
C'est une scène magique dans le film de Jane Campion, Bright Star (qui raconte la vie du plus grand poète anglais, John Keats ; courrez-y vite, si vous ne l'avez pas encore vu !).
Sa fiancée, Fanny Brawne, vient d'apprendre que Keats est mort, à Rome, où il s'était rendu pour tenter de freiner l'évolution de sa tuberculose. Elle fond en larmes, puis s'effondre à genoux, et commence à s'asphyxier : elle ne peut plus respirer. Elle appelle sa mère au secours ; celle-ci accourt, et voit tout de suite que sa fille va peut-être mourir ainsi. Alors, elle ne dit rien, mais s'agenouille face à elle, front contre front, la prend par les épaules, et se met à respirer très fort, pour la ramener à la vie. Peu à peu, Fanny synchronyse son souffle sur celui de sa mère, et remonte lentement à la surface de son chagrin.
Pas de paroles pour sauver, juste le souffle, la respiration.
Cela me rappelle, en moins tragique évidemment, tout ce que nous faisons avec le souffle en psychothérapie, tout ce que nous essayons de transmettre à nos patients. Et évidemment aussi, tout ce que j'utilise pour moi-même : dans les moments de dérapage émotionnel, se recentrer vite sur son souffle, jusqu'à retrouver son discernement....
oui, elle m'a frappée aussi cette scène -excellente, l'actrice- le souffle de la vie, c'est ce qui doit prévaloir, les jacinthes bleues,
RépondreSupprimerqui continueront à être bleues, j'y pense et j'y penserai..
Il y a aussi le bouche à oreille qui permet de savoir ce qui passe au cinéma et qui vaut la peine d'y aller, vous êtes la troisième personne "de mon entourage" à dire que ce film est magnifique, merci
RépondreSupprimerJe confirme Nénette, le plus beau film de cette année, une histoire tragique et belle comme la vie, des images comme des tableaux, des dialogues écrits dans une langue oubliée. J'ai pleuré d'émotion et de plaisir mêlés, un moment de grâce.
RépondreSupprimerQuant à la respiration, quand on est maman, on sait qu'elle donne la vie, cette scène me fait penser à un accouchement.
Je ne l'ai pas vu, moi qui adore le cinéma je vais essayer de me le procurer. C'est étrange mais quand tout va mal, j'ai souvent tendance à "oublier" de respirer (soufle coupé)et il faut que je me recentre et que je ressente mon souffle, ce qui est instinctif d'ordinaire il me faut le contrôler pour que tout prenne une certaine distance. Je sais que maîtriser sa respiration est d'un grand secours, il doit y avoir une explication surement le coeur ralenti, quelque chose avec la circulation mais quand on le vit quand le voit on est juste soufflé ;-) Les vacances ce soir, j'ai hate.
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RépondreSupprimerC'est un très joli post, docteur, je n'ai pas vu le film, mais juste la décription que vous faites de cette scène m'émeut beaucoup... La photo est très belle aussi. Peut-être verrai-je le film, un jour...
RépondreSupprimerUn film superbe, la beauté de la photo tout au long du film, les acteurs magnifiques, toute la poésie de Keats passe dans les images de Jane Campion
RépondreSupprimerLa scène que vous mettez en avant est forte émotionnellement, le film donne envie de se plonger dans la poésie de Keats
Bonjour,
RépondreSupprimerEt bien j'espere que ce blog ne sera jamais a bout de souffle!
Vous souvenez vous aussi dans le film de J. Campion "la leçon de piano" : elle part dans ce bateau sur la mer avec son piano qui est toute sa vie. La barque chavire, le piano tombe dans l'eau, s'enfonce rapidement l'emportant attachée à une corde... elle réussit à se libérer, à remonter à la surface, à revenir à l'air libre, à prendre un nouveau départ.... j'aime cette émotion.
RépondreSupprimerBonne journée à vous
La lumière est belle ce matin.
"Avoir le souffle coupé" est une réalité face à un évènement émotionnellement trop percutant.
RépondreSupprimerJe ne savais pas que cela pouvait être potentiellement mortel...?
(On dit pourtant "être a bout de souffle". Cela est toujours imagée, quand je l'ai vu employé...)
Par contre, je confirme que la synchronisation - dans cette expérience, celle du souffle - est une ecxellante façon de suggérer et de communier quand la parole est impossible ou superflu!
Yves
Bonjour,
RépondreSupprimerMerci pour l'évocation de ce film emprunt de douceur, loin des films à gros budgets et à effets spéciaux (ce qui n'enlève rien aux quelques symboles forts exprimés dans Avatar).
J'ai beaucoup aimé ce film. Il m'a fait songer à Séraphine magnifiquement interprétée par Yolande Moreau et où bien des plans évoquent des tableaux vivants subtils.
J'ai aussi été fortement touchée par la scène que vous évoquez au paroxysme de la douleur.
Elle m'a empoigné le coeur et m'a rappelé la même réaction physique que j'avais ressentie au décès d'un être très cher quand j'étais adolescente. Flashback perturbant mais utile pour se dire combien j'ai évolué avec ma respiration qui est devenue une amie, je crois, maintenant.
Enfin, la force de ce film réside aussi dans les sons. Quand on médite, tous les sens sont en éveil et les sons sont importants. Dans ce film, il n'y a pas de musique, pas de fond musical. On ressent tout, le crissement de l'aiguille dans le tissu lorsque coud sa bien-aimée, les quintes de toux du frêle poète.... . Et le générique final avec la lecture des poèmes de Keats et le doux bercement qu'induit les mots dans la mélodieuse langue de Shakespeare sont un enchantement.
Bon week-end à tous.
AG
Le souffle EST vie.
RépondreSupprimerJ'irai voir ce film, merci.
J'ai trouvé "La leçon de piano " magnifique , ce nouveau film ne peut être que formidable.
RépondreSupprimerOui, souffle et respiration abdominale sont des outils merveilleux pour nous et nos patients!
RépondreSupprimerJe les glisse dès que je le peux en médecine générale ; en thérapie ,je dis souvent à mes patients que c'est la chose essentielle à retenir..
Aprés le chef d'oeuvre avec "La leçon de piano" , j'ai hésité à voir ce film dont les critiques n'étaient pas toujours trés bonne . Peut-être , vais-je "y courrir" un peu plus facilement!!Pas sûr..
Bon week end à tous
Le souffle. J'aurais du ajouter ce mot dans la liste des mots poétiques et essentiels( redondance).
RépondreSupprimerMa prof de yoga me disait hier : La respiration , c'est de l'air inspiré, expiré, mais c'est bien plus que celà quand on s'attarde dessus en pleine conscience. C'est ce qui nous relie aux éléments, au cosmos, c'est de l'energie vitale, c'est la vie, alors ce n'est plus que de la respiration, c'est le souffle. Le battement de l'univers.
Le souffle c'est la vie !
RépondreSupprimerMerci de nous l'insuffler d'une si belle façon et de nous transmettre votre courage Docteur.
Merci Dr André pour ce doux sujet de fin de semaine, même s'il me fait un peu de la peine.
RépondreSupprimerNous allons sycrhoniser notre souffle sur le vôtre, et nous aimer les uns les autres.
C'est une idée pour le week-end.
RépondreSupprimerLa leçon de piano était déjà une pure merveille, laissant une émotion tellement intense. Je ne me souviens plus de tous les détails de ce film, mais ce dont je me souviens c'est de son intensité émotionnelle tant d'années après.
La respiration profonde, le souffle...
Cela rejoint un peu le thème de la crampe. La respiration et le mental sont de puissantes armes ( mon Colonel!) pour notre santé à court ou moyen terme. Je l'ai expérimenté en sophrologie ou la respiration est à la base des exercices de départ.
Quand l'angoisse me serre le cou au point de m'étouffer, la respiration profonde est la seule solution accompagnée d'une grande concentration mentale.
Belle affiche du film, après les grenouilles... HUM, ça sent le printemps.
Très bon week-end à tout le monde.
En ces temps de sidérations,
RépondreSupprimerle souffle m'est coupé souvent.
Je me sens comme cette mère ou cette fille,
souffler fort,
pour faire revenir
la vie et l'énergie là où
elles manquent...
Là où nous sommes
comme prostrés, interdits, face à ce
qui nous arrive.
Je vois dans ce billet une invitation à se concentrer sur son souffle,
mais aussi à le faire collectivement.
La mère et sa fille, le médecin et ses patients, notre hôte et nous-mêmes.
Souhaitons que nos souffles nous inspirent des discernements salvateurs.
A l'endroit du partage, et du respect de soi et des autres.
Enfin, du moins est-ce mon souhait.
Je veux être optimiste, je sais qu'on peut s'autoriser à l'être, qu'il y a de vraies raisons d'espérer.
Mais le désespoir me guette là où nous renonçons
à notre discernement justement.
Je ne renonce pas au mien.
Ah oui! Je butine dans ce blog depuis hier, ce blog que je ne connaissais pas.
RépondreSupprimerEt j'y lisais dans un billet plus ancien, votre difficulté à parler d'Haïti. Une difficulté que je partage et que je comprends, tant ce qu'il s'y passe est sidérant. (Nul désir de ma part d'ajouter à la sidération mais justement).
Je pose ces quelques mots:
La catastrophe naturelle, ses drames humains, les compromissions humaines antérieures, et actuelles, qui y sont articulées et justement parce qu'elles y sont articulées, nous impliquant, nous ayant impliqués.
Compte-tenu par exemple de l'histoire d'Haïti et d'autres aspects que je ne me sens pas autorisée à évoquer ici, tellement je pense qu'elles sont inaudibles pour leur caractère impensable.
Mais pour montrer dans quoi nous pouvons être "pris", dans cette sidération...
Sans compter les histoires personnelles qui n'ont rien à voir directement avec cette actualité mais qui peuvent nous y ramener intimement. Non? (Angoisses, cauchemars, échos de nos drames personnels)
Toutes ces choses. Comment les dire?
La parole est aussi un souffle pour dire.
Nos émotions, nos représentations et aussi les faits; alors comment la dire sans rajouter à la sidération?
Sans qu'elle se confonde avec la violence des faits?
Je ne sais pas trop.
Peut-être se rappeler d'abord que nous sommes vivants, et se rappeler à notre fraternité.
Pour ensuite pouvoir faire face à ces impensables, plus conscients de nos capacités.
Afin de se réapproprier, et le récit, et l'avenir que nous nous souhaitons.
Voilà comment je vois les choses.
Et moi qui fume comme un pompier! mais qui tente souvent d'arrêter...
RépondreSupprimerPour le film, e suis certaine qu'il est magnifique comme "La leçon de piano"; en revanche les histoires d'amour trop triste..trop sensible!...
BON WEEK END
Le souffle : les enfants ont du mal en séance de relaxation, ils n'osent pas, ils leur faut du temps. Pour certains, ça vient vite, pour d'autres persiste une gêne, comme une honte... pourquoi ne leur apprend-on pas à travailler : écrire, danser, courir en harmonie avec leur souffle ? Quel dommage !
RépondreSupprimerCe film a l'air poignant...
Doux week-end à tous et merci Christophe pour ce billet.
Bonsoir,
RépondreSupprimerMerci pour cette découverte tant côté cinéfile que celui de la poésie. Je lis que ce film est dans la même lignée que "la leçon de piano" une occasion pour moi de découvrir ses deux films.Je prends conscience grâce à vos sujets que parfois le silence, des gestes sont préférables à des mots face à des émotions trop fortes, savoir faire preuve d'une présence compatissante est déjà un soutien pour l'autre.
Bon week end à tous.
Pour tous ceux qui n'ont pas vu la leçon de piano, allez sur You Tube pour revoir la bande annonce et écouter la sublime musique du film par Michael Nyman. J'y ai repensé cette nuit quand je ne dormais pas.
RépondreSupprimerAllez vite écouter ce chef d'œuvre qui donne la dimension pathétique du film!!!
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
RépondreSupprimerJe suis bénévole en soins palliatifs et lorsque les patients sont en fin de vie ou en période difficile, avec une communication verbale impossible, et un souffle très perturbé ; s'asseoir auprès de la personne et juste respirer calmement permet souvent une accalmie, un repos, voire même une entrée dans un sommeil réparateur. je l'ai expérimenté à maintes rerises, le patient finit par régler sa respiration sur la mienne. c'est émouvent et très beau. Bon WE.
RépondreSupprimer@Aude , je trouve très bien ce que vous faites , d'accompagner bénévolement les personnes en fin de vie .J'aimerais aussi avoir le courage de passer à l'acte en accompagnat les personnes âgéesplus particulièrement , les personnes oubliées que plus personne ne va voir.J'ai visité un jour une maison de retraite dan sle cadre de mon travail ( étude foncière pour sa délocalisation )Je me rappelle d'une petite grand-mère qui portait des nattes et avait le regard vif dans un visage et un corps de etite pomme frippée .J'ai eu le coeur serré , j'avais l'impression qu'elle me disait avec ses yeux , je suis vivante, je suis comme vous parlez moi.Je n'ai su que lui adresser un sourire .
RépondreSupprimerPascale A, vous êtes et médecin et thérapeute, c'est bien cela? Ici, les médecins ne font pas ou peu de thérapie. Qui sont les thérapeutes en France? Les psychiatres? Ici, les psychiatres ne font pas ou peu de thérapie et c'est plutôt le rôle des psychologues. J'ai une copine française qui me disait quand elle était ici qu'en Faance ce sont surtout les psychiatres qui sont reconnus en thérapie alors qu'ici ce sont les psychologues qui sont les experts de la thérapie. Que font les psychologues alors en France?
RépondreSupprimerHommage au Docteur Chevassut, un sage médecin, très touchant et convaincant ce matin dans Sagesses Bouddhistes. Comme j'aurais aimé le rencontrer sur mon chemin...
RépondreSupprimerMr André, faites que ses propositions pour l'amélioration de l'écoute des patients en milieu hospitalier se réalisent un jour !
Merci à lui, merci à vous !
Bonne semaine !
Cathy
P.S. : L'émission va être retransmise sur le site de France2...A voir et revoir !
Ce que j'aime dans certains films, c'est lorsque des personnages très différents arrivent finalement à s'entendre, collaborer, et même vivre une belle amitié, comme les 3 jeunes dans Harry Potter. J'aime aussi lorsque le "méchant", au lieu de mourir, passe du côté des "gentils", il y en a peu, mais le premier que j'ai vu, c'est le personnage joué par De Niro dans Mission.
RépondreSupprimerAlors, êtes-vous allés voir Bright Star ?
Et pourquoi, croyez vous, les girafes sont-elles douces et calmes ?
RépondreSupprimerEt bien a cause de la lenteur de leur souffle qui passe dans leur cou avant d'arriver aux poumons...
Pff... ces humains !
Les chinois avaient compris depuis longtemps l'importance de la respiration. Le taï chi chuan et le qi kong permettent d'apprendre à respirer, tout en faisant des enchainements de mouvements très doux. Guider sa respiration tout en bougeant ne s'aprrend pas facilement mais le bénéfice est souvent immédiat surtout pour le qi kong qui est très facile, alors que le taï chi nécessite une mémorisation corporelle un peu rébarbative pour certains....
RépondreSupprimerJe conseille à tous ceux qui trouvent un professeur près de leur domicile d'essayer!
Relaxation, assouplissement quelque soit l'âge, et renforcement de l'énérgie, le chi des chinois...
Après, la méditation est plus facile et le bien-être au rendez-vous.