lundi 1 février 2010

Nelson Mandela


« J’ai toujours su qu’au plus profond du cœur de l’homme résidaient la miséricorde et la générosité. Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer, car l’amour naît plus naturellement dans le cœur de l’homme que son contraire. Même aux pires moments de la prison, quand mes camarades et moi étions à bout, j’ai toujours aperçu une lueur d’humanité chez un des gardiens, pendant une seconde peut-être, mais cela suffisait à me rassurer et à me permettre de continuer. La bonté de l’homme est une flamme qu’on peut cacher mais qu’on ne peut jamais éteindre. »

Voici ce qu'écrivait Nelson Mandela dans son livre Un long chemin vers la liberté, paru en 2002. C'est bon, non, de savoir que des humains semblables existent ? Ça ne console pas dans l'immédiat, si on n'est pas dans une bonne période, mais ça redonne envie d'agir. Vitamines pour l'optimisme...

PS : merci à Jacques Lecomte, qui m'a appris les sources de ce passage.

26 commentaires:

  1. Bonjour,
    Merci pour ce merveilleux message.
    Ce week end, j'ai eu l'occasion de vérifier votre piste de reflexion du sujet de vendredi. Alors que j'étais au volant de ma voiture, une douleur m'est apparue au niveau de mes cervicales signe d'une tension en moi. Je me suis dit repense au sujet de Christophe André, j'ai concentré ma respiration, j'ai visualisé la douleur et doucement je me suis relaxé. Petit miracle elle a disparu, mais souvent elle se transformait en douloureuse migraine.Le chemin e l'apaisement est un travail qui produit ces petits moments de bonheur lorsque la douleur disparaît.
    Bonne journée à tous

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  2. La Nature n'est ni bonne ni mauvaise.

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  3. En simplifiant c'est un message que nous devrions tous avoir en tête et ds le coeur! Sans oublier les conditions "inhumaines" ds lequel il a été découvert...Car c'est cela l'humanité, une incessante découverte..."Découvrir" cette couverture que l'on se met car les circonstances de la vie nous y poussent jusqu'à l'aveuglement total et là, tt dérape! Je sais que j'ai un fd qu'on accuse d'être utopiste mais O.Wild disait qu'aucune carte au monde ne valait un coup d'oeil si le pays de l'utopie n'y figurait pas.
    Et pourtant je médite sur la tolérance que mon passé a rongé, a altéré. Bien sur aucun rapport avec le racisme. Dans la vie au quotidien, cela peut aussi devenir une prison et nous en devenons à la fois geôlier et prisonnier sans même nous en rendre compte..
    A méditer avec humilité grâce à ce message, à la force d'un tel homme et d'autres aussi.
    Bonne journée

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  4. serait-ce une habile façon d'apaiser les tensions apparues sur ce blog depuis peu?
    bel essai, espérons que nous le transformerons !

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  5. Bjr,
    a) je me demande à quoi sert d'avoir une demi-seconde d'humanité si on se comporte comme un monstre la plupart du temps ? Cela ne me rassure pas que les kapos aient pu avoir un coeur puisqu'il n'a pas été assez grand pour contrer leurs pulsions haineuses.
    b) en effet l'Education peut développer ou étoffer ce qu'il y a en nous. Mais je crois plus en la morale de la fable de la tortue et du scorpion: les deux amis traversent une rivière, le scorpion sur le dos de la tortue et soudain pic ! le scorpion pique son amie, ce qui va entrainer leur noyade à tous deux. Avant de sombrer, elle lui demande pourquoi il a commis une telle bêtise. "Parce que c'est ma nature". Je crois qu'im y a des gens qui ont besoin, parfois/souvent/toujours, de faire le mal.
    Bonne journée quand même,
    B.A.

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  6. Nelson Mandela est une homme profondément bon, donc il croit à la capacité des gens à être eux aussi bons, mais moi je ne peux pas être aussi optimiste, ne serait-ce en me rappelant les horreurs qui se sont passées il y a quelques années dans mon pays (l'Algérie)
    Pourtant croire en l'autre, ça aide à sortir de la solitude, moi ce qui me bloque c'est que je trouve que les gens se jugent trop, j'ai parlé de ma maladie (schizophrénie) à une amie, et elle, elle m'a parlé de volonté :(

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  7. On ne nait pas bon ou mauvais, on le devient, la question serait plutôt qu'est-ce qui fait que l'on bascule d'un côté plutôt que d'un autre, pourquoi certaines personnes envoyées à la guerre vont devenir des machines à tuer et d'autres non ?

    Un film sort mercredi qui parle de notre libre arbitre au travers de la guerre : Lebanon

    Pour trouver un sens à la souffrance infligée par d'autres, il faut se laisser porter par son instinct de survie et la survie peut passer par différentes formes comme la foi en la bonté de l'homme. C'est noble mais cela demande des moyens. Si l'homme naissait bon, il le resterait non ? Chassez le naturel et il revient au galop.

    Se connaitre, se comprendre, se voir dans l'autre sans complaisance permet sans doute de devenir juste, c'est à dire accepter l'humain dans tout ce qu'il est. Mais je ne suis pas sure que cela rende bon, mais permet au moins de ne pas faire de mal à l'autre meme s'il se rend coupable d'horreurs. C'est sans doute un bon début pour rendre le monde plus vivable.

    Nous nous retrouvons à nouveau sur le chemin de l'éveil, peu de gens fréquentent ce chemin si difficile mais on peut toujours y croire pour ne pas laisser la part belle au mauvais.

    En tout cas je suis admirative de ceux qui arrivent à être bons et à tendre la main même aux plus mauvais. Est-ce naturel ou est-ce le fruit d'un immense travail sur soi ?

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  8. quand on fend le coeur d'un homme, on y trouve toujours un soleil ! Alors aimons nous les autres avant qu'il ne soit trop tard.
    Avec mes sincères regrets d'avoir succombé hier aux sirènes de l'égo. Leçon permanente que la vie.

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  9. Bonjour,

    Oui, c'est bon de savoir que des humains semblables existent. L'humanite a besoin de voir apparaitre des grands hommes politique, humanistes, scientifiques, sportifs, musiciens, ca re-donne confiance pour un temps dans l'humanite.

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  10. Germaine tillon racontait qu'elle avait trouvé ses bourreaux Nazis , d'une telle banalité à leur procès , qu'elle en avait perdu le désir de se venger.
    A l'inverse , un peu d'humanité chez une personne de grande perfection ne gâche rien.
    Belle journée

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  11. J'aimerais croire à cet émouvant témoignage de Nelson Mandela, et sans doute le plus important est-il de vouloir y croire.

    Il reste que de nombreux auteurs lui opposeraient un certain scepticisme - pour ne pas dire un scepticisme certain. Le concept de Rousseau d'un "bon sauvage" naissant puis perverti par la société a été mis très à mal ces dernières années.

    Enfin, Mandela met dans cet extrait l'accent sur la culture, c'est-à-dire ce qui se transmet d'une génération à l'autre, la "vieille" enseignant à la "jeune" le goût de l'altérité et la tolérance, et fustigeant le repli identitaire et le racisme.
    Au risque d'apparaître pessimiste à cette noble assemblée, G. Steiner, historien et philosophe, a précisément fait de l'échec de la culture la pierre tournant de sa réflexion et de son (immense) oeuvre.

    Si je le rencontre un jour, je lui dirai qu'il s'agit de vouloir y croire, en souhaitant que l'effort ne se ramène pas à un combat d'arrière-garde, mais au contraire prenne sans cesse plus d'ampleur. Qu'est-ce qui nous resterait sinon ?

    PS : Dites un peu Docteur, ça serait pas mal si votre blog permettait d'écrire à partir de "copier-coller". Sauriez-vous mettre les mains dans ce cambouis-là ? Merci d'avance d'essayer.

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  12. Oups...

    ... lire "la pierre tournante"...

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  13. voir au cinéma Invictus
    et savoir ce que signifie invictus (poésie)
    La lumière du savoir donne de la lumière au coeur
    bonne journée à tous

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  14. Merveilleux homme et magnifiques paroles.
    Malheureusement je ne pense pas que l'homme naît foncièrement bon et que c'est la société qui le rend mauvais.Le mal est inné comme le bien, la bétise ou l'intelligence.

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  15. Je crois qu'il ya toujours de la bonté, de la lumière en nous mais souvent le canal par lequel elle s'exprime se bouche petità petit ou brutalement du fait de blessures d'amour, d'amour-propre et de peurs.
    Chez certains, un barrage a été édifié à tel point que la bonté ne peut plus s'exprimer . Il leur faut une enrgie incroyable pour ne serait ce que percer le barrage et cette energie n'est pas toujours employée. On le sait. Ouvrir une brèche en soi est parfois titanesque car c'est remettre en cause sa structure personnelle, même bancale. C'est pourtant accepter sa faiblesse comme une force et non exercer sa force pour masquer sa faiblesse. C'est aussi se pardonner et pardonner.

    Il faut une energie admirable pour chercher la percée chez l'autre et ne pas voir que le mur du barrage.
    Nelson mendela est admirable , et d'autres...

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  16. Merci pour les vitamines, Doc. Ça aide à redresser la tête, regarder le ciel et sourire...

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  17. Je ne crois pas à la bonté universelle, cela se saurait !
    Il y a des personnes qui respirent la bonté et d'autres foncièrement méchantes. Comment ? pourquoi ? Si quelqu'un peut me l'expliquer, j'en serais ravie ! Nelson Mandela, Soeur Thérésa, l'Abbé Pierre sont des exceptions qui confirment la règle et me réconcilient avec l'humanité.

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  18. Je ne crois pas que l'amour est le premier sentiment vis à vis d'autrui . Comme tout animal c'est la méfiance le premier et ensuite l'amour du prochain vient avec l'intellec . Non ?
    MB
    PS Je suis dans une période parano ...

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  19. Je connais un prêtre jésuite, un cousin, qui a été emprisonné en 1976 et relâché en 1991 (juste après la chute du mur de Berlin et du bloc soviétique) .

    Il nous a racontés que lors de son incarcération sous ce régime totalitaire, un de ses géôliers ne cessait de se moquer de lui et de lui faire subir des humiliations alors qu'il restait toujours imperturbable.

    Un jour ledit géôlier lui dit : "Je te vois tout le temps avec ton chapelet prier ton Dieu, et je constate que ton Dieu n'est toujours pas venu te libérer. Il n'est donc pas si puissant que cela..."

    Le prêtre lui répondit : "Mon ami, qui vous fait croire que je passais mon temps à prier pour que mon Dieu vienne me libérer ?"

    Au bout d'un moment il ajouta : "En fait, entre autres, je prie pour qu'un jour, malgré toutes les vexations que vous m'avez fait subir, l'on puisse se retrouver ensemble, la main dans la main, les yeux dans les yeux, ensemble dans les bras de mon Dieu..."

    Depuis lors, nous a t-il confié, l'attitude de ce géôlier s'est radicalement transformée malgré la chappe de plomb toujours présente du régime.

    Bonsoir au Dr André et à vous tous

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  20. Bonsoir à tous ,
    comme Hanna et vous Christophe André, je suis ok pour : "qu'il est bon qu'un tel homme existe". Qu'il est beau aussi quand on le voit rire ou regarder sur les images diverses qui circulent. Il est la lumière comme beaucoup d'autres, celle qui a réusi et eu la chance de s'ouvrir .Cette lueur , en y prenant attention , nous pouvons la voir chaque jour chez nos patients et cela éclaire nos journées de médecin!
    Qu'il est bon aussi, Dr Christophe André, de vous lire, de lire ces billets sur des instants vécus que nous partageons; dilater ses sens et se souvenir de ses pas sur la neige ,accueillir une crampe( plus des engourdissements pour moi en zazen),vous sentir attentif à ce monde qui nous entoure etc..
    Bonsoir à tous

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  21. "Mais quand on peut traverser une souffrance rien qu’en acceptant qu’elle soit là, sans réagir par de l’agitation mais juste par de la conscience, c’est toujours tellement réconfortant, cette rencontre entre la théorie, les intentions, le discours, et la réalité."
    Christophe André, billet du vendredi 29 janvier 2010, "La crampe".

    Votre billet aurait pu s'intituler : "Piqué au vif", Dr André. Tout un programme ...
    Même si je n'ai vu nulle part dans votre texte que vous ayez chassé la crampe en lui disant : "Vas-t-en, ce n'est pas ta place ici", il semble que pour beaucoup d'entre nous encore, il soit préférable de pratiquer la méditation de pleine conscience confortablement dans son salon devant le visage paisible d'une statue de Bouddha, bien à l'abri des crampes, des genoux ankylosés ou de l'adversité, aussi petite et ordinaire soit-elle ...
    Que d'agitation ! Comme on est loin de "cette rencontre entre la théorie, les intentions, le discours, et la réalité" !

    Ne dit-on pas qu'on reconnait le sage à celui qui redescend de sa montagne pour se mêler à la foule ?

    Merci Dr André pour cette belle leçon pratique (même si vous ne vous y attendiez pas).

    Pour moi, le racisme n'est qu'une forme comme une autre de xénophobie (peur de l'étranger). J'ai encore du chemin à faire, car cette petite conspiration tacite de la fin de semaine, au nom d'un certain moralisme, me donne encore froid dans le dos.

    Les "provocateurs", ceux qui marchent à contre-courant, ont toujours payé très cher les grands pas qu'ils ont fait faire à l'humanité. Peu sont devenus célèbres, et le plus souvent à titre posthume, mais combien d'anonymes ont souffert et souffrent encore dans les prisons (aux murs de pierres ou de verbes) du monde entier ?

    Merci Louis N. pour ce témoignage inspirant.

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  22. Admirable. Merci pour ces vitamines comme vous dites (je ne voulais pas laisser de com, mais voilà...) J'ai aussi cette croyance mais peut être pas aussi forte que celle de Mandela. De telles personnes sont de "sacrés" guides, on en a bien besoin.

    Pour ceux qui veulent, voici le témoignage d'un homme dont la "lueur d'humanité" a pris le dessus. Il s'accrochait à la haine au départ mais comme il le dit, au moins il s'accrochait à quelque chose, si on ne s'accroche à rien, c'est le suicide _ ensuite, on peut toujours s'accrocher à autre chose :

    http://www.dailymotion.com/video/k6VrWld4CCjChzqtef

    PS : Merci à louis.n pour son commentaire.

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  23. A voir aussi sur Nelson Mandela et l'Afrique du Sud aujourd'hui, le très beau visuel interactif Un jour de février sur le site du Monde.fr

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