jeudi 23 septembre 2010

Tierces contenues


Je parlais récemment avec des proches de la logique des sites Internet : accrocher l’internaute pour qu’il reste captif, qu’il multiplie les clics, et soit exposé au maximum aux messages du site.

Mais il existe aussi des sites à la logique inverse, comme celui-ci, d’un poète de mes amis, Jean Déserh : http://www.lestierces.fr/
En y arrivant, vous pourrez y lire un court poème.

Un exemple, que j'adore :

Les consonnes à vélo
Soutiennent les
Voyelles

Si ça vous plaît, vous pourrez en lire deux autres (en cliquant sur la parenthèse de droite). Puis, ce sera fini. Il vous faudra revenir plus tard, vous êtes gentiment poussé vers la sortie...

Exactement à l’opposé de notre logique matérialiste : de tout, beaucoup et à volonté. Mais totalement adapté à la poésie, où le trop peut parfois écoeurer, et où, surtout, c’est ce qui se passe en nous après la lecture du poème qui compte.

Illustration : livres de poésie (non disponibles online) attendant des lecteurs.

28 commentaires:

  1. Pour être demain à Bruxelles à 9h du matin, à quel heure faut-il partir de Paris? Sachant qu'un avion ou un train en grève met deux fois plus de temps à se déplacer et qu'un scooter c'est pas prudent...

    J'aime la poésie et les silences.

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  2. Je suis allée sur ce site. En cliquant sur la parenthèse de droite, vous accédez ... à une autre poésie, le jour même ;o)

    Très bonne journée à tous

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  3. Evidemment! Rien à voir avec:
    "Les sanglots longs des violons de l'automne
    Bercent mon coeur d'une langueur monotone...."
    qui est plus suggestif...
    Mais le rôle de la poésie n'est-il pas d'ouvrir la porte à l'imagination, au rêve ?
    Dans ce sens j'aime assez ce poète que vous nous faites découvrir ce matin.

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  4. quand un blog permet de découvrir un autre blog, comme aujourd'hui, c'est une fenêtre qui s'ouvre. Merci!mais que ce mot " blog" est moche, ou ridicule. blog, blog: on dirait un bruit d'évier qui se vide!!

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  5. Les origines http://viedefemme.canalblog.com/archives/2007/04/04/4527574.html

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  6. Pourquoi : "Notre logique matérialiste"?....
    Parlez pour vous , DOC !.... Mais je ne me reconnais pas dans ce "Notre". En plus je ne vois pas le rapport entre la logique et vouloir tout , tout de suite (?)....... Vouloir tout , tout de suite (et même plus tard d'ailleurs) n'a aucun rapport avec la logique . Bon , le matérialisme c'est quoi au juste ? .... Une concéption philosophique ? Plusieurs concéptions philosophiques ? ..... Par exemple Epicure était un philosophe matérialiste et son disciple Lucréce aussi . Pour autant voulaient ils tout , tout de suite ? ......
    Maintenant je me demande depuis longtemps s'il est juste de vouloir attribuer un rôle social à l'art . Parcequ'attribuer un rôle social à l'art , à la poésie par exemple , cela l'enferme dans une fonction , un fonctionnement qui la limite . Moi par exemple je fais des photos de la forêt et des plantes et de divers êtres sauvages et beaux . Je n'en tire aucun bénéfice matérialiste . Je ne sais même pas si mes photos sont vues par qui (à part Stéphane) et en fait c'est la régle de ma forêt imaginaire : les traces s'y effacent telles celles des animaux sauvages . En fait c'est pour moi une tentative de gratuité compléte , donc ce n'est pas social ni fonctionnel . C'est même sauvage , donc Associal (sans être antisocial). Donc ce n'est pas non plus de l'art-thérapie parceque je pense qu'attribuer à l'art une fonction thérapeutique c'est encore l'enfermer . Personnellement je pense que l'art ne doit avoir aucune fonction à priori , comme la vérité finalement qui n'a aucune fonction à priori .... Je pense que l'art dit des choses vrais , mais il les dit ailleurs toujours ailleurs ..... et que cet ailleurs est plus essentiel que tout .

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  7. Christophe ANDRÉ23 septembre 2010 09:50

    Merci Nathalie (deuxième commentaire). J'ai corrigé grâce à vous !

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  8. à anonyme 9h32 : merci pour votre réponse! blog : un rondin de bois jeté à la mer par les marins , ça me réconcilie avec le mot et c'est tellement bien trouvé ( et merci aussi pour le plaisir de la découverte!)

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  9. Choisir la qualité, la valeur (pas forcément la sobriété) est un choix anti matérialiste où seul le nombre et la quantité font foi.

    L'Art, à mon sens, cherche à révéler le mystère de chaque chose, et le mystère, la dimension spirituelle de l'artiste. L'art est Essentiel quand il nous emmène vers l'essence de toute chose, et surtout sans pose, chi chi, et narcissisme.
    Il ne sert à rien de fonctionnel mais ce rien, c'est tout.

    J'ai bien aimé aussi ce qu'en disait Pessoa (billet d'avant hier, dernier commentaire d'un énième anonyme)

    Sinon, il y aussi ce site que j'aime bien » Fortune Such »i avec une seule possibilité par jour.

    http://www.fortune-sushi.com/

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  10. ...parce que la poésie ça se déguste.
    Tout comme la vie.

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  11. Ce début de 21ème siècle est celui du clic. Du clic et du clinquant. Entendu à la radio : "en cliquant dans chronique", "en cliquant bourse". Cliquez, claquez, buvez de la veuve Cliquot. J'en ai ma claque de tous ces clics, de Sarko et toute sa clique, on va finir par en claquer. J'attends le déclic pour prendre mes claques et mes cliques.

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  12. Qu'elle est belle cette idée !
    C'est ce que je fais avec mes lectures. Lorsqu'un passage me semble trop beau, ou trop fort, je ferme le livre pour m'imprégner des mots ou des idées, pour ne pas avaler trop vite le sublime.

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  13. Bonjour, Cher Docteur,

    Vous allez voir comme vous allez vous sentir plus "léger" après Bruxelles et Lille ! Nous penserons à vous, avant, pendant, après !!!
    comme d' hab', quoi, allez, bon courage ; mais, quelle chance auront vos auditeurs ...
    j' aimerais en être, bien sûr ...

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  14. Oui c'est vrai avec certains livres je ne lis qu'une seule phrase de temps en temps et puis j'attend ..... C'est comme les graines d'arbres , il faut attendre et attendre encore pour que l'arbre puisse se développer .....

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  15. J'appréçie beaucoup ces courts poêmes, un peu comme les haïku , poésie japonnaise.
    Les silences sont loquaces...
    G.D.

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  16. C'est effectivement sans intérêt. Mais si c'est là que se trouve l'intérêt, ça peut être intéressant.

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  17. @ Christophe ANDRE


    Je préférais le billet avec l'erreur.

    Car l'erreur est humaine et la perfection inhumaine.

    Je ne crois pas un seul instant à votre histoire de spleen. Vous abusez tout le monde mais pas moi.

    Vous allez replonger dans l'action : conférences sur conférences, consultations jusqu'à plus soif, interviews sur interviews, écriture tous azimuts, etc.

    Pourvu que tout cela vous donne une image lisse et parfaite de vous même.

    Votre narcissisme est à donner la nausée.

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  18. Docteur, merci pour vos billets qui me donnent l'appétit de ressentir plus d'émotions encore... peut être grâce à nos états d'âme et grâce à la vie tout simplement. merci de nous permettre ces échanges d'écritue et même s'il est très rare d'écrire pour moi, lire vos billets et les commentaires est un plaisir quotidien. Merci de penser à nous et pas seulement à vous. Merci pour l'interaction. Merci

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  19. Voilà ce qui me dérange avec ce genre de poésie. Au-delà de mon côté terre-à-terre qui fait que la poésie et le romantisme ne sont pas ma tasse de thé, j'aimais beaucoup, étant jeune, le surréalisme et autres mouvements artistiques, qui déconstruisaient une normalité acquise, bien installée, bien assise.

    Désolée Zoé, pour moi, l'art a une finalité. Même si ce n'est pas nécessairement une finalité à portée sociale au moment de sa conception, selon moi, et c'est bien personnel, l'art est un moyen d'expression. Bien sûr, il peut être gratuit, mais s'il n'est que gratuit, il ... ne vaut plus rien, même comme art. Là aussi, ce qui compte est la diversité, et pas le mimétisme. Bien sûr, il peut y avoir mimétisme, mais s'il n'y a que mimétisme, alors, il y a manque de maturité : l'élève doit dépasser le maître à un moment donné, et c'est là qu'apparait sa créativité.

    Le surréalisme décontruisait le langage, l'image, la musique, et même la pensée. Malheureusement, cette deconstruction, renforcée par la "déculture" qui s'est imposée dès la fin des années '60, est devenue, une nouvelle norme.

    J'entendais les jeunes de l'époque, de ma génération et les générations qui me suivaient, qui n'avaient rien appris, et qui trouvaient de bon ton de parler quasiment par onomatopées.

    Ce "langage", non seulement ne déconstruisait plus rien, ne remettait plus les préjugés en question, mais devenait, par pure imitation, une nouvelle norme, et en plus, et le pire, je crois, justifiait, masquait l'ignorance et la paresse intellectuelle. Ce qui n'était pas du tout le rôle du surréalisme au départ !

    Et selon ce que je crois, encore, la paresse intellectuelle n'est pas de l'art. L'art est avant tout la maîtrise de règles, de contraintes, la connaissance des limites, puis le dépassement de ces limites, etc.

    Le site de Jean Déserh est une belle tentative, mais un peu trop timide à mon goût.

    Je crois qu'une véritable "révolution" sur le Net, bien sûr, sans mousquets et sans guillotines, serait de quitter le virtuel pour revenir au réel. Se faire inviter chez des amis ou la famille, reprendre contact avec de vieilles connaissances et les rencontrer réellement, oser aller déranger ses voisins pour leur demander de vous dépanner d'un ou deux oeufs pour faire des crêpes (avec un peu de chance, il vous croira redevable et viendra vous demander un service, ce qui pourrait être le début d'une belle amitié réelle !), étudier le solfège, même confronter des gens qui ne nous parlent plus depuis longtemps sans qu'on sache pourquoi (ou l'inverse), etc.

    Heureusement, certains sites demandent un langage clair, des phrases bien construites, une attention portée à l'orthographe, détails ennuyeux et rébarbatifs pour les uns, mais qui évitent aux autres de lire quinze fois en se demandant qui a fait quoi.

    J'aime bien votre commentaire d'aujourd'hui Colonel Trivos. Ce qui mène où vous savez, c'est peut-être plus les excès et l'extremisme que le fait d'être rebel et anarchiste en soi.

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  20. Oui. Les vers poétiques plantent en nous des graines d'images et de pensées, souvent très belles, mais qui ne sauraient se résumer à une rêverie bornée : au contraire... plutôt une invitation au voyage.
    Ce site de poèmes est une belle découverte.

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  21. Hello,
    a) je suis comme Boulezail: plutôt réfractaire à la poésie. La seule qui me parle est celle qui ait un sens (Baudelaire, Hugo) mais l'hermétisme ce n'est pas pour moi.
    b) je trouve que la logique du "tout, à volonté" est aussi très positive. Ex: Avant les magnétos et les Emule and co, la seule façon de voir/revoir un film qu'on avait aimé était...d'attendre qu'il repasse à la télé ! Aujourd"hui on peut découvrir des tas de vieilles émissions, de films d'auteurs.
    c) il y a aussi des pratiques mercantiles (matérialistes) qui utilisent la rareté/le "select" pour vendre: le luxe par exemple.

    bàv
    B.A

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  22. @ dernier anonyme ,vous ne faites penser à moi, avant,il y a peu encore,mais j'essaie de changer,les heureux de ce monde ne sont pas forcément à blâmer, même si le monde est imparfait....ils s'adaptent,ils ont sans doute en eux aussi,de grandes tristesses de ne pouvoir faire plus pour les malheureux.Je ne congratule pas notre hôte,je n'aime pas ça,mais,réviser votre jugement,je suis sure qu'il est injuste,c'est votre souffrance qui parle,pas vous dans votre profondeur d'âme.

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  23. d) ce qui me gêne, c'est le terme de "matérialiste": dans le billet de C. André je l'entends comme "mercantile"/"commercial" mais apparemment le terme revêt une signification bcp plus large ... et pas forcément péjorative.

    Ainsi, Stéphane, désolée, mais je ne saisis pas votre :
    Choisir la qualité, la valeur (pas forcément la sobriété) est un choix anti matérialiste où seul le nombre et la quantité font foi.

    B.A.

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  24. Merci Boulezail pour cette mise au point salutaire, et moi aussi le commentaire du Colonel m'a touchée, tant sur le fond que sur la forme (mais l'un va-t-il sans l'autre ?).

    Ver00 : "c'est votre souffrance qui parle" merci pour votre réaction pleine de compassion à un commentaire plein de ressentiment, c'est exactement ça, oui une belle et juste formule.

    Sur l'art, lire Proust, encore et encore.

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  25. @ Boulezail

    Votre premier commentaire (15h34) ... j'ai pas trop compris ...

    Quand j'étais petite, on courait souvent chez la voisine chercher un oeuf, un peu de farine (ma maman devait être un peu tête en l'air) et bien sûr il fallait recourir chez la voisine pour rendre l'oeuf ou la farine : c'était rigolo ... un jour il me manquait un peu de farine pour faire une pâte à crêpes, je demande alors à ma nièce d'aller en chercher chez la voisine ... elle m'a regardée avec des yeux très très ronds ... on aurait dit que je m'étais transformée en martienne ... en parlement poliment, je suis un peu tombée sur le cul ... elle a finit par y aller mais après beaucoup de tergiversations ...

    Les rencontres virtuelles peuvent aussi être intéressantes ... si elles sont de qualité ... je pense à celles de ce site en particulier ...

    Ne faut il pas des deux ?

    Trop fatiguée ce soir pour regarder le site du compagnonage ... mais j'irais voir ...


    @ Colonel Trivos

    Très beau commentaire ce soir, très touchant ...

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  26. Je crois en la gratuité absolue de l'art . Mais , comprendre vraiment l'idée de gratuité est à la fois trés difficile et trés simple ...
    Comprendre la gratuité voila l'essentiel .

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