mardi 2 février 2010

Simples mots


Ils n’y sont pour rien, et c’est notre problème davantage que le leur. Mais c’est comme ça : ils y a des mots qu’on aime et d’autres qui nous irritent. C’est bien sûr lié à ce qu’ils veulent dire ; mais aussi à leur usage abusif, et à l’idéologie qui nous semble se cacher derrière eux.
Pour moi par exemple, depuis des années, ce sont des mots tels que : challenge, ou défi. Dès que quelqu’un utilise ces mots dans une phrase, même anodine (« pour moi, c’était un challenge de reprendre le ski après des années sans en faire », « je me suis lancé un défi : arrêter la cigarette ») mon poil se hérisse instinctivement, à l'approche des valeurs de compétitions inutiles qu'ils sous-entendent.
Je sais que pour certaines personnes, notamment chez les thérapeutes, le mot évaluation produit le même effet. Alors que pour moi, il est neutre, voire légèrement positif (un univers psychothérapique sans évaluation représenterait à mes yeux un grand bazar du flou).
Et puis, il y a des mots que j’aime bien, surtout les mots mystérieux et poétiques : j’adore par exemple morganatique ou hypostase. J’oublie régulièrement ce qu’ils veulent dire. Alors je vais fouiner dans le dictionnaire, et je tombe sur d’autres mots poétiques. Le langage est vraiment quelque chose de magique : savoir que des humains ont éprouvé le besoin de mettre des noms sur des objets ou des phénomènes, et que ces noms sont à notre disposition, endormis quelque part dans un dictionnaire, c’est drôle comme ça m’émeut. Quelle chance nous avons d’appartenir à cette espèce !

31 commentaires:

  1. Certains mots ont une sémentique particulière. Le mot saboter m'irrite au plus point. J'ai saboté ma thérapie, il se sabote. Je ne supporte pas. C'est comme si on m'auto-allumait. J'adore les mots enjoy, amazing; je n'ai pas trouvé quelque chose d'aussi fort en français. J'aime l'histoire derrière les mots et notre histoire de vie associée à la sémentique des mots

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  2. Puisque ce samedi sous la neige se prête aux confidences, apprenez, très chers amis, que j'ai eu l'immense plaisir de voir, ramassée en l'espace de quelques secondes, l'évolution de la sémiotique sur plusieurs centaines de milliers d'année.
    Oui, je sais, la science des signes, verbaux ou non, la "sémiotique" est un grand (mais pas gros) mot, mais c'est pas moi qui ai commencé. Toute réclamation devra être adressée à qui de droit...

    Mais je m'égare. Alors, un jour en voiture, il y avait un représentant de l'ordre, débonnaire comme il faut, mais que l'uniforme avantageait, placé au milieu de la chaussée, et pour l'heure en charge de la fluidité de la circulation automobile. Je précise qu'il ignorait superbement les rares cyclistes et autres patineurs à roulette (je me méfie car notre Docteur n'a pas l'air d'aimer le franglais) pourtant aussi automobiles au sens propre. Mais ne compliquons pas les choses.

    Notre Pandore national, donc, était en place, se contentant de regarder sévèrement les conducteurs desdites automobiles dont je cause plus haut.
    Soudain, une voiture s'arrête, sans raison spéciale visiblement, forçant les millions d'autres derrière à faire de même. Toto s'avance, et, déjà légèrement irrité, siffle un p'tit coup avec l'idée naturelle de rappeler le fautif à la raison (désolé mesdemoiselles et mesdames, mais le conducteur était une conductrice...). ;o)

    Rien n'y faisant, il augmenta la puissance de ses coups de sifflet qu'il agrémenta de grands gestes de la main tout en se dirigeant prompto vers la dame en question, provoquant chez cette dernière une rougeur faciale (je vous laisse, Docteur, l'explication psychologique du phénomène pour une prochaine fois).

    Alors vint le langage. Eh bin, oui, ça suffisait pas le reste. Que voulez-vous qu'il fît ?
    Et votre serviteur, au premier rang, d'assister avec délices à la naissance du verbe (prière d'éloigner les enfants - sauf s'ils sont toulousains - ça ne va pas être très propre) :

    "Mais P... [censuré] ! Qu'est-ce que vous f... [censuré] ?? Vous ne voyez pas que vous bloquez tout le monde ! Alors, m... [censuré], mais c'est pas possible..."

    C'est pas beau la science ? Je suis comme vous, Docteur, ce jour-là, la capacité langagière, témoignage unique de l'évolution de l'humanité, m'a tout simplement laissé ébaubi.

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  3. Moi j'aimerais demander à notre docteur par quoi remplacer le mot "défi" quand on veut par exemple essayer d'arrêter de fumer, comment exprimer notre volonté de réaliser ce....J'allais dire "défi", je n'arrive pas à trouver une autre façon de formuler la chose, et qui implique que c'est dur pour nous...
    Sinon, moi aussi je partage cet amour pour les mots, souvent ce sont les mots tristes qui me marquent, comme le mot "inconsolable" que j'ai découvert dans un livre de Marcel Pagnol, le français n'étant pas ma langue maternelle, je trouve la langue française très belle, elle fait vibrer les coeurs !

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  4. Tout ça prouve bien que les mots ne sont pas simples et qu'ils ne signifient pas la même chose pour tout le monde..
    Dans l'anecdote -remarquable- de Michko, je relève que les mots de la colère impuissante sont en revanche universels! Ce sont les "gros" mots..
    Moi, ce que je déteste, ce sont les mots à la mode comme "magique" (que vous avez utilisé, docteur!)parce-qu'on les met à toutes les sauces, les vedettes de la télé le prononcent à tout va pour n'importe quoi..
    Un jour, dans un groupe de -jeunes- joueurs de scrabble, j'ai utilisé le mot "graphie", et le côté pédant de ce mot a déclenché la moquerie autour de la table..
    Ce qui signifie qu'il vaut mieux adapter les mots qu'on choisit à ses interlocuteurs..
    J'aime les mots, je cherche dans les dictionnaires, les encyclopédies, surtout à notre époque où il suffit d'un clic..

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  5. Moi pour arrêter de fumer je dirais "un objectif" ou bien "un pacte avec moi même"...
    J'adore le mot "rigolo".
    J'aime pas quand les candidats à un jeu disent qu'il choisissent une réponse "par défaut", ou "sans conviction"... je déteste aussi "challenge" et "défi", ça m'évoque des gens prétentieux qui bossent dans de grosses boîtent et ont des valeurs plus basées sur l'argent que sur les émotions.

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  6. Entièrement sur la même longueur d'onde que vous pour les "défi" "challenge" "performance""winner", je rajouterais même "réussite". Tous ces mots m'énervent prodigieusement. Au regard de ceux qui les emploient, j'imagine bien qu'ils me considèrent (certains) comme une personne dénuée d'ambition, une personne résignée, un mou voire un faible, mais , sans reprendre le vocabulaire du philosophe de Michko, vous imaginez bien ce que çà me fait( çà m'énerve encore plus!!!). Ces mots sont en plus des clefs passe-partout de la pensée unique qui sont utilisés sans réfléchir pour "faire bien" ou pour assouvir ses fantasmes de toute puissance ridicules et dangereux. Ils sont donc sous leurs vernis brillant d'un conformisme absolu. Je suis content de constater qu'ils en énervent d'autres dont vous car, ils peuvent moins vous taxer de looser (quoique que certains vous prenez de bien haut comme lors de votre conférence aux ponts et chaussée). J'aime bien le titre d'un livre de Léonard Cohen "les perdants magnifiques", j'imagine qu'il s'agit de gens sincères, intègres, vrais, simples, de braves gens et de coeurs purs ...

    Là où je ne vous suis plus , c'est sur hypostase et consorts mais chacun son vécu, son univers. Petit, j'aimais passionément me perdre de most en mots dans un dictionnaire et j'aimais ressusciter des mots oubliés. Il y a quelque chose de magique, d'abusrde et de mystérieux dans les mots.
    Aujourd'hui, je préfère les crépuscules, les aurores aux jours et aux nuits. J'aime l'onctuosité, la fraicheur et les fauves et tant d'autres.
    Une fois de plus, je vous encourage à l'écriture d'un roman, de nouivelles où les mots, le style est , à mes yeux, plus important que l'histoire, que le message. Là, tout se trouve entre les mots, entre les lignes, tout flotte au dessus des mots.

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  7. Ayant tendance à lire en diagonale , c'est plus l'ensemble du texte , le contexte et la personne qui donnent un sens aux mots. D'ailleurs , lorqu'il y a trop de mots dont j'ignore le sens dans un texte , je passe à un autre livre.

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  8. bonjour à tous,
    là Christophe vous touchez à un sujet qui me passionne! je suis très sensible à la résonnance d'un mot pour notre inconscient et à la façon de se parler à soi même, d'abord et bien sûr, l'impact sur les autres ensuite. Exemple d'une expression que l'on voie partouttttttttt "n'oubliez pas".... là c'est le meilleur moyen d'induire l'oubli!! je vous invite à tester la différence de résultat, entre un "n'oublie pas" et un "pense à", fantastique. On peut trouver plein d'exemples dans le genre (un qui me fait mal pour celui ou celle qui se l'est dit : "je suis nulle"
    J'ai même entendu dire de la part d'une cavalière chevronnée que lors des promenades en groupe, il est interdit de prononcer le mot "attention" s'il y a un danger potentiel, on doit le signaler en le décrivant "voiture à gauche" etc car le facteur "stressant" que le mot "attention" comporte, stresserait le cheval.
    voilà je me soigne au maximum avec des mots doux et je fais ce que je peux pour adoucir les mots que j'emploie pour m'adresser aux autres : à la longue, l'effet est très très bénéfique pour tout le monde!
    Alors je comprends tout à fait vos réactions de "hérissement" (ça existe ce mot là?, non ça serait "héritabilité")à des mots comme "challenge ou défi", tout comme je réagis assez négativement au mot "travail" quand on parle de thérapie ou de démarche de développement personnel (même si parfois, il est vrai que c'est un vrai boulot tout ça !)
    Quant aux mots plus rarement utilisés, leur découverte peut certes nous faire passer des moments surprenants... ou tout simplement délicieux.
    douce journée
    Anne

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  9. les mots et leur musique, leur douceur, ou leur âpreté, c'est selon...
    J'aime les mots...
    Je trouve très belle votre manière d'écrire, vous savez manier les mots de telle façon que ça coule de source et c'est ça qui est fort!!!
    Je crois que tout un chacun emploie le terme qui lui vient à l'esprit aussi parce qu'il est baigné dans un vocabulaire qui l'entoure, de par l'actualité, une mode se profile et hop, on s'accapare un mot qui sera compris par tous...Phénomène de groupe?
    J'aime écrire mais j'ai du mal à parler. J'ai souvent peur de dire n'importe quoi....
    En tout cas j'aime vous lire tous les jours et je vous remercie pour votre générosité.

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  10. A Mahie,
    Merci Mahie de m'éclairer, je n'avais pas pensé au mot "objectif" ni à celui de "pacte", c'est vrai qu'un objectif peut être difficile à atteindre, mais pour vaincre par exemple sa phobie sociale, je trouve le mot "challenge" mieux adapté...

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  11. Réponse au Colonel Trivos pour les écrits d'hier : j'aimerais pouvoir adhérer à votre façon de voir les choses quant à la bonté, j'ai beaucoup de mal ! Mais c'est bien de votre part..

    Je vais relire tranquillement le texte de ce matin et y répondrai

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  12. Parfois les mots sont de vrais armes!

    il y a de nombreuses années, bléssées surement par certains mots, j'avais écrit ses quelques lignes qui sont toujours gravés dans ma mémoire!

    Les mots couteaux!
    les mots qui piquent telle la pointe d'un couteau,
    les mots qui blessent comme la lame d'un couteau,
    les mots qui tuent coups de poignard dans le dos!

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  13. Tout comme vous, certains mots me mettent mal à l'aise (et "challenge" en fait partie) et d'autres sont agréables à mes oreilles et à mon esprit. J'ai d'ailleurs recherché quels étaient les livres de "ma" médiathèque qui traitaient de ce "problème" et j'en ai trouvé un, celui de Caroline et Joseph Messinger "Les mots qui polluent, les mots qui guérissent ". Je n'étais pas toujours d'accord avec ce qu'ils affirmaient mais bien d'accord avec certains passages comme ceux là :

    "La communication verbale est un agrégat de phrases toutes faites, de lieux communs répétés à l'envi. Il n'y a pratiquement pas de prise de conscience de leur portée émotionnelle négative sur les comportements de celui qui reçoit le message."
    "Il y a des mots qui freinent la vie, des mots qui polluent la confiance en soi et des mots qui dévalorisent l'estime de soi et des mots qui tuent. Mais il existe aussi des mots qui libèrent, qui gratifient, qui sentent bon et qu'on écoute avec ravissement. Le choix des mots est comme le choix des armes. Ils sont indispensables pour évoluer vers le bien-être affectif, psychologique ou professionnel. Le discours est une programmation qu'il est toujours possible de modifier. Tous les vilains petits canards peuvent devenirs des cygnes. Les mots sont des quanta, des grains d'énergie positive, neutre ou négative. A vous de choisir le menu en prenant conscience de la valeur émotionnelle qu'ils véhiculent. Il y a des termes infréquentables et d'autres qui enrichissent votre image sociale et font la fortune de votre bien-être"

    Ensuite, je voudrais ajouter que j'aime la langue anglaise et pour améliorer mes "English speaking skills", j'ai cherché à correspondre avec quelques anglophones qui eux, évidemment, cherchaient à se perfectionner en français, eh bien ces personnes m'ont amené à avoir un autre regard sur ma langue maternelle et à réaliser à quel point elle était compliquée, certes, mais aussi à quel point elle était belle.

    Merci pour cet article _ j'ai cru au départ que vous citiez un romancier, je ne sais pas pourquoi, peut être avez-vous emprunté un style différent à celui des autres jours_ et merci aussi pour le précédent que j'ai bien aimé.

    PS : Trop mignone l'illustration. Au fait...dites à mon chien "Manger chien" et vous allez voir sa réaction, les mots sont aussi magiques pour les animaux :)

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  14. Pablo Neruda, J'avoue que j'ai vecu:

    Tout ce que vous voudrez, oui, monsieur, mais ce sont les mots qui chantent, les mots qui montent et qui descendent... Je me prosterne devant eux... Je les aime, je m'y colle, je les traque, je les mords, je les dilapide... J'aime tant les mots... Les mots inattendus... Ceux que gloutonnement on attend, on guette, jusqu'à ce qu'ils tombent soudain... Termes aimés... Ils brillent comme des pierres de couleur, ils sautent comme des poissons de platine, ils sont écume, fil, métal, rosée... Il est des mots que je poursuis... Il sont si beaux que je veux les mettre tous dans mon poème... Je les attrape au vol, quand ils bourdonnent, et je les retiens, je les nettoie, je les décortique, je me prépare devant l'assiette, je les sens cristallins, vibrants, éburnéens, végétaux, huileux, comme des fruits, comme des algues, comme des agates, comme des olives... Et alors je les retourne, je les agite, je les bois, je les avale, je les triture, je les mets sur leur trente et un, je les libère... Je les laisse comme des stalactites dans mon poème, comme des bouts de bois polis, comme du charbon, comme des épaves de naufrage, des présents de la vague... Tout est dans le mot...

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  15. Foutre Dieu, je rougeoie à la lecture de vos déblatérations, et Christophe doit se satisfaire de son petit effet.
    Mes mots à moi sont "opiniatre", "pusillanime", "congruent", "jarnicoton", et autres "sil-en-block" (je ne sais même pas comment ça s'écrit).
    Je trouve rigolo le vieux français...
    Les mots ont une certaine magie, c'est vrai, et se transforment parfois en pouvoir.
    Merci pour "éburnéen" Hanna, ça a quelque chose de couillu.

    Votre Joconde, pas connecté aujourd'hui

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  16. Les mots... à la fois outils et objets de ma pensée consciente.
    Pourquoi ai-je pris l'habitude de les manipuler avec tant d'inconscience?!

    Je bâcle mon rapport à la pensée et aux autres. Et, je ne me lasse pas de répéter cela tous les jours...

    Jusqu'au jour où, comme exemple parmi d'autres, j'ai pris conscience que mettre en pratique la non-violence au quotidien, cela passe bien souvent par un usage plus réfléchi et plus créatif des mots.

    Oui, une grande part de notre humanité me semble aussi passer par l'usage et donc l'attention pour les mots.

    Yves

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  17. - J'aime la chanson de Juliette "Les petits métiers " c'est plein de jolis mots
    - Même si je n'aurai pas mis les mêmes mots j'aime la chanson d'Olivia Ruiz " Tout c'qu'est dégueulasse"
    MB

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  18. Les mots. Je ne peux m'empêcher de penser à Coluche : "c'est comme concupiscent, uranus, orbite tout ça, c'est pas des gros mots" !

    Pour ceux qui veulent arrêter de fumer :

    "Il n'y a pas que le tabac qui soit nocif. La vieillesse aussi, c'est dangereux. Je connais des gens qui en sont morts.", Raymond Devos, un grand jongleur de mots aussi !

    Même si je ne lis pas en diagonale, mais à l'horizontale, "Su'l'coude gauche" comme disait mon grand-père, en fait, j'aime lire et relire les phrases pour essayer de les comprendre en profondeur, au premier, deuxième, troisième degré, ce qui me dérange ou me plait, c'est, un peu comme pour anonyme (2 février 2010 09:18), le contexte et le ton.

    Je ne sais pas si c'est encore le cas, mais dans les années '80, en France, on était trop brillant pour dire tout simplement "Oui", il était de bon ton de dire "Absolument" ou "Tout à fait", à la place. Je me sentais comme Stéphane en entendant "Ces mots (...) clefs passe-partout de la pensée unique qui sont utilisés sans réfléchir pour "faire bien" ou pour assouvir ses fantasmes de toute puissance ridicules et dangereux."

    Aujourd'hui, pour les mêmes raisons, on entend "problématique" pour "problème" qui semble trop simpliste, alors que le sens est totalement différent et cette tentative vaine de démontrer sa supériorité dénote plutôt une "ignorance crasse" dans le contexte.

    "Véhicule sur la gauche !", ce n'est pas l'ignorance qui me dérange, mais le fait de la dissimuler sous une fausse connaissance et une prétention mal placée. Comme Stéphane aussi, j'adore me plonger dans les dictionnaires, ou les encyclopédies, faire des chasses aux mots, et chercher le sens ou l'orthographe des mots que je ne connais pas (même si la plupart du temps, j'ai tout oublié au bout de quelques minutes).

    C'est intéressant, Mylagan, que vous mentionniez la capacité des chiens, même des chats, à distinguer les mots "magiques". Les dresseurs de chiens disent qu'il ne faut pas faire de phrases pour s'adresser au chien, seulement un mot. Une fois que mon chien avait appris les mots (non, il ne les répétait pas), il était capable de les reconnaître dans une phrase et même de comprendre le sens de la phrase. Ainsi, il connaissait les mots : "bâton", "dehors", "laisse" (du verbe "laisser"), et un jour qu'il voulait ramener un bâton à la maison pour le mordiller, je lui dis (une seule fois) : "Laisse le bâton dehors". Le chien a fait demi-tour, a lâché le bâton puis est revenu pour rentrer sans son bâton, me laissant totalement ébahie.

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  19. Pas des mots....Une série de chiffre associée à des images de meurtre sur un petit film tremblotant datant de Mathusalem . Bizarre cette vidéo , il y a un an .

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  20. Passionnée de mots depuis toujours, je les collectionne dans des répertoires tous ceux que m'ont révélés les dictionnaires au cours de mes études puis de toutes lectures. L'étourdie que je suis en a écrit quelques uns deux fois, je m'en aperçois en relisant les répertoires. Je me pose des colles pour savoir si je me souviens du sens: "eschatologie" et "ontologie" ont été difficiles à retenir.
    j'ai des dictionnaires dans différents endroits pour en avoir toujours un et aussi pour comparer parfois... Les mots "C'est mon Amérique à moi"Un clin d'œil à Brel qui les manipulait si bien.
    Un vrai régal de lire aujourd'hui merci

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  21. Avant même d'arriver à la deuxième partie de votre article, je pensais au mot évaluations, associé aux "compétences". Avez-vous lu les livrets d'évaluation scolaires de vos enfants ? Imaginez le temps passé par l'enseignant à compléter les petites cases des "Acquis, En Cours d'acquisition, Non Acquis " pour chacune des dizaines de compétences répertoriées, et ceci dès la Petite Section maternelle ! Tout ceci pour une signature apposée en vitesse par des parents qui n'en retiendront, au mieux, que le nombre de points rouges, orange ou verts, recueilli par leur progéniture !
    Je n'aime pas non plus le mot désinvolte à la mode ,"allez", que beaucoup de chroniqueurs utilisent pour faire la transition entre les sujets abordés.
    J'aime bien l'énigmatique "miscellanées" et la profondeur des "états d'âme".
    A lire pour sa subtilité à capter l'usage de la parole : Nathalie Sarraute qui fut le précurseur de l'analyse de ces "tropismes" qui s'insinuent entre les mots dits et non-dits ...
    Bonne soirée !
    Cathy

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  22. C'est mon troisième commentaire aujourd'hui hihi Mais je tenais à dire que les livres du docteur Christophe André en plus d'être très utiles, sont superbement bien écrits, j'ai beaucoup de plaisir à les lire...

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  23. J'adore les mots..j'ai tjrs écrit. Cela a été comme une nécessité et un bien être même si mon style est déplorable.... Pour moi, c'est comme dessiner.."dessine moi un mot" et oui, voilà un plagiat! Pardon mr De St Exupéry.
    Ils sont univers à eux tt seuls et chacun de nous puise la définition initiale et puis nous avons la possibilité de se l'approprier..Les mots nous parlent au plus profond de nous des plus simples à ceux dt nous avons toujours besoin d'aller voir ce qu'ils veulent dire ou comment ils s'écrivent.
    En ce moment j'ai l'impression d'être une bombe et je suis allée voir la def. de désarmorcer...J'ai dû me contenter d'amorcer et il suffisait de faire le contraire? A la lecture et aujourd'hui je ne suis plus vraiment sure de vouloir me désarmorcer...
    Bien je termine ce tableau de mots parce que sinon, je vais dépasser sur le cadre et il est tard pour moi, ce soir...
    Bonne soirée

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  24. Bonsoir,
    "Des mots simples des mots d'amour
    Des mots rimant avec toujours
    Des mots des mots toujours des mots
    Il faudrait se méfier des mots"
    Extrait de la chanson "les mots" de Charles Aznavour. Cette chanson résume bien l'impact des mots sur notre psychisme.
    Nos cicatrices intérieures peuvent se réveiller ou s'apaiser rien qu'avec des mots. Les mots que je préfère "Liberté" et "Lucidité" ceux que j'aime beaucoup moins "Mépris" et "Racisme".
    Merci pour cette sympatique illustration.
    Bonne nuit à vous tous.

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  25. moi le mot que je deteste c'est"examen". D'ailleurs j'en ai un demain: semiologie brrrr:(
    Bonne nuit a tous.
    Et merci doc pour vos billets plein de douceur.
    My

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  26. Et anachorète, alors ? Mon père adorait nous poser des "colles" sur le sens de mots rares, celui-ci est resté, je l'adore. Souvent, je regrette de n'avoir pas fait du grec, pour savourer encore mieux ce que cette langue a légué au français.
    @ Colonel : j'apprécie beaucoup ce que vous écrivez, vos réponses sont toujours intelligentes et positives, Merci !
    Au sujet du billet d'hier, je ne sais plus qui a dit "personne n'est méchant volontairement". J'en suis profondément convaincue, et j'essaie toujours de m'en souvenir dans les moments critiques.
    Bonsoir à tous, et merci pour ce que vous écrivez.

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  27. "Kein ding sei wo das wort gebricht",
    C'est le dernier vers d'un poème, "Das Wort", du poète allemand Stefan Georg, longuement analysé par Heidegger dans un de ses ouvrages: une chose n'existe pas tant que le mot pour le nommer n'existe pas... La langue, sa matérialité, cette grille de lecture du monde qu'elle nous offre, pour le meilleur ou pour le pire, tout ce qu'elle autorise et ces moments où elle nous laisse en plan - tout cela ne cesse de me fasciner...
    Bonne journée!
    C.

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  28. J'ai fini par retrouver ,perdu dans ma bibliothèque, un livre pour les amateurs de mots:
    "Les plus jolis mots du monde" de Christopher Moore :il y en a pour tous les goûts

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  29. La psyché : deux définitions. La première renvoie à la personnalité, construite par l'ensemble de phénomènes psychiques (pardon pour ce raccourci), la seconde à un simple objet dont l'usage finalement n'est pas aussi dénué de sens... psy.

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