire à la compréhension de ce qui fonde la laïcité française.
    On peut aussi se demander en quoi la loi Habby de 1975 par exemple, qui promeut la mixité filles-garçons à l'école a participé à déterminer aujourd'hui les relations entre les hommes et les femmes de cette génération.
    J'ai le sentiment qu'on ne sait plus d'où l'on vient, qu'on ignore que les événements passés et les choix que d'autres ont fait avant nous déterminent nos vies aujourd'hui, en bien aussi.
    Et que vouloir faire table rase du passé en le condamnant d'office comme obsolète, sans débat, au nom d'un pragmatisme qui voudrait faire l'économie de reconsidérer nos héritages, me semble très risqué.
    Je pense que ce n'est pas en tournant le dos au passé ou en l'ignorant qu'on le dépasse.

    Et ce qui m'inquiète c'est aussi l'idée que moins que nos héritages culturels nous serions déterminés par notre "nature"...Sceptique

    Pour ce qui est de Laborit que je ne connais que pour avoir vu Mon Oncle d'Amérique, pas plus, cette vision biologique me fait penser du coup à Jean-Marie Pelt qui a revisité la loi de la jungle et qui démontre qu'il existe dans la nature une "raison du plus faible", tordant le cou à cette idée que végétaux et animaux seraient censés survivre dans une guerre impitoyable pour la lumière, le territoire ou la nourriture.
    Une raison du plus faible qui se fonde sur l'idée que si la sélection naturelle ne laissait vivre que les organismes et animaux les plus avides à exploiter les ressources pour eux seuls, il s'ensuivrait un anéantissement de l'écosystème hypothéquant jusqu'à la survie des dernières espèces.
    Trop fort ce Pelt!
    Ca interroge quand même, car un des fondements de l'idéologie néolibérale, c'est que chacun se bat contre la rareté pour sa propre survie. Et que seul le commerce assure un profit qui satisfait ce qui serait l'instinct égoïste fondamental de l'être humain. (d'après ce que je lis sur la loi de la jungle appliquée à la mondialisation de l'économie).
    En fait Pelt explique que dans la jungle, il n'y a pas de compétition entre les plantes là où l'eau, la lumière et les sels minéraux sont rares et qu'il y en a une, féroce celle-ci, là où ils sont abondants.
    Ca fait réfléchir.
    "Tout se passe comme si elles réglaient leur production selon leurs besoins internes et non en fonction de la ressource disponible". J.-M. PELT La solidarité chez les plantes, les animaux, les humains p. 68.
    Dans la Loi de la jungle, il fait l'analyse et l'inventaire des mécanismes de détournement et de ritualisation de l'agressivité mobilisée par de nombreuses espèces, des oiseaux aux hommes, en passant par les singes.

    J'en retiens qu'on peut se faire une idée fausse de notre "nature", ce que démontrent les observations de J.-M. Pelt.
    Et je me demande si ces "mécanismes de détournement et de ritualisation" chez l'homme ne se traduisent pas de manière culturelle (culture politique comprise)?

    Bon le problème avec les blogs c'est qu'on ne peut pas être trop bavard. Donc encore plein de chose à dire en réponse notamment sur le communisme.

    @ louis
    Merci louis pour ce commentaire fort instructif.
    D'ailleurs j'aime bien vos références à la bible, moi qui n'ai que très peu de culture religieuse. Et pourtant, certainement qu'elle me détermine à bien des titres!

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  21. Je ne sais pas pourquoi vous me dites tout ça, Anonyme (25 mars 2010 00:19), il me semble que je ne suis pas allée si loin, mais vous apportez des points (d'interrogation) intéressants.

    Sans doute le saviez-vous, comme Pelt, d'après ce que vous dites, car je ne connaissais pas, Laborit a mis aussi de l'avant la solidarité et la collaboration dans la Nature, plutôt que la compétition, en le démontrant à sa façon, et c'est plausible.

    Par contre, pour la loi du plus faible, j'ai certaines réserves, il est tout de même plus facile pour un prédateur de s'attaquer au petit plutôt qu'à l'adulte, ou à un adulte malade plutôt qu'à un adulte en santé. Et, même si on a observé des rituels de non agression entre mâles, lorsque l'affrontement est inévitable, c'est tout de même le plus fort qui l'emporte, et c'est vrai que cela ne va pas nécessairement jusqu'à la mort d'un belligérent.
    Mais là encore, on a aussi observé des petits rusés qui profitent des combats pour s'accoupler ... donc il pourrait bien exister une loi du plus faible aussi (?).
    J'ai moi-même observé chez mes oiseaux, une femelle qui avait entrepris d'apprendre à voler au mâle, au lieu de l'ignorer pour sa faiblesse. C'est sûr que si elle avait eu le choix, elle ne l'aurait peut-être pas fait, je n'en sais rien (?).

    "l'instinct égoïste fondamental de l'être humain" : je ne comprends pas très bien ... voulez-vous dire que l'être humain est particulièrement égoïste ? Il semble que là, il y ait confusion sur deux échelles de comparaison : la nature (instinct) et la culture (morale). Je ne crois pas que l'instinct humain soit plus égoïste ou plus violent que celui des autres animaux. En revanche, selon certaines de ses règles sociales, l'être humain est capable d'une cruauté sans nom.

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  22. (suite)

    J'insiste souvent sur l'influence "naturelle", ou instinctive sur le comportement humain (d'où mon grand intérêt pour l'éthologie), car des millénaires de culture nous ont fait oublier que nous sommes avant tout des animaux (certains le nient encore totalement), donc je remonte encore plus loin que "la nuit de la Saint-Barthélémy".
    Et vous avez raison, l'étude de l'Hisoire, aussi distordue soit-elle, ainsi que celle de toutes ses analyses, est très importante pour savoir d'où on vient, autant que où on est, pour savoir où on va (et où on veut aller aussi ?).

    Il me semble évident que la culture (les cultures) humaine est venue recouvrir d'un voile de signification (au moyen de symboles de plus en plus abstraits) l'aspect naturel de la vie, et que petit à petit, le voile est devenu un masque, de plus en plus opaque. Il me semble également important de s'interroger sur la nature de ces masques, leur origine, leur mécanisme, ce qu'ils cachent, surtout pour comprendre des comportements "inexplicables" autrement.

    Lorsque vous (Pelt ?) parlez de "guerre impitoyable pour la lumière, le territoire ou la nourriture" qui entraînerait "un anéantissement de l'écosystème hypothéquant jusqu'à la survie des dernières espèces", en mettant de côté l'activité humaine, il existe bel et bien des déséquilibres : une année particulièrement pluvieuse par exemple, entraîne une profusion de plantes, de proies (herbivores, insectes, oiseaux), de prédateurs en raison de la profusion de proies. L'année suivante, une sécheresse entraînera une pénurie à la base de la pyramide alimentaire et donc une forte mortalité de prédateurs, et probablement que cette année verra une profusion de charognards. Ces déséquilibres ont entraîné aussi des disparitions d'espèces et/ou des mutations. Celles que l'on connaît aujourd'hui sont très différentes d'il y a des millions d'années ... n'oublions pas queles mamouths qui furent contemporains aux premiers humains ont disparu.
    Maintenant, si on considère l'activité humaine, il y aurait des milliers d'espèces de plantes de d'animaux disparues depuis plusieurs siècles, et il semblerait que cela continue.

    Bon, pour conclure (arbitrairement aussi) : voilà pourquoi je considère que l'être humain est une catastrophe naturelle comme les autres.

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  23. J'apprécie également beaucoup les commentaires de Louis N., merci.

    Est-ce qu'on a été fatigants à votre goût, Dr André ?

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  24. @ Boulezaï

    Pourquoi? Pour la conversation et puisque vous m'avez interpeller. Ca me réjouit!
    Mais je ne veux pas vous effrayer.

    Mes connaissances en biologie sont très limitées, j'apprécie donc de vous lire notamment à ce titre. Je ne savais pas que Laborit s'était penché sur cette question de solidarité.
    Je ne dis pas que l'homme est égoïste mais que c'est un discours qui est tenu par certains pour justifier un modèle économique.

    Ce qui m'interpelle c'est cette idée de "nature humaine" sur quoi nous fondrions nos partis pris philosophique, économiques et qui en dit souvent à mes yeux plus long sur nos représentations, notre mentalité que sur notre "nature même" que nous avons finalement bien du mal à cerner ou bien déformons-nous les postulats des scientifiques. Que fait-on dire à Darwin qu'il ne dit pas par exemple?
    Disons que j'aime bien m'intéresser aux représentations en elles-mêmes (en dilettante, en autodidacte).
    Et que je me méfie des politiques ou discours qui s'appuient sur une définition de notre "nature" qui en dit souvent plus long sur ceux qui en parlent, sur leurs représentations que sur notre "nature" même.
    Disons que les discours sur ce qui fait notre nature ne sont pas toujours scientifiques mais bien subjectif. Voire idéologique. Et historiquement daté. Et l'ignorer me paraît risqué.

    Et puisqu'il est question de représentations, je voulais parler du communisme. Au regard de l'histoire française, le communisme a apporté beaucoup de choses positives. Et si je n'ai pas évolué dans une culture communiste, si je ne suis pas communiste, je travaille avec des gens qui ont ces valeurs et vraiment je remercie ces militants car ils apportent un sens de la solidarité, un souci de la démocratie, et du refus de la résignation et un souci politique qui nous permet, au boulot, de garantir une cohésion et une humanité qui a tendance à se perdre dans le repli su soi et l'individualisme.
    Je me soucis de savoir si je vais perdre mon travail, pas du pourquoi je vais le perdre, donc du comment je peux le préserver et le mien et celui des autres, par exemple. Et je vis dans une peur qui me fait accepter des choses que je pourrais refuser. Je m'en remets à la chance ou au chacun pour soi. Mais quand on est 600 à perdre son emploi dans un même bassin, penser individuel paraît difficile, et penser que c'est la vie, que c'est comme ça me paraît être risqué pour l'avenir de la société...Où est le curseur? Où est la société si ces 600 personnes sont considérées comme assez négligeables pour qu'on se résigne?

    Il y a à mes yeux dans le communisme des idées des valeurs et des luttes qui sont intéressantes et dont nous avons héritées d'ailleurs. C'est un injustice faites à me yeux aux communistes que de les renvoyer sans cesse au modèle stalinien. Ils ne s'en revendiquent d'ailleurs plus!
    Maintenant je considère qu'il y a à prendre d'eux et à prendre d'autres pour débattre sur notre avenir économique. Les analyses de Marx par exemple ne sont pas considérées que par des communistes.

    Pour rebondir sur la catastrophe.
    L'homme, une catastrophe naturelle. Oui sans conteste.
    Mais pour nous-mêmes, qu'est-ce qui fait catastrophe?
    Une catastrophe à mon sens c'est un risque avéré. C'est la crainte du pire qui se réalise.
    Alors c'est une réalité dramatique, mais c'est aussi une crainte, une peur, un fantasme?
    Comment éviter le pire, surtout s'il n'est même pas certain (je pense au dessinateur Voutch en disant ça)?
    Je crois qu'il est un débat autour des questions de prévention et de précaution.
    Mais encore une fois ça m'emmènerait trop loin.

    Bonne journée!

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  25. Merci de me donner envie de mieux connaitre ce monsieur haut en couleur engagé entier . Je vais chercher ces oeuvres .
    MB

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