vendredi 8 janvier 2010

Le bonheur dans 20 ans


C'était une journée d'avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures...
Winston Smith quitta son bureau du Ministère du Bien-Être. 2023 était une année historique : pour la première fois, l'humanité n'était pas en guerre. Nulle part. La plupart des dirigeants politiques étaient désormais des femmes. Et le bonheur était devenu un enjeu majeur pour toutes les nations. En Franceurope, le gouvernement était tombé l'an dernier à cause des mauvais indices SWB (Subjective Well Being). Les cours du SWB rythmaient désormais le quotidien des entreprises et des gouvernements, comme jadis le Dow Jones, Nikkei et autres CAC 40… Différentes expériences étaient conduites à grande échelle depuis quelques mois dans le cadre d'un programme mondial de l'OMS, dont le nom de code était EB : Ère du Bonheur. Dans toute la Russie, une supplémentation en antidépresseurs était systématique dans l'eau du robinet. En Amérinord, les cours de dessin avaient été supprimés dès l'école primaire pour être remplacés par des ateliers de relaxation et de méditation transcendantale. L'Université de la ville franche de Londres venait de créer une spécialité médicale d'eudémonologie (du grec eudémonia : bonheur). De nombreux candidats avaient afflué du monde entier.
Âgé de 29 ans, Smith se souvenait avec amusement des débats qui avaient agité le siècle précédent, celui de ses parents, sur le bonheur, qu'on accusait de rendre mou et égoïste. Depuis ces grands programmes, le pire n'était pas arrivé : ce n'était pas encore le "cauchemar climatisé" qu'avait prédit un écrivain américain dont on avait perdu le nom. L'humanité comptait toujours son lot d'énervés et de malpolis, de poètes et de musiciens. Arrivé au restovite, Smith pianota sa commande (un miniwok d'algues australasiennes AOC, comme d'habitude), puis il se plongea dans le journal : une équipe chinoise venait de mettre au point la fameuse stabilisation cellulaire après laquelle courraient tous les laboratoires de biologie moléculaire. Selon le journaliste, cela signifiait que d'ici 20 à 30 ans, on pourrait immortaliser des humains tout entiers, et plus seulement des cellules. Le robogroom apporta les algues. Smith posa distraitement son index sur le printicode pour payer, et commença à rêvasser. Tout le monde savait que le bonheur n'avait qu'une fonction : faire supporter à l'homo sapiens sa condition de mortel. Les humains étaient les seuls êtres vivants à savoir qu'ils allaient mourir, d'où leur besoin effréné de bonheur. Mais là… Le problème d'une humanité immortelle, ce ne serait plus le malheur, mais l'ennui.
Winston Smith saisit son dictapalm et énonça lentement : "Rédiger une note interministérielle pour la mise en place d'un groupe d'étude sur la prévention de l'ennui". Puis il mâchonna lentement ses algues en regardant, sur les télécrans du plafond, les filles qui passaient dans la rue. L'Ère du Bonheur n'aurait pas duré bien longtemps…

À la demande de la revue de la FNAC, Epok, j’avais rédigé ce petit texte en 2003, en hommage à George Orwell (dont on célébrait le centenaire de la naissance, en 1903) et à son plus célèbre roman, 1984. Six ans ont passé et quelques unes de mes prédictions se sont déjà réalisées (ce n'était pas très difficile...) : les cours d’eudémonologie à l’université de Londres, l'intérêt des politiques pour le SWB, les recherches sur l'immortalisation des cellules. La tonalité générale de ces lignes est un peu inquiétante ? Elle ne correspond pas complètement à ma pensée personnelle, ni à mes convictions. Mais il s’agissait de rendre hommage à celles d’Orwell, qui n’avait pas une vision optimiste de notre avenir…

Illustration : The waiting girl, photo de Loretta Lux, 2006.

77 commentaires:

  1. Intéressant ce petit plongeon dans le futur; ce sera d'ailleurs sympa de le relire dans 13 ans!...
    L'ennui, je ne sais pas vraiment ce que c'est. cela ressemble peut-être à ce que je ressents quand je suis seule à un moment que j'aimerais partager avec ma famille ou mes amis, mais pas à : "Je ne sais pas quoi faire",...
    Sauf, si l'on est "bloqué", dans une salle d'attente ou autre. Mais je ne sais pas si c'est de l'ennui dans ce cas?
    L'ennui, est-ce de la lassitude, l' envie de changer? Mais beaucoup de choses qu'on aime se répètent: le moment du petit déjeuner, le lever ou le coucher du soleil,... Pourtant, on ne s'en lasse pas!

    RépondreSupprimer
  2. La petite fille de l'illustration me fait penser à ma fille... Les enfants sont généralement doués pour la présence dans l'instant présent. Ils sont souvent très concentrés dans leurs activités, ils s'intéressent à tout (surtout dans les moments d'attente, quand ils ne sont pas sollicités par des activités diverses); les observer me détend et on pourrait en tirer des leçons!

    RépondreSupprimer
  3. Salut à tous,
    ah j'aime bien votre texte, dommage que ce ne soit pas un roman complet, je me le serais acheté.
    a) mais "l'auteur" ne nous dit pas si ces programmes fonctionnent ou pas. Après tout, même si les recherches avancent, cela ne signifie pas que tous les citoyens sont heureux pour autant. A votre avis, ce nouveau monde a-t-il trouvé la clef ?
    b) je ne sais pas si nous nous ennuierions du bonheur si nous étions immortels. Faudrait demander à ...l'homme "le plus heureux du monde" (suivez mon regard).
    Cela me fait penser à un chapitre des Thanatonautes (Werber)où pour gagner le PAradis, les humains se mettent tous à être super sympas. Ennui mortel (selon l'auteur). A voir.
    En tous cas, merci pour ce texte super sympa.
    Bonne journée à tous
    B.A.

    RépondreSupprimer
  4. C'est drôle ce que vous avez fait, c'est sûr que ça redonne espoir, après tout, personne ne connaît l'avenir. Parce que certaines de vos prédictions se sont déjà réalisées mais malheureusement certaines de celles d'orwell aussi... La surveillance est de plus en plus facile. Si le monde ne devient pas pire que ce qu'il est maintenant ce sera déjà pas mal! Il faut surtout lutter pour conserver la liberté, c'est ce qu'il y a de plus précieux.

    RépondreSupprimer
  5. Cela pose un sérieux problème à tous ceux qui croient à la vie éternelle.
    sgl

    RépondreSupprimer
  6. Utopie.....l'Homme n'est pas prêt.

    RépondreSupprimer
  7. bonjour à tous
    je vous lis tous les matin avec bonheur, amusement, parfois gravité…
    Aujourd'hui j'ai eu envie d'intervenir pour partager avec vous tous ce que je ressens par rapport à la notion d'éternité.

    Un jour que j'expliquais à ma thérapeute, combien ma terreur de la mort était grande, elle me demanda:
    "est ce que vous aimeriez être immortelle?"
    je n'avais jamais pensé à cette alternative…

    Après un long temps de réflexion,au cours duquel je me revois encore peser le pour et le contre, j'ai dit: "je crois que ce serait encore plus effrayant!"
    Depuis, cette idée a fait son chemin.
    je ne peux pas dire que mon regard sur ma propre mort est "serein" mais il est en tous cas beaucoup moins terrorisant.

    Je vous remercie tous de vos interventions et particulièrement vous Dr André.
    Votre voix m'accompagne tous les jours dans mes séances de méditation et c'est un vrai plaisir!

    RépondreSupprimer
  8. Plus j'avance plus j'apprécie juste d'être vivante et ds le présent; l'avancée ds l'âge y fait et la méditation m'y aide sacrémént! Du coup, l'ennui je ne le connais plus et je ne crains plus ma solitude non plus! J'acccepte tt simplement! Je n'ai pas atteint ma définition du bonheur, je m'emploie déjà à la définir. Chacun à la sienne; je vis de plus en plus sereinement le chemin que j'ai pris pour m'y amener..Je trouve très éclairant le passage sur le pourquoi de notre course au bonheur, oublier la mort..
    Je prendrai bien la pilule de l'immortalité mais je l'offrirai à ceux que j'aime si fort d'abord...Accepter d'être immortel seulement qd la prise de conscience de ce qui nous rend uniques et privilégiés d'être en vie, de ce que la terre, qd elle nous accueille nous offre en nous demandant juste en retour de la respecter et de la préserver pour donner encore plus..et nous devrions prendre son exemple.

    Bonne journée sous la pluie et le vent avec la chance d'être au chaud et d'avoir envie d'aller se muouiller pour juste respirer l'air frais et se rendre compte qu'il est bon d'être vivant..

    RépondreSupprimer
  9. Un monde figé serait en effet bien ennuyeux. la vie n'a de valeur et de saveur que si on sait qu'on peut la perdre, ce sont ses hauts et ses bas qui la rendent précieuse. Le bonheur institutionnalisé , l'obligation de bonheur, ont peu de chance de rendre heureux. Le bonheur ne peut être qu' une recherche personnelle et est souvent chaotique.
    Voilà une petite fille bien formatée; son attitude est figée, son visage est sans expression, elle ne respire pas la joie de vivre!
    Bonne journée!

    RépondreSupprimer
  10. Un restovite, quelle cata ! ça ne restaure rien du tout... ah, j'aime bien ce texte et son humour, sa prospective en clin d'oeil...

    RépondreSupprimer
  11. Bonjour,

    Ca fait effectivement froid dans le dos, cela dit docteur vous devriez songer a prolonger ce recit car il est tres bien ecrit et on a bien envie de savoir ce qui va advenir de Smith.
    Je tiens seulement a ajouter une rectification, si les recherches sur l'immortalite des humains n'est pas vraiment au gout du jour, les recherches sur l'immortalisation des cellules, elles, existent depuis bien longtemps (La lignee de cellules cancereuses immortelles HeLa existe depuis 1951)

    RépondreSupprimer
  12. "Wahouuuuuuuu !!!" J'adore, j'en voudrais encore ! Génial ce texte !
    Il y a juste un tout petit détail qui m'intrigue, et je suis étonné que personne n'en ait parlé : pourquoi supprimer les cours de dessin ?
    Soit Christophe considère que dessiner rend malheureux, et ça m'étonnerait tout de même un peu, soit il a une profonde aversion pour cet art parce qu'il est incapable de dessiner ne serait-ce qu'un divan, et ça m'étonnerait tout de même beaucoup...

    Il y a 8 ans, j'ai croisé le chemin d'une étudiante en biologie. Elle m'expliquait à l'époque que le Ministère arrêtait de verser des bourses pour les thèses de recherche contre le Sida. La nouvelle mode était au décryptage du génôme humain en lien avec le cancer. En effet, me disait-elle "on a découvert que les cellules cancéreuses étaient immortelles. Alors le jour où l'on arrivera à isoler le "gène de l'immortalité", on pourra le transmettre à l'homme".
    Elle était tout à fait convaincue par sa science, et avait cette conclusion "de toute façon, ce n'est plus qu'une question de temps".
    ...
    L'Homme qui se fait Dieu... moi, ça me troue le cul !

    RépondreSupprimer
  13. Hanna, nos textes se sont croisés ! ;-))

    RépondreSupprimer
  14. L'immortalité c'est comme la réincarnation : deux illusions batties autour de la mort ....
    et qui en fait ne servent qu'à en nier le sens .

    RépondreSupprimer
  15. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  16. p.s : ça me plaît Lou ce que tu dis sur les enfants

    RépondreSupprimer
  17. Le TOUT est une illusion . Vouloir penser le TOUT en tant qu'infime partie du TOUT c'est penser le TOUT en tant qu'individu . L'humanité ne pense pas . Seuls les individus pensent . Penser en tant qu'humanité c'est penser l'humanité en tant qu'individu et c'est ce que chaque être humain fait chacun à sa façon .
    Le TOUT qui se pense TOUT c'est le GRAND TOUTOU , donc , conclusion : Dieu est un chien . C.Q.F.D .....

    RépondreSupprimer
  18. Le monde que vous dépeignez ne me fait pas envie, il est inquiétant et glacant, surtout les femmes au pouvoir politique! Sérieusement, le plus glacial est l'adjonction d'antidépresseurs dans l'eau. Cà m'a fait penser au film "Paradis pour tous" avec le génial Patrick Dewaere. Je n'ai pas non plus saisi dans le contexte l'interdiction des cours de dessin qui ne sont pas tous normatifs. La note de bas de page est bienvenue car j'étais assez perplexe pendant la lecture sur vos intentions. En tout cas, l'atmosphère Orwellienne est très bien rendue. Une fois de plus, je vous encourage, si ce n'est déjà fait, à vous lancer dans le roman.

    Je rejoins Evelyne à 100%. Le bonheur ne se décrète pas, c'est un chemin personnel. Faire le bonheur des gens malgré eux est toujours contre productif. C'était ce qu'on entendait pendant l'Inquisition.

    PS: content de vous relire, ZOE!

    RépondreSupprimer
  19. Sympa ce texte et l'idée que la femme est l'avenir de l'homme, peut-être est-ce du au côté plus maternel, protecteur qui devrait s'appliquer à notre planète (ne m'en veuillez pas messieurs, c'est juste culturel, mais je pense que cela évolue et que l'on pourrait peut-être rêver tout comme E. Badinter que "l'un est l'autre").

    En lisant ce texte, je me dis qu'il est vrai que l'homme aime croire que les choses dépendent de lui, qu'il a l'illusion du pouvoir sur son devenir. L'immortalité, le refus de la mort, est une contradiction avec la nature profonde des éléments de l'univers, donc de la vie elle-même.

    Je peux comprendre que l'on ne souhaite pas souffrir, mais je n'arrive pas à comprendre que la mort fasse peur.

    Notre mère nourricière est abîmée par l'homme qui lorsqu'il nuit à sa mère, se nuit à lui-même, est-ce que l'homme est prêt à renoncer à son confort quotidien pour n'être qu'un avec l'univers ? Est-ce qu'il y a tant de gens que ça heureux spirutuellement ? Est-ce que le bonheur se pense ? Est-ce que le bonheur ne passe par le plaisir de la consommation et l'appartenance au groupe qui consomme ?

    Nous ne sommes pas libres, nous trainons tous nos boulets psycho-socio-culturel et ainsi nous détruisons la vie tout en rêvant d'immortalité.

    Contente aussi de relire Zoé

    RépondreSupprimer
  20. Pour avoir grandi dans un régime totalitaire, je me suis aperçu que le gouvernement du pays n'aimait pas toute forme de liberté d'expression ; ainsi le dessin, la peinture étaient soumis à censure, car pouvant être considérés comme subversifs.
    Par contre les politiques, quasi-immortalisés sur les dessins, peintures ou sculptures, affirmaient envers et contre tout réaliser le bonheur des gens.


    D'un autre point de vue, le bonheur que propose les religions sont, à l'origine (si l'on se réfère aux textes sacrés), toujours liées au salut, conditionné par ma qualité relationnelle avec moi-même, ma conscience et mon prochain.
    Autrement dit est bienheureux celui qui se dit : "Le temps me manque, l'argent me manque certes. Mais il me manque parfois de prendre conscience de ce que je suis en train de faire ou de vivre, et il me manque aussi de pouvoir soulager la souffrance de mon frère à côté."

    Bonne journée à vous tous

    RépondreSupprimer
  21. Le pouvoir politique aux femmes, héhé quand on est père de 3 filles, ça peut rassurer ! Je suis moi-même mère de trois filles et je me dis que je préfère imaginer que l'on ne fasse plus cas du sexe des dirigeants et que l'on oublie la parité au profit du bon sens.

    RépondreSupprimer
  22. Pauvre"Ere du Bonheur"encore soumise au programme de l'OMS en qui on a déja , en 2010, une confiance trés limitée..!
    Toute la belle neige, qui tombe du ciel aujourd'hui, semble pure et pas encore chargée d'anti dépresseurs !Chic!
    Bon WE à tous.

    RépondreSupprimer
  23. mais pourquoi nous faire peur avec un futur aussi sordide... ?
    Laissez nous le choix d'être, heureux, malheureux, mais avec notre libre arbitre.

    RépondreSupprimer
  24. une petite phrase pour stéphane

    "qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit" La Rochefoucaut

    RépondreSupprimer
  25. 2023, mais c'est dans 13 ans !!!
    Il n'a pas l'air très heureux votre fonctionnaire du ministère du bien-être à l'époque de l'Ere du bonheur...
    Est-ce parce que nous nous savons mortels que nous sommes en quête du bonheur?
    Sans cette échéance fatale, l'individu serait-il voué à l'ennui?
    André Comte Sponville est mieux à même de disserter sur ces thèmes que moi.

    Par contre je ne crois pas à l'intérêt sincère des politiques pour le bonheur. Quel poids ont-ils d'ailleurs aujourd'hui? Aucun...
    Ce qui dirige tout c'est la soif de l'or!!!
    Pourquoi encore aujourd'hui des hommes ont faim, vivent dans la pauvreté, la précarité, voire l'esclavage économique.
    Les besoins élémentaires de la fameuse pyramide de Maslow, ne sont pas satisfaits pour tant d'humains...
    Quant à cette idée d'humanité immortelle je renvoie à une des phrases de Soeur Emmanuelle: "Celui qui aime ne meurt pas".
    Bon week end sous la neige...

    RépondreSupprimer
  26. Une petite phrase pour sophie :

    "Qui cache son fou meurt sans vie (Henri Michaux)

    Une autre :

    "Qui libère son fou vit en pitre (Francis Ponge)

    Entre les 2, on devrait trouver l'équilibre...

    RépondreSupprimer
  27. Bonjour à tous,
    l'immortalité ne me "branche" pas vraiment ! Je pense, que d'une manière ou d'une autre, les humains aspirent au Bonheur, certes, mais que font-ils vraiment pour y parvenir ?? Cela deviendrait tellement ennuyeux, plus de plainte, plus d'états d'âme, le vide en quelque sorte. (Ève et Adam ou le paradis perdu). Lorsque tout va bien c'est trop beau et utopique ! Dans le Bouddhisme il y a la réincarnation avec des vies infinies, j'ai essayé d'y adhérer mais sans grande conviction (à la réincarnation) il m'est impossible d'y croire pour l'instant.
    Autant que peut ce faire j'aspire à de petites joies qui font le bonheur, à la pleine conscience "le chemin est long et un travail de tous les jours est indispensable pour y parvenir", un apprentissage à la sérénité et la méditation qui m'est d'un grand secours lorsque j'ai le courage de la pratiquer, ce n'est pas gagné ... Françoise "Doudou"

    RépondreSupprimer
  28. Bonsoir tout le monde,


    A ceux qui désireraient réfléchir tout en se détendant sur la question de l'immortalité, je recommande la lecture d'un grand Asimov, ie, "L'homme de 200 ans".

    Pour les autres, une simple balade dans la forêt blanche ?

    RépondreSupprimer
  29. Apres le P.I.B., voici l'I.B.M. (indice de bonheur mondial) qui pointe son nez!

    Alors :
    1 - Que penser de l'émergence du nouveau phénomène de mode : le bonheur ?

    2 - Que penser de l'invation de la culture asiatique après avoir subi celle des anglo-saxons sachant qu'elle s'accompagne corrélativement de ses produits ?

    Ayant un esprit de contraction développé et détestant les phénomènes de mode, je reste vigilant et me pose des questions.

    RépondreSupprimer
  30. Tellement de sujets sont soulevés par le billet d'aujourd'hui ! C'est de la provocation ! Comment je vais faire pour ne pas envoyer encore de grosses tartines ?

    D'abord la Science Fiction (à ne pas confondre avec le Fantastique). Je ne crois pas avoir lu le pourtant célèbre George Orwell, mais mon adolescence fut baignée dans les Van Vogt, Philippe K. Dick, Isaac Asimov et Robert Silverberg ... un régal !

    Et que de préjugés suscités !

    D'abord des sociétés meilleures parce que dirigées par des femmes ... Je ne crois pas que les Bonobos soient plus heureux que les Chimpanzés. Et puis les personnes qui m'ont fait le plus de mal, ce sont des femmes. Et puis ces mères qui enseignent à leurs fils la supériorité, la paresse et les caprices, ce sont des femmes.

    Et puis ces sociétés qui deviendraient ennuyeuses parce qu'on deviendrait immortel et/ou tous "super sympas" ... C'est peut-être vrai pour ceux qui ne peuvent pas respirer sans polémiques, disputes, compétition, violence. En ce qui me concerne, cela ne me passionne aucunement. Ou ceux dont le sport favori est d'acquérir, et ensuite de garder ce qu'il possèdent ou de faire perdre aux autres ce qu'ils ont. Cela non plus ne me passionne pas du tout.

    D'ailleurs il est intéressant, ce mot "ennui". En français, en tous cas, et surtout utilisé au pluriel, il devient son contraire : les ennuis pour se désennuyer ...

    Ce n'est pas ma philosophie.

    Plutôt à tendence artistique, j'aime la créativité, et c'est cette interdiction que je voyais dans l'interdiction des cours de dessin : plus d'imagination, plus de créativité. Et comme le souligne Louis N., plus de liberté d'expression.

    Ce qui me passionne, c'est construire, réaliser, partager, collaborer, alors, même immmortelle et avec des gens surper sympas, je ne m'ennuirais pas du tout !

    RépondreSupprimer
  31. Ayant grandi dans un pays constamment en guerre, cet article me rappelle ma stupéfaction quand je suis tombée, à mon arrivée à Paris, sur un reportage sur les "clubs de rire" qui fleurissaient en France. Acheter le rire dans un pays en paix, stable et riche! c'etait la stupéfaction totale pour moi.
    Cette histoire date de 9 ans. Aujourd’hui cela ne me choque plus...

    RépondreSupprimer
  32. Cette idée de Bonheur Intérieur Brut est très séduisante, mais je me demande comment mesurer le bonheur à l'échelle d'une nation alors qu'il est, non seulement, subjectif, mais encore et surtout fait de choses qui ne se mesurent pas ? Je pense que l'Etat a le devoir de mettre en oeuvre ce qui favorise notre bien-être : une politique du logement digne de ce nom, l'accès aux soins et à l'éducation pour tous, garantir nos libertés, la paix et la sécurité, lutter contre la misère et l'exclusion ... Bref, je me demande si, vouloir quantifier quelque chose d'aussi instable, fragile et non mesurable que le bonheur, n'est pas un piège qui détournerait les politiques de leur devoir : lutter contre les sources du malheur, nettement moins subjectives que celles du bonheur.

    RépondreSupprimer
  33. Rachel en tant que Nord américaine9 janvier 2010 03:40

    Comme Olivier je suis intriguée. Pourquoi supprimer les cours de dessin et surtout pourquoi le faire en Amérique du Nord uniquement?

    En lisant l'excellent livre du Dr Dominique Lanzmann-Petithory sur la diétitique de la longévité, je me suis longuement intérrogée sur les avantages de vivre jusqu'à 120 ans. Je vois des personnes âgées près de moi très active mais ravagées par l'ennui. Est-ce que longévité rime avec qualité de vie? Pour moi, vivre jusqu'à 120 ans c'est presqu'être immortelle. Savez-vous que les françaises détiennent le 3e rang de longévité? Je saurai si j'ai le gène de la longévité en 2043 quand j'aurai atteint l'age de 75 ans.

    Je me suis intérrogée dernièrement sur ma motivation à écrire sur le blog puisque que parfois j'ai l'impression de lancer une balle sur un mur et qu'elle tombe et que je doive relancer la balle pour continuer à jouer.. J'ai médité sur ma motivation à continuer à écrire et j'ai trouvé: Quand j'écris cela me permet de réfléchir au billet et de prendre position. Suite à ma réflexion du 18 décembre concernant la conférence du Dr André sur le bonheur , j'ai compris que je pouvais associé mon bonheur a l'extraordinaire en autant que j'arrive également à être heureuse dans la normalité et que ces deux états peuvent cohabiter.

    RépondreSupprimer
  34. Bonjour,
    Au Bhoutan ils ont instauré le BNB (Bonheur Nationnal Brute), tout dans ce pays ne doit pas être idillyque mais rien que le fait d'instaurer cette idée est déjà un grand pas vers un humanisme à offrir à tout ses habitants.
    Votre texte futuriste démontre qu'à vouloir allez trop loin dans la recherche du bonheur on crée de nouveaux inconvénients comme rechercher des mesures pour combler l'ennui. De plus en plus je m'ancre dans la réalité que nous sommes liés à la nature, à ses cycles de vies et que l'humain s'écarte de cette réalité en allant toujours plus loin dans des recherches au lieu de se contenter et prendre soin de ce que la nature nous offre. Je crois que l'humain se perd dans des dérives qu'il a de plus en plus de mal à contrôler les efferts pervers. Revenons à l'essentiel.
    « Lorsque notre heure viendra de partir, ce que nous emporterons et laisserons d’éternel à nos proches est l’amour et l’affection que nous leur avons donné inconditionnellement »
    Bon week end à tous.

    RépondreSupprimer
  35. "we shall meet in the place where there is no darkness"9 janvier 2010 09:31

    Bonjour à tous,

    1984 de George Orwell, je l'avait étudié à la fac il y a 30 ans et il m'avait profondément marquée. On en re-parle beaucoup car certaines de ses visions se sont réalisées. je viens de le relire avec le même plaisir, en découvrant encore. C'est une lecture incontournable, et surtout un bon roman merveilleusement écrit, avec une intrigue palpitante : se faire plaisir tout en réfléchissant, ça, pour moi, c'est le bonheur !

    Tout à l'heure, j'irai me recoucher avec un bon bouquin : le bonheur.
    Cet après-midi, je vais préparer une galette pour mes nièces chéries : le bonheur.
    Ce soir j'irai au ciné avec mon amoureux : le bonheur.
    Demain, on verra...
    A chaque jour suffit...son bonheur !

    RépondreSupprimer
  36. Le bonheur c'est d'apprécier tout ce qui s'offre à nous: la neige, la pluie, le soleil,les bonnes où mauvaises odeurs, la vie, la mort aussi ...
    Michel B.

    RépondreSupprimer
  37. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  38. Sans contraste, pas ou peu de couleurs en effet sur la pellicule photosensible de nos courts métrages intérieurs...

    Le bonheur résonnant comme quelque chose d'assez subjectif, pourquoi ne pas alors effectivement soumettre le "bien-être" à évaluation ??
    A mon avis, le seul vecteur durable de bien-être réside dans la démarche affirmée de don de soi à autrui. "Je pense à toi, je pense à moi"; l'Etat devrait donner le bon exemple. Imaginons par ex que celui-ci généralise le parrainage au sens vertueux du terme.
    Allégé le pacte du sang, ses impasses, ses confusions, son périmètre autolimité, et bienvenue dans le PPCSO (pacte de parrainage citoyen solidaire objectif).
    Une avancée technologique ultime dans le domaine de l'imagerie cérébrale aurait permis de quantifier et extraire l'indice de bien-être personnel de chacun, et donc d'en évaluer la marge potentielle de progression, objectif avoué du PPCSO.
    Une fois l'objet contractuel réalisé , le pacte se dissoudrait et un nouveau contrat soumis à des variables aléatoires serait aussitôt signé. Il y aurait 2 types d'acteurs indexés sur le cours de la MNPBE (moyenne nationale pondérée en terme de bien-être) : les EBE (excédentaires en terme de bien-être) et les DBE (les déficients).
    Les 2 acteurs se répartiraient le crédit en cas de marge.
    Le PNB correspondrait au cumul de l'ensemble des marges de progression réalisées en terme de bien-être (MPBE).
    Plus le MBPE serait élevé, plus l'abattement fiscal correspondant serait élevé.
    Mais la concurrence internationale serait rude et certains petits malins tenteraient l'exil, là où des dispositions fiscales plus favorables les attendraient :)

    ...

    RépondreSupprimer
  39. Le bonheur ça n'existe pas . C'est pour ça CON y croit . Parceque si le bonheur existait , alors on s'appercevrait qu'il n'est fait que de l'abscence de malheur , donc qu'il est sans réalité propre......................................... Le malheur ça n'existe pas . C'est pour ça CON y croit . Parceque si le malheur existait , alors on s'appercevrait qu'il n'est fait que de l'abscence de bonheur , donc qu'il est sans réalité propre .
    Donc , si ni l'un ni l'autre n'existent l'un sans l'autre , alors comment font-ils pour exister ensemble ? ... Qu'est-ce que le reflet d'un miroir dans un autre miroir ? ... Est-ce que deux fois RIEN c'est plus que rien ? ...
    Bon , en fait tout ce raisonement est faux , MAIS je ne vais pas expliquer pourquoi il est faux .... Mais il est absolument complétement faux .... Alors pourquoi le tenir ? .... Et pourquoi ne pas expliquer en quoi il est faux ? .... Parceque la vérité n'a pas besoin du mensonge pour exister , tout simplement

    RépondreSupprimer
  40. Hier j'ai lu, aujourd'hui j'ai relu, c'est trop compliqué, je lis sans me sentir impliqué, je suis larguée, mais ce n'est pas grave en faite il peut exister des écrits que je ne peux comprendre j'y arriverais peut être un jour, mais j'avais envi de vous le dire, peut être que je ne suis pas la seule, et j'avais envi de vous souhaiter un bon week end

    RépondreSupprimer
  41. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  42. Cela ne dépend que de vous , Mon Colonel ....
    Choisir de chercher la vérité c'est déja (à mon avis) avoir commencé à la trouver ....

    RépondreSupprimer
  43. Passionnant, merci à tous.

    Un jour, lors d'un échange avec une personne qui ne croit pas au bonheur mais aux moments de bonheur alors que je considère que j'ai une prédisposition au bonheur et que j'ai fait le choix d'être heureuse parce qu'ainsi je pouvais mieux faire face aux événements pénibles de vie, je me suis lancée dans une expérience : effacer le concept du bonheur, alors le concept du malheur disparaissait simultanément et on peut le faire avec tous les concepts/illusions, c'était grisant et en même temps pas possible en tant qu'être vivant dans la société des humains car face à un vide total, plus aucun repères.

    Je ne pense pas que l'on puisse vivre sans concepts/illusions, juste se rappeler de temps en temps que ce sont des illusions, ainsi lorsque l'on traverse une épreuve, on pourra jouer les magiciens.

    Je pense que le bonheur a mille définitions et que chacun fait le choix d'une définition qui permettra d'y accéder ou non.

    RépondreSupprimer
  44. Boule à zéro9 janvier 2010 14:33

    Bonjour Zoé
    "Qu'est-ce que le reflet d'un miroir dans un autre miroir ?"
    Un infini....

    RépondreSupprimer
  45. Boule à zéro9 janvier 2010 14:36

    Rebonjour Zoé
    "la vérité n'a pas besoin du mensonge pour exister"
    Qu'est ce que c'est juste!

    RépondreSupprimer
  46. bon week end souris! Moi aussi parfois jsuis larguée..."SOURIons-en"!!
    Et comme on largue les amarres, laissons nous aller...à sourire..

    RépondreSupprimer
  47. Boule à zéro9 janvier 2010 14:53

    Bonjour Colonel Trivos
    Vous chamboulez la donne!
    Vous introduisez la métaphysique dans le forum!
    C'est à la fois audacieux et intéressant.
    A suivre....

    RépondreSupprimer
  48. A mon avis Boule , le reflet d'un miroir dans un autre miroir serait plutôt un faux infini , comme une illusion de fuite à l'infini ....
    Rairoa , je ne suis pas d'accord avec toi ,mais je ne vais pas t'expliquer pourquoi . Car je pense que souvent les raisonnements sur les illusions sont plus des illusions que les illusions que ces raisonnements croient avoir découverts ..... Donc je suis en contradiction et pourtant ce n'est pas cette contradiction qui me constitue . En fait je pense que la vérité ne se constitue pas par les raisonnements . Je pense que la vérité échappe à toutes catégories et pourtant ces catégories nous sont nécessaires dans la recherche de la vérité . Voilà , c'est mon avis , mais c'est juste des impressions trés corporelles parceque tout compte fait (de mon point de vue) la pensée n'existe que par le corps .....

    RépondreSupprimer
  49. Pour...les cours de relaxation pour nos élèves surmenés par le rythme effréné qu'on leur fait subir,
    mais ne supprimons pas les cours de dessin ! quoi de plus relaxant à l'école que de dessiner (ou de chanter)
    Bon week-end !
    Cathy

    RépondreSupprimer
  50. Il y a un temps pour réfléchir, mais pas à l'infini : il y a aussi un temps pour agir.

    Bonne fin de semaine ;)

    RépondreSupprimer
  51. On peut faire les deux en même temps réflechir et agir . Pourquoi assigner un temps à la réflexion et un autre à l'action ? .... Pourquoi créer une catégorie reflexion-action , genre : bas-haut , gauche-droite , lourd-léger .... Personnellement , Boulezaïl , je ne crois pas à cette oposition réflexion-action , psychique-physique , mental-corporel .... Je pense que cette oposition est simplement sociale parceque dans la société il y a des chefs qui décident et des ouvriers qui font . Mais je n'ai pas à accépter d'intégrer ça à ma façon d'être .... J'arrive trés bien à faire plusieurs choses à la fois , alors voilà ...

    RépondreSupprimer
  52. Élève un peu l'hélicoptère Zoé pour comprendre vraiment ce que Boulzail exprime. Ayant appris à la connaître à travers ce blog, quand je lis ce que je lis, je suis rassurée car je sens que boulzail va mieux. Parfois, il faut opposer les choses Zoé pour pouvoir faire différent.

    Je me demande de quoi cela aurait l'air si on était dans la même pièce. Qui seraient les histroniques, qui se disputeraient le pouvoir, qui seraient les silencieux, qui seraient les philosophes, qui seraient les leaders, qui seraient les sauveurs? On pourrait faire le génogramme de notre groupe. J'imagine que ce serait différent si on se rencontrait dans un cadre formel ou informel. Aurait-on besoin de quelqu'un pour gérer le traffic?

    RépondreSupprimer
  53. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  54. Mais de quel groupe parle tu Anne Onyme ? ....
    Je ne fais partie d'aucun groupe , donc ta volonté de m'en exclure est inutile puisque je n'en fais pas partie . Quand à élever le débat , je n'en vois pas plus l'interet que de le creuser . Pour moi les deux sont bien : élever le débat ou creuser la quéstion , on peut faire les deux ou ni l'un ni l'autre . Quand à Boulezaïl , je suis ravie de savoir qu'elle va mieux , mais je ne me prend pas pour sa thérapeute . Bon , tu éprouve le besoin de hiérarchiser les gens et de les catégoriser , peu importe la raison , pour moi cela ne me géne pas que tu le fasse . C'est logique puisque tu pense faire partie d'un groupe et que moi je pense tellement ne pas en faire partie que je ne vois même pas où il existerait .....

    RépondreSupprimer
  55. Pourquoi dis-tu qu'Anne Onyme t'exclue Zoé?

    Je trouve assez amusant sa fantaisie d'imaginer les blogeurs dans la même pièce pour ma part. Je n'y avais pas pensé.

    RépondreSupprimer
  56. merci pour ta réponse sylvie

    RépondreSupprimer
  57. Oui , c'est vrai c'est interessant (amusant ?)
    Ceci dit , je ne m'imagine pas dans cette piéce . Peut-être n'existe-elle pas pour moi , mais je m'imagine qu'elle existe pour Anne Onyme et sans doute pour toi aussi un peu et pour Boulezaïl et pour d'autres et c'est en effet interessant , mais , je m'imagine pouvant traverser cette piéce sans en faire partie , donc ni dedans ni dehors , simplement ailleurs , et cela aussi est "amusant".... Je me demande alors si une piéce dans laquelle dedans et dehors se mélangent est une piéce élastique ? ou sans plafond ou sans mur ou symbolique ou magique ou conventionnelle ? Plutôt une sorte de piéce fusionnelle mentale dont on peut faire partie en y croyant et s'exclure en n'y croyant plus et c'est interessant aussi ....

    RépondreSupprimer
  58. On perd le fil du bonheur dans les méandres de la pensée de Zoé. Revenons donc sur ce blog . Et si on parlait du bonheur? ou plutôt si on lui laissait la parole? Vous avez pris votre pilule aujourd'hui? Moi oui.

    RépondreSupprimer
  59. " Mais au moment d'activer son dictapalm, Winston Smith se figea, puis se ravisa de faire pression sur le bouton en titonium.
    Une intuition venait de l'illuminer.
    Depuis le commencement, et au cours de son évolution, l'homme ne s'était-il pas justement singularisé par cette aptitude innée à entretenir la dualité des choses, même à son insu ?
    Alors après tout, tant que la magie de la division cellulaire opèrerait, que la théorie de la relativité régirait l'univers, comment pouvait-il en être autrement ?!!...
    Débarrassée de la question de sa finitude, l'espèce humaine risquait certes de ramener son focus sur des préoccupations beaucoup plus proches et terre-à-terre, rompant par la même avec son accoutumance au sacré, mais elle n'en conserverait pas moins en elle les termes primaires et essentiels du débat contradictoire...
    Et de nouvelles idoles de la joute viendraient rapidement haranguer les foules et coloniser sur la toile ce nouvel espace disponible.
    L'Etat pourrait se substituer à la nature divine, on inventerait des crédits virtuels, et les jeux du cirque renaitraient de leurs cendres. Les "sans crédit" se verraient pourchassés, puis expulsés dans l'espace où leurs corps agglutinés formeraient un anneau autour de la terre, à même de stopper les terribles UV qui confinaient désormais l'être humain chez lui, devant ses multiples télécrans.

    Non, décidément l'histoire était un éternel recommencement. Et tant que les enfants continuaient à naitre avec 2 ventricules, 2 hémisphères cérébraux et 2 yeux, la contagion de l'ennui n'était pas à l'ordre du jour." [...]

    RépondreSupprimer
  60. J'envie ton imagination Zoé. Je m'ennuie jamais quand je te lis.

    RépondreSupprimer
  61. Bon d'accord Evelyne . Alors le bonheur pour vous , si j'ai bien compris , se trouve dans le "ON" le colléctif donc . On est ensemble . On forme un tout et alors , si on est à l'écoute , le bonheur nous parle ? .... Si j'ai bien compris votre texte ....

    RépondreSupprimer
  62. Le bonheur de chacun est-il l'affaire de tous ?
    Le bonheur de tous est-il l'affaire de chacun ?
    ON veut LE BONHEUR ! Alors si le bonheur est à cette double condition , il est effectivement "necessaire" de partir en quête de l'immortalité car ainsi ON pourra enfin fixer , stabiliser ce NOUS dans un etat de BONHEUR TOTAL ..... Mais évidement celà ne fonctionnera jamais . Donc ON aura la tyranie à la place . La tyranie d'un "BONHEUR OBLIGATOIRE".

    RépondreSupprimer
  63. Zoé je ne sais pas ce qu'est "la vérité", je pense qu'il y a autant de vérités qu'il y a d'individus.

    Merci au colonel pour son lien, je ne connaissais pas Jacqueline Kelen, vision très intéressante.

    Pour en revenir au bonheur, le bonheur me permet de vivre l'aventure de la vie de manière plus agréable, j'ai toujours trouvé dommage d'ajouter de la difficulté à la vie et de subir. Le malheur ne m'attire pas et si parfois ma petite flamme intérieure s'essouffle face aux événements pénibles, je finis toujours par trouver un moyen de la raviver (la marche a un effet magique auquel on peut ajouter le lien social, ne pas oublier que nous ne sommes que chimie).

    Mon interrogation est : est-ce que nous choisissons vraiment ? Ces dernières années j'ai découvert la maladie psychique, ce qui me laisse très interrogative sur notre pouvoir sur nous-mêmes.

    Zoé tu dis "la pensée passe par le corps" ou peut-être que "le corps passe par la pensée", ou tout simplement "l'un est l'autre".

    RépondreSupprimer
  64. j'ai beaucoup aimé votre texte M André , car il est très" orwelien " et pour moi la lecture de "1984" que j'ai lu d'ailleurs en 1984 a été un choc émotionnel , le genre de livre que l'on vit .
    la rédaction d'unE note interministérielle pour résoudre les difficultés du pays m'ont hélas rappelé le fonctionnement de l'administration de l'état dans laquelle je travaille .Absurde , de plus en plus absurde , bureaucratie , pas de réactivité ( droit au logement , plus d'un an pour loger les personnes qui ont un besoin d'un logement décent en urgence!) décalage avec la vraie vie , compromission .J'ai beaucoup apprécié la note de Séverine , je partage son opinion .Et aussi les pensées profondes du Colonel .

    RépondreSupprimer
  65. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  66. La dualité est une illusion de l'intélect .
    Le Tout est une illusion de l'intelect
    Le Néant est une illusion de l'intelect .

    Aucun instant n'est établi .
    IL n'y a aucune perfection .

    Seul le corps est vrai .
    J'ai simplement écri : c'est le corps qui pense . Je n'ai pas parlé de la matiére .

    Le droit au bonheur que revendique le citoyen consomateur est une bétise totale car exiger de la société qu'elle fasse notre bonheur c'est lui donner le pouvoir de nous imposer son bonheur obligatoire .

    Bon , voilà . Pour moi , rien à ajouter .
    Ce débat ne m'interesse plus .
    On retombe toujours dans les mêmes discours standardisés du "Nouille-Age" et de mon point de vue c'est de la bétise totale et du rabachage
    sans interet .

    RépondreSupprimer
  67. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  68. loup loup pas garou10 janvier 2010 13:53

    @ Zoé,
    "C'est le corps qui pense". Mais avant de penser, n'a-t-il pas été pensé pour penser, justement?

    RépondreSupprimer
  69. Merci Anonyme (9 janvier 2010 18:39), c'est vrai qu'à certains niveaux, ça va mieux. A d'autres, il y a encore du chemin à faire.

    On peut comprendre que les gouvernements, à l'instar des chefs de tribus, aient, entre autres, pour mission d'imposer une certaine conformité dans le groupe afin de préserver sa cohésion dans un but de survie du groupe ("La force des émotions" de François Lelord et Christophe André), mais les citoyens et les artistes, philosophes, historiens, et autres intellectuels ont pour mission de garder un esprit critique afin de ne pas transformer cette conformité en tyrannie.

    Encore une fois, tout est question de dosage et de mouvement pour trouver l'équilibre : combien de muscles mettons-nous en action rien que pour se tenir debout ?

    "Tout est dualité" ... je l'ai lu aussi dans certains livres bouddhistes qui disent aussi que "tout est illusion". Mais c'est la seule réalité que nous ayons. Alors, là aussi, mouvement de balancier et flexibilité de l'esprit. Ce ne sont que des images pour parvenir à se représenter la complexité des choses qui nous entourent, mais à un moment donné, il faut (je crois) les replacer dans leur contexte et les oublier, car, comme dit le narateur dans le film que j'ai regardé hier soir pour me divertir un peu, "Kuffs" avec entre autres Christian Slatter :

    "La vie, c'est ce qui se passe pendant qu'on se demande ce qu'on va bien pouvoir faire".

    C'est une petite coïncidence amusante qui dit exactement ce que je voulais dire hier avec mon message du 9 janvier 2010 17:59.

    Voilà. Je parle de ça, parce que c'est une des grosses difficultés que j'essaie de surmonter en ce moment : passer à l'action. Et j'ai beau chercher, je ne trouve pas de motivation. Il va donc falloir que j'agisse sans motivation. C'est tout.

    Zoé, je suis malheureusement comme un CPU, je ne suis capable de ne faire qu'une seule chose à la fois (mais à une fréquence pas mal moins élevée). C'est aussi préférable pour ceux qui souhaitent pratiquer la pleine conscience, ou ceux, comme moi, qui ont encore certains problèmes de concentration (cela diminue un peu le risque d'erreurs).

    Papagena, on a eu deux Zorro (avec Antonio Banderas) hier soir à la télé. Vous m'avez fait rire l'autre jour avec votre "erreur de casting" !

    Bon dimanche.

    RépondreSupprimer
  70. Au passage, j'espère que Moula Moula va bien.
    Pensée fraternelle

    RépondreSupprimer
  71. Merci à tous pour vos commentaires. J'espère que qq'un prend des notes pour la synthèse ;)

    @u Colonel T : oui, ce phénomène de "synchronicité" que tu décris est bien source potentielle, au quotidien, d'enseignements innouis car adaptés à notre condition !! Le tout étant d'en prendre conscience petit à petit car une révélation immédiate du phénomène nous rendrait fou...
    Dés lors que la volonté crée les contours d'une pensée unique, elle crée un nouvel espace en surbrillance, et tout l'univers conspire alors à ce que cette projection prenne forme.
    @ Zoe : entre Mind New Age et Karma-Narchisme... je me demande lequel est le + décalé ;)

    RépondreSupprimer
  72. OUAHOU la liste de commentaires et les propos tenus!
    Je voulais évoquer le titre d'un roman de Ira Levin:"Un bonheur insoutenable" qui me parait adapté au texte proposé.

    RépondreSupprimer
  73. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  74. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  75. A lectrice de 20 h 00

    Merci de nous rappeler ce livre ... je l'ai déjà lu et l'ai prêté un jour ... je n'arrivais pas à retrouver le titre ... je vais me le procurer à nouveau (car il a été longtemps indisponible) ... enfin contente d'en avoir retrouvé le titre ...

    A SOURIS, si j'ai compris les premiers commentaires, sur la fin je suis un peu larguée ... rassure toi ...

    Et Bonne année à tous ...

    RépondreSupprimer
  76. Je trouve ce texte effrayant dans son propos, où est la bizarerie, l'imperfection ? Quelle place dans cette societé à ce (et ceux) qui n'est pas dans la norme ? Et les malheureux, ça veut dire qu'ils n'auraient plus de droit d'exister et de vivre leur malheur ? Et pourquoi ne pourrait-on pas vivre sa souffrance d'être humain ? L'injonction au bonheur est une chose effroyable pour l'être humain, il y perd sa singularité, sa subjectivité, ce qui fait qu'il est un être unique et différent de l'autre. J'espère que cela restera toujours de la science fiction. Pour ce qui est des antidépresseurs, malheureusement j'ai l'impression que l'on s'approche de la réalité.

    RépondreSupprimer
  77. le bonheur n'estpas toujours pour demain, il faut savoir le prend quand il passe et il n'est pas toujours grand, rien qu'un sourire peut être un moment de bonheur et c'est parce que nous nous prenons la tête que nous nous enlisons dans la déprime, voir la dépression et que nous sommes seuls pour nous en sortir, l'homme a toujours eu besoin d'aide et tout seul nous ne pouvons rien bâtir

    RépondreSupprimer