
Quand on est sur l’autoroute, et qu’on passe sous un pont, dans la campagne, on voit souvent un monsieur arrêté (je n’ai jamais vu de dames faisant ça, ou alors j’ai mal regardé) qui observe le flot des voitures.
Je me suis souvent demandé pourquoi ces gens se mettaient là à voir défiler les bagnoles : il y a tellement de choses plus intéressantes et plus belles à regarder.
Et puis l’autre jour, en faisant une ballade en vélo autour de Paris, je suis passé sur un pont qui enjambait une grosse autoroute (8 voies). J’ai repensé à mes interrogations métaphysiques sur les car-spotters *, et je me suis arrêté moi aussi, pour essayer de comprendre.
Eh bien, j’avoue que j’ai un peu compris ! Malgré le bruit et l’odeur, pas terribles, j’ai découvert que c’était un spectacle tout de même fascinant, ce flot lent (grâce à la perspective en surplomb, qui aplatit et ralentit) de voitures de toutes couleurs, qui circule avec fluidité et une certaine grâce, comme un grand troupeau en fuite.
Cela fait une bonne cible mouvante pour l’attention, comme on dit en méditation.
Bon, d’accord, il y a mieux dans la nature : les nuages, les vagues, la flamme du feu. Mais cet énorme flot de ferrailles qui se suivent, se dépassent, s’évitent (en principe), ça a quelque chose d’une fascinante harmonie inhumaine.
* Le carspotting, c’est comme le trainspotting, mais avec des voitures. Ce que c’est que le trainspotting ? Une ferrovipathie...
Illustration : quand il y a beaucoup beaucoup de voitures, on peut carspotter avec des potes...
C'est ce qu'on appelle la mécanique des fluides . On peut y réflechir d'un point de vue de physicien .
RépondreSupprimerLa mecanique ondulatoire peut aussi aider à comprendre pleins de trucs sur la circulation des bagnoles .
RépondreSupprimerHello,
RépondreSupprimermoi je ne fais jamais nuage-pathie, de ferrovipathie...non je passe, je regarde rapidement et je continue. Dans les musées, j'observe, je scrute mais rien à voir avec la pratique que vous décrivez. Je dois avoir un objectif et être sure que quelque chose se produit.
A découvrir donc!
B.A.
Autre hypothèse... Je me demandais moi aussi pourquoi des gens semblaient fascinés par le spectacle vu d'un pont d'autoroute. j'ai regardé moi aussi,(mais en remplaçant en pensée le pont par un mur) et j'y ai vu des gens qui venaient s'écraser, à toute vitesse, délibérément,et de plus en plus vite, sans freiner le moins du monde, pressés d'en finir...
RépondreSupprimerSans doute une journée de spleen pour moi, mais cela m'a fait réfléchir au sens de la vie et à sa fragilité!
Il m'arrive aussi de voir des gens sur les ponts au-dessus de l'autoroute, et bien souvent, ils sont munis de jumelles... pour mieux voir... et, de temps en temps, ils vous envoient même une petite carte souvenir ! heureusement que c'est pas trop souvent, ça pourrait finir par devenir cher ! bonne journée à tous !
RépondreSupprimerCet été, comme j'allais en Bretagne, je me suis lancée dans l'observation des nuages et leur reconnaissance (cumulus, stratus, altostratus, altocumulus,cirrus,cirrostratus, cirrocumulus,...), c'est à dire
RépondreSupprimerce que l'on pourrait appeler le cloudspotting.
Eh bien cette non-activité est vraiment apaisante et procure beaucoup de plaisirs et de rêves. La diversité des formes est surprenante.
C'était vous que j'ai regardé hier, comme les vaches regardent passer les trains !
RépondreSupprimerBon j'exagère, mais j'ai eu la chance hier d'assister à la "journée d'études sur la méditation de Pleine conscience" à laquelle vous participiez avec Matthieu Ricard, Thierry Janssen et Guido Bondolfi.
Dire tout ce que j'ai appris serait bien trop long, mais il en ressort une véritable impression de bonheur.
Bonheur de vous écouter tous et de sentir le bonheur (lors de la table ronde) que vous éprouviez d'être là tous ensemble.
Bonheur de revoir Matthieu RICARD et de participer à quelques minutes de méditation collective dans cette immense salle où plus de sept cents personnes étaient réunies et que le silence semblait total (c'est ainsi que je l'ai ressenti), avec une ferveur collective qui donne de l'espoir...
Merci Christophe d partager avec nous aussi bien à travers votre blog, vos livres, que par la parole et de nous aider sur le chemin de la transformation.
Et en plus vous faites du vélo !!!!
Bonjour Christophe,
RépondreSupprimerPeut-être que d'en haut du pont nous ne voyons pas la même chose!je ne vois pas un flot de ferraille, mais les gens qui sont dans les véhicules. je me demande quelle est leur vie, ce qu'ils ont fait ce matin, où ils vont.Je m'évade avec eux au fur et à mesure qu'ils s'en vont.
Dans la nature nous n'observons pas non plus la même chose. C'est pour ça que les êtres humains sont si différents.
Je vais même vous dire, votre post de ce matin m'a étonnée car je pensais que tout le monde voyait la même chose que moi.Bonne journée!
Alex
Bonjour,
RépondreSupprimerJe suis désolée (arf, j'ai encore commencé ma phrase avec ce mot...) je ne vais pas parler de cet article mais je voulais vous remercier pour votre livre que je suis en train de boire (Gloups, pas facile à digérer tout de même le papier, m'enfin...)avec délectation!
Je me suis arrêtée dessus par hasard à la fnac Samedi dernier et en voyant le titre "Je dépasse mes peurs et mes angoisses" et ses jolies illustrations, je me suis immédiatement dit: "toi qui t'es mise à lire pour te calmer avant de dormir, lis ça de suite!"
Et c'est enchantée que j'ai savouré les premières pages!
Évidemment, vous maitrisez votre sujet, je me suis retrouvée à 200% dans ces écrits.
Me reste à continuer et comprendre comment avancer :-)
Merci pour cet ouvrage et ce blog sur lequel je vais me pencher très sérieusement.
Vous venez de "monter" en grade !
RépondreSupprimerEt oui : les mecs jouent au foot, les Hommes au rugby... les Dieux font du vélo ;-)
Bonne journée ensoleillée.
J'ai la chance d'habiter près de la mer. Le son des vagues, des galets qui roulent, du vent souvent assez soutenu. Là où les autres voient souvent froid et bruit, moi je m'y rends quand j'ai besoin de silence. J'ai l'impression que mes pensées passent à la "machine à laver" et j'ai beaucoup de mal à repartir.
RépondreSupprimerDerrière ces taules, il y a des esprits,qui se transportent vers leurs vies,on peut capter un regard ? Les regards rapides sont porteurs d'inconscience profonde et vraie.Chaque " place " nous apporte une conscience différente du monde,sur le pont on peut avoir une bienveillance vers l'autoroute,tel un "dieu" ? Alors, la nature, oui, c'est magnifique,gardons là, mais laissons sa différence exister et prendre son intérêt dans nos esprits.
RépondreSupprimerDans le troupeau des bagnoles ce sont les contraintes mécaniques qui gouvernent . Aucune conscience colléctive n'existe . L'inconscient est fait d'un ensemble de mécanismes contraignants externes et internes à l'images les uns des autres et complémentaires , nécessaires au fonctionnement de l'ensemble du systhéme . Seule peut exister la conscience individuelle , mais elle ne peut devenir libre qu'en se retirant soit mentalement soit aussi physiquement de l'ensemble du troupeau . L'individu ne peut exister que contre la loi du nombre . Il n'existe de conscience qu'individuelle et solitaire . Le troupeau obéit inconsciemment aux lois mécaniques qui le contraignent . Aucun choix n'est possible pour lui . Son comportement colléctif ne peut se modifier que par la violence inconsciente et stupide d'un accident ou par l'action autoritaire de , par exemple la mise en place d'un barrage , d'une déviation ou autre mécanismes contraignants variants . Seul un individu peut choisir consciemment pour lui même de sortir du troupeau , de quitter le troupeau , de s'en abstraire ... Bien sûr on peut fantasmer sur une possible décision colléctive de tout arréter librement . Mais statistiquement cela n'arrive jamais par choix , uniquement par contraintes . La conscience individuelle n'existe que hors du troupeau et contre lui . Le prix à payer en est la solitude absolue ....
RépondreSupprimerBonjour à tous,
RépondreSupprimerMéfiez vous des personnes qui se trouvent sur les ponts des autoroutes !
Il y a de doux rêveurs mais aussi des imbéciles dangereux.
Il m'est arrivé en conduisant sur l'autoroute de recevoir un projectile qui a explosé le pare brise. C'était une bouteille d'eau.
Il y a longtemps que je n'ai pas pris la plume sur ce blog mais je suis présent tous les jours.
Ajouter quelques électrons sur un serveur informatique, cela ne m'amuse plus beaucoup...
Bien cordialement.
Alain L
Le carspotting ....
RépondreSupprimerEt ce n'était qu'une adaptation de l'être humain au besoin du rocking ( le réconfort le ron-ron ) .....
GD
"Trainspotting, carspotting, planespottining" désignent respectivement en anglais cette passion pour les trains, les voitures, les avions surtout lorsqu'ils sont "vintage", càd anciens, de collection. "To spot" signifie ici reconnaître, repérer des engins de collection, millésimes. Nul besoin de dire que cette activité ludique intéresse principalement des garçons, des hommes qui ont presque tous rêvé à un moment donné de leur vie de piloter ce type de machines.
RépondreSupprimerCeci étant, "trainspotting" en argot anglais, signifie "repérage d'une veine" pour les junkies, les addicts de drogues. Pourquoi? Parce-qu'à partir des années 60 au siècle dernier, il y avait eu en Grande-Bretagne une vaste restructuration des chemins de fer, et beaucoup de gares des lignes considérées comme non rentables, sont laissées à l'abandon. En fait pas tout à fait, car elles étaient devenues des lieux glaugues de rendez-vous des drogués de toutes sortes (cocaïne, héroïne, alcool, etc,) où la pisse, les fèces, et les drogues se mélangeaient.
Un film très connu par les anglophiles est le "Trainspotting" du réalisateur Danny BOYLE, tiré du roman non moins célèbre du même nom et dont l'auteur est Irvine WELSH, lui-même ancien héroïnomane pendant trois ans. Ce récit assez décousu est un peu autobiographique où l'antihéros, au nom de RENTON, incarne l'auteur. C'est l'histoire de jeunes paumés, drogués, haineux et rebelles à une société consumériste, mais grands consommateurs invétérés de drogues devant l'Eternel...
Bon aprèm.
Rectification :
RépondreSupprimerlieux glaugues : lieux glauques
Autrement si vous aimez la littérature anglophone, le livre "Trainspotting" est écrit en patois écossais pour certains mots qui n'ont rien à voir avec l'anglais académique. Un conseil : lisez le à haute voix, car si c'est écrit en écossais (pour certains passages), çà s'écoute néammoins comme de l'anglais au niveau phonétique.
Re-Bon Aprèm.
Cela me fait penser à tous les britanniques et les anglophiles qui aiment faire du birdwatching, whalewatching, j'en passe et des meilleurs comme passetemps, existe aussi le Leprechaunspotting: des adeptes des farfadets irlandais qui vont sur le site du Leprechaunspotting pour tenter de repérer sur une caméra introduite dans un tronc d'arbre quelque part en Irlande, des farfadets, genre de petits lutins irlandais qui peut être n'existent pas mais c'est fascinant de s'apercevoir qu'on peut se passionnner pour l'observation de plein de choses.
RépondreSupprimerBye.
Et antspotter? Catterpillars processionary spotter? Snailspotter? Et le girlspotting?
RépondreSupprimerJ'adore cette histoire, surtout si on la décline!