lundi 19 septembre 2011

Mort de la rue


Près de chez nous, il y avait un clochard qui avait élu domicile. Un clochard à l'ancienne, enraciné dans un quartier, pas tout à fait comme les demi-anonymes qu'on appelle aujourd'hui les SDF (mais leur anonymat n'est que le symptôme de l'indifférence croissante qui règne dans la rue). Il était copain avec pas mal de commerçants, de passants, les enfants qui se rendaient à l'école le connaissaient, et le savaient inoffensif et même gentil. Je le voyais souvent en grande conversation, je connaissais des petits bouts de lui (voir le billet du 8 juin 2009). C'était un artiste à sa manière : il exposait parfois ses tableaux sur le trottoir, ou dessinait à la craie des oeuvres sur le sol. Il buvait beaucoup de bière, et titubait dès la fin de matinée, puis disparaissait dans son pauvre refuge, quelque part, je n'ai jamais su où.

Il est mort cet été, juste avant que les non-clochards ne reviennent de vacances : nous avons découvert soudain son coin de rue couvert de fleurs et d'hommages anonymes. C'était il y a trois semaines et ça dure encore : il y a toujours de petites offrandes, des petits mots, des petits bouquets ; et même, de temps en temps, une canette de sa bière préférée.

Ça se passe pour lui comme ça se passera pour nous, et pour la plupart des humains : le moment de notre vie où nous recevrons le plus de déclarations d'estime ou d'affection, c'est à notre mort.

Le collectif des Morts de la Rue a organisé ses obsèques. Double culpabilité : ne pas avoir pu y aller, ajouté à celle de ne jamais avoir pris le temps de lui parler. Juste des sourires et des petits saluts de la main...

Illustration : le petit mémorial de Jean-Yves, dit Gyl.

34 commentaires:

  1. Bonjour, dépêchons nous vite de nous dire "je t'aime" pendant qu'il en est encore temps. belle journée à nous tous

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  2. J'aime bien l'usage du mot "clochard" par le DOC dans son texte . En effet aujourd'hui il conviend de n'employer que des euphémismes genre : "minorités de couleur" pour dire "races", "non voyants" pour dire "aveugles", "mal comprenants" pour dire "stupides", "SDF" pour dire clochards ... Que de "contre vérités" dans notre langage édulcoré pour tenter de nier la violence du réél et de notre société .
    Au bout du compte on a le droit de se sentir coupable et de ne pas savoir quoi faire .
    Le statut des pauvres dans une société en révelle l'état profond , cet état qu'on s'efforce de cacher par des periphrases .
    IL faut sauver les apparences lorsque ça va mal . On éspére ainsi exorciser le mal en exorcisant le langage ....

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  3. J'ai toujours mal lorsque je vois un SDF,ça me semble si facile de tomber dans la misère,la pauvreté,l'alcoolisme....Le toboggan du chemin de "tant pire ",( en patois du nord )qui plonge à coup de tant pis...... Cela fait du bien de penser que nous sommes plusieurs à ne pas être indifférents à la douleur des autres.Donnons leur un peu,une pièce qui traine ci et là,un gâteau...

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  4. Est-ce que la vraie misère dans ce récit n'est pas de se dire : tiens ! Untel est mort, alors je prends conscience de la vie ( accessoirement de la sienne )...

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  5. merci d'avoir pris la plume pour ce billet chaque des hommes nouveaux tombent dans la fange
    c'est terrible

    jusqu'où
    à bientôt

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  6. Quand j'étais gamin, dans mon quartier, il y avait un clochard comme ça. Très sympa, il n'ennuyait personne, il vivait dans son monde... On l'appelait "Raspoutine", à cause de sa longue barbe noire...
    Tous les jours des gens du quartier lui donnait quelque chose : un casse-croûte, des cigarettes... Il touchait une petite pension que le facteur déposait chez le boulanger, parce qu'il fallait une adresse fixe...
    Un jour, le Raspoutine est mort... tout le monde dans le quartier s'est dit : il n'y aura personne à son enterrement... je vais y aller, faut pas le laisser partir tout seul. Si bien qu'à ses funérailles il y eut foule ! Tout le monde étonné de voir tel voisin, tel commerçant...
    Je ne t'ai pas oublié "Raspoutine", toi dont je n'ai jamais su le nom...

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  7. Et vous, Dr André, vous avez sûrement fait un petit geste pour ce SDF, autre chose qu'un sourire ou un signe de la main, sinon, ce nest pas la peine de pleurer ici des larmes de crocodile.

    Vous dites: "Il était inoffensif et même gentil" comme si la plupart des SDF étaient dangereux! Il y en a, bien sûr, mais pas plus que dans les autres tranches de la société. Il y a même des psychiatres inoffensifs et d'autres qui le sont moins!

    Le terme SDF ( Sans domicile fixe) est employé ici volontairement, car c'est le seul approprié. Un "clochard à l'ancienne" ça n'existe plus.
    Etymologiquement, un clochard, c'est celui qui sonne les cloches. Autrefois, les vagabonds et les pauvres, en échange d'une modeste rétribution étaient embauchés par les prêtres pour sonner les cloches pour l'Angélus ou lors des différentes cérémonies religieuses ou messes dominicales - Le clochard le plus célèbre est Quasimodo.

    J'en profite pour donner une adresse utile:

    S.P.F. SECOURS POPULAIRE FRANÇAIS
    9 et 11 Rue Froissart- 75140 Paris Cédex 03
    01 44 78 21 00
    www.secourspopulaire.fr

    Il y a des antennes du S.P.F. dans toute la France.

    Bon, le Dr André se fait souvent fait sonner les cloches en ce moment mais il ne l'a pas volé et, ce matin, il aura au moins appris quelque chose.

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  8. Pourquoi tu t'ennerves A.Nonyme ? ...
    IL existe d'autres etymologies de ce mot "clochard" nottement celle qui est en relation avec la claudication , le fait de boiter , donc les clochards , les clodos sont les boiteux de la société , les gens qui sont de travers , pas droit , pas d'aplomb ... Les écloppés de la vie ...

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  9. Anonyme de 10:5819 septembre 2011 15:12

    Tout d'abord , petit cours de Français,prenons le dictionnaire:

    1- un clochard, au sens littéral, désigne les mendiants qui sonnaient les cloches d'église, moyennant rétribution. Pour les nommer, on utilisait le mot "cloche" avec le suffixe dépréciatif "ard"

    2--la cloche peut signifier également :" personne stupide".Il n'y a pas le suffixe "ard", donc une personne stupide n'est pas une clocharde.

    3--Clocher: Le substantif désigne le bâtiment dans lequel sont enfermées les cloches.
    mais aussi le verbe, qui vient du latin:"claudicare" signifie"boiter"

    Pour le clochard, le mendiant, le sens véritable et historique est le premier.

    Après cette leçon d'érudition, j'en viens au sujet:

    Le Docteur André nous relate cette histoire émouvante: un clochard...inoffensif... qui a élu domicile sur le trottoir, près de chez lui, est devenu copain avec les gens du quartier qui envoie des sourires , des signes de la main:
    Bonjour, clochard, il fait beau aujourd'hui, la vie est belle, n'est-ce pas."
    On lui donne une petite pièce, ou quelques gateaux ou des restes de nourriture qui auraient fini à la poubelle. Le soir, la journée finie, chacun rentre chez soi,après avoir souhaité une bonne soirée qu clochard et retrouve sa famille devant une table bien garnie, sa télé et un lit confortable après une bonne douche et une séance de méditation. Le clochard, lui va dormir on ne sait où, mais sûrement pas au Ritz.

    Un jour, on apprend qu'il est mort: le froid, la chaleur, les privations qui ont affaibli son organisme, les maladies qu'il n'a jamais pu faire soigner, ce qui n'a jamais préoccupé les braves gens qui ont déposé des fleurs en hommage. Quelle hypocrisie!!

    Non, Stéphanie,je vous assure, je ne m'énerve pas mais certains billets font mal. Si j'ai donné les coordonnées du S.P.F ce matin, c'est que j'y suis bénévole et vous ne pouvez imaginer combien il y a de détresses devant lesquelles nous sommes impuissants, d'autant que, avec la crise, la demande est de plus en plus forte et les moyens diminuent. Le problème est le même pour les nombreuses associations qui aident les laissés-pour -compte de notre société pourtant riche

    Je n'ai pas été sympa avec le Dr André, ce matin, mais par moments, je n'arrive pas à le comprendre. Il me donne l'impression d'être enfermé dans sa bulle de béatitude qui le déconnecte d'une réalité sordide....De L'art du bonheur...illusoire!

    Beaucoup de tristesse, aujourd'hui car s'il n'y avait pas cette approche superficielle de la part de ces gens comblés et qui n'en ont même pas conscience, nous pourrions faire beaucoup plus, même si nous ne pouvons pas soulager toute la misère du monde.

    Au revoir

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  10. Peut être qu'un sourire, un petit signe de la main ou une petite pièce, c'est peu et c'est même dérisoire mais ...pour ce clochard, c'était sans doute très précieux et mille fois mieux que l'indifférence la plus totale, non?

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  11. "Je n'ai pas été sympa avec le Dr André, ce matin, mais par moments, je n'arrive pas à le comprendre."

    Tu proposes quoi ? Une colocation ?! Tu as hébergé des sans-abris toi ?

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  12. Je suis d'accord avec Anonyme (c'est vrai qu'il y en a beaucoup, mais je parle du bénévole) : beaucoup plus aurait pu être fait.

    Sans pour autant trouver nécessaire de viser le D. André, ou de proposer des cours étymologies - par ailleurs très intéressants mais un peu hautains.

    Et quant à la constatation de la gentillesse du défunt (terme pas très risqué), je ne trouve pas que ce soit un critère neutre.
    Car subir l'indifférence et le froid de tous les hivers des années durant - sur fond d'alcoolisme, ça peut souvent laisser aigri.

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  13. bonjour
    tout d'abord, toutes nos condoléances à ses amis dans la peine, et à tout un quartier marqué par l'absence de "Gilles le Peintre", en réalité, Jean-Yves Leluaux.
    Quelques nouvelles : Jean-Yves est mort, peut-être accidentellement, dans le feu de la cabane où il vivait. Ces circonstances ont rendu le travail difficile pour l'identification. les témoignages du quartier, la recherche scientifique, permettent aujourd'hui d'affirmer que c'est bien lui. encore un peu de démarches administratives, et l'enterrement pourra être organisé. Il est possible qu'une collecte soit organisée sur votre quartier pour ses funérailles. vous le saurez par voie d'affiche. un de ses neveux a été retrouvé.
    Nous, en tant que collectif les Morts de la Rue, nous avons été touchés, émus, par l'intérêt de tout le quartier. par toutes les relations que "Gilles le Peintre" a su tisser. Respect à lui, et à vous tous....

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  14. j'oubliais de vous donner nos coordonnées
    http://mortsdelarue.org/
    Collectif les Morts de la Rue
    72 rue Orfila. 75020 Paris
    01 42 45 08 01

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  15. J'espère qu'il y a une enquête PN en cours pour l'incendie...

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  16. Il y a un fossé entre les gens heureux et les malheureux,ce n'est pas toujours facile de s'y positionner,déjà ne pas être indifférent est un grand pas si l'on considère la masse de gens qui fuit la misère comme la peste,c'est toute une éducation.Plus on est élevé dans l'échelle sociale plus la culpabilité s'installe , c'est plus commode de ne rien voir.

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  17. Merci pour cet hommage à Jean-Yves, dit Gyl.

    Jean-Yves était sûrement une personne très importante car probalement plus humaine que beaucoup d'entre nous.
    Ayons une pensée pour lui, pour sa paix.

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  18. Il y a aussi le samu social.Faire le 115 peut aussi sauver une personne et montrer que l'on n'est pas si indifférent que cela.
    les personnes à la rue n'ont que faire de nos états d'âme sans doute mais je suis complétement démunie devant cette détresse.Je me sens impuissante.Donner de l'argent ,répondre à un bonjour,me donne une relative bonne conscience face aux clochards,aux mendiants.Mais ce n'est pas la solution.
    Quoi faire???

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  19. merci au collectif les morts de la rue !

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  20. Je suis d'accord avec anonyme qui dit qu'un sourire, qu'un geste de la main c'est précieux, on ne peut pas toujours être de tous les combats, alors on fait comme on peut et chacun a un champ d'action, on est présent pour une personne et on ne peut pas l'être pour une autre, qu'une autre personne que nous va aider, mais personnellement les sourires des gens, leur salutation sauvent mes journées, et puis les regards bienveillants nous donnent envie de continuer, alors il ne faut pas perdre l'humain entre nous et surtout envers les personnes qui sont dans le dénuement...
    Amitiés d'Algérie

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  21. Bon , moi je choisis l'étymologie : clochard = écloppé , boiteux , parceque lorsque tu es vagabond , si tu ne peux plus marcher tu es foutu . C'est la fin . En tous cas c'est mon experience personnelle . Pouvoir marcher c'est pouvoir survivre . Continuer à marcher quoi qu'il arrive . Vers ailleurs . Marcher juste à la limite , à la frontiére entre la vie et la mort , entre le monde sauvage et la civilisation , entre le souvenir et l'oublie . Tant qu'il est encore possible de marcher , tous comptes faits ça va pour un vagabond . J'aime bien ce mot "vagabond" parceque c'est la marche , c'est la possibilité de marcher qui m'importe le plus parcequ'elle est la base . Alors je sais que boiter c'est la fin , c'est basculer de l'état de vagabond dans celui de clochard . C'est quelque chose d'animal . Redevenir vagabonde , cela ne me fait pas peur , mais devenir clocharde et ne plus pouvoir marcher ... alors cela signifie trouver le plus vite possible un coin pour pouvoir y mourir tranquille . En fait mon experience ne peux servir qu'à moi et je n'en peux tirer aucune généralisation . Pourtant on peut établir des catégories diverses de personnes exclues , marginalisées , fatalement des stéréotypes ... Clochard , vagabonds , SDF , zonnards , travailleurs pauvres ... au bord du monde , déja ailleurs ... Un ailleurs d'où on ne reviend jamais ... Et puis pour dire quoi ? finalement peu importe pour moi , la charité ? pourquoi pas ... L'égoïsme ? pourquoi pas ... Pour moi AILLEURS c'est bien , c'est forcemment bien et j'y vais en marchand , en vagabondant éternellement ... Parceque la vérité est toujours audelà de la ligne d'horizon .

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  22. Je partage complètement l´opinion de la conclusion : nous recevons les plus grandes marques d´affection, d´estime, quand nous venons de décéder, après notre mort.
    Un clochard vit aussi dans notre quartier et j´aimerais vraiment l´aider à savoir ce qu´il veut de sa vie mais c´est un étranger venu d´un pays de l´est, il ne parle aucunement une langue que je connaisse...alors comme mes ressources pour l´aider sont limitée, je lui donne un peu d´argent chaque jour que je le vois. Il boit comme la plupart des sdf mais je ne le juge pas. Il n´y a pas de raisons à regarder les gens de haut parce qu´ils ne vivent pas comme nous.
    Ismeralda

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  23. Je suis d'accord avec toi Ismeralda .
    Mais , en même temps je crois qu'on juge malgés tout mais sans savoir qu'on juge parfois . Je pense cela et je me dis que ce n'est pas si grave au fond . On juge et parfois on réussit à dépasser ses jugements .
    Mais je suis malgrés tout d'accord avec toi et je pense que c'est toi qui as raison .
    Cependant je pense que s'il existe des solutions , elles ne peuvent être que colléctives parcequ'une personne qui est vraiment larguée cela peut être insoutenable , insupportable et trés déstructif .
    Les bonnes volontés individuelles ne peuvent s'épanouir utilement que dans des cadres institutionnels à mon avis , sinon la bonne volonté s"épuise complétement .

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  24. Bonjour,

    Peut-être savez-vous qu'au Canada, l'on appelle aussi les SDF-clochards des "adultes itinérants"?

    Beaucoup d'études ont été faites là-bas pour permettre leur réinsertion et l'on constate que la plupart du temps, les problèmes remontent à l'enfance, où l'on constate un rapport au monde des adultes particulièrement délétère, et l'absence de structures médiatrices sociales efficaces qui font le pont entre l'enfant-individu et la société...

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  25. On nait seul..
    On meurt seul..
    Et pourtant dans les deux cas
    On porte en nous beaucoup de monde.

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  26. louis.n ... On disait vagabonds , vanupieds parcequ'à force de marcher les chaussures se pércent mais comme il faut continuer alors on va nus pieds ... et puis les pieds se renforcent , s'endurcissent et alors cela devient une libérté suplémentaire mais qui coûte cher au corps . Comme la plupart des marginaux les vagabons sont l'objet de légendes qui les placent soit tout en bas de l'échelle sociale et les représentent comme des monstres , soit en fait des vagabonds céléstes proches des anges . La réalité est terre-à-terre . Mon réve : devenir un arbre qui marche pour l'éternité ...

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  27. Demain je ne regarderai pas les SDF de la même façon ou plutôt je les regarderai, regard d'humain à humain, de reconnaissance d'un semblable, avec sa souffrance. Merci C André de ramener à notre conscience cette dure réalité.
    Je signale aussi une belle initiative pour les sans abris. L'association les Margéniaux organise à des concerts de musique classique "l'Autre Saison" par et pour les personnes de la rue. Vous trouverez la programmation sur le site des Dissonances
    http://www.les-dissonances.eu/autresaison-idee.html

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  28. Il faut regarder chaque être en se disant ; ce peut-être nous" parce que c'est vrai,la vie se pose ci et là,et l'autre, même celui qui a des idées contraires aux nôtres pourrait être nous.Il suffit d'une région,d'un parent ou 2,d'un gène ou plusieurs.

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  29. J'avais alors 4 ans, peut être un peu plus, peut être un peu moins ! C'était il y a longtemps, très longtemps.A l'époque on ne parlait pas de SDF, mais de clochards. Sur le trottoir, en face de chez nous, une rue "chic" du XVIème arr. de Paris (hé oui ce quartier a toujours été connoté chic) chaque jour un clochard était là. Maman m'a dit qu'il s'appelait Baptiste. Pour un chagrin d'amour il aurait délaissé son métier d'avocat pour se clochardiser. Il s'asseyait donc sur le trottoir de l'avenue Saint Philibert, aujourd'hui, rue Alfred Bruneau. Je me souviens que Maman, un jour, lui a donné du fromage. Ce qu'elle a trouvé choquant, ce n'est pas la présence de cet homme tranquille, aimable, souriant... Elle est lui a fait la leçon parce qu'il posait le fromage directement sur le gris trottoir plein de microbes.
    Cela ne l'a pas empêchée de lui donner à manger chaque jour... à boire, je ne sais pas, je ne me souviens pas.
    Puis la guerre est arrivée, qu'est devenu notre ami Baptiste ?
    Aujourd'hui je donne ce que je peux sans juger, ni chercher à savoir si mon obole servira à acheter de l'alcool, de la drogue ou des petits gateaux. Peu importe, n'est pas à "l'autre" qu'il faut faire plaisir ? Chacun des libre de ses choix.... enfin presque. Ce serait tellement bien si c'était vrai/possible !!! On ne choisit pas toujours la rue, parfois on ne peut pas faire autrement. Et ça peut arriver à tout le monde ! Il n'y a pas que la misère... n'oublions pas les caprices de la nature ! OUF... je fus longue, mais j'avais envie de dire.....

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  30. Anonyme du19-09- (10h58 et 15h12)21 septembre 2011 10:44

    Tout d'abord,une mise au point: si j'ai donné un petit cours d'etymologie, ce n'est pas par pédanterie ni par esprit de supériorité, mais uniquement (c'était facile à comprendre) pour ironiser sur le billet du Dr André et de ceux comme lui, qui ont commencé à gloser sur le terme le plus approprié pour désigner les sans abri. Pour eux (on les nomme comme on veut,) le résultat est le même.

    Je suis d'accord: un sourire, une parole de compassion est toujours la bienvenue et même indispensable mais elle doit toujours, dans la mesure du possible s'accompagner d'une aide matérielle, sinon c'est de la fausse pitié, un moyen de soulager une conscience peu exigeante et d'éprouver une satisfaction hypocrite d'être du bon côté de la barrière.Pour aider ces gens, le mieux est de rejoindre les nombreuses Associations qui se dévouent sans compter, car l'aide individuelle ne peut être aussi efficace.

    L'attitude de C.André me fait penser à celle de ces catholiques pratiquants qui récitent le benedicité avant chaque repas:
    "Seigneur, bénissez le repas que nous allons prendre et donnez du pain à ceux qui n'en ont pas." et qui vont savourer leur diner, dans la paix du devoir accompli.

    La Communauté Européenne va bientôt diminuer drastiquement (75 pour cent?) l'aide aux plus démunis, ce qui va sans doute provoquer une catastrophe humanitaire.
    C'est le C.André qui va être content: il a perdu un "clochard à l'ancienne" mais très prochainement, il va en trouver des dizaines d'autres sur son trottoir, à moins que la police ne les fasse déguerpir pour les emmener dans des zones plus isolées où ils ne risqueront pas de déranger les braves gens, ceux qui ont un toit, une famille , le confort....pour l'instant, car tout peut basculer très vite et personne n'est à l'abri de la dégringolade.

    C'est vrai, je suis en colère car depuis la réouverture de son blog , je ressens une immense déception envers le Dr André que j'estimais, il y a encore peu de temps. Sa recherche du bonheur à tout prix donne l'impression d'un indifférence souriante et condescendante, ainsi que d'une approche superficielle du monde qui l'entoure: c'est "l'apprentissage de la sérénité" selon C.André.

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  31. A.Nonyme , ie pense que tu as tout simplement besoin d'être en colére . Pourquoi ? ... C'est à toi de le savoir , mais je pense que les raisons (les cibles)que tu donnes à ta colére servent surtout à en cacher la cause véritable . Ceci dit être en colére sans se donner de cible cela n'est pas facile et comme de toutes façons on a toujours de bonnes raisons d'exprimer sa colére alors la plupart du temps on ne cherche pas plus loin c'est à dire au delà de la cible visible .
    Voila , c'est mon avis sur ton texte .
    Ceci dit , personnellement que tu sois en colére , cela ne me géne pas ...

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  32. Stéphanie, la débile mentale du blog!

    Si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer!

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  33. Chacune de tes insultes et de tes menaces sont pour moi des compliments .

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  34. jai tres bien connu jyl je ne comptes plus les bieres que nous avonsbu ensembles les gens du quartier ladorait tout le monde reconnaissais son talent a la peinture au coin de la rue je me souviens lannee derniere il avait peint des etoiles a meme le sol les enfants adoraient jyl tu nous manques aujourdhui nous tavons accompagnes dans ta derniere demeures ce fut digne jamais je toublierais jamais un ami cest celui qui te tends la main et ouvres ton coeur

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