vendredi 2 septembre 2011

David


Quand j’ai compris que David allait mourir, le jour de la fête donnée pour ce qui allait s’avérer son dernier anniversaire, je suis sorti m’isoler et pleurer. Bouleversé à la fois par ce qui lui arrivait, et par son courage. Perturbé aussi parce que depuis un an, je me persuadais naïvement qu’il allait à nouveau réussir à repousser le cancer, et s’en sortir. Je me disais : « s’il y a bien quelqu’un qui peut y arriver, c’est lui ».

Quand ses frères ont envoyé au cercle des ses proches et amis le message de sa fin prochaine, quand son oncle Jean-Louis Servan-Schreiber m’en a prévenu, j’ai eu à nouveau besoin de me mettre à l’écart pour pleurer la perte d’un ami et d’un modèle.

Maintenant, je me dis qu’il ne faut plus pleurer mais me réjouir : que David ait existé, qu’il ait eu une vie intense et pleine, et qu’il nous ait tant aidés.

Je me dis aussi qu’il faut veiller à faire vivre son héritage. À sa manière, douce et déterminée, David a mené une « révolution de velours » dans le monde de la médecine et de la psychologie : il a implanté très solidement dans nos esprits de soignants et de patients le fait qu’on peut, par des moyens simples et écologiques, contribuer à renforcer sa santé et sa capacité à lutter contre la maladie, qu’elle soit cancéreuse ou dépressive.

Son message a été immédiatement entendu par les patients, qui ne s’y sont pas trompés, pour des raisons évidentes : 1) David connaissait mieux que quiconque l’état des recherches scientifiques dans le domaine des oméga-3, ou des liens entre aliments et cancer, 2) il savait faire passer ses messages avec douceur et respect, sans agresser ni culpabiliser, 3) il était lui-même un modèle, qui avait traversé les mêmes souffrances que ses lecteurs, et qui vivait en accord avec ses messages et ses principes.

J’ai souvent eu à prendre sa défense devant des confrères ou des amis, qui le critiquaient, en général pour de bien mauvaises raisons (il n’est jamais simple d’avoir du succès). Mes arguments portaient immédiatement sur cette cohérence : David faisait du vélo, mangeait ce qu’il préconisait, était attentif à sa ration d’oméga-3, s’attachait à son équilibre émotionnel, etc. Son seul manquement à ces principes de santé fut celui du stress : il s’est dépensé, et à mon avis épuisé, à promouvoir ses idées. Il avait le sentiment qu’il était protégé, puisqu’il s’agissait de « stress positif », c’est à dire d’activités fatigantes mais gratifiantes. Mais non : le succès et la reconnaissance ne suppriment pas l’usure ni le stress ; au mieux, ils les allègent, au pire ils les masquent.

Nous parlions souvent de cela avec David. C’était toujours merveilleux d’avoir du temps pour déjeuner ou bavarder avec lui : nous discutions des dernières publications de la recherche, de nos travaux d’écriture et de l’accueil fait à nos livres, nous parlions de nos vies, nous échangions nos trucs en matière d’équilibre personnel. David avait une manière unique de s’intéresser à autrui, et de toujours chercher à l’aider et le conseiller concrètement. Il me manque terriblement.

Le jour où il est mort, il m’est arrivé une petite histoire un peu étrange, comme souvent dans ces moments. J’étais en train de regarder un lever de soleil à l’autre bout du monde, tout seul dans le calme de l’aube, en compagnie de quelques écureuils. Je savais qu’il était en fin de vie. J’ai pensé à lui lorsque le soleil est apparu. Et lorsqu’il a disparu, très vite, derrière des nuages bas, j’ai eu le pressentiment qu’à cet instant peut-être mon ami David nous avait quitté. Comme d’habitude, il va savoir avant nous ce qu’il y a à savoir, là-bas, de l’autre côté. Il me tarde d’avoir de ses nouvelles.

PS : ce texte est disponible sur le site psychologies.com, en compagnie de nombreux autres hommages.

21 commentaires:

  1. Son héritage continuera de vivre à travers tous ceux qu'il a aidés grâce à ses livres, longtemps.
    J'ai été très touchée par l'ensemble d'entre eux mais plus particulier par le dernier, si fort, si intense. Le testament d'un homme si lucide et si serein face à la fin ... J'aime à les faire partager à mes proches, la preuve qu'il continue toujours à nous aider où qu'il soit ...

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  2. Merci Christophe pour ces mots qui expriment je crois, ce que nous ressentons tous devant la mort de David Servan Schreiber. Ses livres nous ont fait avancer que nous soyons bien portants ou non. Il nous a appris que nous pouvions ne pas nous laisser infantiliser par le discours du médecin tout puissant, et que nous pouvions, nous aussi agir sur nos symptômes. Lorsque j'ai appris que sa maladie reprenait le dessus, je me suis accrochée à la pensée magique de mon enfance, parce que ça fait du bien parfois. Sa mort, m'a touchée comme le départ d'un ami, mais son action et ses livres sont toujours là... Et puis l'on ne meurt vraiment que si personne ne pense à vous non ? Alors, DAVID reste vivant.

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  3. "Si je ne reviens pas physiquement, n'oublie pas que chaque fois que tu sentiras la brise sur ton visage, ce sera moi qui serai revenu t'embrasser".
    Magnifique message d'un anonyme que David cite à la fin de son dernier et magnifique ouvrage: " On peut se dire au revoir plusieurs fois"

    J'ai aussi ce sentiment que David reste toujours vivant pour ses proches et toutes les personnes sensibilisées par son approche très humaine de la médecine. Son dernier et puissant témoignage est je trouve, rempli d'amour et de foi en la vie, cette vie qu'il aimait tant et lui a bien rendu!
    Ce n'est juste qu 'un au revoir David...et Christophe nous sommes tellement heureux de vous relire à nouveau!
    Belle journée à tous!

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  4. Bonjour à tous,
    Comme beaucoup, j'ai été émue par son parcours, son combat, puis son départ...
    je rejoins également votre avis, une fois le choc de l'émotion passé:"ne pleure plus celui que tu as perdu, réjouis-toi de l'avoir connu"
    La mort est tellement difficile à supporter et pourtant tellement évidente!
    S'il y a bien une certitude que nul ne peut nier, c'est bien celle-ci: nous allons tous y passer!
    Alors oui, donnons le meilleur de nous mêmes car "rien n'est plus sûr que la mort, rien n'est moins sûr que son heure"

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  5. Pour rebondir sur cette réflexion autour de notre mortalité, j'ai entendu une interview de David il y a quelques temps sur une radio.
    Il y cite cette phrase qui pourrait être de W.Allen?
    " La vie est une maladie sexuellement transmissible et potentiellement mortelle". Je la trouve excellente!
    Belle fin de semaine à vous,sous la caresse du soleil, du vent, de la pluie, de la vie!

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  6. Cette phrase est tellement vraie!

    On donne la vie à des êtres mortels, cela peut sembler dur mais je pense que c'est aussi cela qui fait que nous aimons si fort les gens qui nous sont chers, c'est parce que la vie est fragile... Si nous savions tous par avance la date de notre départ, nous ne prêterions pas attention à ceux qui nous entourent, ou peut être simplement dans les derniers instants...
    La mort donne du sens à la vie.

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  7. Bonjour Docteur André,

    Je reprend votre blog par hasard aujourd'hui. Je suis comblée que vous le repreniez au troisième trimestre de cette année.
    Il m'avait déjà tellement apporté en matière de connaissance de moi-même.

    Le cancer, je connais malheureusement. Sans connaitre initialement le travail de David, j'avais pour parcouru récemment les mêmes étapes depuis 2007.

    J'avais découvert en parallèle, le Yoga et Méditation, la psychologie et la philosophie, l'alimentation et l'activité physique, tout cela pour aller mieux.
    Tout cela était surtout de l'intuition tout en étant pas médecin. C'est beaucoup plus facile de s'aventurer dans un parcourt alternatif (tout en excluant pas la médecine bien sur). Ensuite j'ai découvert les travaux de David qui confirmaient mes intuitions.

    En juillet, c'est par un pur hasard que j'ai acheté son dernier livre. Son dernier livre ne ressemblait pas à ses précédents livres. Il m'a boulversée.

    C'est alors que j'ai tout compris.
    Cette émotion pleine d'humanité, c'est ce que je ressens.

    Il y a des émotions que nous partageons, nous les mortels qui sentons qu'on peut partir.

    Il y a des circonstances ou nous ressentons à quel point il est bon de vivre, d'avoir compris à quel point La Vie Est Un Don qu'on n'a pas à refuser.
    Qu'elle chance d'avoir pu vivre et comprendre ce qu'est une vie humaine.

    Il y a vraiment des humains extraordinaires, les dignes représentants du meilleur de l'humanité.

    Sylvie

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  8. J'avais lu "Guérir ..." sans savoir que l'auteur était personnellement concerné.
    les divers témoignages m'ont touché.Toujours la même idée: vivre intensément et avec gratitude le temps qui nous est imparti

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  9. Comment vont tes autres potes : Alexandre Jolien ou Matthieu Ricard qui fait une conférence au MEDEF ?
    Es-tu allé à Toulouse pour voir le Dalai Lama?

    J'ai imaginé tes rencontres, tes aventures, ton retour sur toi-même.

    As- tu le temps pour ta famille?

    Es-tu compris par tes proches?

    N'es tu pas seul finalement?

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  10. Cela fait du bien de te lire te dévoiler avec tes forces et des faiblesses. Tu parles avec ton âme. C est si rare. Merci. On se sent proche de toi et comprenons ton mode de fonctionnement. Nous te ressentons. Prie ou médite pour nous pour nous donner plus de force. Merci tu éclaire nos chemins.

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  11. "La Vie Est Un Don" ... pour que cela soit bien compris je complète "la Vie est un Don ... et non un Dû" ... çà nous est "révélé" au moment même où nous expérimentons en pleine conscience ...une grande épreuve.Plus rien n'est pareil ensuite.
    Sur son blog, E Séguier rend hommage à Jean Monbourquette décédé récemment: y sont rapportées les étapes du deuil vues par Monbourquette en particulier "cet héritage déposé en nos proches après notre départ" ... cela fait sens, vous ne trouvez pas ? j'y témoigne de mon expérience après l'accompagnement en vérité d'un époux jusqu'au bout du bout... et de ce long, difficile mais puissant travail de croissance qu'est le deuil d'un très proche. http://cultivetestalents.over-blog.com
    Merci Christophe pour ton témoignage d'humanité dans ce deuil qui te touche ... Fraternellement

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  12. Comme beaucoup, c'est parce que vous me manquiez beaucoup que, de temps à autre, je cliquais sur mon ancien favoris à l'adresse de votre blog dans l'espoir que... Et aujourd'hui ! JOIE ! Vous voici de retour !
    J'ajoute à tous les autres un grand MERCI de nous revenir malgré vos si nombreuses occupations, vous nous apportez tant !
    Hommage à David dont j'aimais également beaucoup les ouvrages et les articles...
    En pensant à votre émotion à la perte de votre ami je repense à la belle chanson de Brel :

    Bien sûr il y a les guerres d'Irlande,
    et les peuplades sans musique,
    bien sûr tout ce manque de tendres,
    et il n'y a plus d'Amérique.
    Bien sûr l'argent n'a pas d'odeur,
    et pas d'odeur vous monte au nez,
    bien sûr on marche sur les fleurs,
    Mais voir un ami pleurer !…

    Bien amicalement...

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  13. David Servan Schreiber est parti mais il est toujours vivant en nous si l'on en juge par les beaux témoignages de ce blog. Merci à Christophe André pour son billet bouleversant.

    J'ai lu avec intérêt le message d'Alice Marie du 2-09 dans lequel elle évoque la cérémonie religieuse en mémoire de David le 27 Juillet à St Eustache. J'y ai assisté également: une superbe cérémonie entre moments d'émotions intenses et sourires apaisés. J'ai encore la gorge nouée quand j'y pense.

    Un moment poignant, quand son frère Emile, d'une voix entrecoupée de larmes, a dit combien David avait réussi sa mort de la même façon qu'il avait réussi sa vie. Quelques jours avant son départ, alors qu'il était encore conscient mais ne pouvait plus parler, il a retiré sa main qui était dans celle de son frère pour la poser dessus et la serrer tout en lui adressant ce regard lumineux qui n'appartenait qu'à lui, comme pour lui dire:" tu vois, je ne tremble pas devant la mort qui approche et c'est moi qui vais te rassurer et te réconforter, toi et tous ceux qui me sont chers"

    Les larmes coulaient dans l'assistance mais ce n'étaient pas des larmes de désespoir car une grande impression de paix et de douceur se répandait sur nous tous comme si l'esprit de David était toujours présent et nous insufflait espoir et sérénité.

    Bon, voilà que je me mets à pleurer devant mon ordinateur et pourtant, je ne suis pas triste!

    Je suis heureuse de découvrir ce nouveau blog si différent du précédent. Bien sûr,par la suite, il y aura inévitablement des désaccords entre internautes, mais par pitié, qu'ils s'expriment dans le respect des autres et non par des insultes et des invectives. Christophe André nous fait confiance encore une fois, alors ne le décevons pas, soyons dignes de lui et nous en ressentirons nous-mêmes les bienfaits car le blog d'un psychiatre, c'est fait pour nous aider et non pas pour nous démolir!

    Si, à l'avenir, certains commentaires attisaient notre colère et nous inspiraient des réponses méchantes, alors, il nous suffit de penser à David Servan Schreiber qui a beaucoup souffert des attaques de certains confrères et certains journalistes enfermés dans leur certitudes...ou leur ignorance: on a toujours tort d'avoir raison avant tout le monde. On peut se demander si ces critiques odieuses qui ont suivi la parution de "Guérir" et "Anticancer" n'ont pas précipité sa rechute et sa fin si rapide. Alors, pensons au mal que nous pouvons faire, même inconsciemment.

    Amitiés

    Chris.

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  14. C'est par le hasard de recherches à la bibliothèque il y a quelques années, que je suis tombée sur ce livre "Guérir le stress, l'anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse" de David Servan-Schreiber, et que j'ai découvert cette personnalité aux qualités multiples.

    A ce moment je croyais encore que je souffrais de dépression et le titre lui-même exprimait exactement ce que je ressentais et qui criait en moi, sans parvenir à me faire entendre par aucun de ceux auxquels je demandais en vain de l'aide. Médecins, famille, amis, même discours : "Prend des pilules et fiche-nous la paix".

    A sa mort, qui avait d'ailleurs été annoncée un peu prématurément ici (Montréal), mais finalement confirmée un peu plus tard (... le cancer, ça ne pardonne pas), ce fut une pluie d'éloges qui correspondaient bien aux impressions que m'avait laissé son livre.

    Une que j'ai particulièrement retenue, c'est la rigueur scientifique. Une qualité en voie de disparition en ce monde mercantile et narcissique. D'ailleurs, une de ses paires qui l'appréciait pourtant tentait de prouver (encore) que le stress ne peut être une cause de cancer à peu près dans ces mots : "Ce n'est pas notre vie trépidante d'aujourd'hui qui peut causer le canser. D'ailleurs on a trouvé des métastases (?) sur des dinosaures. On ne peut quand-même pas dire qu'un dinosaure est stressé par un divorce".

    Brillant, comme raisonnement, non ? Visiblement elle n'a pas lu "Un zoo dans ma maison" de Gerald DURRELL, 1965 (orig. Menagerie Manor, 1964). L'auteur parle d'un petit animal qui vivait dans la peur en permanence à cause de son colocataire de la même espèce qui le tourmentait pour lui rappeler son statut dominant. Si on connait mal les moeurs des dinosaures, on connait bien ceux des animaux d'aujourd'hui, en captivité ou dans leur milieu naturel. Il est donc possible de faire des déductions un peu plus sensées.

    Encore beaucoup de sujets de réflexion, Dr André. Le deuil, ce que nous procurent les bons amis et l'importance de ces liens solides et authentiques, et ces expériences privilégiées qui jouent avec les limites de notre connaissance comme ce timide lever de soleil.

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  15. Bon, la fin de l'histoire on la devine facilement, le petit animal est mort du cancer (CQFD) ;)

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  16. Pour nous familiariser avec la mort, je pense qu'à la fin des contes , on devrait lire "ils vécurent heureux, eurent beaucoup d'enfants puis quittèrent ce bas monde."

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  17. Au mois D’Aout,j'ai accompagné 2 personnes sur "la fin de la vie"....J'ai essayé de favoriser la paix et l'amour autour d'eux,dans les limites de mon rôle et elles m'ont remerciée chacune à leur façon.Cela m'encourage incroyablement...la satisfaction de mon travail,une agonie presque idéale ? Ai-je le droit de parler comme ça ? Je ne trouve pas les mots pour ne pas choquer, mais, je suis persuadée que la mort n'est pas si terrible.C'est une question de culture ? de connaissance ? Il faudrait l'apprendre comme on apprend à vivre, sans doute inconsciemment nous le faisons..mais en prendre davantage conscience serait bien ;le mourant alors ne fait plus peur à son entourage , il est vraiment entouré d'amour,c'est un passe partout.Nous sommes si peu et tant à la fois.

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  18. Je ne vais jamais oublier la première impression de David Servan-Schreiber dans une librairie à Munich. C'était sa photo sur le cover de son livre "guérir" qui m'a touchée tellement profondément que je voulais immédiatement savoir, quelles sont les pensées d'un visage si sensible, vivant et réconfortant. Et en effet, j'ai decouvert une grande concordance entre sa mine lumineuse, pleine d'humanité et ses idées encourageantes et consolantes. Pleine d'enthousiasme j'ai parlé à mes amis, à mes proches même à mes collègues de cet auteur. Mais j'ai gagné l'impression qu'ils l'apprécient plutôt sur un niveau intellectuel qu' émotionnel. C'est pourquoi je me sens pleine de gratitude de trouver ici ce merveilleux blog des âmes soeurs. L'hommage affectueux de Christophe André pour David m'a tiré les larmes aux yeux de nouveau. Mais sans la rencontre visuelle (sur la photo) de David Servan-Schreiber dans cette librairie à Munich je n'aurais jamais découvert ses collègues en esprit - Christophe André, Matthieu Ricard, Boris Cyrulnik et d'autres. Quelle richesse d'âme s'est ouverte pour moi depuis ce petit instant dans la librairie - il y a 8 ans!

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  19. Merci Docteur pour ce bel hommage à un être d'exception...
    Amitiés d'Algérie

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  20. ..... et puis il y a ce vértige , ce sentiment d'abandon .... et à chaque fois lorsqu'un être aimé vient à mourir on se retrouve à nouveau orphelin .

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  21. Bonjour, enfin...rebonjour...
    Quand j'ai appris que DAvid Sevan Schreiber allait mourir, j'ai lu ces quelques petits mots qu'il, je crois, écrit dans son dernier ouvrage: "Chaque fois que tu sentiras le vent sur ta joue, ce sera moi" ou quelque chose d'a peu près aussi émouvant et...si juste. J'ai perdu ma mère il a tout juste un an, et d'un cancer aussi. L'automne qui a suivi, jamais je n'ai eu autant la sensation qu'elle se trouvait dans le chatoiement solaire des arbres, dans la clarté de la lune; l'hiver, la lumière du givre sur les branches, la neige dans les jardins et les forêts, elle était là aussi , pour m'ouvrir les yeux et le coeur sur toute cette beauté...l'été, c'est encore elle qui dansait dans le vol léger des papillons...J'ai été heureuse de pouvoir témoigner dans je ne sais plus quel journal, alors que David Servan Shreiber était encore en vie, de la vérité, de la justesse de ces propos...
    On cehrche touours une explication à la mort et surtout à celle qui se produit suite à une maladie comme le cancer. On tente de se raccrocher à sa raison, parce que c'est elle , normalement qui palie aux émotions trop dures, mais il n'y a aucune explication rationnelle à cela. Mourir d'un cancer après avoir lutté, alors qu'on aimait encore la vie et qu'on voulait encore vivre, ne peut pas être abordé de manière rationnelle.En tout cas, je ne vois pas ce que la raison peut apporter. On ne parle pas le même langage, on n'est pas dans les mêmes repères...On cherche à se consoler, à se rassurer, mais rien ne peut le faire. Seul le temps et l'amour qu'on éprouve pour la personne peuvent nous aider. Continuer à aimer, malgré l'absence, et avancer, avancer, avancer, parce que c'est ce qu'aurait voulu l'être aimé...de cela , je suis certaine...

    Bonne fin de journée à tous
    Emma

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