
Il y a 2 ou 3 ans, j’avais rencontré une une patiente étonnante, avec une drôle de vie et pas mal d’humour. Elle me racontait sa vie amoureuse (compliquée). Et notamment cela :
« Je n’ai jamais été vraiment raccord avec les hommes que je croisais. Par exemple, j’ai passé des années avec un artiste, un peintre fauché : quand j’étais avec lui, on on parlait tout le temps d’argent, jamais de peinture. J'ai fini par le plaquer, il était trop galère. Puis, je me suis mise en ménage avec un banquier, et avec lui, c’était l’inverse : on ne parlait jamais d’argent, mais tout le temps de peinture, on allait voir des expositions sans arrêt, on ne discutait que d’art...»
Ça ressemble à une histoire à la fois drôle et triste. Mais c’est c’est juste la vie qui est comme ça...
Illustration : Gallerie Sollertis, Toulouse.
L'histoire ne dit pas, si votre probablement jolie patiente, a été larguée par son banquier.
RépondreSupprimerAmateur d'art, il a du l'épingler à son "tableau" de chasse pour passer à une autre conquête...
Non?
Alors l'amour c'est partager ce qu'on a ou partager ses manques ?
RépondreSupprimerMerci pour vos témoignages de vies paradoxales...
RépondreSupprimer(attention, il y a un piège ce matin : 3 doublons de mots jalonnent le billet du jour, qui invitent à une prise de recul sur le thème de l'imperfection, chère à l'auteur. Par un subtil jeu de miroir, renvoyer ce dernier à corriger ses 'coquilles' mettrait en lumière une inopportune compulsion à la sur-maitrise des choses.
RépondreSupprimerC'est déjà perdu me concernant, mais j'ai bon espoir que vous surmonterez l'épreuve chers co-bloggeurs )
Votre "histoire" m'interpelle directement !!! Je suis peintre et je m'aperçois que je ne parle jamais d'argent ni de peinture (en tous les cas la mienne) !!!
RépondreSupprimerEst-ce grave docteur ?
C'est le JEU des "JE" . Ce sont les coup de "JE"-"NOUS" qui se nouent et se dénouent et font ainsi le JEU du "ON" . Car "ON" n'est fait que de ce JEU entre "JE" qui ainsi se nouant et se dénouant font le "NOUS" et ce JEU entre "NOUS" fait alors comme un théatre où tout se joue et se déjoue et se rejoue sans cesse .
RépondreSupprimerPour moi alors trouver la sérénité c'est quitter la scéne du théatre social . Tuer le personnage que je suis pour enfin pouvoir être libre . Mais bien sûr il me faut toujours dénouer les noeuds et puis trancher les fils ... et puis marcher marcher vers ailleurs , la où la scéne enfin prend fin .
Alors marcher sans fin , voyageuse éternelle
C'est ma réponse qui n'est pas un modéle .
Alors l'amour dans tout cela ? ...
L'amour c'est avant tout accépter l'abscence
J'espère de tout coeur que la patiente s'est rendue compte qu'elle n'était jusqu'alors que le réceptacle des sujets de conversation de l'autre. Elle donne cette impression d'un bateau qui atterrit de port en port sans oser aller au large.
RépondreSupprimerIl est temps peut-être pour elle de s'asseoir et de se demander le sens qu'elle voudrait donner à sa vie pour ne plus être menée en bateau...
Bonne journée
Bonjour,
RépondreSupprimerEt on parle de quoi quand on se met en menage avec un psychiatre?
Ce que ce billet m'inspire (mais je promets de continuer à y réfléchir):
RépondreSupprimer"J'aime pas les pauvres, ils ne pensent qu'à l'argent" Michel Colucci.
N'empêche, c'est marrant ça parce que j'ai regardé l'émission "Semaine critique" vendredi soir avec Fabius, et avec également la journaliste Elisabeth Levy. C'était très paradoxal. Fabius venait sur le plateau pour parler d'un bouquin d'art qu'il a rédigé. Elisabeth Lévy à propos de tout autre chose disait grosso modo que les gens ne pensaient qu'à l'argent, ne voulait que ça, de l'argent; mais elle n'a eu de cesse de pousser Fabius à lui parler de politique, ce dont lui ne voulait pas parler, sachant que s'il y a quelque chose à attendre de la parole politique de Fabius, c'est bien de savoir où il en est, question argent, globalisation financière, politique de rigueur, crise économique, emploi, monétarisme, Papandréou et tutti quanti.
Curieux tout de même, ils se battent tous pour avoir voix au chapitre, porter la parole des concitoyens, les Français ceci, Français cela blablabla, ils ont la parole, et de quoi parle-t-il? De tout autre chose, et surtout surtout, vraiment d'autre chose. Parce qu'après tout, il y a aussi du politique dans l'art. Mais non, Fabius n'était pas là pour parler de politique. Elisabeth Lévy surtout pas d'argent. Remarquez, certains "citoyens" français, sont plus souvent occupés à lire le catalogue de chez Casto qu'à lire le Canard...enchaîné.
Et mouah, ben mouah, je me demande, coin coin, avec quoi je vais payer mon dentiste pour conserver un joli sourire, au moins aussi beau que celui de la Joconde. Ah non c'est vrai qu'elle ne montre pas ses dents. Remarquez, il y avait peut-être une raison à ça.
Ah!!
Oui alors après on a eu droit à la France, la "vraie"...ah oui? Soit.... vue depuis Paris et ces plateaux-télé. Arggg. J'ai éteins le poste.
Etats d'âmes soeurs et 'je' de maux de frères d'armes. J'adore. D'abord c'est souvent marrant, ensuite c'est vraiment instructif de passer en revue les angles d'approche de chacun.
RépondreSupprimerMoi je suis comptable et j'ai l'impression - certes plutôt répandue - de ne pas compter (assez) pour les autres !
bonjour
RépondreSupprimeret elle, elle avait envie de parler de quoi??
Pour vous donner une petite réponse, Hanna... (et dans mon cas qui est probablement aussi le cas pour un certain nombre de couples).... on parle de nous deux, nos joies, nos peines, nos besoins, nos projets (quand je dis "nos", cela veut dire les miens, les siens, les nôtres, qui sont souvent très différents!)et aussi on "vit" dans le sens "pleine conscience" des moments ensemble : ce qui me semble la base dans un couple c'est d'arriver à partager des instants tant de plaisirs divers que d'autres moins agréables et cela passe par un "entraînement" à la communication, enfin il me semble le constater bien souvent, quand on n'arrive plus à communiquer...ça fait mal..
douce journée
Anne
Etonnant de croire que lorsque l'on est en couple on échange forcément sur le métier ou la passion de l'autre. Donc si je suis avec un coiffeur, je parle coiffure, si je suis avec un pâtissier je parle pâtisserie, si je suis avec un dentiste, je parle molaires ! Alors je serais raccord avec l'homme qui partage ma vie ! Et si cet homme venait à changer de métier ?! lol
RépondreSupprimerBelle journée
Bah alors Mr André, on ne se relit pas ? ;) (petit bégaiement vers la fin !)
RépondreSupprimerJe trouve les commentaires d'hier et d'aujourd'hui (ainsi que les billets les inspirant) passionnants.
Petite touche humoristique: "La différence entre l'amour et l'argent, c'est que si on partage son argent, il diminue, tandis que si on partage son amour, il augmente. L'idéal étant d'arriver à partager son amour avec quelqu'un qui a du pognon." Philippe Geluck
Voilà un jeu concours...
RépondreSupprimer-Trouver un "vocable" plus pertinent et moins laid, pour remplacer le mot "patient" pour désigner une personne qui agit vraiment dans l'espoir de comprendre et d'aller mieux en venant voir son psychiatre...
-Juste vous signaler que "actient" patient qui agit a déjà été envisagé par d'autres sans succès...
patient....
RépondreSupprimerPsychonaute?
Vivre en équilibre avec ses paradoxes, ses idiosynchrasies ...
RépondreSupprimerGD
Bonjour,
RépondreSupprimerCe que je trouve intéressant dans le post d'aujourd'hui, c'est de faire ce constat que l'homme n'est pas à l'image de son costume social. Il est bien plus complexe et riche qu'un statut.
Bafouer les préjugés, faire voler en éclat les clichés dans lesquels on peut tous tombés de considérer le banquier comme avide d'argent et l'artiste, un doux philanthrope... . C'est un labeur de chaque instant. Juste observer, sans étiqueter.
Donner à l'autre la possibilité d'être autre chose que ce que l'on en veut et la chance pour soi de découvrir et de tisser des liens plus réels.
PS: Cela étant dit, j'espère que "l'usagère, actrice de sa santé"(pour Kilagab) a fini par trouver son bon raccord dans un respect mutuel.
AG
J'ai tout de suite pensé que c'est bien légitime de rechercher ce qu'on n'a pas :
RépondreSupprimerl'homme d'affaires qui "aurait voulu être un artiste", l'artiste qui aurait voulu avoir des sous, etc. Il n'y a peut-être que le cordonnier qui aurait voulu avoir des chaussures ...
Mais je préfère la remarque de Katsuwi qui est plus jolie et plus complète.
J'aime bien aussi le commentaire de La Joconde.
Sans vouloir jouer le psy, essayons d'examiner le tableau que nous brosse notre hôte :
RépondreSupprimer- l'artiste fait un métier qui lui plait, mais qui ne paie pas, il est obligé de parasiter ;
- le banquier fait un boulot qui apparemment ne lui plait pas mais qui rapporte, et il vit par procuration à travers l'oeuvre des autres ;
- et la femme, sujet principal du billet d'aujourd'hui, est ballotée, perdue parmi tout çà.
Il y a un peu de tout çà en moi, car je suis partagé entre cet objectif fixé de rentabilité et ce désir de pouvoir m'investir humainement dans mon travail. Si j'en suis conscient, tant mieux, sinon cela risque de me conduire chez le psy, le médecin du travail, ou... au suicide...
Bonne soirée
Christophe,
RépondreSupprimerEst-ce que c'est vraiment la bonne conclusion " mais c'est juste la vie qui est comme cela"??
Je crois que je n'ai pas envie de croire que je ne pourrais pas avoir de la vie ce qui compte vraiment pour moi ...surtout en amour; J'ai vraiment envie d'être en phase au moins dans ce domaine si important avec ce qui compte pour moi .
"plaquer", "se mettre en ménage" : que ces expressions sont désuètes...J'adore ! Notre parler indique mieux notre âge que nos rides. J'atteins celui qui pour la première fois me donne l'impression d'appartenir à une génération, quel sentiment bizarre.
RépondreSupprimerQuant au sujet du billet, non, ras-le-bol des discussions sur les rapports hommes-femmes.
Moralité :
RépondreSupprimerOn est rarement ce que l'on devrait etre pleinement. Prenons d abord concience de ce que nous sommes réellement et soyons en conformité avec nous-même. je ne suis bien que ce que je ne suis.
Soyons modernes Appelons là Catherine. Elle invite le banquier qu'elle connait un peu à voir les peintures de, appelons le , Jules.
RépondreSupprimerIl adore et achète ses peintures, et lui ouvre des portes..et le trio sympathise fort.Tout va bien apparemment.
Le banquier s'appelle Jim et vous connaissez la suite. 'Elle avait des bagues à chaque doigt'...
'Chacun pour soi est reparti dans l'tourbillon d'la vie....'
Au fait ça date du siècle dernier, cette histoire. pas tout neuf.
On parle de ce que l'on n'a pas
RépondreSupprimerCe qu'on possède, plus besoin d'en parler.
Ce sont juste les hommains qui sont comme ça.