À chaque automne, je suis sensible à la rentrée scolaire.
Je ne suis pourtant plus concerné personnellement. Mais pendant longtemps pour moi, l'automne c'était la rentrée des classes. Et j'étais submergé alors de souvenirs d'enfance de ces rentrées. Durant des années, j’ai vécu sur mon stock incroyablement riche de souvenirs personnels de rentrées des classes : odeur des couloirs, vision des portemanteaux en enfilade, frisson des cahiers neufs, des premières retrouvailles de copains, brillant des marrons tombés de l'arbre...
Puis, j'ai eu des enfants, et peu à peu, mes souvenirs personnels de rentrée des classes ont commencé à s'affaiblir : d'abord à se mélanger à ce que je vivais avec mes filles, puis à s'effacer doucement ; pas complètement, mais tout de même... Désormais j'ai plutôt le souvenir de mes propres souvenirs. Et les souvenirs les plus vivants et vigoureux à ma mémoire sont maintenant ceux de mes rentrées scolaires en tant que papa, et non plus en tant qu'écolier.
Et puis, cet automne, je n'ai accompagné aucun enfant à l'école, pour la première fois. Alors je me souviens des rentrées précédentes, avec déjà un peu de nostalgie. Et d'anticipation : un jour peut-être j'accompagnerai mes petits-enfants, si j’ai la chance d’en avoir, de les voir, et de pouvoir les conduire à l’école.
Ça me fera de nouveaux souvenirs. Et ceux-là, le jour où je commencerai à les oublier, cela voudra dire que l'heure est venue de ne plus chercher à empiler les souvenirs, à caresser mon passé, mais de vivre chaque minute au présent comme si c'était la dernière. La sortie ne sera plus très loin. Il faudra juste se dire que tout est bien.
Illustration : le Pont Neuf, à Toulouse, par Frédéric Richet.
Hello,
RépondreSupprimera) c'est drôle cette idée de "chercher à empiler des souvenirs": le souvenir se constitue naturellement non ? n'est-ce pas une façon de ne pas lâcher prise que de vouloir emmagasiner des souvenirs ?
b) j'ai souvent craint d'avoir effacé toute une partie de ma mémoire. En fait pas du tout, tout est là, simplement on fait le choix de le laisser émerger ou pas. A présent, je ne m'en soucie plus.
c) quand on n'a pas d'enfants et qu'on vit loin de chez soi, la rentrée scolaire reste quelque chose d'assez froid finalement: "l'instit est bien? la petite est contente de sa classe ?". Dommage...
Bàv
B.A.
Bonjour, Cher Docteur Christophe André,
RépondreSupprimerJuste au moment où vous évoquiez "un peu de nostalgie" ... Je venais de lire, dans l' introduction du journal de Joyce Carol Oates (1973-1982) - en bas de la page 9 - Editions Philippe Rey :
- " ... La nostalgie, qui implique à la fois deuil et commémoration, est un moteur puissant ... " ; pas mal vu ; bon, ne reparlons pas de "deuil", mais c' est vrai, tout ce que vous dites sur la rentrée des classes, belle émotion, et oui, même votre cadette est "grande" maintenant !!!
J' aime l' automne, que je considère un peu - à cause de, ou grâce à, ces fameux souvenirs scolaires - comme un nouveau départ ... et pour l' annecdote, je continue par nostalgie d' acheter mes agendas "de septembre à septembre", même si mes études sont loin derrière, c' est un de mes ancrages, et aussi ma façon d ' "encrer" dessus quelques souvenirs (j' ai des enfants, et des petits enfants !)
Merci, très bonne journée à tous, et à demain.
Bonjour,
RépondreSupprimerMoi aussi j'ai la nostalgie de mes rentrées scolaires et de celles de mes filles lorsqu'elles étaient plus jeunes. Mais c'est pour une autre raison que j'aborde depuis l'an dernier "la rentrée" avec angoisse. L'an dernier, ma fille de 13ans n'a pas pu faire sa rentrée suite à une phobie scolaire (ou angoisses de séparation....) déclenchée au printemps précédent .Cette année , son démarrage en 4ème se passe plutôt bien mais nous sommes fébriles. Je trouve que cette période de "rentrée" prend beaucoup de place dans les médias, les conversations quotidiennes.... et je ne peux m'empêcher de penser aux parents qui ont des enfants qui ne peuvent pas suivre une scolarité "normale".Je pense que je n'aurai plus jamais le même regard sur la "rentrée". Bonne journée
J'ai également des bouffées de souvenirs qui remontent de mon passé d'écolier, surtout de la petite et grande école.
RépondreSupprimerPetits, nous ne savons pas que nous sommes en train de nous créer des souvenirs, nous sommes dans l'instant. C'est peut-être aussi pour celà que nous avons le souvenir nostalgique de ces moments bruts et vrais de joie, ou de peine.
Je me rappelle le temps passé par ma mère pour recouvrir nos cahiers avec du film transparent un peu verdâtre, je les trouvais super beau. Je me souviens de l'odeur de la colle Cléopâtre et du petit batonnet pour l'étaler. Je me souviens de cette énorme bille de métal que l'on pouvait gagner avec 10 images, chaque image valant 10 bon points!Et puis les jeux du mouchoir en rond dans la cour et puis....
Avec mon fils, c'est surtout l'époque de la maternelle qui a ravivé le plus d'émotion. C'est l'époque de l'émerveillement où l'enfant n'est pas encore un élève, avec des rythmes, des résultats à atteindre... mais reste avant tout un enfant qui s'éveille.
Bonne journée.
La rentrée des classes a toujours pour moi été synonyme de privation de liberté !
RépondreSupprimerJe n'ai pas d'enfant et ne les ai ainsi jamais emmené sur le chemin de l'école.
Mais un jour de rentrée qui n'était plus scolaire, celle-là où je me suis dit "pas avant un an". J'ai alors décidé de changer de vie et je ne l'ai jamais regretté.J'ai choisi de ne plus perdre ma vie à la gagner en me consacrant à ce que j'aimais : la peinture.
Chaleureusement
Pourquoi attendre que les souvenirs s'effacent?
RépondreSupprimerC'est ICI ET MAINTENANT qu'il faut vivre le jour comme si c'était le dernier!
EN PLEINE CONSCIENCE.
Même s'il faut aller travailler, aller à St Anne retrouver ses patients, vous n'avez pas l'âge de la retraite mais ce n'est pas une raison...
Faire chaque soir, le bilan de la journée et en être satisfait. Ou changer les choses.
Mais ne pas attendre: d'être en retraite, d'être vieux, d'être riche....
Carpe diem, c'est tous les jours!
Bonne journée à vous Docteur et à tous ceux du blog.
mes souvenirs de rentrée de bonne élève avaienr la saveur du "grand Meaulnes"; mes souvenirs de rentrée avec mes enfants en échec scolaire les ont "écrasés" effectivement et sont douloureux.
RépondreSupprimerMais cela m'a au moins appris à ne pas 'imposer', même sans le savoir, ma joie à ceux qui peut-être souffrent en silence.
Pour ma part, la rentrée a toujours été synonyme d'angoisse. Aujourd'hui encore, qu'il s'agisse de moi ou de mes enfants !
RépondreSupprimerJe me refuse à y associer l'automne, qui arrivera lorsque cette angoisse sera apaisée. J'aime l'automne : les couleurs, les châtaignes, les pulls qu'on réenfilent, cette chaleur qui vient de l'intérieur...
"Octobre tiendra sa revanche" (Cabrel).
Et pour les âmes sensibles à la poésie : "L'automne" de Lamartine.
Je vis déjà ma dernière minute à chaque instant.D'ailleurs,je dis souvent que j'ai pris une philosophie de fin de vie.C'est sans doute, ce qui me rend si atypique, et téméraire,je joue ma vie dans la conscience,voir l'inconscience, qui me parait la mieux adaptée au moment, celle en tout cas,qui porte le plus loin possible mes idées vers le monde, et cela, sans égard pour moi-même, puisque je suis acquise à une cause supérieure.Je ne regrette même pas mon arrogance,puisqu'elle n'en est pas à mes yeux ;je sais que je dis ma vérité d'être.
RépondreSupprimerAlors.....les souvenirs,pour moi,sont présents, certes, mais je n'en éprouve plus aucune nostalgie,je les ai intégrés en tant que données ou base nécessaire à mon être. Mon émotion est maitrisée,juste nécessaire à rester humaine,elle est tendue vers l'improvisation du moment , sécurisée par ma raison,et vice versa.
Bonjour,
RépondreSupprimeril est très beau le texte du docteur André aujourd'hui.
Tout en douceur et en nostalgie du temps qui passe. Oui, nos propres souvenirs de rentrées, ceux de nos enfants ou d'enfants proches, et enfin ceux de nos petits-enfants ou de petits-enfants proches. On peut donner de la présence, de l'attention à des enfants qui ne sont pas les nôtres (issus de nous), et ce tout au long de la vie.
Il aime la Vie le docteur André, et on le ressent dans l'écriture de ses billets (comme celui sur le vieux rosier)...
Le problème quand on n'aime pas assez la vie parce qu'on est trop centré sur nos souffrances, c'est qu'elle nous échappe. Et quand on l'aime trop et qu'on s'attache trop à sa jouissance, c'est qu'elle nous échappe aussi.
Elle est apaisante cette photo du pont Neuf à Toulouse, toute en douceur de formes, de couleurs, toute en harmonie.
Finalement, en ayant le reflet du Pont Neuf dans la Garonne (c'est bien cela?), tout devient rond et complet...et serein.
Bonne journée à tous.
Je me sens très proche de ta réflexion du jour, cher Christophe. Ton cas, par ta notoriété, est peut-être particulier, mais qu'en est-il de nous, du commun des mortels ?
RépondreSupprimerCe qui fait peur, c'est la perte du réseau social. Je m'aperçois aujourd'hui (à 41 ans) du premier choc que constitue la fin de la scolarité : on divise son carnet d'adresses par 2 ou 3.
Puis la vie professionnelle, qui restreint encore le champ, particulièrement quand on devient responsable et qu'il devient difficile de faire de certains collègues des "copains".
Mais le passage à la retraite... quel choc se doit être ! Oui ou non ?
Quelqu'un peut-il en témoigner ici ?
Bises à tous, pour mon retour.
Petite, mes rentrées étaient synonymes de "grandir".
RépondreSupprimerAdo, elles me rapprochaient un plus de l'indépendence tant revendiquée à cet âge-là.
Aujourd'hui, chaque rentrée me sépare de ceux que j'aime et pour un an. Mais d'un autre côté elles attisent ma curiosité.
L'excitation d'évoluer, de découvrir des nouveautés est toujours aussi vive.
Chaque matin, je passe devant une petite ecole primaire...il y a bien longtemps que je n'emmene plus mes enfants, mais je me souviens de leur petites mains dans la mienne, du rituel du lacher, des pleurs silencieuses de ma fille...ce n'est ni gai, ni triste, cela a existé.
RépondreSupprimercette année, elle fait au meme endroit que moi, les mêmes études que moi....et cette rentrée a un gout particulier : le gout de la transmission, je suis toujours surprise de ressentir le poids que je pése malgrés moi sur mes enfants....savoir que j'ai transmis à ma fille le gout de s'occuper des autres, de prendre soin et un bonheur; Elle m'oblige aussi, à regarder en arriére, tout ce chemin que j'ai fait pour être là ou je suis....en somme fait le point
Hier soir, avant de m'endormir, je pensais que ma mémoire avait des trous : parfois je revois certains films et, à part quelques scènes, j'ai l'impression de n'avoir jamais vu le film. De même, alors qu'il n'y a pas si longtemps, je me rappelais de tout à l'évocation d'un souvenir, même si je n'avais pas mis de "marque" au même endroit que la personne qui l'évoquait, je m'apperçois que de plus en plus souvent, il ne reste plus qu'une vague trace du souvenir, juste une tache sur le mur en fait, comme celle d'un tableau qu'on aurait volé après de longues années.
RépondreSupprimerIl se passe des choses bizarres avec le cosmos en ce moment : quelles que soient mes pensées, mes connexions ne semblent plus répondre à aucune règle précise.
Avant, c'était clair : tout ce à quoi je pensais se réalisait, positif ou négatif. Mais si je le disais, cela ne se réalisait pas. Et il suffisait que j'oublie une personne dont j'attendais des nouvelles pour en recevoir. Exceptions : 0,00....1 %.
Pas difficile de m'ajuster par rapport à cela : je me détachais, pensais positif, et parlais négatif de temps en temps, et tout réussissait. Inutile d'ajouter à quel point avoir tort devant tout le monde me réjouissait !
Bref, lundi, je pensais encore que l'écoute est une espèce en voie de disparition, et qu'il serait temps de commencer des programmes de réintégration, comme on le fait pour certains animaux (reproduction dans un milieu favorable, puis réintroduction dans le milieu naturel).
Et je pensais que vous seriez, Docteur André, la personne idéale pour inviter, justement, le monde à s'écouter aussi mutuellement. Alors, lorsque j'ai vu votre invitation, mardi, adressée à vos lecteurs, pour lire aussi les autres commentaires, j'ai eu l'impression que je m'étais un peu réconciliée avec le cosmos, d'une certaine façon. Et puis surtout, j'ai retrouvé un peu d'espoir.
Bonjour,
RépondreSupprimerDans le calendrier hebraique, la nouvelle annee a toujours lieu en Septembre, c'etait le 8/9 septembre (nouvelle annee: 5771), c'est a dire que le renouveau commence a l'automne.
Je n'avais pas lu votre commentaire avant d'expédier le mien, Olivier. Le sujet sur le réseau de connaissances m'intéresse particulièrement, et il est fondammental et urgent de se pencher sérieusement sur la question !
RépondreSupprimerJ'ai placé votre blog dans mes racourcis ! Heureuse que vous soyez de retour.
Pour répondre à Olivier qui souhaite des témoignages pour le passage à la retraite.
RépondreSupprimerJe vais être en retaite dans moins d'un an. Comme je redoute ce moment, ma soeur m'a entraînée dans un séminaire de préparation à (réflexion sur) la retraite.
L'un des participants à ce séminaire a dit que pour lui être en retraite serait de reprendre sa vie là où elle s'était arrêtée lorsqu'il a commencé à travailler. J'ai aimé cette intervention parce que j'avais confusément le même sentiment.
L'occasion pour toi de commencer à "multiplier" ton carnet d'adresse par 2 ou 3...
Aussi je souhaiterais rebondir sur le propos de "Le chemin du bonheur". Ne perdons-nous pas notre vie en la gagnant ?
Amitiés à tous.
PS Pour rester optimiste : ce n'est pas ce que nous redoutons le plus qui se passe le plus mal... (longue expérience)
Bon, excusez-moi si je ne parle pas de feuilles d'automne aujourd'hui, je reviens là-dessus : l'humain est un animal grégaire. On vit en société pour mettre nos forces ensemble. Depuis les dernières décénies, on est de plus en plus isolé, on garde ses soucis à l'intérieur parce que les autres sont saturés des leurs qu'ils gardent pour eux etc.
RépondreSupprimerEn plus, si on parle de ses soucis, on passe pour un "looser", et si on parle de ses succès, on devient la cible des envieux. Alors on ne parle plus de rien.
Résultat, une bonne partie de l'énergie vitale -- qui est fournie par la dynamique des relations sociales -- n'est pas (ré)générée. Alors les individus dépriment sans savoir pourquoi parce qu'ils se croient conformes à la "nouvelle normalité", ils vont voir leur psy, prennent leur pillule magique, se sentent mieux, arrêtent leurs pillules, redépriment, j'en connais plein comme ça !
La maladie mentale, selon mes observations c'est comme un rhume, bien souvent : il faudrait peut-être commencer par une bonne hygiène de vie.
Mais là, on se trouve face à un autre problème : le bouton "facile" (comme dans la pub). Alors on cherche la recette miracle, on court après d'autres fantaisies instantanées de préférence, on se fait berner, on ne croit plus en rien, on baisse les bras, essoufflé.
Comme on dit au Québec : "Y en aura pas de facile !". Même la méditation, l'instant présent, etc. réclamment un minimum d'efforts. Mais seront tout aussi vains, si on ne s'ouvre pas aux autres, si on ne partage pas ses joies comme ses peines, si on ne s'entr'aide pas sans arrière pensée, si on ne retrouve pas l'esprit de solidarité qui a animé nos ancêtres des cavernes, si, comme eux, on ne fait pas face à un malentendu, un conflit, et si on le laisse pourrir, comme tout le reste.
Et puis j'adore aussi l'odeur des feuilles mortes, et celle de la craie humide dans le fond du cartable qui se mêle à l'odeur de la banane un petit peu écrasée sous les livres ... l'odeur des livres, des cahiers encore neufs, avant que l'encre ne vienne les tacher et provoquer des drames ... "mais ça, c'est une autre histoire" comme disait le petit lion.
Tiens !! voilà ce vieux Pont Neuf toulousain! bouffée de souvenirs de la vie étudiante quand on n'est pas encore vraiment devenu responsable.
RépondreSupprimerA ceux ou celles qui ont écrit plus haut que la rentrée pouvait être plus amère que douce parce que l'enfant n'est pas aux normes des apprentissages ou que la génétique lui a joué un mauvais tour ,j'adresse particulièrement un signe d'amitié. L'euphémisme de l'enfant"différent"ne console pas vraiment. c'est du :langage correct.
@ Olivier et Boulezail
RépondreSupprimer"Réseaux sociaux, réseaux de connaissances", vous avez des vocabulaires très ressources humaines tous les deux. Ce n'est pas un reproche, juste une constatation.
Quelle est l'importance de la longueur d'un carnet d'adresses quand il n'est qu'intérêts réciproques et échanges de bons et loyaux services?
Finalement, vous pouvez bien laisser aller ce genre de relations qui ne possèdent en général aucune épaisseur et aucune profondeur...
"Un clou chasse l'autre" disait ma grand-mère...
Une relation humaine, une véritable rencontre même si elle est fugitive, laisse un parfum, une musique en vous. Et puis, vous poursuivez votre chemin...Car les attachements surtout lorsqu'ils ne sont pas réciproques sont douloureux et destructeurs.
Les relations durables sont de plus en plus rares de nos jours. Ce n'est pas une simple liste sur facebook, msn, meetic, etc. qui permet d'être véritablement en relation...
Il faudrait entretenir, être attentif, être juste dans nos relations humaines;or le temps nous manque et nous donnons des priorités et perdons parfois de vue hélas l'essentiel :
L'attention et la présence aux autres, ce qui fonde nos identités.
Vous avez raison, Pénélope, on manque de temps.
RépondreSupprimerPourquoi ?
Un exemple :
Autrefois, les paysans se réunissaient au moment des moissons et des récoltes. Grossomodo, tous les hommes ensemble râtissaient la ferme de chacun l'une après l'autre. Pendant ce temps, les femmes préparaient les repas, ensemble. Tout le monde mangeait ensemble, travaillait ensemble, chez l'un puis chez l'autre. Bien sûr, cela n'excluait pas les disputes, mais il y avait une dynamique sociale, une énergie collective qui se déployait, chacun avait son rôle, sa personnalité, son sentiment d'utilité.
Oh ! C'était loin d'être parfait, loin du bonheur idéal ... quoique ... Au moins il n'y avait pas les problèmes qu'on connait aujourd'hui et qu'on dit "propres à l'époque" comme si c'était une fatalité.
Aujourd'hui, si on n'a plus le temps, c'est parce que chacun travaille dans "sa ferme" tout seul comme un crétin.
Conclusion ?
@ Boulezail
RépondreSupprimerIl y a encore des pays où les comportements communautaires existent. On aide son voisin à construire sa maison, et puis il vous aide à son tour (en Afrique, en Amérique du Sud, etc.)
Les solidarités sont encore présentes sur certaines exploitations agricoles françaises : prêts de matériels, aides ponctuelles, échanges d'informations et de compétences, etc.
Quand nous vivons dans un contexte de permanence et de relative sécurité, nous sommes davantage aptes à l'altruime et la générosité.
Mais dès que ce cocon douillet disparaît, c'est la jungle : chacun pour soi! C'est ce que l'on observe dans les entreprises et les institutions publiques, et même dans les cellules familiales.
Il existe des personnes qui prennent soin des autres, qui s'engagent même du point de vue associatif pour cela. En général, ces personnes ont un climat professionnel et familial où elles se sentent en sécurité et ils vont vers les autres à partir de ces ports d'attache.
Pour certains cependant, aller vers l'autre est une façon de fuir son travail ou sa famille.
Ce qui habille les uns déshabille hélas souvent les autres.
Les heures que le docteur André passe à écrire sur son blog et à lire les commentaires associés à ses billets, à qui sont-elles volées?
@ Pénélope, qui peut dire ou est l'essentiel....il est tellement subjectif.Encore faut il se connaitre complètement,et connaitre son but de vie pour savoir ou est notre essentiel.La famille , c'est bien,c'est sur, mais ce n'est pas tout, et pour certains c'est peu, c'est ainsi,nous n'avons pas à juger les valeurs des autres, seulement nous pouvons aider à leurs épanouissements d'être.
RépondreSupprimertiens, où est Zoé ?
RépondreSupprimerj'espère qu'elle ne va pas trop mal. la rentrée avait l'air dure pour elle
@ verOO
RépondreSupprimerVous prenez le mot essentiel au pied de la lettre, ce qui est "important"!
C'est un contre-sens, l'essentiel, c'est tout le contraire de l'existentiel baigné de temps et d'espace.
Notre essentiel? ça fait penser à une chanson populaire!
"Nous pouvons aider", quelle prétention!
Sur ce, pour ma part, je vais me coucher, ne prétendant juger aucune valeur et surtout pas celles des autres!
Ahhh la rentrée..."une inconnue à double face" qui à force de refaire surface chaque année, passe au rang des "habitués".
RépondreSupprimerJe vous la souhaite tranquille.
Une pensée particulière à ceux et celles, petits ou grands qui la redoutent.
Eh oui las rentrées scolaires ponctuent nos vies.
RépondreSupprimerNous les enseignants, nous retrouvons nos anciens élèves et leurs regards, souvent empreints de nostalgie, nous montrent qu'ils sont confrontés à leur premiers états d'âmes.
En silence, nous profitons de cet instant de communion qui nous renforce pour contitnuer notre tâche auprès de nos nouveaux élèves.
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous Pénélope. Je crois plutôt que, si le sentiment d'insécurité peut entraîner une certaine agressivité chez l'individu, au niveau du groupe il va s'instaurer instinctivement une solidarité pour faire face à la menace.
RépondreSupprimerJe ne prétends pas que cela se fera sans heurts, tout changement au sein d'un groupe va créer des tensions, raison de plus pour une menace.
Justement, les pays dont vous parlez où il y a encore beaucoup de partage, ce sont les pays où l'insécurité est la plus forte, vous ne croyez pas ?
Ici, l'insécurité qui rend agressif, c'est plutôt celle qui provoque la jalousie, la défense des acquis, la protection de ses biens, de son territoire, non ?
Mon exemple reposait sur le monde agricole d'autrefois -- en passant, c'était justement à une époque où il y avait moins de technologie, et où les résultats dépendaient encore plus de la météo, etc. -- mais on peut le considérer comme une parabole et l'appliquer à la vie urbaine.
Justement, je ne sais pas aujourd'hui, mais il y a une vingtaine d'années, j'ai connu une africaine qui trouvait très difficile de se retrouver seule au 5e étage en plein Paris, à nourrir toute une famille, alors que, même à Dakar, les femmes s'entr'aidaient pour les tâches courantes.
Solitude au coeur de la nuit.
RépondreSupprimerPas d'enfants.
Pas d'amant.
Pas d'amoureux.
Pas de conjoint.
Pas de projet d'avenir commun.
Pas d'argent pour changer deux dents.
Pas d'argent pour changer de chaussures.
Pas d'espace, pas de place pour ma vie.
Coin lit, coin cuisine, coin salon.
Le bruit assourdissant du silence, fait du ronron du frigo, d'un moteur en sur régime à l'angle de la rue.
Lumière blafarde de l'écran.
Demain, mascarade du quotidien.
La vie en coins.
Garder la tête froide, ne pas laisser de place aux idées noires. Continuer à non-vivre dans une non-vie de non-sens. Se résigner dans un coin de ciel bleu en attendant d'être touché par sa grâce. A défaut d'être touché par quelqu'un. Faire défaut à la vie. Ainsi soit-il.
Les souvenirs n'existent qu'au Présent .
RépondreSupprimerOublier c'est s'abscenter ...
Le Présent ne se connait que par son souvenir .
Mais il existe une autre abscence trés différente de l'oubli : Une Abscence semblable au reflux de l'Océan ...
Courage 'Anonyme de nuit'. Ta solitude vient d'en croiser d'autres. Quand il n'y a rien à perdre, il y a tout à gagner.
RépondreSupprimer@ Boulezail
RépondreSupprimerOui, je comprends mais ce qui est insécurité pour les occidentaux ne l'est pas forcémment dans ces pays. Pour eux, l'insécurité sera guerres civiles et catastrophes naturelles...
Tout est relatif. C'est le point de vue qui compte.
Pour Olivier et d'autres:La retraite cela peut être merveilleux: enfin du temps pour soi pour les autres aussi. Enfin disponible prête à saisir ce qui se présente.Plus besoin de courir La fin des fréquentations obligatoires... Le rêve quoi
RépondreSupprimerDe mes rentrées d'enfant, il me reste bien peu de souvenirs. Ni angoisse, ni joie, il me semble.
RépondreSupprimerPlus tard, il y a eu celles de mes enfants. Plus d'angoisse alors. C'est bête.
Un jour vinrent les "non non, j'y vais seul(e)", et plein de fierté dans mon cœur.
Et puis dernièrement, quatre années hors du temps, hors du réel. Passage dans un long trou noir, étrange période.
Enfin, cette année, je refais ma rentrée. Je retourne à l'école.
Bonsoir,
RépondreSupprimerL'effacement des souvenirs, c'est un argument en faveur de la réincarnation. D'où l'idée que la seule réalité de la vie : c'est l'instant présent.
Tout ce qui existe, Existe "dans" cet éternel présent. Le présent englobe Tout. Prenons l'image du voyageur immobile sur le quai qui regarde les trains, les gens arriver et partir. La conscience, elle, est bien sûr au-delà de tous ces mouvements désordonnés, au-delà du temps. La conscience, c'est le "JE SUIS", au-delà des formes, au-delà du temps.
Le réincarnationniste dira qu'il a vécu 1000, 100.000 vies ; A un niveau disons "suprême" de notre conscience, tout refait surface. C'est, je crois, l'expérience du Bouddha : l'expérience de pleine conscience dans son absolu.
Voilà ce que m'inspire ce billet. :)
Un article intéressant : qu'est-ce qu'un Saint selon le bouddhisme?
RépondreSupprimerhttp://www.centrebouddhisteparis.org/Bouddha/Le_Sangha_du_Bouddha_/la_signification_traditionnelle_du_sangha.pdf