vendredi 8 octobre 2010

Des hommes et des Dieux


J’ai beaucoup aimé ce film, et beaucoup de personnes l’ont aimé, si on en juge par les chiffres de fréquentation des salles où il est projeté.

J’ai beaucoup aimé le fond bien sûr (c’est un film sur la spiritualité et la fraternité) mais aussi la forme : pas de dialogues percutants et léchés, dont on sent qu’ils sont pensés pour frapper, mais des paroles simples, avec des silences, des hésitations, des répétitions, comme dans la vraie vie.
Pas de mouvements incessants de caméra, mais des plans fixes.
Pas de musique, sauf à un moment précis.
Ce moment qui m’a frappé...

Les moines sentent qu’ils sont condamnés et que s’ils restent, ils seront assassinés par les islamistes. Mais ils vont prendre la décision de rester, décision pas du tout héroïque dans son cheminement : ils ont peur, ils hésitent, ils se disputent même. Mais héroïque dans son aboutissement : ils restent, et dans sa motivation : ils restent parce qu’ils se sentent proches du destin des villageois qu’ils côtoient et qu’ils aiment et qu’ils ne veulent pas abandonner.

Alors, à un moment, alors qu’ils ont compris et admis cela, ils prennent un repas durant lequel un des moines de la communauté apporte deux bouteilles de bon vin, et un vieux magnétophone à cassette, et passe un extrait du ballet de Tchaïkowski, Le Lac des cygnes.
En général, je ne suis pas fan de la musique romantique : trop de pathos et trop d’emphase, fatigante et larmoyante. Mais là, ça marche totalement.
Pendant le repas, le cinéaste filme en gros plan les visages des moines, sur lesquels défilent tous leurs états d’âme : surprise au début, amusement, gravité, angoisse, apaisement, inquiétude, incertitude... Le tout en raccord parfait avec les oscillations de la musique, dont les débordements puis les apaisements sont ici parfaitement appropriés pour refléter et accompagner la violence et l’intensité de ce que ressentent les moines. Qui ont parfaitement compris que le geste de leur frère - vivre ensemble un moment de plaisir - était en rapport avec le destin tragique qui se profile pour eux...

Ils sont impuissants à empêcher le drame d’arriver, pour eux et l’Algérie, mais ils font le choix de la présence. Impuissants mais présents. Comme nous le sommes souvent dans nos vies, lorsqu’il s’agit d’aider autrui face à une adversité qui nous dépasse totalement...

PS : plusieurs internautes (lire les commentaires ci-dessous) m'ont à juste titre signalé (merci !) que les moines avaient peut-être été tués par l'armée, et non par les islamistes ; il y a effectivement dans le film une scène suggestive où un hélicoptère militaire survole sans raison apparente le monastère, très longuement, très près, et dans un vacarme menaçant, obligeant les moines, inquiets, à interrompre un office.

73 commentaires:

  1. c'est aussi ce que j'ai ressenti en voyant ce film , beaucoup de pudeur , il n'y a pas la recherche de tirer les larmes du spectateur et c'est ce qui rend le film puissant.La question du don de soi , admirable , chacun a eu un parcours différent avant de devenir moine , mais au bout c'est la même valeur humaine , la compassion pour les humbles.Magnifique.Je ne retiens pas de ce film l'assassinat de ces prêtres , mais la bonté de ces moines, ça donne foi en l'humain

    RépondreSupprimer
  2. Je n'ai pas encore vue ce film qui doit se jouer dans mon village et je l'attends avec impatience.
    Je me souviens avoir vu le lac des Cygnes à l'Opéra Bastille et ce fut un moment magique et merveilleux ou je me suis laissée emportée par la magie de la musique et le claquement de pas des petits rats comme un orage en plein été...

    RépondreSupprimer
  3. Docteur,

    Votre message tombe à point !

    Aujourd' hui avec deux amies nous accompagnons notre copine "M" sur les lieux de l'accident. Son fils est décédé cet été, nous allons refaire son dernier trajet et déposer des cendres au pied de la montagne qui l'a repris.Il y aura une bouteille de rouge dans mon sac, et nous allons trinquer à la vie qui continue. Impuissants mais présents deux mots, deux" états d'être", qui vont nous accompagner tout au long de la journée.

    cordialement

    RépondreSupprimer
  4. Très bon courage à vous et à votre amie . Nous ne vous connaissons pas mais nous allons pensez à vous aujourd'hui.

    RépondreSupprimer
  5. Très beau billet aujourd'hui Docteur. Pour vous, la rentrée c'est aujourd'hui. Nos propres rythmes ne sont pas toujours en phase avec ceux du groupe...Vous, vous n'étiez pas encore rentré. Moi cette année je ne suis pas vraiment "partie" car en vacances en juin, j'ai passé tout l'été à Paris. Je redoutais ce changement d'habitude, et j'ai adoré, car aujourd'hui je ne ressens beaucoup moins le blues de l'automne, tout s'est passé en douceur. Vieillir a du bon.

    RépondreSupprimer
  6. "Va te faire foutre!"
    Ceux qui ont vu le film se rappelleront sans soute cette réplique du moine bouillonnant (formidable acteur, quel regard!). Réplique qui en dit beaucoup sur leur tiraillement, sur leur humanité aussi.
    Ce film démystifie aussi les moines et la spiritualité. Des êtres profonds et spirituels, moines ou pas, ne sont pas des fantômes priant sous cape, austères, mystérieux et étrangers aux passions et états d'âmes. On voit des hommes engagés mais aussi des hommes qui doutent, qui se cachent morts de trouille.
    Comme vous le dîtes, Christophe, c'est un magnifique beaux mariages entre la fraternité et la spiritualité. Une communauté de frères, de corps et d'esprit. Ils manquent juste un peu de soeurs pour que ce soit parfait!
    C'est aussi un film sur la beauté, beauté des chants, des paysages, des couleurs, des paroles, des regards, des silences.
    Ils ne voulaient pas être des martyrs. Pas question de se laisser égorger sans rien faire, pas question de se renier, de renier le sens qu'ils ont donné à leur vie, de renier leur vie en fuyant devant une mort annoncée. La vie importe plus que la mort!
    Moi, çà m'a rappelé d'autres destins plus anciens où des hommes de Dieu ont tué un homme de Dieu.
    Ils gênaient aussi parce qu'ils avaient montré que la fraternité entre peuples étaient possible.

    J'ai bien aimé ce vieux radio cassette et puis ces belles frites dans les assiettes.

    Je voulais voir ce film depuis longtemps, depuis Cannes. Un soir, je tombe sur une émission où vous étiez en compagnie de Frédéric Lenoir , d'Odon Valle tet d'une femme dont j'ai oublié le nom. Vous parliez de ce film. je regarde alors le programme du cinéma de ma petite ville. Une salle, un film. "Des hommes et des Dieux" passaient le lendemain. La salle était au deux-tiers pleine.
    Bon week end à tous sous la douceur de l'été indien.
    On ira où tu......

    RépondreSupprimer
  7. j' ai vu ce film et on n'a jamais approché de plus près le martyre dans sa vérité humaine la plus charnelle...pas de surhommes,pas de saints ,juste des frères sur le chemin de croix , à la suite du Maître..Leur souvenir ne me quitte pas ,je veux croire qu'ils se sont soutenus jusqu'au bout par la prière .Je ne peux pas me figurer leur martyre jusqu'au bout, seulement comme la dernière scène du" Dialogue des carmélites"..prier jusqu'au bout ,chanter jusqu'au bout..

    RépondreSupprimer
  8. Pour moi la musique est de trop, en tous cas ce choix de musique, trop pathétique, j'ai eu l'impression que le réalisateur prenait un surligneur pour bien nous faire éprouver l'émotion, trop invraisemblable aussi, Tchaikowski exprime tout sauf la sérénité, sa musique est terriblement angoissante, Frère Luc aurait plutôt choisi un musicien plus près de Dieu comme Bach (suites pour violoncelle).
    Pas d'accord non plus avec vous quand vous dites qu'ils savent qu'ils vont se faire tuer par les islamistes, il y a cette main tendue par le chef rebelle qui laisse à penser le contraire, en revanche le film nous laisse supposer la culpabilité de l'armée, ce qui correspond d'ailleurs à la réalité.
    En conclusion, même si ce sont les mêmes images que nous regardons, nous ne voyons pas le même film, nous vivons chacun dans des mondes différents.

    RépondreSupprimer
  9. Je vais le voir la semaine prochaine avec mon père. C'est en Algérie qu'il a rencontré ma mère mais il n'y a pas que cela..
    Je ne sais pas s'il y a des scènes de violences toujours diffiles pour moi. J'ai vu l'émission C dans l'air et elle a fini de me persuader d'y aller. Encore une fois, il n'y a pas que cela..

    RépondreSupprimer
  10. Pas (encore) vu le film, mais très envie d'y aller (un peu grâce à vous, merci).
    Je ne sais donc pas si la musique "tombe à pic" ou pas dans le film, mais je sais qu'il n'y a pas de vie sans musique. Et en ce qui concerne la musique romantique, peut-être que des fois elle en fait un peu trop parce qu'elle appuie juste là où ça fait déjà mal et qu'on ne voudrait surtout pas en rajouter. Mais elle peut aussi aider à évacuer certaines émotions...
    @anonyme de 7h57, si nous sommes impuissants face à votre épreuve de ce jour, j'espère en tout cas que notre présence vous accompagnera.

    RépondreSupprimer
  11. c'est exactement ce que j'ai ressenti et je suis heureuse de lire ici l'expression de mon ressenti, merci !!!

    RépondreSupprimer
  12. Oui moi aussi j'ai vu ce film magnifique ! Je ne suis pas en accord avec une de vos phrases, Anonyme de 9h25, excusez-moi! Vous dites "juste des frères sur le chemin de croix à la suite du Maître", et vous parlez même de "martyr". Ils n'ont pas cherché à être des héros ou des martyrs,ni voulu suivre un chemin de croix; au nom de leur engagement en Algérie, se voulant proche de ces populations sans pour autant exercer de prosélytisme, ils ont CHOISI de rester, après bien des doutes, des remises en question, des débats, et sachant ce qu'ils risquaient. En ce sens ils ne portaient pas de "croix" sur leur chemin ! Il suffit de voir leurs visages au cours de ce dîner, on y lit les états d'âmes qui les ont traversés, mais aussi un apaisement. Il émane une certaine joie intérieure : celle d'avoir pris la décision de maintenir leur présence auprès de leurs frères ! Je suis catholique, mais je refuse l'idée de la souffrance et du sacrifice comme passage obligé de la foi.

    RépondreSupprimer
  13. hop, je saute les lignes...
    Garder l'émotion pour mon coeur neutre et mon esprit un peu partagé face aux religions.
    Merci

    RépondreSupprimer
  14. personnellement à la place de Frère Luc j'aurais mis plutôt "la vie parisienne" d'Offenbach entrainant les frères dans un cancan endiablé, la soutane pardessus le genoux, dévoilant leurs mollets poilus comme dans les dessins de Dubout.
    Mais ça aurait été moins beau, car plus c'est triste plus c'est beau. Il y a assurément dans la tristesse, le chagrin et le tragique une réelle part de beauté.

    RépondreSupprimer
  15. Je suis complétement d'accord avec Anne Ônime qui dit : " Je suis catholique , mais je refuse l'idée de la souffrance et du sacrifice comme passage obligé de la foi "...
    Moi , je ne suis pas catholique mais je suis complétement d'accord avec cette phrase .
    Toute l'iconographie saint sulpicienne et son pathos ésthétisant , c'est vraiment de la nuisance morale et il est indispensable de refuser cela .
    Je n'ai pas vu ce film , mais à en entendre parler je pense plutôt à l'action non-violente qu'à de quelconques bondieuseries curetonnésques .

    RépondreSupprimer
  16. Bonjour,

    Laissez passer l'homme libre...

    Des visages, des mots, le silence, les chants, les paysages, l’amour, le partage, l’oubli de soi, la foi, le problème du choix, être un homme libre, le passage du temps, la peur, l’espoir…

    “ Des Hommes et des Dieux “

    relate avec une infinie douceur le quotidien des moines, chaque geste, chaque regard sont porteurs d’une rare intensité et mettent en scène des sentiments à vif, une foi dans la vie envers et contre toutes les horreurs.

    On est à tout moment, de plain-pied, de tout coeur, avec ces hommes simples dont les portraits s’ébauchent discrètement par petites touches
    Majesté des paysages arides de L’Atlas qui contrastent avec leur ampleur et luminosité et le dépouillement, la modestie du monastère.
    On ne sort pas indemne de ce film engagé contre la violence la plus universelle, athée ou croyant, on ne peut que succomber à ce drame puissant et humaniste, à cette clarté lumineuse présente dans le scénario, au jeu des comédiens habités par la force, la vulnérabilité, l’humanité.

    “Partir c’est mourir”

    “Pourtant vous mourrez comme des hommes…”

    Voilà ce que ce film m'a inspiré...

    RépondreSupprimer
  17. Très beau film et votre billet Docteur l'accompagne bien .Tous les commentaires sont aussi de haut vol Je ne peux plus me passer de ce blog journalier toujours de très grande qualité

    RépondreSupprimer
  18. La "fraternité" me parait quelque chose d'obligée dans une communauté religieuse.

    Et, forcément, tous les "frères" ne sont pas au même niveau de spiritualité, d'aspiration, d'intégration... Aussi, il y a le risque que certains ne soient pas en mesure d'assumer, ce que d'autres souhaitent vivre ou accomplir en commun, surtout, dans une situation aussi exceptionnelle.

    Et, là, la dimension sacrificielle est manifeste.

    Ceci n'honore pas forcément la communauté, qui alors a agi de manière coercitive. Qu'en pensez-vous?

    RépondreSupprimer
  19. Le choix de la musique au moment du repas m'est apparue comme une habileté supplémentaire dans ce film. Frère Luc n'a guère le temps d'écouter de la musique.Il ne choisit justement pas une oeuvre religieuse ,profonde ou pathétique
    Avec humour,à mon avis, il met une vieille cassette, un ballet de Tchaikovski,datant peut etre de sa vie laique.
    C'est le magnifique jeu des acteurs réceptifs à toutes les intonations,dans cette atmosphère tendue qui rend la scène très émouvante.
    Bien d'accord avec les avis précédents.C'est un film rare .

    RépondreSupprimer
  20. c'est tout à fait mon ressentiment
    ils ont choisi ; l'amour pour DIEU et pour l'ALGERIE
    Anthonie

    RépondreSupprimer
  21. A lire votre billet du jour, Dr André, et les commentaires, j'ai envie de m'exclammer :
    Comme c'est beau, la guerre ! L'être humain y retrouve tout son plein potentiel d'émotions, de solidarité, de compassion. Et il le perd en temps de paix pour l'envie, la jalousie, les guéguerres quotidiennes de pouvoir ... Alors oui, c'est beau la guerre qui rassemble les Hommes de bonne volonté et toutes les belles qualités qui les éloignent de l'Animal et les rapprochent de Dieu.

    Etes-vous humble, NadineB ? Aimeriez-vous que je daigne me pencher vers vous et éprouve de la compassion pour l'humble que vous êtes ? Désolée, mais la phrase que vous utilisez "la compassion pour les humbles", ne me donne pas foi en l'Humain. Au contraire.

    RépondreSupprimer
  22. Mais non ça n'est pas frère Luc qui a choisi la musique de Tchatcha, c'est le REALISATEUR! Je vais vous expliquer : un film c'est pas la réalité, ce sont des acteurs qui font semblant et qui jouent ce que le scénariste a écrit.

    Vous avez tous un regard très tendre sur la vie quotidienne de ces gens, c'est bien, mais que n'avez-vous (queue navet) pas le même regard tendre sur votre quotidien à vous, je suis sûr que votre quotidien ferait aussi un bon film, émouvant et drôle parfois, car vous êtes dans votre propre rôle le plus parfait possible. Ayez ce regard de spectateur cinéphile sur votre propre vie, elle est passionnante.

    RépondreSupprimer
  23. "Ils sont impuissants à empêcher le drame d’arriver,...Impuissants mais présents. Comme nous le sommes souvent dans nos vies,..."

    ______________

    Le commentaire de notre hôte (Bonjour Dr André ainsi que vous toutes et tous ) sincèrement me laisse très perplexe. Il ne peut y avoir de solidarité dans l'impuissance.

    Lorsque le Christ a été arrêté, tous ses disciples ont pris le large et l'ont renié, à part un seul du nom de Jean. Ils ont assisté de loin, impuissants à sa flagellation et sa crucifixion.

    Car comme le disait si bien Eugen Drewermann, écrivain, théologien et psychanalyste, il ne peut y avoir de solidarité dans l'impuissance. La vie du Christ était en quelque sorte, je cite, les chroniques d'une mort annoncée. Quand on se mettait à dénoncer l'hypocrisie de l'establishment religieux de l'époque, on devait s'y attendre. Mais les disciples rêvaient d'un Jésus, d'un fils de Dieu immortel. D'où la panique totale lors de la crucifixion.

    Qu'est-ce-qui peut donc nous permettre d'affronter la mort avec sérénité? Pour le bouddhiste, c'est l'apprentissage du détachement de la Vie (et on peut aller jusqu'à s'immoler soi-même?) en signe de protestation, mais pour Eugen Drewermann, c'est le sens qu'on donne à sa Vie en vivant en Vérité.

    Drewermann a été le seul prêtre écrivain qui a abordé au début des années 90 le scandale dans lequel est empêtré actuellement l'église catholique, qui par ailleurs est restée bien silencieuse dans l'holocauste des juifs... Solidaire dans l'impuissance, vous avez dit?...

    RépondreSupprimer
  24. "Qu'est-ce-qui peut donc nous permettre d'affronter la mort avec sérénité? " dit anonyme juste au dessus. Et bien dans le film cité, après avoir été des hommes en proie à l'angoisse, la colère, la révolte, la peur, ils deviennent des dieux par la force de l'engagement au service du Christ et des frères musulmans qui comptent sur eux. "Ta vie tu l'as déjà donné" dit de Chergé dans le film à un des frères en proie à une crise intérieure. Par contre, Christophe André, permettez-moi de vous dire que j'aurai préfére quelques mots seulement que la description détaillée de cette "scène-cène" qui à chaque fois m'émeut par la force incroyable et l'humanité qui s'en dégage. J'ai vu ce film deux fois mais je ne décris jamais à mes amis cette scène parce que chacun peut la vivre à sa façon.

    RépondreSupprimer
  25. "Ta vie tu l'as déjà donné" dit de Chergé..."

    __________

    Vous n'avez pas tort, car comme disait Eugen Drewermann, nous parlons trop de Dieu (ou du diable), alors que sans se rendre compte, Dieu est quelque part en nous quand nous nous prêtons notre voix aux sans-voix, notre main aux manchots, nos yeux aux aveugles....

    Bonne soirée à vous

    RépondreSupprimer
  26. @boulezail,je pense que vous avez pris ma remarque pour de la condescendance , ce qui n'est pas le cas.Je vis dans une région où il y a beaucoup de misère et j'admire le dévouement des travailleurs sociaux auprès des personnes en grande détresse ( centre d'hébergement d'urgence ou autres) voilà , je ne me justifie pas mais je tiens à expliquer mon point de vue , pour ne pas rester sur vos propos que j'ai ressenti comme une agression sans rapport avec ce que je suis ou ce que je pense.

    RépondreSupprimer
  27. Je suis d'accord avec Nadine . J'ai eu le même sentiment , mais je ne l'ai pas dit parceque ...
    vous le dites trés bien , Nadine . Je crois en effet que ce dévouement dont vous parlez est une forme d'action non-violente comme celle de ces moines .

    RépondreSupprimer
  28. Un petit dernier pour la route.
    Qu'est-ce que c'est bien d'être moine dans un monastère, c'est beau cette fraternité, et y a des frites! et du vin, et du miel.
    Avez-vous remarqué qu'ils étaient sept comme les sept nains. Frère Christian c'est prof, Amédé c'est joyeux, Luc c'est grincheux, Michel c'est simplet, celui qui est malade c'est atchoum, etc; Y manque blanche-neige quand même. Ca manque un peu de frangine cette vie-là.

    RépondreSupprimer
  29. Oui bon, Tchaikowski ou french cancan, on va ptet pas polémiquer. Pour moi c'est faire honneur au film que de le prendre tel quel.
    Si j'avais lâché une larme pendant la scène du repas, j'aurais pu invoquer une velléité manipulatoire, mais rien à signaler du côté des glandes lacrymales... Donc pas de faux procés en ce qui me concerne; juste la logique inébranlable suivie par des trajectoires dont le destin est appelé à se croiser pour l'éternité.

    C'est rare qu'un sujet aussi grave soit traité avec autant de sobriété. Ennnnnnnfin un réalisateur qui comprend qu'il n'y a pas nécessairement besoin d'artifices (j'en peux plus des dialogues formatés et des rires enregistrés...) pour donner corps au septième art (et rentabiliser le projet en même temps). En celà le miroir 'des Dieux et des Hommmes" donne une image épurée, et surtout non déformante d'une certaine réalité des choses, ou plutôt d'une réalité certaine des choses, telle que seul le quotidien en délivre (cf ta remarque Assila).
    Maintenant comme le sous-entend Boulezail : quid de l'audience du film s'il n'y avait pas eu la guerre en toile de fond (civile de surcroit) et la mort annoncée au bout du chemin ?...

    PS : Anne Onime de 07h57, j'espère que vous nous ferez partager ce moment de recueillement que vous avez vécu en montagne. Des Hommes et des Montagnes, une autre histoire... Tout aussi belle.

    RépondreSupprimer
  30. "Ta vie tu l'as déjà donnée"...

    Merci beaucoup d'avoir rappelé cette phrase essentielle du film.
    Trés puissant je trouve. DEJA donné...
    Pratique parfois la foi :)

    RépondreSupprimer
  31. J'aurais aimé écrire ce que vous exprimez à propos de ce film.... Seulement voilà, je ne suis pas "entrée" dans le film. Alors que j'avais très envie d'aller le voir, je suis restée "extérieure" et je me suis beaucoup ennuyée...

    RépondreSupprimer
  32. Désolée, NadineB, que vous vous sentiez agressée lorsque je grogne parce que des mains charitables me tendent des miettes et me grattent la tête.

    Je sais que les humbles, on les aime silencieux, reconnaissants et résignés. Que, comme dans la chanson de Gérard Manset "Y'a une route", lorsqu'ils s'allongent on leur passe dessus et lorsqu'ils se lèvent, on leur tire dessus car on les trouve alors un peu trop arrogants et agressifs, et donc plus assez humbles. Qu'ils restent à leur place et nous laissent racheter notre bonne conscience.

    Mais, honnêtement, du fond de votre compassion authentique et sans condescendance, dites-moi NadineB, d'où vient vraiment l'agressivité : d'un système qui engendre et entretient la pauvreté, la misère et l'ignorance, ou de l'humble qui ose revendiquer sa dignité humaine et son autonomie ?

    RépondreSupprimer
  33. BONSOIR DOCTEUR PERMETTEZ MOI DE VOUS FAIRE REMARQUE QUE L'ON NE SAIT PAS QUI ONT TUE LES MOINES. VOUS AFFIRMEZ QUE CE SONT DES ISLAMISTES ALORS QUE C'EST PEUT ETRE L'ARMEE... L'ENQUETE EST EN COURS

    M. lENOIR (le monde des religions)M'A DONNE ENVIE D'ALLER VOIR LE FILM CAR IL PARRAIT QU' il Y A MISE EN VALEUR DE LA RELATION ENTRE LES CHRETIENS ET LES MUSULMANS. JE NE SAIS PAS, JE VAIS Y ALLER, BONNE SOIREE A TOUS

    RépondreSupprimer
  34. @ Assila
    Bien évidemment quand j'évoque l'habileté..c'est celle du réalisateur! pour une concordance avec l'esprit de ce personnage 'frère Luc' plutôt ironique tout au long du film.

    RépondreSupprimer
  35. bonsoir,
    j'avoue partager le sentiment de Saida, comme elle le dit l'enquête est en cours...

    RépondreSupprimer
  36. A Saida, muslima :
    Pff

    RépondreSupprimer
  37. @boulezail
    dans le film "hors la loi" on voit aussi la pauvreté des Algériens qui se font chasser de leurs terres et qui après la 2de guerre mondiale arrivent à Nanterre et vivent dans des baraques de planches dans le plus grand dénuement.C'est révoltant , et je comprends bien que la rage que l'injustice engendre et la révolte face à l'indécence de ceux qui ont toujours vécu dans l'opulence et qui de surcroit culpabilisent les plus démunis.Pour travailler dans le domaine du financement du logement , je peux dire qu'il y a plain de gens ( élus ,services de l'Etat ) qui se battent pour ces personnes avec authenticité.Mais bien sûr c'est une goutte d'eau dans la mer .

    RépondreSupprimer
  38. C'étaient les islamistes qui avaient tué les sept moines de Tibehirine?
    Beaucoup en doutent...

    Je vous propose de lire l'article dans le Figaro intitulé " Moines de Tibéhirine : Dites-nous la vérité !"

    http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2009/07/09/01006-20090709ARTFIG00390-moines-de-tibehirine-dites-nous-la-verite-.php

    Bon WE

    RépondreSupprimer
  39. L'engagement des missionaires chrétiens ça me fait penser à cette phrase (un peu un slogan , mais bon)des écologistes militants : " Penser global , agir local ) ... S'engager avec les pauvres comme l'abbé Pierre c'était vivre avec eux comme eux . Pleins de missionaires chrétiens ont fait cela . Leur engagement n'est pas professionel . IL n'y a pas d'un coté leur travail auprés des populations et de l'autre leur vie privée . Non , c'est VIVRE AVEC qui fait la différence . Un peu aussi comme les prêtres ouvriers qui étaient des ouvriers . Pas des prédicateurs venus pour endoctriner les ouvriers . La différence est là . Donc il voulaient partager le déstin des populations jusqu'au bout . Donc , à mon avis , de par cette engagement de toute leur vie il n'y a aucune impuissance (contrairement à ce que dit le DOC) . Le psychiatre lui ne partage pas le sort des "fous" . Le psychiatre est un professionel , et le soir aprés sont travail il a sa vie privée et de fait il est impuissant à comprendre la "folie" parcequ'il ne la partage pas avec les "fous" . IL n'est pas un missionaire , il est un professionel .
    Ces moines ont dépassés ce stade utilitariste et celà de par leur engagement dans la vie avec les populations .... La puissance de leur action non-violente est là .

    RépondreSupprimer
  40. Finalement, ce n'est pas seulement un film avec des acteurs. Au départ, c'est une histoire vraie. Je n'en avais pas du tout entendu parler, au Québec. J'ai lu l'article, merci Anonyme (9 octobre 2010 08:28), et quelques autres infos glanées sur le Net. Il n'y avait pas de musique romantique pour rehausser le drame, mais j'ai pleuré. Alors, même si le film est une magnifique oeuvre d'art, je me contenterai peut-être de le découvrir à la télé. En attendant, comme dit Assilà (8 octobre 2010 17:35), le quotidien donne déjà son lot d'émotions ... à moins d'avoir une vie super ennuyeuse.

    RépondreSupprimer
  41. “Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, c’est un téléfilm que vous faites.”
    Jean-Luc Godard
    Auréolé, encensé, consacré par la dithyrambe médiatique unanime, comment aurais-je pu résister à la tentation de me faire une idée par moi-même en me précipitant dans le cinéma le plus proche?
    Prosternation? Consternation!
    À part quelques scènes sur lesquelles nous reviendrons, le film sonne si faux qu’il n’y a nul besoin d’attendre la fin (connue) pour se sentir taraudé par la lancinante question: pourquoi? Comment une écriture aussi chiche, un film sans rythme, long comme un jour sans pain (béni), ennuyeux comme un dimanche pluvieux de novembre, un film où les acteurs jouent faux les trois-quarts du temps, un film où l’image est privée de toute profondeur, un film visiblement réalisé sans aucune sensibilté véritable a t-il pu provoquer cette sainte médiatique unanimité?Première réponse qui vient à l’esprit: il a été fait pour les journalistes.
    Menace terroriste, toussa toussa, faut a–pai–ser. Instaurer, faire régner la paix entre les communautés. Que la bien-pensance coule à flots, et sans faire de vagues s’il vous plaît! Tout doit être présenté comme les télés passent leur temps à vouloir le montrer: d’un côté hypeeeeeeer-dangereux-violent-fou, de l’autre dégoulinant de bons sentiments, un monde si simple — pour peu qu’on ait fait le bon choix! Un monde sans sujets clivés, divisés, transcendants, un monde sans destin, un monde au fond si transparent à soi-même qu’on se demande toujours comment de telles horreurs peuvent encore arriver.
    Une des rares scènes correctement jouée par exemple, c’est celle où le père Christian reçoit pour la première fois la visite des islamistes. Entre la fermeté de ses convictions préalables, et sa brutale convocation dans le réel à devoir exprimer sa position, soudain quelque chose passe… L’émotion est rendue, pendant un bref moment une “petite vérité” étincelle… On en sera d’autant plus frustré que pendant pratiquement tout le reste du film, Lambert Wilson n’est pas le père Christian, mais Lambert Wilson en train de jouer au père Christian. Comme Michael Lonsdale avec ses préciosités, ses chochoteries et ses airs patelins à la Michael Lonsdale qui fait du Michael Lonsdale… Et les autres acteurs! Tout sonne si faux (à part Amédée — dont on se demande si c’est un acteur ou un vrai moine…) que ce n’est pas un problème de comédiens, c’est forcément un problème d’écriture…
    Une piste intéressante du film, malheureusement inexplorée, c’est le caractère inquiétant, menaçant des représentants officiels de l’armée elle-même, qui font à ce point pendant aux islamistes, qu’on se demande bien si ce ne sont pas eux, en vérité, qui ont massacré les moines…
    Cette “identité spéculative” des “opposés” reste cependant sans incidence directe sur la (platitude de la) narration. Elle aurait pu déployer son minimum de subversion — conférant ainsi un brin d’épaisseur au film ! — à condition de faire écho à un “autre” clivage, interne cette fois, celui entre la peur et la foi, le combat intime vécu par chacun des moines… Et c’est bien là l’échec patent de ce film, son incapacité à traiter son sujet de manière convaincante, d’où l’ennui mortel qui en résulte… Alors bien sûr, c’est ce qu’il a essayé de faire, le réalisateur, de montrer le doute, l’effroi, les résolutions, etc… mais pourquoi est-ce si peu convaincant? Pourquoi “ça ne marche pas” pour le dire de manière triviale? Mon hypothèse est que, dans le but de complaire à un public déjà pré-conquis, formaté par les journaux télévisés et les médias (le fait-divers dont il est tiré avait provoqué une immense vague d’émotion à l’époque…)
    Ce film de nous donne donc rien à voir de ce qu’il promet, des hommes ni des dieux, mais le morceau de musique choisi pour la circonstance, résonnant avec l’ultra-médiatisation de sa sortie, ne laisse planer aucun doute quant à son message: c’est la mort du signe.

    RépondreSupprimer
  42. “Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, c’est un téléfilm que vous faites.”
    Jean-Luc Godard
    Auréolé, encensé, consacré par la dithyrambe médiatique unanime, comment aurais-je pu résister à la tentation de me faire une idée par moi-même en me précipitant dans le cinéma le plus proche?
    Prosternation? Consternation!
    À part quelques scènes sur lesquelles nous reviendrons, le film sonne si faux qu’il n’y a nul besoin d’attendre la fin (connue) pour se sentir taraudé par la lancinante question: pourquoi? Comment une écriture aussi chiche, un film sans rythme, long comme un jour sans pain (béni), ennuyeux comme un dimanche pluvieux de novembre, un film où les acteurs jouent faux les trois-quarts du temps, un film où l’image est privée de toute profondeur, un film visiblement réalisé sans aucune sensibilté véritable a t-il pu provoquer cette sainte médiatique unanimité?Première réponse qui vient à l’esprit: il a été fait pour les journalistes.
    Menace terroriste, toussa toussa, faut a–pai–ser. Instaurer, faire régner la paix entre les communautés. Que la bien-pensance coule à flots, et sans faire de vagues s’il vous plaît! Tout doit être présenté comme les télés passent leur temps à vouloir le montrer: d’un côté hypeeeeeeer-dangereux-violent-fou, de l’autre dégoulinant de bons sentiments, un monde si simple — pour peu qu’on ait fait le bon choix! Un monde sans sujets clivés, divisés, transcendants, un monde sans destin, un monde au fond si transparent à soi-même qu’on se demande toujours comment de telles horreurs peuvent encore arriver.
    Une des rares scènes correctement jouée par exemple, c’est celle où le père Christian reçoit pour la première fois la visite des islamistes. Entre la fermeté de ses convictions préalables, et sa brutale convocation dans le réel à devoir exprimer sa position, soudain quelque chose passe… L’émotion est rendue, pendant un bref moment une “petite vérité” étincelle… On en sera d’autant plus frustré que pendant pratiquement tout le reste du film, Lambert Wilson n’est pas le père Christian, mais Lambert Wilson en train de jouer au père Christian. Comme Michael Lonsdale avec ses préciosités, ses chochoteries et ses airs patelins à la Michael Lonsdale qui fait du Michael Lonsdale… Et les autres acteurs! Tout sonne si faux (à part Amédée — dont on se demande si c’est un acteur ou un vrai moine…) que ce n’est pas un problème de comédiens, c’est forcément un problème d’écriture…
    Une piste intéressante du film, malheureusement inexplorée, c’est le caractère inquiétant, menaçant des représentants officiels de l’armée elle-même, qui font à ce point pendant aux islamistes, qu’on se demande bien si ce ne sont pas eux, en vérité, qui ont massacré les moines…
    Cette “identité spéculative” des “opposés” reste cependant sans incidence directe sur la (platitude de la) narration. Elle aurait pu déployer son minimum de subversion — conférant ainsi un brin d’épaisseur au film ! — à condition de faire écho à un “autre” clivage, interne cette fois, celui entre la peur et la foi, le combat intime vécu par chacun des moines… Et c’est bien là l’échec patent de ce film, son incapacité à traiter son sujet de manière convaincante, d’où l’ennui mortel qui en résulte… Alors bien sûr, c’est ce qu’il a essayé de faire, le réalisateur, de montrer le doute, l’effroi, les résolutions, etc… mais pourquoi est-ce si peu convaincant? Pourquoi “ça ne marche pas” pour le dire de manière triviale? Mon hypothèse est que, dans le but de complaire à un public déjà pré-conquis, formaté par les journaux télévisés et les médias (le fait-divers dont il est tiré avait provoqué une immense vague d’émotion à l’époque…)
    Ce film de nous donne donc rien à voir de ce qu’il promet, des hommes ni des dieux, mais le morceau de musique choisi pour la circonstance, résonnant avec l’ultra-médiatisation de sa sortie, ne laisse planer aucun doute quant à son message: c’est la mort du signe.

    RépondreSupprimer
  43. "Je sais que les humbles, on les aime silencieux, reconnaissants et résignés..."

    __________________

    Dans la "scène-cène" à la veille de son arrestation, le Christ a dit à Pierre qu'avant que le coq ne chantât, celui-ci l'aura renié par trois fois. Et effectivement cela est arrivé.

    Et c'est en toute humilité que Pierre s'est rendu compte de son insuffisance, de sa lâcheté malgré toute sa générosité idéalistique, et probablement c'était cette prise de conscience qui lui avait permis de devenir plus tard ce rocher sur lequel tout reposerait.

    La nuit où il fut arrêté, Jésus dans le jardin des oliviers à Gethsémani a demandé à son Père d'éloigner de lui le calice de la souffrance, symbole de la perfidie,du mensonge et de la lâcheté de l'être humain. Mais peut-on vraiment témoigner de la vérité sans souffrance, sans risque d'être lésé?...Et saura-t-on un jour la vérité sur l'assassinat des moines de Tibéhirine?

    RépondreSupprimer
  44. “Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, c’est un téléfilm que vous faites.”
    Jean-Luc Godard
    Auréolé, encensé, consacré par la dithyrambe médiatique unanime, comment aurais-je pu résister à la tentation de me faire une idée par moi-même en me précipitant dans le cinéma le plus proche?
    Prosternation? Consternation!
    À part quelques scènes sur lesquelles nous reviendrons, le film sonne si faux qu’il n’y a nul besoin d’attendre la fin (connue) pour se sentir taraudé par la lancinante question: pourquoi? Comment une écriture aussi chiche, un film sans rythme, long comme un jour sans pain (béni), ennuyeux comme un dimanche pluvieux de novembre, un film où les acteurs jouent faux les trois-quarts du temps, un film où l’image est privée de toute profondeur, un film visiblement réalisé sans aucune sensibilté véritable a t-il pu provoquer cette sainte médiatique unanimité?Première réponse qui vient à l’esprit: il a été fait pour les journalistes.
    Menace terroriste, toussa toussa, faut a–pai–ser. Instaurer, faire régner la paix entre les communautés. Que la bien-pensance coule à flots, et sans faire de vagues s’il vous plaît! Tout doit être présenté comme les télés passent leur temps à vouloir le montrer: d’un côté hypeeeeeeer-dangereux-violent-fou, de l’autre dégoulinant de bons sentiments, un monde si simple — pour peu qu’on ait fait le bon choix! Un monde sans sujets clivés, divisés, transcendants, un monde sans destin, un monde au fond si transparent à soi-même qu’on se demande toujours comment de telles horreurs peuvent encore arriver.
    Une des rares scènes correctement jouée par exemple, c’est celle où le père Christian reçoit pour la première fois la visite des islamistes. Entre la fermeté de ses convictions préalables, et sa brutale convocation dans le réel à devoir exprimer sa position, soudain quelque chose passe… L’émotion est rendue, pendant un bref moment une “petite vérité” étincelle… On en sera d’autant plus frustré que pendant pratiquement tout le reste du film, Lambert Wilson n’est pas le père Christian, mais Lambert Wilson en train de jouer au père Christian. Comme Michael Lonsdale avec ses préciosités, ses chochoteries et ses airs patelins à la Michael Lonsdale qui fait du Michael Lonsdale… Et les autres acteurs! Tout sonne si faux (à part Amédée — dont on se demande si c’est un acteur ou un vrai moine…) que ce n’est pas un problème de comédiens, c’est forcément un problème d’écriture…
    Une piste intéressante du film, malheureusement inexplorée, c’est le caractère inquiétant, menaçant des représentants officiels de l’armée elle-même, qui font à ce point pendant aux islamistes, qu’on se demande bien si ce ne sont pas eux, en vérité, qui ont massacré les moines…
    Cette “identité spéculative” des “opposés” reste cependant sans incidence directe sur la (platitude de la) narration. Elle aurait pu déployer son minimum de subversion — conférant ainsi un brin d’épaisseur au film ! — à condition de faire écho à un “autre” clivage, interne cette fois, celui entre la peur et la foi, le combat intime vécu par chacun des moines… Et c’est bien là l’échec patent de ce film, son incapacité à traiter son sujet de manière convaincante, d’où l’ennui mortel qui en résulte… Alors bien sûr, c’est ce qu’il a essayé de faire, le réalisateur, de montrer le doute, l’effroi, les résolutions, etc… mais pourquoi est-ce si peu convaincant? Pourquoi “ça ne marche pas” pour le dire de manière triviale? Mon hypothèse est que, dans le but de complaire à un public déjà pré-conquis, formaté par les journaux télévisés et les médias (le fait-divers dont il est tiré avait provoqué une immense vague d’émotion à l’époque…)
    Ce film de nous donne donc rien à voir de ce qu’il promet, des hommes ni des dieux, mais le morceau de musique choisi pour la circonstance, résonnant avec l’ultra-médiatisation de sa sortie, ne laisse planer aucun doute quant à son message: c’est la mort du signe.

    RépondreSupprimer
  45. J'en ai vraiment marre des prédicateurs intégristes et anonymes qui vomissent "L'être humain" .
    ILs me font toujours penser à ce film "La nuit du chasseur" avec ce prédicateur qui brandit d'une main la bible et de l'autre un colt ... et qui s'est fait tatouer le mot "HATE" sur le poing gauche , et le mot "LOVE" sur le poing droit . Tous ces petits curetons hypocrites qui se posent en gens bien-comme-il-faut sont les pires de tous . Et certainement aussi horribles que les fanatiques islamistes .

    RépondreSupprimer
  46. Pas sûre que mon avis ait un quelconque intérêt mais bon...je suis allée voir le film il y a 8 jours, il est beau d'accord mais franchement, tout ce bruit à son propos m'étonne. J'ai aussi bien aimé "Le Grand Silence", là , certes, point de massacre à la fin, ni de scènes excessivement émouvantes.

    On peut très bien donner sa vie à ceux qu'on aime sans pour autant la perdre.
    Je suis d'accord avec le propos d'Assilà 8 octobre 17:35 _ J'ajouterais d'ailleurs que, dans ce film, les acteurs les plus connus sont les moins crédibles.

    Certains autres propos me rappellent ce que j'ai appris récemment sur ce que pensait Nietzsche de la pitié (cf le livre "Nietzsche ou la passion de la vie")

    le message d'Anonyme 8 octobre 7:57 m'a aussi interpelée, perdre sa vie est une chose, mais perdre un être cher, son enfant qui plus est...peut-on connaitre pire douleur ?
    J'espère que la maman restera bien entourée et soutenue dans cette épreuve. Je penserai à elle.

    RépondreSupprimer
  47. Oh oui Zoé, fais nous mal :)

    ...
    Mais au fait, toi qui est source de toute sainteté, toi en tous cas qui connait la souffrance de la rue pour l'avoir vécue dans ta propre chair : que ne pars tu sur les chemins pour vivre AVEC la population (et non 'contre') ??
    C'est bien jojo la nature, mais les arbres n'ont pas besoin de nous pour s'épanouir en paix. Au mieux elle nous tolère.

    RépondreSupprimer
  48. Salut Clipper ! peut-être connais tu ce film : " La nuit du chasseur " ? .... Et si oui , alors tu en connais la fin ....
    Bonne chance avec toi-même Clipper .

    RépondreSupprimer
  49. Pourquoi refuser la violence ? ... Parceque la violence est un trés bon moyen de changer le monde . Alors , pourquoi s'en priver ? ... La non-violence est un acte de foi prodigieux . Je veux dire la pratique de la non-violence (pas une non-violence idéalisée , romantique , conventionnelle)... Alors , à mon avis , peu importe qui a tué ces moines . Ce sont de toutes façons des fanatiques .
    Je pense que la non-violence est au delà de l'idée d'aider autrui , au delà de l'adversité , au delà de la puissance ou l'impuissance , au delà de toute adversité oui , car c'est un acte un choix absolument déraisonable que celui de la non-violence et que vouloir l'analyser en termes utilitaristes est absurde tellement ce choix est au delà du normal du rationnel . Donc toute explication est vouée à l'échec . Je pense que ce choix ne reléve pas de l'héroïsme mais du mystére , et que toute explication , démonstration , aussi séduisante soit-elle , est réductrice de ce mystére ......

    RépondreSupprimer
  50. Peut être, le mystère de l'amour...

    Je me souviens d'une scène où l'un des moines discute avec une jeune fille, ils sont tous deux assis sur un banc, et lui dit quelque chose comme "j'ai répondu à un autre amour"

    J'imagine qu'ils ont tout simplement fait ce choix par amour. Peut être ont-ils même pensé à la première lettre de saint Paul apôtre aux corinthiens, dans laquelle on peut trouver ces mots :

    "j'aurais beau me faire brûler vif,
    s'il me manque l'amour,
    cela ne me sert à rien."

    http://www.mariage.fr/article/celebrer/txt_ceremonie_catho/1amour.htm

    RépondreSupprimer
  51. Danser avec les lions de mer

    J'aime bien le mot "communion". Moins que les mots "compagne" et "compagnon". Mais comme eux il évoque le partage, l'harmonie, le "nous".

    Je viens de voir un documentaire sur les lions de mer d'Australie. Après des semaines d'observations et de recherches rigoureuses, les scientifiques ont décidé de conclure leur expédition en allant nager avec leur "sujet d'étude" qui change alors de rôle pour devenir un partenaire de jeu.

    J'aime cette ouverture d'esprit, cette simplicité, cette empathie, surtout de la part de scientifiques, capables de retrouver "ce côté animal en nous" dont vous parliez jeudi dernier Dr André. Bien sûr, ils ont quand-même choisi de le faire dans des eaux sans requins. Mais c'était beau de voir ces hommes danser avec les lions de mer.

    Je crois, Clipper, que Zoé a déjà raconté qu'elle avait partagé la vie de personnes en détresse.

    RépondreSupprimer
  52. Alors... aller 'contre' ou 'avec' ?!

    ...

    Quoiqu'il en soit, bonne chance à nous-mêmes, oui.

    RépondreSupprimer
  53. @Boulezaîl , ouaih ! bon , j'avais un copain sourd muet à une époque . On était bénévoles chez les réstos du coeur . Dans le métro on se parlait en langage des signes , mais moi j'entendais tout ce que disaient les gens . Trop top ! parceque mon copain y faisait exprés de dire des trucs trés sexy et alors la conversation entre nous ... OH lala !!! Et les gens y comprenaient bien et ...Moi je faisais semblant d'être sourde aussi et ... Bon , je suis pas sûre que ce soit trés moral comme histoire .
    C'est pas bien de se moquer comme ça . Bon , en même temps c'était rigolot .....

    RépondreSupprimer
  54. ouaih ! je m'en souviens !! j'étais dans le métro ce jour là...mais c'était pas rigolo c'était pitoyable allons , passé 23 heures ,vite au lit pour mettre en oeuvre le langage des signes.

    RépondreSupprimer
  55. Oui ? zebulon . C'était un peu le but : casser l'image bien proprette du handicapé qui sait se tenir à sa place , qui ne se fait pas remarquer , qui se rend invisible pour ne pas déranger les petits bourgeois réactionaires et purificateurs éthniques . Déranger la bien-pensence molle qui est à l'origine des fanatismes durs . Déranger les adéptes du couvre-feu .

    RépondreSupprimer
  56. Fanatique vous avez dit fanatique ?

    RépondreSupprimer
  57. (C'est pour rigoler, une petite histoire oecuménique)


    Nous, les chrétiens, nous n'avons plus de religion. Si vous demandez à un musulman "Qu'est-ce que vous faites pour le Ramadan ?" Il vous répondra : "Je vais jeûner".

    Maintenant, si vous demandez à un chrétien : "Qu'est-ce que vous faites pour la pentecôte ?" Il vous répondra : "Je vais chez ma belle-mère."

    Pierre Desproges

    RépondreSupprimer
  58. Je comprends maintenant pourquoi les moines de Tibéhirine n'ont pas voulu partir, ils n'avaient aucune chance d'être entendus en France.

    RépondreSupprimer
  59. Nul n'est prophète chez soi.

    Et les musulmans et islamistes ont bon dos.
    Peu importe la vérité, il faut hurler avec les loups.

    RépondreSupprimer
  60. Vous voulez dire : "Il faut hurler avec ZOE?"

    RépondreSupprimer
  61. "Il n'est pas possible de dire la vérité, mais on peut faire des mensonges transparents : c'est à vous de voir au travers. "

    Jules Renard

    RépondreSupprimer
  62. Et apparemment notre Doc n'a pas vu au travers.

    Mais bon, il n'est pas en forme pour l'instant présent.

    RépondreSupprimer
  63. comprend plus rien..vivement demain!

    RépondreSupprimer
  64. Réécouter l'émission en un clic.
    http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/rendezvousavecx/
    Je n'ai pas encore vu le film.

    RépondreSupprimer
  65. Ca va, vous vous amusez bien les 'anonymes' ??...
    Cà rime à quoi ces morales laconiques en mode incognito ?!
    Devenez vous-même : engagez vous ! (dans un débat constructif et assumé j'entends )

    RépondreSupprimer
  66. Film bouleversant et magistral. J'invite tous les lecteurs à le voir que l'on soit croyant ou pas. Ce film touche aux valeurs ontologiques de l'être.
    La scène "musicale" décrite par notre hôte est le Lac des cygnes, certes, mais c'est le passage de "la mort du cygne". Sans commentaire.

    RépondreSupprimer
  67. Bonjour a vous,

    Bonjour a Chistophe et à tous ses lecteurs,
    Je m'excuse de mon commentaire qui va dénoter quelque peu. Mais j'ai trouvé la scène de "la mort du cygne" à la limite du ridicule. Ces regards mi-niais, mi-coquins entre les moine m'a plus laissé penser qu'une "partouze" était en préparation, plutôt qu'un massacre. Excusez le blasphème, mais c'est un ressenti sincère. Par contre j'ai trouvé le reste du film excellent.
    Bruno Del.

    RépondreSupprimer
  68. Une pensée pour les victimes de la Decennie noire en Algerie (200 000 morts?), ainsi que pour tous les enfants laissés mutilés, orphelins...Malgré tout cela le peuple algerien n'a pas baissé les bras, peut on parler de peuple resilient?
    Si tu parles..tu meurs, si tu te tais..tu meurs.
    Alors Parle..Et Meurs.(Tahar Djaout)

    RépondreSupprimer
  69. Quelques images de la periode:
    http://www.dailymotion.com/video/x1okqy_une-decennie-noire_creation

    RépondreSupprimer
  70. http://www.google.fr/imgres?imgurl=http://www.zoom-algerie.com/images/614-madone-bentalha.jpg&imgrefurl=http://www.zoom-algerie.com/actualite-16.html&usg=__EpsuzDUQE_-jBvWgtGn7XCTWFOs=&h=250&w=250&sz=25&hl=fr&start=11&zoom=1&um=1&itbs=1&tbnid=tVckSV_p_2UwkM:&tbnh=111&tbnw=111&prev=/images%3Fq%3Dmadone%2Bbentalha%26um%3D1%26hl%3Dfr%26sa%3DN%26gbv%3D2%26tbs%3Disch:1

    RépondreSupprimer
  71. http://iconicphotos.files.wordpress.com/2010/09/la_madone_de_bentalha.jpg?w=499&h=334

    RépondreSupprimer
  72. Bonjour,

    Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.

    Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.

    La Page No-28: L'HOMME VÉRITABLE.

    EST-CE QUE DIEU JOUE AUX DÉS AVEC L'HOMME ?

    Cordialement

    Clovis Simard

    RépondreSupprimer