jeudi 6 octobre 2011

Le monde de Christina


« Si l’on ne fait que jeter un coup d’œil en passant, ce tableau dépeint une scène douce et champêtre : une jeune fille allongée dans l’herbe regarde tranquillement un groupe de bâtisses juchées en haut d’une colline.
Mais si l’on s’arrête un instant, on voit, on sent que quelque chose ne va pas : l’herbe est trop roussie, comme une steppe infernale. Quelque chose ne va pas, vraiment : la maison est trop loin, trop sombre. Les critiques d’art nous expliquent que ce malaise, dans l’esprit du spectateur, vient de la perspective quasi-impossible, puisqu’on voit la jeune fille d’en haut, et qu’on voit d’en bas les maisons sur la butte. Dans ce cas, où sommes-nous donc placés ? Et puis, la jeune fille dégage quelque chose de bizarre, elle aussi.
Alors, on la regarde de plus près, on cherche d’où vient notre sentiment de malaise… »

J’ai toujours été fasciné par ce tableau de Wyeth, que je présente, au travers des lignes qui précèdent, dans mon dernier livre. Je me souviens très bien de ce jour où je l'ai vu pour la première fois, au MOMA, lors d’un voyage à New-York alors que j’étais étudiant.

Son histoire est passionnante, et l'une des meilleures introductions à cette œuvre figure au bout de ce lien. Je ne vous en dis pas plus ici, mais je vous invite à prendre le temps de vous y rendre, pour comprendre comment tout un univers est en général dissimulé derrière une peinture.

Et il en est de même de nos vies : un regard rapide sur elles ne permet jamais de deviner tout ce que cachent les coulisses, de souffrances et d'efforts. Certains jours nous aimerions que les autres se rendent davantage compte de ce monde que nous hébergeons. Et à d'autres, nous réalisons que c'est sans doute bien mieux ainsi, que chacun de nous garde ses secrets...

44 commentaires:

  1. Hello,
    a) j'éprouve des difficultés à me dévoiler par peur du qu'en-dira-t-on et aussi par pudeur. C'est une charge que l'on donne à l'autre, il me semble. Cela soulage sur le moment, permet de se sentir mieux compris mais à terme, je trouve cela envahissant.
    Inversement, recevoir une confession très douloureuse me plombe souvent le moral.
    A mon avis il faut saupoudrer ses dévoilements sur plusieurs personnes et garder le lourd pour un professionnel (s'il est trop lourd justement).
    b) c'est la position des jambes de la jeune fille qui semblent lourdes, pesantes par rapport à un tronc mobile, qui produit un effet bizarre, je trouve.

    Bonne journée,
    B.A.

    RépondreSupprimer
  2. bonjour Christophe,
    merci pour cette note sur les apparences des choses,
    je vous signale un petit souci : en cliquant sur le mot lien rien ne se passe, je crois que le lien du mot lien n'a pas été créé. belle journée.
    Raphaële

    RépondreSupprimer
  3. Bonjour
    Dans le passé ,je pensais que la vraie communication ,c'était de faire partager ce monde de souffrance que nous hébergions.
    Aujourd'hui,je trouve qu'il est mieux de ne pas livrer ce monde à l'état brut avant d'avoir au préalable travailler dessus.Ma méthode actuelle pour le gérer,c'est la méditation au sens où on en parle ici.
    Ensuite,la communication avec les amis se fait moins dans l'urgence.Elle porte moins sur la souffrance que sur où nous en sommes par rapport à elle.Elle laisse de l'espace pour une vision encore plus apaisée de la prochaine rencontre.

    RépondreSupprimer
  4. Bonjour,

    Voici le lien qui ne fonctionnait pas :

    http://laboiteaimages.blog.lemonde.fr/2009/12/22/le-monde-restreint-de-christina/

    Alain L
    Fidèle lecteur silencieux...

    RépondreSupprimer
  5. Matiti,

    Merci Christophe, merci Alain

    Je me suis passionnée à l'étude de ce tableau si surprenant quand on s'attarde à ces détails masqués qui permettent "donne un clé d'entrée au mystère si singulier des émotions et resentis devant toute forme d'art".
    Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec les contes, les métaphores, les légendes, les paraboles ... dont la méditation offrent des "sens cachés si singuliers aux différents évènements et âges de la vie".
    Enfin, je partage pleinement l'avis d'Arlette quand elle dit " qu'il est mieux de ne pas livrer ce monde à l'état brut avant d'avoir au préalable travailler dessus" seul ou accompagné d'un professionnel si besoin.

    RépondreSupprimer
  6. Merci pour le lien Alain,

    C'est vrai que ce tableau a provoqué chez moi une tension et non la vision bucolique d'une jeune fille lézardant dans les chaumes.
    Je n'avais pas vu son âge, mais j'avais imaginé une jeune fille srutant sa maison en se cachant. j'avais ressenti une crainte, une tension du personnage peut-être caché pour éviter d'être remarqué par la bande de malfrats qui venait de tuer toute la maisonnée... euh...désolé pour les âmes sensibles, je vous passe les détails...

    Votre billet a fait écho chez moi à une réflexion sur la contemplation des paysages. Je suis passionné de bestioles et plantes en tout genre et au delà de la vision globale d'un territoire, je ne peux m'empêcher de rentrer dans le détail, de reconnaître tel ou tel plante par exemple, tel animal, tel maison, sentier... Parfois, je me dis : tu n'as pas besoin de cela pour t'emerveiller et contempler. Mais en fait cette vision à deux niveaux, globale et plus en profondeur, permet je crois d'enrichir sa vision et de savourer des beautés cachées qui ne seraient pas accessible par un simple balayage.
    C'est la même démarche, je crois, entre l'apparence d'un être et son univers intérieur plus complexe et riche qu'il faut prendre le temps d'explorer.

    RépondreSupprimer
  7. Christophe André6 octobre 2011 10:40

    Merci à Raphaële et Alain, le lien est rétabli dans le billet.

    RépondreSupprimer
  8. Bonjour

    "ce monde de souffrance que nous hébergeons"
    J'ai appris le décès de ma mère à 10 000 km d'ici ,dans l'île de Taïwan alors que je téléphonais à ma famille réunie pour leur souhaiter un Joyeux Noël.
    Ma réaction a été de sortir,seul, de m'éloigner de l'hôtel où se trouvaient ma femme,mon fils et ma belle-fille taïwanaise.
    L'hôtel était au bord d'un lac:" Sun Moon Lake" lieu incontournable pour les voyages de noce des Taîwanais.
    La sérénité du lieu,la brume du soir,les conques, le rivage avec ses pontons , ses pagodes et...les chaudrons oû les Taïwanais brùlent des papiers à l'intention de leurs ancêtres...Tout cet environnement était accueil de la vie et de la mort dans la douceur.
    J'ai ressenti une sensation de paix mêlée à ma souffrance.C'était mon premier contact avec un environnement bouddhiste d'accueil et de sérénité.

    RépondreSupprimer
  9. Ce tableau et le parallèle avec nos mondes intérieurs,c'est très délicat,et vos commentaires le sont.On voit ici, que nous ne sommes pas seuls à souffrir, c'est intrinsèque à l'homme.Tout est logique la joie n'a d'existence qu'en fonction de la tristesse, nous vivons au gré de nuances d'humeurs en partie imposées par l'environnement,et en partie par nous mêmes.

    Le corps de la dame me semble contorsionné,les jambes vers la gauche et les bras vers la droite.Il fait " tâche " sur le tableau,comme si il avait été rajouté par mégarde , il se "détache" trop.

    RépondreSupprimer
  10. Excusez le ton de mon commentaire, doumé,je n'avais pas encore lu le vôtre ,il aurait été autre, sinon.D'ailleurs,je ne sais plus quoi dire....la vie est bien difficile.

    RépondreSupprimer
  11. Il il n'y a pas lieu de vous excuser,verOO.
    J'accueille votre délicatesse dans mon esprit et dans mon coeur.

    RépondreSupprimer
  12. Touchant autant la vision de ce tableau que la leçon de votre livre sur la souffrance et le fait d'avancer même blessé.
    Il y a une question aujourd'hui qui me gène, me met mal aise : "Bonjour, ça va bien ?" Parfois j'esquive en ne répondant pas et puis parfois mon interlocuteur insiste "ça va ?" et là cela devient encore plus difficile. Bien sûr qu'il y a des jours ça va, pas de problème mais il y a des fois quand je dois supporter l'insupportable j'ai dû mal à répondre et je souhaiterai un bonjour tout simple...
    Déposer son sac de souffrance peut faire du bien sur le moment mais si l'écoute n'est pas attentive et la compréhension absente on se sent encore plus mal, aujourd'hui je me dis que l'on ne peut comprendre pleinement les choses quand les vivant pleinement. Dans la souffrance on erre cherchant la solution pour aller mieux, pour être soulager et le miracle n'existe pas mais garder l'espoir, si accrocher du mieux que l'on peut et continuer à avancer ...

    RépondreSupprimer
  13. Oui il est fort ce tableau. La mise en scène induit une dimension dramatique. Presque pathétique.
    La femme semble terrassée, incapable de se mouvoir, comme si son corps décharné ne répondait plus et s'apprêtait à retourner à la terre brûlée. Elle s'arqueboute mais l'emprise de ses doigts qui griffent le sol dans un sursaut semble dérisoire.
    Elle est passée de l'autre côté. Le chemin semble trop loin. Corps dissocié au présent d'un esprit qui sacrifie à un retour en arrière l'ultime possibilité d'une ile ?... (le halo d'herbe tondue)
    L'échelle joue un rôle clé également. Il y a de la verticalité dans l'air en somme.

    RépondreSupprimer
  14. Déposez votre sac de souffrance, Eric,nous ne pouvons pas le vider pour vous,nous avons le nôtre,mais sachez que vous n'êtes pas seul,ce lieu le prouve,nous sommes sans doute tous ,plus ou moins des souffrants et nous vous comprenons.Il faut toujours relever la tête,un jour ou l'autre,et garder l' espoir.

    RépondreSupprimer
  15. C'est un billet magnifique aujourd'hui...

    Eric, c'est vrai que c'est difficile de trouver des personnes compréhensives, je vous comprends car moi je ne me livre presque jamais et récemment j'ai cru entrevoir une sensibilité chez une personne, donc sans l'accabler avec mes problèmes, j'ai voulu donner une petite ébauche de ma situation pour me sentir un peu moins seule, et la réaction d'en face m'a fait mal, le jeune homme m'a lancé : c'est à la mode de se faire passer pour des marginaux

    RépondreSupprimer
  16. Merci à vous ver00 et anonyme de 21:03, merci également à toutes celles et ceux qui laissent leurs commentaires d'expérience de vie, de soutien sur le blog . Cela fait plus de deux ans que je viens déposer mes messages sur le blog et lire les vôtres, des noms me sont devenus familiers et j'apprends beaucoup de vous.
    Je vais mieux grâce à l'hygiène psychologique que j'ai mis en pratique quotidiennement avec tous les conseils que publie Christophe André.
    Je souhaite à tous les souffrants d'anxiété et de dépression d'aller mieux car je connais l'état de chaos dans lequel on peut être...
    J'ai eu la chance de m'en sortir sans trop de médicaments et de thérapie.
    Aujourd'hui ce que je dois supporter, c'est toute la méchanceté que ma fille a subi au fil des années dans sa scolarité ce qui a eu des conséquences graves sur sa santé. Je pense à tous les parents de phobique scolaire et leurs désarrois devant leur impuissance. Je peux leur dire que l'amour est un puissant antidote qui s'accompagne de soutien de l'entourage et de l'aide de professionnel compétent en la matière en gardant toujours espoir ...

    RépondreSupprimer
  17. Peut-être aimeriez-vous connaître l'interview que Wyeth a accordé au WSJ (Wall Street Journal) sur son tableau "Christina's World", voici ce qu'il a dit en ses propres termes :

    -----------------------------
    "Before my father died, I was just a clever watercolorist -- lots of swish and swash. .. Afterward, for the first time in my life I was painting with a real reason to do it.

    I do an awful lot of thinking and dreaming about things in the past and the future - the timelessness of the rocks and the hills - all the people who have existed there...I prefer winter and fall, when you feel the bone structure in the landscape - the loneliness of it -- the dead feeling of winter. Something waits beneath it; the whole story doesn't show.

    I think anything like that - which is contemplative, silent, shows a person alone - people always feel is sad. Is it because we've lost the art of being alone?"
    --------------------




    Et voici ma traduction :


    "Je n'étais qu'un habile aquarelliste avant la mort de mon père [ndlr, dont la voiture est entrée en collision avec un train]... Après,pour la première fois dans ma vie je peignais avec une vraie raison de le faire...


    Je pense et rêve énormément à ces choses du passé et de l'avenir - à ces rochers et collines qui ont résisté au temps - à toutes ces personnes qui ont existé là-bas....Je préfère l'hiver et l'automne, lorsque vous ressentez la structure dénudée du paysage, la solitude de celui-ci ainsi que ce sentiment de l'hiver avec cette quelque chose qui est tapie en dessous et que toute l'histoire ne montre pas.

    Je pense à quelque chose comme ça, qui nous permet d'être contemplatif, silencieux, et qui montre une personne face à sa solitude... Les gens seuls se sentent toujours tristes. Est-ce parce que nous avons perdu l'art d'être seul.?"



    Bonne Journée et Bon Ouikende

    RépondreSupprimer
  18. J'ai oublié - les anglophiles l'ont remarqué - de traduire "lots of swish and swash" en voulant introduire une note explicative.

    "Before my father died, I was just a clever watercolorist -- lots of swish and swash. .."

    "Je n'étais qu'un habile aquarelliste avant la mort de mon père, en donnant un coup de pinceau par-ci par-là..."


    "Swish-swash" fait référence à ce mouvement de l'essuie-glace... Mais le peintre est modeste, car déjà il a reçu un "award" (je ne sais plus de quel prix) alors qu'il a à peine plus de vingt ans.

    RépondreSupprimer
  19. Cette traduction nous explique pourquoi nous parlons de souffrances dans nos commentaires.La malaise du tableau fait ressortir les nôtres.Ma famille entière est traumatisée par mes 8 ans de maladie,je n'ai pas été une mère ou une femme pdt ce temps là,je me souviens avoir "prêché" à la porte du lycée de mon fils pendant qu'il pleurait dans la voiture,incapable de m'arrêter.Les gens qui m'ont vu délirante se détournent à mon passage,maintenant je l'accepte, je le comprends,et je continue du mieux que je peux, mon métier d'infirmière.On peut tout surmonter,j'en suis sure,il faut y croire,la pleine peut conscience peut nous y aider,c'est comme une cigarette sans cigarette,nous ne sommes pas seuls,des professionnels sont là,d'autres malades peuvent nous comprendre,comme ici,ça c'est formidable.Merci.

    RépondreSupprimer
  20. Louis merci beaucoup pour l'interview :)

    Ver00, j'ai quelque chose de similaire à vous, moi mon délire n'était pas apparent, j'avais imaginé un passé affreux et croyais qu'il avait peut-être existé, mes idées étaient affreuses et j'ai failli devenir folle, je me considère quelques fois comme folle...Heureusement que j'ai eu dans ma vie les livres du Docteur André, je ne peux exprimer l'aide que ça représente...J'ai envie d'écrire pour dénoncer certaines pratiques en psychiatrie mais je suis quelqu'un de peureux et je me sens toujours pister...

    RépondreSupprimer
  21. Eric, je vous envoie plein d'ondes positives ♥

    RépondreSupprimer
  22. Merci d'en parler,Anonyme de 14h59.J'ai un tel besoin de me dévoiler, et je me sens toujours seule dans ce combat,pour une meilleure connaissance "de la folie". Plus on en parlera, moins elle sera tabou (e) ? Je n'ai plus peur de dire que j'ai été folle,c'est vrai. Ce n'est pas si grave,quand on réussit à comprendre pourquoi.Vous avez peut-être mal interprété votre passé , tout est dans notre subjectif,on se fie à des impressions qui sont souvent fausses, ou du moins,il faut essayer de voir le bon en chacun de nous,et refuser le mauvais,qui existe quelque part,mais contre lequel il faut lutter, en nous,et contre celui des autres.C'est ma façon de voir le monde maintenant, je ne peux pas me dire que tout le monde est gentil,c'est trop idiot,mais ma ligne de conduite est de tirer le meilleur des gens,la seule façon d'y parvenir est de leur faire confiance pour ça, et de leur montrer,de les y aider s'il le faut.Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.Pour moi, la folie a sa raison,c'est une espèce de science subjective qui est très riche d'explications sur nous-mêmes, personne ne s'y attarde,les scientifiques la délaissent, alors, c'est à nous de nous décrypter pour l'enrayer et c'est passionnant.

    RépondreSupprimer
  23. J'ai beaucoup aimé contempler ce tableau. De prime abord, je l'ai juste aperçu et j'allais passer à autre chose mais j'ai dirigé mon attention dessus, et là, on peut dire que je l'ai vraiment regardé, contemplé. Et j'ai contemplé aussi ce qu'il provoquait en moi comme sensations, émotions ou d'états d'âmes. Un bon moment d'harmonie ! :) Merci !

    RépondreSupprimer
  24. Merci pour vos touchants commentaires.
    Je m’intéresse depuis peu à la science avec le magazine cerveau et psycho pour comprendre un peu plus le fonctionnement de notre cerveau. La folie n'est peut être pas le bon terme pour décrire la souffrance et nos comportements associés. Les traumatismes que le cerveau peut subir et sa complexité m'oriente plus vers un déséquilibre de nos émotions, de notre perception de notre environnement... J'adhère complètement à la notion de la plasticité du cerveau ce qui a été un espoir qui m'a aidé pour aller mieux.

    RépondreSupprimer
  25. Anonyme de 14h597 octobre 2011 21:35

    Merci Ver00 pour votre commentaire :) J'ai beaucoup de choses à raconter sur la folie, mais j'ai un blocage même sous couvert d'anonymat...Vous dites : la folie a sa raison, je partage la même vision et dans ma tête je me définie comme une folle rationnelle, ça parait bizarre dit comme ça...votre commentaire me réchauffe le cœur...

    Eric, je crois que le terme folie nous est venu parce que à un moment donné on a failli être écarté de la société pour de bon et surtout c'est le degrés de souffrance qu'on ne peut définir...La plasticité du cerveau j'y crois aussi, et je récupère beaucoup dans ma tête grâce aux livres du Docteur André, merci Docteur ♥

    RépondreSupprimer
  26. La folie n'est pas un diagnostic,je suis d'accord pour dire que c'est un mot qui devrait être aboli,je ne comprends pas pourquoi je l'emploie autant,pour le banaliser sans doute,le grand public ne connait que ça.Je vais aller explorer cette notion de plasticité, merci.

    RépondreSupprimer
  27. Nous faisons plutôt du hors sujet, mais notre hôte nous permettra peut-être d'en parler sur un autre billet......C'est tellement important pour nous.Oui, anonyme,je veux voir ma maladie sous le nom de folie pour ne pas y revenir,même si ça me fait mal, parce que malgré tout,les délires étaient géniaux (de l'intérieur bien sur).

    RépondreSupprimer
  28. Anonyme de 14h597 octobre 2011 23:12

    à Eric,
    En relisant mon message, j'ai eu peur que vous pensiez que j'opposais ma souffrance à la votre, je sais que ce que j'ai vécu ce n'est rien par rapport à beaucoup de gens, et on ne devrait jamais dire à personne : ce n'est rien moi j'ai vécu pire... J'ai toujours peur de mal dire les choses, en fait ce n'est pas de degrés de souffrance dont je voulais parler mais plutôt de fragilité et de la façon dont on reçoit les choses. Ver00 j'ai bien compris que vous m'invitiez à me taire lol Je vous taquine :) C'est vrai qu'on fait du hors sujet !
    Je vous dis à bientôt au prochain billet ! Si j'ai quelque chose d'intéressant à dire !

    RépondreSupprimer
  29. Merci ! Merci ! Merci !
    Ce tableau me semblait étrange, mais par rapport à la position de la femme, qui me semblait en souffrance (pas une pose très relaxante, d'être ainsi dans un champ, elle n'admirait guère le paysage...),
    c'est absolument génial d'avoir ainsi des explications sur ce tableau !
    Et génial d'avoir ces "effets " qui en se limitent pas à l'optique, et qui correspondent bien à notre interprétation (mais également à celle vers laquelle on souhaite nous amener).
    C'est passionnant !
    Bref... J'adore (mais vous l'aviez peut être un peu deviné... ;o) )

    RépondreSupprimer
  30. Je parlais de hors sujet pour me faire taire, moi-même, ...d'un côté notre hôte parle lui même de monde de souffrance secret donc, nous ne sommes pas si hors sujet que ça.

    RépondreSupprimer
  31. Je vous rassure anonyme de 14h59, je n'ai pas ressenti une opposition . Vos mots sont justes.

    RépondreSupprimer
  32. Bonjour
    "Certains jours nous aimerions que les autres se rendent davantage compte de ce monde que nous hébergeons".Certains jours nous ne nous gênons pas pour leur le faire partager!Nous devenons des personnalités envahissantes parce-que nous sommes envahis.
    "Mais d'autres nous réalisons que c'est sans doute mieux ainsi que chacun garde ses secrets"Non pas garde "en l'état" mais travaille dessus ou laisse vivre en lui ce "secret" jusqu'à ce que l'on saisisse qu'il n'est qu'une vision parcellaire et figée de la vie qu'un partage immédiat avec les autres aurait dans le meilleur des cas apaisé un peu et dans le pire renforcé.
    Ce qui est mieux c'est que chacun trouve et garde ce saut dans une autre vision des choses,ce moment où on se sent libéré et enfin disponible.

    RépondreSupprimer
  33. J'ai connu une personne qui avait si bien muré la façade et barricadé les portes et coulisses que j'ai ignoré sa souffrance . Avec d'autres collègues nous avons regretté de ne pas avoir compris .
    Nous n'aurions pas changé les faits mais apporté un" peu de soleil dans l'eau froide".

    RépondreSupprimer
  34. "Certains jours nous aimerions que les autres se rendent davantage compte de ce monde que nous hébergeons. Et à d'autres, nous réalisons que c'est sans doute bien mieux ainsi, que chacun de nous garde ses secrets... [...]"


    Cette interprétation de C.A. à vrai dire me laisse perplexe.

    Car je pense que Wyeth à travers ses tableaux qui peignent la souffrance et la solitude après la mort tragique de son père me propose - non pas de garder secrètes certaines de mes souffrances - mais de regarder au-delà en apprenant à contempler les épreuves de la vie.

    Quand j'étais plus jeune, je me suis demandé pourquoi le symbole du Christianisme est-il la Croix qui n'a rien de réjouissant...

    J'ai aussi remarqué pour avoir vécu au Viet-Nam toute ma jeunesse que les léproseries n'étaient tenues que par des religieux et religieuses contemplatifs.

    J'ai compris après que la contemplation du Crucifié me permet de découvrir le sens de la Souffrance caché derrière et qui est la rencontre de l'Amour...



    Bon Dimanche

    RépondreSupprimer
  35. "Certains jours nous aimerions que les autres se rendent davantage compte de ce monde que nous hébergeons. Et à d'autres, nous réalisons que c'est sans doute bien mieux ainsi, que chacun de nous garde ses secrets... [...]"

    Cette phrase m'a laissé aussi perplexe mais pour d'autres raisons.
    J'ai immédiatement pensé à Pierre,15 ans,qui s'est pendu à deux pas du lycée.Il est parti avec son , ses secrets...

    RépondreSupprimer
  36. Je pense que C.A,comme vous dites Louis.n ne fait que nous tendre la perche,il nous fait réfléchir, bondir,c'est la manière de traiter un bon sujet.Personnellement, je sais que je me dévoile trop,j'ai expliqué ma maladie à un patient psy qui ne voulait plus se soigner par exemple, je sais que c'est dangereux pour moi, mais je ne peux pas faire autrement.Faut-il déverser forcément son sac ? C'est la douleur qui surgit alors.......elle s'exprime.De toute façon,certains ne le peuvent pas,mais ici, c'est possible et l'on sent une écoute sincère.

    RépondreSupprimer
  37. Tantôt on laisse un autre accéder à ce monde et son empathie peut être une aide...il peut aussi s'enfuir terrorisé. Tantôt on ne prend pas de risque, on se tait.
    La parole soulage ou plombe, tout comme le silence... Fonction des circonstances ,des états d'âme respectifs des personnes en présence.
    L'avantage d'une œuvre d'art, c'est qu'elle est un langage symbolique qui peut être entendu ou non. Pour l'artiste il me semble que c'est libérateur.

    RépondreSupprimer
  38. Et comment interprètes-tu le fait que "la rencontre de l'Amour" se solde par un paroxysme de souffrance, Louis ?

    RépondreSupprimer
  39. Bonjour Christophe

    Je suis un étudiant en psychologie, et le Brésilien "admirateur" de son travail. J'ai mis entre guillemets parce que je ne connais pas beaucoup, mais le peu que je sais, je l'admire.
    Je suis en train de lire "psychologie de la peur" - Je suis très intéressé par cela, non seulement parce que de traiter avec un sujet commun et parfois adressée au bon sens, comme une chose honteuse. Mais aussi parce que je souffre d'une phobie qui me hante depuis de nombreuses années, j'ai le chien de panique, qu'il soit grand ou petit, ridicule ou pas, c'est quelque chose qui me permet d'avoir une qualité de vie adéquate.
    Eh bien, je pense que nous avons occupé une grande partie de son temps, sait qu'il a un grand fan du Brésil.
    Bisous et câlins

    RépondreSupprimer
  40. Bonjour Clipper,

    A vrai dire, je ne comprends pas très bien le sens de ta question. Veux-tu dire par là que l'amour se solde toujours par un paroxysme de souffrance et qu'il vaut mieux par conséquent ne pas aimer?

    Dans son livre traduit en Anglais "Man's Search for Meaning" (ou l'Homme dans la Quête du Sens de La Vie) , Victor Frankl parle de l'amour insensé et de celui qui permet de gravir des montagnes et de traverser des épreuves.

    Victor Frankl est né en 1905, il était médecin, chirurgien neurologue, psychiatre d'origine juive autrichienne. Toute sa famille a été déportée durant la deuxième guerre à l'exception de sa soeur qui a pu s'enfuir en Australie. Il était le seul survivant des camps de concentration.

    Voici un extrait de ses mémoires des camps d'extermination :
    "A thought transfixed me: for the first time in my life I saw the truth as it is set into song by so many poets, proclaimed as the final wisdom by so many thinkers... I grasped the meaning of the greatest secret that human poetry and human thought and belief have to impart : "The salvation of man is through love and in love." I understood how a man who has nothing left in this world still may know bliss, be it only for a brief moment, in the contemplation of his beloved. In a position of utter desolation, when man cannot express himself in positive action, when his only achievement may consist in enduring his sufferings in the right way—an honorable way—in such a position man can, through loving contemplation of the image he carries of his beloved, achieve fulfillment. For the first time in my life I was able to understand the meaning of the words, "We are like angels lost in perpetual contemplation of an infinite glory..."


    Et voici la traduction (mais je pense que tu as déjà compris le texte en anglais) :

    "Une pensée m'a transpercé: pour la première fois dans ma vie, j'ai vu la vérité telle qu'elle est mise en chanson par tant de poètes, et proclamée comme une sagesse finale par tant de penseurs ... J'ai saisi le sens du plus grand secret que la poésie, la pensée et la foi humaine se doivent de transmettre: "Le salut de l'homme est à travers l'amour et dans l'amour". J'ai compris comment un homme qui n'a plus rien à perdre dans ce monde peut encore goûter au bonheur, ne serait-ce que pour un bref instant, dans la contemplation de la personne bien-aimée. Dans une position de désolation, quand l'homme ne peut s'exprimer dans l'action positive, quand sa seule réalisation consiste seulement à supporter ses souffrances d'une bonne façon, je veux dire d'une façon digne et honorable, oui, dans de telles circonstances, l homme peut, à travers la contemplation amoureuse de l'image qu'il porte de la personne bien-aimée, atteindre la plénitude. Pour la première fois dans ma vie j'ai été en mesure de comprendre le sens des mots, «Nous sommes comme des anges perdus dans la contemplation perpétuelle d'une gloire infinie ...»


    Bon courage Clipper,
    Bonne semaine à notre hôte et visiteurs

    RépondreSupprimer
  41. je suis medecin rééducateur et quand j'ai vu la peinture, je me suis dit, tiens une paraplégique....avant de lire votre commentaire puis d'aller sur le lien en me reprochant de toujours voir les choses par le prisme du "médical" et je suis trés étonnée que mon intuition aie pu dire vraie....

    RépondreSupprimer
  42. Et bien moi, j ai penseé que la jeune femme s' etait cassée la jambe et regardait en direction de sa maison dans l'espoir intense que quelqu'un la voit ou entende ses appels!
    Cette pensée est due sans doute au souvenir d'une chute où je me suis cassé la jambe!

    RépondreSupprimer
  43. Marie josé Grimaldi16 octobre 2011 13:08

    j'ai éprouvé un malaise devant ce tableau cette femme rampe, traine des jambes mortes, ses bras sont maigres, en même temps je trouve cette peinture fascinante .... Après avoir lu l'explication j'ai compris pourquoi le buste semble si jeune et le reste tellement délabré.
    Dérangeante cette toile, quoiqu'il en soit j’aimerai bien la posséder ... Vraiment bizarre.

    RépondreSupprimer