mardi 16 février 2010

Salut, œuvre d’art !


L’autre matin, alors qu’elle se préparait pour partir au lycée, et qu’elle cherchait son manteau, je passe à ma fille aînée une écharpe que j’avais achetée il y a bien longtemps, lors d’un séjour à Cambridge, une belle écharpe du Trinity College (bonne qualité ! plus de 25 ans après, elle est toujours en bon état…).
Elle l’essaye, vérifie dans la glace du salon que le look est OK, et me dit : « ça fait vraiment anglais, on se croirait dans Harry Potter ! » Alors, quand elle s’éloigne, je lui lance de loin : « Salut, Griffon d’Or ! » Et elle, qui a mal entendu, se retourne avec un grand sourire : « Qu’est-ce que tu m'as dit, papa ? Tu m’as dit : “Salut, œuvre d’art ?!?“ »
Je corrige (peut-être je n’aurais pas du ?) et nous éclatons de rire. Puis, en rentrant dans la maison, je réfléchis à la scène : qu’elle ait pu penser que je l’ai appelée « œuvre d’art » me réjouit. En voilà une au moins (j’en connais deux autres) qui ne doute pas un instant de mon admiration à son égard. J’espère que ça lui servira dans la vie...

Illustration : écharpe originale de Trinity College.

34 commentaires:

  1. Pour sûr que cela lui servira dans la vie !
    Bonne journée souriante.
    Damery

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  2. Bjr,
    je me demande si l'admiration d'un papa pour sa fille est plus "nourrissante" en termes d'estime de soi que celle de sa mère par ex ?
    Bàv,
    B.A.

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  3. Et bien lorsque je fais un compliment à mes enfants , ceux ci répondent : " ah ouai ....tu dis ça parce que tu es ma mère..." mais en fin de compte , je pense qu'ils sont assez contents .C'est lorsque ils demandent un compliment , pour une création artistique par exemple , que je me dis : là ! c'est le moment d'être entièrement présente et de ne pas décevoir. Pas si facile que ça.

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  4. Christophe André, vous écrivez : "J'espère que ça lui servira dans la vie..." mais je ne doute pas un seul instant que vous soyez au fond de vous absolument certain que ce sera le cas.

    Deux expériences extrêmes s'échappent de cette écharpe bien chaude. Une amie de longue date, d'abord, découvrant ma fille alors "grande" de 18 mois. Cette amie américaine, elle-même mère, m'a félicité avec un grand sourire d'avoir une si belle petite fille au visage criant partout qu'elle était aimée. On a beau le savoir, ça fait du bien à l'âme de l'entendre.

    Noir, et malheureusement répété d'une rentrée à l'autre, le second souvenir est celui de rencontres avec les parents de mes élèves. Je n'ai pas en mémoire une seule année où je n'ai pas ressenti presque immédiatement une sourde hostilité d'un ou des deux parents à l'égard de leur ado/jeune adulte durant l'échange. Coluche a écrit un sketch immense sur ce thème ("Ils ne pouvaient pas avoir de chien, alors ils ont eu un enfant.").
    Ces moments sont à coup sûr parmi les plus tristes de la vie d'un prof. Le pire est quand ils se moquent ouvertement de leur enfant, m'invitant avec un sourire aussi large que faux à leur emboîter le pas. Dans ce cas-là, je n'ai plus le choix, et ne taris pas d'éloges au risque d'amener mon élève à gigoter un peu sur sa chaise...

    Bon, ça ne concerne que, disons 5% des parents, hein. Mais tout de même, entre l'oeuvre d'art et le vilain petit canard, on sait à qui souhaiter bonne chance...

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  5. Elle a peut être compris ce qu'elle désirait entendre ;)

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  6. Je me souviens de mes enfants petits , 2- 3 ans jouant au jardin public ; et moi sur le banc . Et régulièrement leurs regards souriants pour vérifier que : oui j'avais bien vu qu'ils avait bien descendu le toboggan , oui le pâté de sable était réussi etc... tout un jeu de regard pendant deux heures, qui se poursuivait à minima toute la journée .

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  7. hahaha supeeer j'ai trop rigolé !!! Merci de nous avoir fait rire!

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  8. Bonjour,

    Elle est magnifique cette histoire. Docteur Andre, il y a Oedipe qui vous passe le bonjour!

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  9. Sur mon blog, je vais bientôt écrire un article sur l'egocentrisme, et je trouve dans cet article des éléments qui m'interrogent. Christophe, expert en estime de soi, tu dois avoir conscience de ce moment où la solide confiance en soi peut basculer dans l'excès...
    Et vous, chers contributeurs, et certainement parents, avez-vous vécu ce moment de l'adolescence ou de la vie de jeune adulte, où votre enfant ramène tout à lui et se prend pour ce centre de l'univers ?
    Dans votre éducation, peut-être avez-vous culpabilisé d'avoir apporté votre amour de façon trop absolue, sans équilibrer votre enfant avec un peu de frustrations ou de ces privations qui vont marquer à l'enfant les frontières, les limites à ne pas dépasser, qui vont lui apprendre qu'il doit prendre les autres en compte ???
    En y réfléchissant, j'associe l'egocentrisme à une dérive d'estime de soi, et je me demande comment on peut travailler sur cette dérive.
    Je suis confronté à ce cas de figure dans mon entourage. Je n'ai pas la solution, et voilà ce que je fais : je mets la pression, j'essaie de déstabiliser le jeune, d'utiliser la frustration, de le projeter dans son rôle d'adulte (prendre des responsabilités). Objectif : simplement qu'il accepte de se remettre en question.

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  10. Effectivement c'est un belle histoire. Aucun doute, pour votre fille, elle est bien une œuvre d'art que vous avez conçue avec sa mère. Vous savez très bien que cela lui servira dans la vie.
    Par contre, je ne suis pas psy, mais pour Olivier, je pense que ce n'est pas la bonne solution a adopter. C'est à vous, Olivier, de vous remettre en question et de vous mettre à la place de ce jeune en essayant de le comprendre. Ce n'est déjà pas très facile pour un jeune d'être "stable" dans sa tête si, en plus, vous utilisez la frustration et que vous lui mettiez la pression ... !!! Je ne veux pas être désagréable mais des deux, lequel est adulte ???

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  11. L'anecdote d'aujourd'hui m'a fait penser à mon enfance. Mes parents ne manquaient jamais de me complimenter sur ce je faisais, sur ce que j'étais. Mais la vie était si difficile à l'extérieur... J'en ai conclu que les enfants ne pouvaient vraiment pas se fier au jugement de leurs parents.
    Mais qu'en aurait-il été s'ils ne l'avait pas fait ?
    Très bonne journée à tous.

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  12. C'est sain de se sentir qqes fois une oeuvre d'art ou " rayon de soleil",comme m'appelait ma mère qd j'étais ado.
    My

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  13. C'est l'histoire de deux êtres, Caïn et Abel, fils d'Adam et Eve dans la littérature biblique. Le premier était cultivateur, le deuxième pasteur (gardien de troupeaux).

    Tous les deux faisaient des offrandes à leur Dieu, et Caîn avait la douloureuse impression que Dieu lui préférait Abel. Il souffrait d'être un être fruste, non une "oeuvre d'art" comme Abel.

    Un jour il tua son frère, croyant mettre ainsi fin à sa souffrance.

    Belle journée à vous tous (et veuillez m'excuser pour l'histoire sordide.)

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  14. Etant enfant un vilain petit canard avec une soeur oeuvre d'art ( au yeux de mon père ) ni l'un ni l'autre n'ont trouvé la voie induite par cette appréciation parentale . Ma soeur à toujours cru que sa seule beauté lui serait utile et moi je fais des tableaux ( oeuvre d'art ) pour essayé de prouvé que je ne suis pas un vilain canard ...
    Il faut trouvé le juste milieu difficile d'être parent .
    MB

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  15. L'histoire d' Abel et de Caîn reflète le vieux conflit agriculteur et pasteur, c'est plus drôle dans Lucky Luke!
    Je crois que l'encouragement des parents est une bonne chose . Quand on vit le dénigrement, même et surtout si c'est "pour son bien", c'est franchement pénible et douloureux.
    Tout est question d'équilibre encore une fois: les compliments systématiques peuvent perdre en crédibilité et/ou encourager le narcissisme. Mais l'amour sans condition et l'encouragement aident les enfants à devenir"Imparfaits libres..."

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  16. Merci Christophe de nous faire partager cette part de votre bonheur intime. Est-ce que vos trois filles adorées lisent le Blog?
    Comme chacun la vie leur réserve ses mauvais coups, mais, avoir une si belle relation avec son papa, quelle chance pour l'avenir! Tous ces beaux souvenirs de ces petits bonheurs que vous savez orchestrer. Ce que je vous souhaite c'est de savoir continuer vous et vos filles, de savoir que cela n'a pas de prix et que c'est irremplaçable dans toute une vie.

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  17. Le billet d'aujourd'hui me réchauffe le coeur, me fait du bien, me rend un instant heureuse car je comprends combien votre fille, docteur, se sent aimée, voir des enfants qui sont aimés de leurs parents, m'a toujours émue, durant mon adolescence j'avais tellement besoin de mes parents, ils n'étaient pas là, maintenant adulte je suis si fragile et j'ai décidé de ne jamais avoir d'enfants...

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  18. Je souhaite qu'elle puisse poser son empreinte
    dans la vie.
    Quelle puisse le faire. Que ça lui soit possible.
    Pour pousuivre ce travail d'artiste
    et d'artisan.

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  19. Prendre soin de Soi.


    Sans oublier de prendre soin de Nous.

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  20. En fait, on fait tous la même erreur, la même confusion : être, avoir, faire.

    "Etre" n'a pas besoin de limite pour l'amour, surtout venant des parents pour leurs enfants.

    Là où les "frontières" (Olivier et nous tous ou la plupart) sont nécessaires, c'est pour "avoir" et "faire".

    Là, il y a des limites, des règles du jeu à respecter, non ?

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  21. Puisqu'il est question un peu d'école à travers cette écharpe, j'envoie un message de soutien
    aux professeurs qui en ont absolument besoin
    car ils sont aux premières loges de la détresse
    et ils se sentent bien impuissants à y remédier.
    L'éducation c'est dans un tout.
    Ce n'est pas de votre faute et les solutions ne sont pas uniquement dans la classe, ni même dans la famille. J'ajoute ce point car je pense que si nous pouvons, parents ou professeur avoir notre part de responsabilité dans les maux de nos enfants, il est plus largement difficile de les assumer ou d'avoir du crédit face à des réalités qui débordent le seul cadre éducatif.
    Tout mon soutien aux profs et parents.
    Peut-être pouvons-nous y faire quelque chose au-delà de l'école, au-delà de la famille?

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  22. Mon arrrière grand-pere appelait ma soeur ainée "étoile du matin". Petite je trouvais ca magique et j'en étais (un peu) jalouse :).
    J'ai jamais posé la question à ma soeur pour savoir quel effet ca lui faisait... mais je suppose qu'elle devait se sentir une étoile sur son nuage.

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  23. En fait Christophe, c'est elle qui a entendu cela... donc on peut imaginer qu'elle vous faisait là aussi un compliment puisque les auteurs de cette "oeuvre d'art" sont vous et sa maman.. C'est bien si elle prend ce bout-là de la lorgnette pour s'adresser à ses parents! lol
    (petit aparté : quand on sait que vous dites que vos filles sont vos plus belles oeuvres, elle a dû vouloir vous citer!!)
    je vous souhaite encore de nombreux moments comme celui-ci avec ces demoiselles vos filles.
    Anne

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  24. Giroflée d'avril16 février 2010 19:27

    "Pourvou que ça doure", aurait dit Mme Laetitia (pas Haliday bien sûr) et profitez bien de tous ces moments de petits bonheurs et grandes satisfactions. Savourez-les...
    On connaît ses enfants, nous en sommes fiers, nous leur donnons le meilleur de nous-mêmes (et parfois plus) sans attendre un retour sur investissements (études longues et coûteuses), ni reconnaissance ET d'un seul coup, la vie leur fait oublier ce qu'ils doivent à n'importe quel être humain : LE RESPECT.
    On ne comprend pas, on est très malheureux, on souffre beaucoup par cet adulte qui ne ressemble pas à l'être qui faisait nos satisfactions et notre bonheur.
    Je crois que nous parents, avons oublié que nos adorables bébés sont faits aussi avec des gènes appartenant à nos milliers d'ancêtres. Dans ces lots, il y avait très sûrement des gens très bien et très certainement aussi, d'autres qui l'étaient beaucoup moins.

    Vous avez raison DOCTEUR, lorsque vous parlez d'acceptation des choses que nous ne pouvons pas changer. Alors, espérons que la vie corrige ce que nous est pour nous injustice. En attendant, profitons, en toute conscience, du reste...

    La dame qui veut du respect s'est appelée un jour Giroflée

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  25. Bonsoir,
    Au vue de l'amour et de l'admiration que vous avez pour vos enfants, votre regard porté sur votre fille en la voyant partir n'était-il pas le même que quand vous regardez une peinture et qu'elle a reconnu dans vos yeux cette même admiration et qu'inconsciemment elle est entendu ce qui pour elle était en rapport avec une oeuvre d'art, simple avis personnel ...
    Dans mon tiroir et celui de mon fils, il y a une même écharpe, souvenir d'un match de coupe d'Europe dans une ambiance fantastique ou les chants, les encouragements, les cris de joie nous ont laissé des images indélébiles dans nos têtes et en plus le club de notre région a gagné d'une magnifique façon ...
    Difficile de les voir grandir, mais d'autres moments de vie nous laisserons des états âmes toujours aussi forts que l'amour que nous leur portons ...
    Bonne soirée.

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  26. C'est beau cette anecdote...

    La mienne (de filloute) je la regarde toujours une dernière fois avant de me coucher. Rapidement mais intensément. Et j'entends en général en moi une voix qui chuchote. "Tout mon amour pour toi; à demain petite étoile".

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  27. Sympa cette histoire ! J'ai juste une inquiétue : il n'y en a que 2 "autres" qui ont votre admiration ? Je serais touchée que j'en fasse partie (mais ce nombre restreint me laisse peu de chance LOL )... Ça me servirait bien dans ma vie !

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  28. Merci Grenouille, merci, merci...


    ;o)

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  29. Je suis certaine que cela lui servira dans la vie. Ce sentir aimer ainsi est capital. Cette histoire est un rayon de soleil et fait du bien au coeur. Elle met de la légèreté, de la douceur, de l'essentiel, de la fantaisie dans la vie, ce soir et le sourire qui va avec ! Merci à vous deux ! Nadine

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  30. Excellent, j'adore, voilà le rayon de soleil de la journée dont nous manquons tant :-)

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  31. Extrait (celui-là ne figure pas sur mon blog) :Certes, je n’ai pas manqué du nécessaire, mais j’avais tellement besoin de l’essentiel, sa protection. Pourquoi a-t-il sombré dans l’alcool au point de nous abandonner lâchement, d’ajouter de la crainte à la terreur ? Il n’était pas violent, seulement menaçant. Le simple fait de faire semblant de dégrafer sa ceinture, qui n’a jamais eu d’autre utilité que celle de retenir son pantalon, suffisait à nous calmer. À ces moments-là, il ne fallait pas moufter, surtout ne pas moufter… (fin)

    Je suis mère célibataire... J'aurais tellement aimé que ma fille connaisse, comme votre fille, un seul jour de sa vie cet état de grâce... Merci pour ce partage !

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