"Les enfances heureuses font des vies heureuses. Les enfances malheureuses, des vies fécondes."
C'est de la romancière Irène Nemirovski. C'est parfois vrai. Pas toujours, hélas. À quoi cela tient-il ?
mercredi 10 février 2010
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Bonjour ou bonsoir Docteur,
RépondreSupprimerdésolé de lire votre Blog en retard:
Je viens de lire votre psycho-neuro-machin de l'autre jour et j'ai une folle envie de vous taquiner...
Une chance que vous n'avez pas vu votre soirée comme un "défit" ou un "challenge" car la maladie aurait sûrement eu raison de vous (ha! ha!)
C'est vrai et parfois pas..La résilience?!
RépondreSupprimerOn aime comme on a été aimé...
Bonne journée
Hello,
RépondreSupprimer"hélas" ? pas d'accord avec vous. Je suis heureuse qu'il y ait une part d'incontrôlable/de rédemption ou de perdition possibles.
Bonne journée enneigée,
B.A.
La confiance et l'Amour, pas seulement l'intention. Le reste...
RépondreSupprimerBelle journée.
Mouais si c'était vrai il y aurait certainement beaucoup moins de gens malheureux.
RépondreSupprimerDocteur
RépondreSupprimerLes découvertes récentes ont anéanti toutes nos illusions sur la simplicité de l'univers.L'humain est complexe...
merveilleuse journée
C'est scientifiquement indémontrable que les enfances malheureuses feraient des vies fécondes . C'est un peu facile de dire : "Voilà la vérité ! J'énnonce le vrai . Alors discutez en entre vous et vous arriverez peut-être à comprendre pourquoi j'ai raison".....
RépondreSupprimerAlors , pourquoi cette affirmation est-elle parfois vraie et parfois fausse ? ... Pourquoi pas ? .... Toutes les quéstions ont-elles un sens ? .... Certaines affirmations et certaines quéstions sont-elles autre chose que des constructions mentales sans aucun lien réel avec la vie ? .... Ne sont elles pas finalement que des illusions du langage ? ..... Un texte peut être correcte , cohérant , logique , et pourtant n'être qu'un assemblage de mots sans lien avec aucune vérité .... Un peu comme ces textes que produisaient les sur-réalistes et dans lesquels on peut s'efforcer de trouver une vérité magique qui y serait cachée ....
La vie n'est pas un roman . Voilà ce que j'en pense .
Cette phrase est très réductrice en effet. Je pense que c'est le tempérament, la perception des choses et leur transformation qui fera que l'on sera réceptif au bonheur ou au malheur. La construction du tempérament est multifactorielle et me semble encore plus compliquée que de trouver les n° gagnants du loto.
RépondreSupprimerA quoi cela tient-il ? je doute que quelqu'un puisse trouver la réponse, mais je lirai les commentaires avec attention.
c'est très joli et plein d'espoir.
RépondreSupprimertant qu'il y a ne serait-ce qu'une seule personne pour croire en cet enfant malheureux, parfois méchant...et qui sait voir toute la poèsie et l'humanité dans ces plus tristes moments...
si tout était aussi simple, aussi bijectif, aussi biunivoque...
RépondreSupprimerN'auriez-vous pas regardé France 2 hier soir par hasard ? La soirée commencait par un film émouvant "Fais danser la poussière" et était suivie d'un débat concernant les enfants mal partis dans la vie, un débat passionnant avec des invités plus ou moins connus qui ont eu un destin extraordinaire. C'est bien de la part de Mme Nemirovski de positiver mais j'ai bien peur qu'en réalité, toutes les enfances malheureuses n'ont pas de "vie féconde". A la fin de la soirée, les invités du débat ont eu un peu de difficulté à dire ce qui les avait aidé à remonter la pente, à survivre à leurs blessures. C'est parfois grâce à l'art, parfois, grâce à un regard, une phrase toute simple qu'ils gardent en mémoire, des rencontres avec des personnes qui ne les ont pas condamnés, qui ont cru en leur guérison, qui les ont considérés comme des êtres humains à part entière ...
RépondreSupprimerLe docteur Muriel Salmona a bien insisté là-dessus, l'importance de "l'humain". C'est vrai que parfois, nous ne sommes pas toujours vus comme des humains, juste des "sujets", des "cas"...
Ce qui a été dit également, c'est que certaines de ces personnes qui ont souffert, aident à leur tour celles qui ont du mal à s'en sortir. C'est sans doute ce qu'a voulu dire Irène Nemirovski.
Merci pour le lien, je ne connaissais pas du tout cette romancière, je vais certainement lire quelques uns de ses livres.
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RépondreSupprimerOn voit bien l'idee derriere cette citation, mais qui dit qu'une enfance heureuse ne cree pas un regret eternel, et a l'oppose, une enfance malheureuse ne mutile pas et au lieu de susciter un desir de revanche -et par la une vie feconde- conduise a l'amertume et la desolation... ?
RépondreSupprimerEt pourquoi l'enfance aurait-elle tant d'importance ? Comme si dans la vie, on n'avait pas 'une seconde chance'...
Esperons un moment le contraire !
Bonjour Colonel
RépondreSupprimer"À quoi ça sert une enfance heureuse et une vie heureuse si au bout du compte on a jamais appris à se connaître ?"
Trop excellent!
Mais on n'est plus du tout dans l'esprit de la psychologie positive!
Bonne journée à vous!
Mon frère, qui a 20 ans de plus que moi, me disait un jour, que nous n'avions pas eu le minimum qu'un enfant est en droit d'attendre (je parle d'amour). Après des années de travail sur moi, je suis certaine que nos parents nous ont aimés à leur façon, certes, et avec leur histoire. Mon père était juif et s'appelait Lévy. J'avais 9 ans lorsqu'il décida de changer de nom ! Même maintenant avec du recul, je ne comprends pas pourquoi ou plutôt si ! Pour moi c'est renier son histoire et ce que l'on est. A partir de mes 9 ans, je n'ai plus su qui j'étais et où étaient mes racines. Ma mère était catholique. Dans ma famille juive j'étais une goy et pour les autres une "youpine" . Malgré tout çà, j'ai eu une vie féconde, grâce aux personnes qui m'ont tendu la main et aidée psychologiquement à me reconstruire, grâce à moi aussi et à mon travail personnel. J'ai un fils de 35 ans, je l'ai élevé toute seule. Pas un instant il n'a douté de mon amour. Il n'a pas eu besoin de "résilience". Je l'aime, je le lui dis et il sait qui il est , LUI !
RépondreSupprimerC'est vrai que cette citation d'Irène Nemirovski est réductrice et sans doute inexacte dans son acception la plus large.
RépondreSupprimerPour la comprendre, il faudrait savoir ce qu'elle entend exactement par "enfance heureuse", "enfance malheureuse", "vie heureuse" et "vie féconde".
Ce que l'on peut néanmoins avancer c'est que la capacité ou l'opportunité à acquérir une réelle conscience de soi, de ses valeurs et de ses besoins ouvre le champ des possibles.
Une "enfance heureuse" pourrait alors être celle qui offre cette opportunité et une "enfance malheureuse" celle qui nécessite de faire ce chemin tout seul, par le biais d'une rencontre, par chance, par clairvoyance, par effort volontaire et/ou capacité de résilience.
Quiconque est parvenu , ne serait-ce que dans une certaine mesure , à la liberté de la raison , ne peut rien se sentir d'autre sur terre que voyageur .....
RépondreSupprimerC'est quoi, Zoe, la liberte de la raison ?
RépondreSupprimerC'est la libre pensée ....
RépondreSupprimerAlors , bien sûr " Girafe " tu pourrais toi qui vois loin , me poser la quéstion : " Qu'est-ce que la libre pensée ? "..... Alors je pourrais te répondre par un exemple : " La libre pensée c'est par exemple se poser la quéstion - Qu'est ce que la libre pensée ? - " Et je ne pourrais pas t'en dire plus car alors c'est à toi de trouver ta réponse . Ma réponse ne saurait te convenir ....
RépondreSupprimerBonjour,
RépondreSupprimerJ'ai envie de croire que ces lignes s'adressent aux filles d'Irene Nemirosvki. Elle a eu deux filles, neees en 1929 et 1937. Un message d'une mere, qui pressentait, peut-etre, qu'elle ne verrait pas ses filles grandir, et une facon de leur dire, malgre votre enfance sous la guerre, les persecutions, malgre l'absence de votre mere, transformer votre enfance malheureuse en une vie feconde.
Cela ne se tient pas justement !
RépondreSupprimerMB
Bonsoir,
RépondreSupprimerpeu importe si cette assertion est vraie et/ou fausse, si elle peut faire du bien et permettre d'avancer. Certaines phrases de ce type, simplistes, peut-être, lénifiantes (et alors ?), parfois prononcées par des psy que je n'ai vu qu'une seule fois, m'ont profondément marquée, pour le meilleur. Je conseille (encore) un livre "il n'est jamais trop tard pour pardonner à ses parents". De ce que j'ai vu autour de moi, les situations bloquées par des pardons jamais donnés sont celles qui génèrent le plus de souffrance et empêchent de progresser.
Merci au colonel pour son commentaire brillant comme d'habitude, et à vous tous pour vos réactions qui nous montrent combien nous sommes si différents et si semblables.
"Les enfances heureuses font des vies heureuses. Les enfances malheureuses, des vies fécondes."
RépondreSupprimerDésolé Docteur, mais ça c'est le genre de phrases endoctrinantes à la méthode Coué qui ne veulent vraiment rien dire du tout, et surtout qui polluent l'esprit des gens en quête de réponses, je parle des gens un peu perdus, que vous connaissez bien Docteur...
Je vous laisse imaginer les dérives mentales que cela peut générer pour celui qui s'identifie à ce genre de phrases, celui ci oublie alors de faire sa propre expérience en s'inspirant de guide réel : la philosophie a cela de pédant...
La belle histoire... Très intéressant à nouveau de vous lire sur ce thème ô combien intéressant.
RépondreSupprimerDécidément, quelle équation que la vie, quels élans de complicité quand nous rentrons les uns les autres en résonance, quels enseignements en puissance quand nous consommons nos divergences !
A question ouverte, réponse fermée (état d'âme quoi) de mon côté, le climat émotionnel qui me trouve à cette heure m'invite au contrepied. J'ai envie de rebondir sur le propos de Girafe par une illustration : à l'opposé de ce qu'évoque la citation, l'écrivain Romain Gary a dépeint dans "la Promesse de l'aube" ce risque qu'il pouvait y avoir de ne jamais retrouver dans son état adulte les sensations de plénitude atteintes dans l'enfance.
Et pour l'exprimer, le sublimer, il en a fait l'un des plus beaux romans de la littérature française ! Avant de se suicider (allez comprendre :)
PS : Colonel, j'aurais payé le sou pour vous apercevoir hier en uniforme, dans la crypte ;)
Une vie féconde, c'est quoi ? une vie heureuse peut-elle être féconde ? une vie féconde peut-elle être heureuse ? féconde en amour, féconde en projet, féconde en enfant, féconde en écriture, féconde en art, féconde en idées géniales, féconde en tricot, féconde en attention pour les autres, féconde en oeuf de Pâques, féconde en amitié, féconde en douceur, féconde en méchanceté, féconde en délire, féconde en malheur, féconde en...........
RépondreSupprimerEt avec le bonheur, on ne peut être fécond, fécond en amour, en enfant, en........... etc...
Les billets de chaque jour me posent des questions et vos commentaires aussi. Certains ont des réponses, d'autres des hypothèses, d'autres des questions aussi. De la diversité des vies et des hommes. Bonne nuit.
bonsoir
RépondreSupprimertout cela me donne juste envie de penser à ce qu'est une enfance heureuse...déjà... une notion tellement dépendante de nos critères, nos histoires, alors je pense qu'au stade de ma réflexion, je vais juste m'abstenir de commenter..
douce soirée
Anne
Ma vie n'est pas un roman . Ma vie n'est pas une histoire . Ma vie n'est pas un bonheur . Ma vie n'est pas un malheur . ..... .
RépondreSupprimerMa vie c'est mon corps ! ....
Pour moi de mon point de vue le reste c'est du discours intéléctuel .
Le post du Colonel Trivos me fait penser à une interrogation de Dostoïevski : "Que doit-on préférer : un bonheur facile ou des souffrances élevées ?"
RépondreSupprimerCette association du bonheur avec la facilité et puis la souffrance avec la grandeur me laisse perplexe. Faut-il absolument passer par le chemin de la souffrance pour se révéler à soi-meme et « grandir » ? j’en suis pas certaine. Que penser de ces souffrances qui immobilisent, paralysent toute une vie et font qu’on passe à coté de nous –meme ? je pense particulièrement à la souffrance d’etre privé d’amour.
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RépondreSupprimerSelligman, le père de la psychologie positve dit dans son livre:
RépondreSupprimer(...) Les évènements de l’enfance sont surévalués. La plupart des évènements de l’enfance n’entraîne pas de problèmes à l’âge adulte. Il existe trois moyens d’augmenter nos émotions positives passées. Le premier est d’ordre intellectuel et consiste à abandonner l’idée que votre passé détermine votre avenir. Les deux autres variables relèvent de la volonté et sont de nature émotionnelle et exigent une modification de nos souvenirs. En amplifiant la gratitude envers les bonnes choses du passé, on intensifie nos souvenirs positifs (intensité, fréquence et pensées...). Deux exercices son proposées soit de nommer le soir cinq choses dont on est reconnaissant ou organiser une soirée gratitude. En pardonnant, on désamorce l’amertume qui elle rend le bonheur impossible (paix et sérénité). Le pardon laisse intact le souvenir, mais élimine ou même transforme la blessure (...)
Les constats de Selligmna s'appuient sur de nombreuses études scientifiques.
Personnellement, je crois qu'une enfance malheureuse n'est pas uns condamnation à vie mais demande plus d'efforts.
La résilience est une bonne piste selon moi. Il y autant de réponse que d'individus. Qu'est-ce qui fait qu'une personne sur trois n'abdique jamais devant l'adversité? Selligman dans son livre sur developper l'optimiste nous donne de bnombreuses psites qui s'appuient sur de nombreuses études.
Merci pour cette belle citation. J'ai lu tous les commentaires et j'apprends toujours beaucoup de vous tous. Je suis contente que tu sois encore active Zoé sur ce blog car j'aime bien te lire.
Puits sans fond cette histoire pour moi.
RépondreSupprimerChaque fois que j'essaie d'y penser, les entrées se multiplient, de démultiplient; mon esprit se tort et finalement rien ne sort d'autre que ma propre expérience acide amère.
Ma réponse, qui n'est donc que la mienne, c'est le lien. C'est l'espérance du lien, ou c'est l'expérience du lien. C'est ce qui me retient sur terre.
Mon optimisme est là où se trouve la fraternité. Mon pessimisme là où se trouve le self made man, l'individualisme, là où chacun est rendu responsable d'absolument tout ce qui lui arrive.
Il est des solitudes peuplées de liens et des solitudes dépeuplées et mortifères où l'on n'y est pas, où la propre compagnie de soi-même est rendue impossible.
Etre relié, re-lié, c'est ce qui nous fait homme et femme, ce qui fonde une société et ce qui nous tient debout vivants.
Souhaitons...et puis zut.
Je ne suis pas d'humeur
Encore une fois bonjour ou bonsoir Docteur,
RépondreSupprimerSi vous vous êtes remis de votre sinusite vous risquez de rechuter ou en tout cas d'avoir un gros mal de tête après avoir lu tous ces commentaires...
L'attachement par contre me préoccupe beaucoup. Je crois que c'est quand même un prédicteur important... Désolée si ma position semble ambivalente. Nous sommes dans des sciences molles.
RépondreSupprimer"Les enfances heureuses font des vies heureuses. Les enfances malheureuses, des vies fécondes."
RépondreSupprimerPour avoir vécu le contenu de la 2ème phrase, je dirais que c'est vrai (pour moi). Toutefois, la fécondité à gérer toute une vie est diablement fatigante et usante, surtout si l'adversité pointe son nez pour compliquer un peu plus.
BON, au bout du compte, on est vivant mais on aspire au repos... de plus en plus souvent, mais la vie n'a pas dit encore son dernier mot, elle vous colle une couche de fécondité de plus, et plus compliquée encore... histoire peut-être de ne pas vous endormir... tout de suite, allez encore une dernière complication (pour la route). Suis-je addict ?
J'ai attendu quelques jours pour participer à ces commentaires, histoire de ne pas gâcher le moral de ceux qui ne sont pas encore fatigués.