mardi 1 décembre 2009

La dame qui procrastine


Un jour en consultation, je reçois une dame qui stagne dans sa vie : « Je n’arrive pas à prendre de décisions, tout est compliqué, tout me pèse. Que ce soit des décisions importantes, comme celle de chercher un nouvel emploi, car je n’aime pas le mien. Ou des décisions mineures, comme de changer ma cafetière, qui ne marche plus. Je repousse toujours à plus tard… »
Et elle se sent toujours fatiguée.
Mais elle ne se rend pas clairement compte qu’elle est fatiguée surtout par les choses qu’elle n’a pas faites : tout le poids des « choses à faire » qui pèse sur ses épaules, depuis un repli de son subconscient. Elle a l’air étonnée quand je lui en parle. Mais elle comprend vite. Tout comme elle comprend que sa thérapie va consister non pas seulement à savoir pourquoi elle est comme ça (elle a déjà passé quelques années à chercher à comprendre, sans résultats probants). Mais à aller changer sa cafetière, à ranger ses placards, à répondre à son courrier, à contacter ses amis… Elle devrait se sentir beaucoup moins fatiguée ensuite.
C’est drôle comme nous, thérapeutes et patients, avons parfois tendance à négliger ces stratégies toutes simples de relance comportementale dans les problèmes de dépressivité…

Illustration extraite de notre livre, à Muzo et moi : Petits complexes et grosses déprimes, paru aux éditions du Seuil.

38 commentaires:

  1. OUAIH ! DOC ! Pourquoi toujours remettre au lendemain ce qu'on peut trés bien ne pas faire du tout . (?) ....

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  2. Bjr,
    je comprends bien le principe de l'action mais tout de même quand on est incapable de choisir (quel type de cafetière ? quelle marque ?), prendre une décision pour prendre uen décision ne risque-t-il pas de créer en nous des regrets par la suite qui seront encorep lus lourds ? intuitivement j'aurais pensé que le pb de l'indécision est un pb de connexion à soi-même.
    Amitiés,
    B.A.

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  3. Si ça se trouve elle est peut-être carencée en un oligoélément ou une vitamine ou .... en une hormone .... ou un neurotransmetteur ? et peut-être que l'explication psycho .... n'est qu'un masque posé sur une réalité purement organique . Mais on peut toujours argumenter à l'infini psychosomatique somatopsychique et l'ésprit et le corps et tout ça . En fait , si ça se trouve , des tas de choses peuvent marcher en ce cas là . Mais au fond c'est quoi qui marche ? ... Léve toi ! et marche ! avait dit Gégé de Nazareth , et ça avait marché . Alors ! .....

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  4. Oui, c'est très juste, lorsqu'on commence à faire une chose, puis à se dire qu'on a même en peu de temps la possibilité d'en faire ue autre, tout semble plus facile et on a l'impression de gagner de l'énergie, seulement c'est parfois la mise en route qui est difficile ...Quant au choix, je me rappelle avoir lu souvent, et espérimenté, que s'efforcer de faire des choix, systématiquement, pour de petites choses, nous apprend à en faire de plus importants.

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  5. pourquoi zoé êtes-vous si cassante?certains trouvent là où ils peuvent le chemin pour s'en sortir.je suis d'accord avec le docteur André.

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  6. Ne pas regarder derrière , ne pas regarder devant , se concentrer sur le présent.

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  7. Bonjour,
    Je pense qu'on peut se sentir impuissant face à ce problème de dépression mais qu'on a la possibilité de ne pas aggraver, maintenir ou déclencher les choses grâce à une TCC.
    Personnellement, mon premier pas a été de savoir comment pouvoir m'aider d'une manière efficace.
    Merci Christophe André pour la référence de cet ouvrage que je vais ranger dans ma "bibliothérapeuthèque" ^^.

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  8. J'adore les livres et petites pensées du docteur André ici, sinon je ne les lirai pas tous les jours, mais j'aime aussi les remarques de Zoé qui me font bien souvent rire ! Je ne sais pas si elle les écrits ou premier ou au second degrés... moi je préfère les lire au second ! Et hier comme ce matin elle m'a bien fait rire ! Comme j'étais plutôt ces derniers temps dans une période dépressive, ça me fait du bien ! Merci donc à Christophe et à Zoé !
    et à vous tous !... bonne journée...

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  9. OUAIH ! Mais pourquoi est-elle si méchante ? ... PARCEQUE ! ! ! .... Bon , le DOC , il a pleins d'admiratrices et d'admirateurs , alors moi , par intention thérapeutique pour qu'il devienne pas boursouflé de la cheutron et oeudématique des arpions , je suis pas d'accord parceque la prostérnation ça pousse à se croire une idole , et ça c'est trés mauvais pour la santé . En fait je suis hyper-thérapeutique comme fille . Y faut jamais être daccord systhématiquement par révérence envers quelqu'un . Y vaut mieux être en désaccord systhématique , ça entretiend la vigilance et la rigolade ...... et l'énérvement aussi et ça évite la procra.... truc machin bébéatifiente ....

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  10. A Zoé, Princesse du verlan et célinienne de coeur :

    "Ne fais jamais aujourd'hui ce qu'un autre pourrait faire demain à ta place."

    Chais pus (style Zoesque - je m'adapte) qui a dit ça, mais c'est pas moi, j'vous le jure.

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  11. Et n'avoir le goût de rien, avoir le coeur comme un aquarium prêt à déborder, c'est vrai que l'idéal serait de ne pas s'écouter au mieux de pleurer, faut il être con quand on se laisse aller

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  12. Alors en fait le plus fatiguant, n'est pas tant de faire, mais toute ces choses a faire qui nous encombre la tête, qui s'acummulent et l'on fini par etre tellement enseveli que l'on se sent completement impuissant !
    impuissant et incapable d'agir, incapable de venir a bout de cette "enooormmme" montagne, surtout si l'on est très fatigué .elle est tellement lourde a porter cette montagne dans notre p'tite tête!!
    alors le truc c'est surtout de ne pas regarder la montagne !!! Commencer par une petit chose très facile, et pof c'est magique déjà rien que ça on se sent plus léger et moins fatigué...
    une citation:
    "ce n'est pas sur la montagne que l'on trébuche mais sur des petits caillous"
    belle et lumineuse journée

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  13. Bonjour,

    La dépression conduit à un cercle vicieux et, en son centre, se trouve cette forme de fatigue chronique. Les personnes sont de plus en plus fatiguées et dorment de plus en plus sans défatiguer car il s'agit de l'élan vital qui est en jeu.

    Seule l'action, la plus petit action possible que l'on peut reprendre peut arracher à cette dépression et reprendre lien avec la vie, et en particulier sociale, nourriture énergisante essentielle (bien meilleure que n'importe quel omega 3 !).

    La psychanalyse "n'offre" (moyennant finances importantes sur de longues années) que de chercher une hypothétique cause, qui peut nous amener à trouver d'hypothétiques coupables à nos maux, sans rien résoudre. Démarche intellectuelle peut-être gratifiante pour certains mais quand la souffrance psychologique est là et qu'elle engendre un lourd handicap social, il faut une thérapie, un soin médical.

    Les thérapies cognitivo-comportementales sont des thérapies concrètes, replaçant la personne comme acteur de sa santé. Elles apportent des outils accessibles et applicables aussitôt pour celui qui souffre.

    Demeurent les efforts à fournir. Quand on va mal, tout parait démesurément difficile. Il faut fractionner au maximum chacun étape. Pas à pas. C'est POSSIBLE. Pas de fourmi. Pas de géant.

    AG

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  14. Bonjour Christophe , pourrais tu éviter de balancer des cailloux sur la surface du lac ?
    Quant à Boule d'Ail : ne serait il pas temps de retourner dans ta grotte ?
    Sgoux.l
    http://www.odile-art.fr/sgoux.l

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  15. Bonjour,

    La dépression conduit à un cercle vicieux et, en son centre, se trouve cette forme de fatigue chronique. Les personnes sont de plus en plus fatiguées et dorment de plus en plus sans défatiguer car il s'agit de l’élan vital qui est en jeu

    Seule l'action, la plus petit action possible que l'on peut reprendre peut arracher à cette dépression et reprendre lien avec la vie, et en particulier sociale, nourriture énergisante essentielle (bien meilleure que n'importe quel omega 3 !).

    La psychanalyse "n'offre" (moyennant finances importantes sur de longues années) que de chercher une hypothétique cause, qui peut amener à trouver d'hypothétiques coupables à nos maux, sans rien résoudre. Démarche intellectuelle peut être gratifiante pour certains mais quand la souffrance psychologique est là et qu'elle engendre un lourd handicap social, il faut une thérapie, un soin médical.

    Les thérapies cognitivo-comportementales sont des thérapies concrètes, replaçant la personne comme acteur de sa santé. Elles apportent des outils accessibles et applicables aussitôt pour celui qui souffre.

    Demeurent les efforts à fournir. Quand on va mal, tout parait démesurément difficile. Il faut fractionner au maximum chacun étape. Pas à pas. C’est POSSIBLE. Pas de fourmi. Pas de géant.

    AG

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  16. Boule d'ail n'a pas tout compris . Si je parle , comme ça , d'un confrère médecin qui a été interne au CH de Macon la même année que moi et qui est le sosie d'Elton John.....combien de personne , dans la région , vont trouver un nom ???
    Sgoux.l

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  17. Comme je suis en général dans l'action et plutôt exigeante, quand il m'arrive de procrastiner, je me dis: tiens, tiens tu as un petit problème de priorité aujourd'hui. J'arrive de plus en plus a introduire de la douceur dans ma vie.

    Sinon, comme vous le dites, l'action est l'oxygène de l'estime de soi et la simplicité est souvent une option intéressante en thérapie

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  18. Cher Christophe, je pense que d'ici la fin de la journée nombreux seront les témoignages sur cette souffrance qui vous retire toute énergie.

    Tout pèse à faire, tout coûte...On se dit tiens je pourrais faire çà, on commence à peine et souvent on abandonne en se disant "à quoi bon!", ça peut bien rester comme ça.

    J'aimerai vous interroger par rapport à cela.
    Quand on rechute plusieurs fois dans sa vie, peut on arriver à sortir du puits comme l'âne de FRANCINE hier ?
    Est-ce que ça marche la stratégie de la relance comportementale même si on l'a déjà pratiqué lors d'autres traversées du désert ?
    Pour ma part " j'innove" à chaque catastrophe (deuil, maladie, chômage). Certains de mes acquis culturels viennent de ces périodes noires de mon existence et y sont rattachés comme des phares sur la côte. Actuellement je recherche ma Foi, autrefois perdue, et cela m'aide à tenir.

    Merci de nous parler de votre pratique par ces petites "histoires". Si on est avide de votre parole,c'est parce que beaucoup d'entre nous dans la famille du blog ne sont pas au mieux.
    On est un peu tous vos patients...et on a de la chance.

    Comment vas-tu BOULEZAIL, tu nous écris bientôt?

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  19. J'adore ce dessin!
    Moi je me se suis jamais senti mieux que depuis que je me soigne! C'est rigolo. Avant je ne disais pas que j'allais mal et tout le monde croyais que j'allais bien. Maintenant je suis sous antidépresseurs, je me soigne, je vais beaucoup beaucoup mieux et je suis capable d'en parler aux gens et du coup tout le monde crois que je vais très mal et me regarde avec solicitude. Etrange.

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  20. J'aime l'idée des pas. Je dis souvent au client de faire un pas à leur mesure et quand c'est trop difficile de faire un soupçon de pas. Ce qui peut-être un pas de fourmi pour moi peut-être un pas de géant pour le client. Je demande souvent:

    - Qu'est-ce qui vous aiderait à faire un pas?
    - Qu'est-ce qui vous empêche de faire un pas?
    - Qu'auriez-vous besoin pour faire un pas?
    - J'aime bien poser la question miracle pour susciter de l'espoir

    Dans une formation on nous avait dit que si on n'aimait pas les réponses de nos clients que c'était à nous de poser des questions différentes.

    La semaine dernière dans mon groupe j'ai partagé ce que j'avais lu dans le livre de Charles Morin et ce je crois que cela a aidé mes clients qui souffrent d'anxiété. Morin rapportait une étude ou on demande aux gens d'un 1er groupe qui souffrent d'insomnie de faire un bloc de 3 heures d'activités qui les tiennent dans l'action et on demande au 2e groupe de faire des activités pour conserver leur énergie. Les gens qui sont dans l'action rapportent que leur énergie est nettement amélioré.

    Par ailleurs dans le livre méditer pour ne plus déprimé, on comprend que plus le rond de plaisir diminue plus le rond épuisement est grand et inversement plus le rond de plaisir augmente plus le rond épuisement diminue

    Quand les clients me disent que ce n'est pas facile, je leur dis que si c'était facile, ils l'auraient déjà fait.

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  21. Merci Papagena, ça va mieux que la semaine dernière, mais là, je suis tombée dans la procrastination. Ce billet tombe à pic.

    Je me suis questionnée surtout ces dernières années où mon arrière train était collé à ma chaise par une "force magnétique" assez puissante pour que je me sente attirée même à distance : deux années à me forcer à rester assise devant la télé durant mes temps libres pour m'interdire de faire quoi que ce soit pour ne pas m'attirer les foudres de la voisine et les sermons du propriétaire, cela ne m'a pas aidée à surmonter les crises de panique provoquées par l'idée d'organiser mes affaires dans mon nouveau logement.

    Je sais que je ne suis pas procrastineuse de nature, mais de culture. Chez mes parents, on avait du mal à se lever de table après les repas. A la fin de l'adolescence, cela m'a tellement exaspérée, que j'étais la première à me lever et commencer à débarrasser.

    Plus tard, lorsque je ne parvenais pas à me décider à faire ce que je voulais ou devais faire, je ne comprenais pas. Je sentais une apathie générale, une énergie absente que j'attribuais à la solitude, au vide affectif. Je crois que je ne me trompais pas beaucoup : on sait très bien que les petits oiseaux grégaires se laissent mourir lorsqu'ils sont seuls dans leur cage. Et c'est comme cela que je me sentais.

    Aujourd'hui, lorsque je "n'ai rien envie de faire" malgré une très forte envie de faire plein de choses, je me dis : "Tu es fatiguée, ne fais rien, vas dormir". Parfois, je dors plusieurs heures et me lève en super forme. D'autres fois je m'allonge quelques minutes et me relève aussitôt en super forme ; j'avais juste besoin d'un "reset".

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  22. PAPAGENA

    tu peux parler en JE. Je ne me considère pas comme une patiente et je vais bien. Je viens sur ce blog par plaisir

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  23. Bonsoir

    merci beaucoup à Christophe pour tous ces messages positifs.

    Quant à Zoé, franchement je crois que tu ennuies pas mal de gens avec tes remarques négatives: tout le monde est méchant et la vie est dure....arrêtes un peu de te complaire dans ton malheur et prends ta vie en main!

    Bonne soirée à tous

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  24. Bonsoir ! J'ai été toute surprise du titre (je ne connaissais pas ce mot, procrastine, vraiment !) comme quoi on en apprend tous les jours ! Ca fait un moment que je regarde l'état de notre appartement et que je me dis qu'il va falloir un peu de désencombrement ! O.K. j'ai fixé une date. Mais bon, c'est aussi bon de se "reposer" à côté de son travail pour montrer qu'on en a pas peur ! lol

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  25. J'ai oublié de dire... Zoe je suis sûre que vous avez très bon coeur. Je connais quelqu'un dans mon entourage qui est comme vous, qui aime se démarquer par de la provoc... Je prends toujours ces signaux comme ils viennent. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'ils m'ennuient... sans vous, on s'ennuirait, n'est-ce pas ?

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  26. Je rejoins AG sur cette question du nécessaire "fractionnement" de l'effort. Quand appréhender l'action dans sa continuité est insupportable, une solution : la découper en de multiples tâches, cloisonnées les unes des autres.
    Pour illustration, je garde en tête ce récit de montagne hallucinant de Joe Simpson ("la mort suspendue). Prisonnier d'une crevasse, abandonné par son compagnon de cordée qui le croit mort (il a dévissé et s'est en fait "juste" brisé la jambe) il rallie son campement situé à plusieurs kilomètres en rampant, malgré la douleur et la soif abominables. 2 jours durant.
    Grâce a une volonté de fer doublée d'une providentielle ressouce intèrieure. Et pour cause, à son insu, son esprit se fixe de micro-objectifs ("se trainer 20m", "ramper jusqu'à cette grosse pierre", etc).
    Jusqu'au but.
    Bien foutu le cerveau hein :)
    Qui a dit que seules les tortues possèdaient un pilote automatique ? :)

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  27. Que c'est bien ce blog car en plus de son humanité,on y découvre pleins de petits trucs utiles pour les thérapeuthes ! En classique Grenobloise montagnarde, je n'avais jamais pensé à cette illustration que l'on trouve dans "La mort suspendue"(beau livre et beau film)!! Interressant aussi tout ce qu'écrit Rachel. Merci.Ce matin pour une de mes patientes de médecine générale,qui débute avec moi une therapie pour une fibromyalgie,j'ai utilisé l'image du violoncelle: si l'on en reçoit un en cadeau , il faudra apprendre progressivement , patiemment , si l'on ne sait pas en jouer , pour qui veut s'essayer aux Suites de Bach...
    Bonne nuit .
    Pascale A

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  28. à Anne-Onyme : mais quel malheur ? où je me complairait ? Je ne vois pas , je ne suis pas malheureuse , ou peut-être que si , mais en fait ce n'est pas grave de toutes façons .
    Bon , Merci Francine , voilà , c'est vrai j'exagére avec la provoc . C'est gentil ce que vous me dites . Je vais arreter la provoc parceque je vois bien que cela vous blesse , malgrés votre polérance envers moi , donc j'arrete mes farces et mes pirouettes . Bisous Francine ! .....

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  29. Bonjour,

    J'aime bien les "farces" et les "pirouettes"; et quand elles viennent du coeur, en plus!...

    Pour revenir au sujet principal:

    A quoi bon faire telle ou telle autre chose, que certes d'autres font aisément?...Si le coeur n'y est pas!
    Si la joie a déserté (momentanément) notre vie...
    C'est vrai que c'est surtout là où peut se trouver le problème!

    Certain(e), comme Christophe André - je ne néglige pas de faire des compliments à notre hôte - ont une force de persuasion particulière, notamment à travers ce qu'ils (qu'elles) sont.

    Nous rendre la foi dans l'humain, en nous!... Malgré la conscience de sa grave carrence dans notre propre vie, voire dans celle de nos contemporains.

    Yves

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  30. J'ai vécu plusieurs sortes de procrastination : celle du petit moineau tout seul qui se laisse mourir dans le fond de sa cage (années '80). J'y ai remédié avec un emploi du temps que je suivais rigoureusement dans lequel je prévoyais quand-même du temps pour moi et c'est je crois le petit plus qui a fait son succès. Comme point de départ, je me visualisais comme naufragère au milieu de l'océan et comme le montagnard qui avançait de quelques mètres à la fois, je lançais une bouée, nageais jusqu'à elle, reprenais mon souffle en m'y accrochant, puis la relançais, nageais jusqu'à elle, etc. C'était ma façon de faire mes "petits pas".

    Celle qui lui a précédé qui venait de mon éducation et dont je me suis débarassée lorsque j'ai enfin pu sortir du milieu familial et voir comment vivent les autres, plus actifs, plus dynamiques, et m'apercevoir que cela me correspondait mieux.

    Et celle que je vis depuis quelques années (2002 à aujourd'hui) qui est encore très différente. Elle est une combinaison du "à quoi bon" dont parlent plusieurs ici, de blocages (phobies ?) dûs à un violent choc psychologique, et d'épuisement dû à du surmenage, harcèlement, manque de sommeil, stress, mauvaise alimentation, solitude et manque de repères ... j'en oublie sûrement, mais c'est déjà beaucoup à surmonter.

    Ce qui était important, c'etait d'arriver à cesser de me culpabiliser, ce qui n'est pas évident lorsque des problèmes découlant de cette procrastination surgissent en masse, amplifiant le problème de départ, autant de problèmes dont l'urgence de résoudre ajoute au stress, à l'organisation impossible des priorités toutes plus urgentes et prioritaires les unes que les autres, rendant toute prise de décision une torture psychologique de tout instant lorsqu'on n'a même plus l'énergie de faire la vaisselle, et qu'on vous harcèle encore en vous demandant ce que vous faites de toutes vos journée au lieu de vous occuper de telle ou telle affaire, et que vous êtes une irresponsable etc, etc.

    Pour m'obliger à sortir de chez moi et m'aérer, j'allais prendre un café, mais à un moment donné, je passais ma journée (chez moi) à me demander quel endroit serait le mieux pour aller prendre un café, pesant le pour et le contre ne sachant où aller ...

    Lors de mon déménagement catastrophe en 2004, où j'ai dû tout organiser précipitament, ma "cellule organisation" a bel et bien surchauffé, et lorsque je l'ai encore sursollicitée pour installer mes affaires dans mon nouveau logement et trouver des solutions pour me sortir de là, elle a tout simplement brûlé. "black out" total.

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  31. suite ;)

    Autre obstacle : vendredi j'ai reçu une aide quasi providentielle pour obtenir un petit répit, et je suis en train de me dire que je dois mettre ce temps à profit (et sans me brûler encore !). Or, je ne peux m'empêcher de craindre une autre catastrophe pour faire obstacle encore à un nouveau nouveau nouveau départ, et les "à quoi bon" pointent encore le bout de leur nez.

    Compte tenu de mes différentes expériences, je refuse de croire que les autres sont capables et pas moi, car je sais que j'ai déjà été capable, et je suis certaine que tout le monde est capable. Les néogénéticologues peuvent aller se faire voir !

    Les repères et l'entourage sont très importants, mais s'ils vivent les mêmes difficultés que nous, c'est plus difficile, mais pas impossible.

    Je vois aujourd'hui tous les progrès que j'ai faits en trois ans, seule et envers presque tous, l'amélioration de ma capacité de concentration et de la parole (je lisais à haute voix en me forçant à articuler), les émotions que je parviens à surmonter de plus en plus, même si parfois c'est très difficile.

    L'important, dans chaque petit pas que l'on fait, c'est la reconnaissance que l'on doit avoir envers ceux qui nous ont soutenus, bien sûr, mais aussi envers soi-même, et en même temps voir les limites de chaque petit pas.

    Si on refuse de voir les limites, c'est impossible de les repousser.

    Je suis capable, alors tout le monde est capable, à son rythme, selon ses moyens.

    Bon courage

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  32. Alors voilà, c'est 2 fous qui souhaitent jouer au foot dans la cour de l'asile. L'un des deux dit à l'autre : "c'est trop petit, impossible de jouer ". Le second lui rétorque :"hé bien alors, repoussons les murs !!". Et nos 2 compères de se mettre à pousser comme des bêtes sur le mur du bâtiment.
    Effort oblige, chacun à leur tour, ils se libèrent de leur chandail. Passant par là, le gardien s'en saisit pour les ranger à l'intèrieur.
    Au bout d'un (long) moment, un des deux internés se retourne et s'adresse d'un ton enflammé à l'autre : "hé, tu as vu, on a tellement poussé qu'on n'aperçoit plus nos pulls !!!"...

    De la sagesse du "fou" dans la relativité donnée aux limites !...

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  33. moi j'aime bien zoé aussi, elle me fait rire et quelle créativité !

    pour illustrer le propos de ce jour :
    comment s'y prendre pour déplacer un gros tas de bois :
    essayez de le déplacer d'un seul coup,
    maintenant déplacez un bûche après l'autre
    quelle solution allez vous adopter ?

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  34. Cette dame, elle reconnaît au moins qu'elle a un problème, parce que va le faire admettre à quelqu'un qui refuse de le voir...Ca fait 15 ans que je vis avec mon mari, et qu'il ne veut pas en entendre parler. Sauf que là, il a perdu son boulot, donc il devient urgent qu'il s'en rende compte. Non, il ne fait pas rien : il passe des heures à regarder les annonces... pour ne pas avoir à faire des choses dans la maison. C'est très difficile de lui en parler sans que ça se résume au mot fainéant, ou à "va voir quelqu'un", bref, je ne sais plus quoi faire pour l'aider (et qu'il m'aide surtout)sans l'enfoncer devantage et éviter à toute force les raccourcis blessants, et c'est très très épuisant...

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  35. C'est un sujet bien complexe.
    Je ne pense pas qu'il faille opposer psychanalyse et stratégie de relance comportementale. Cette dernière non associée à une compréhension des ressorts intimes de l'inertie ne peut avoir que des effets de courte durée. Et d'un autre côté la recherche des clefs de nos bloquages est essentielle mais vaine si elle n'est pas ancrée sur un objectif annoncé de retour vers l'action. Sinon, c'est la blague de Coluche "maintenant après ma picsanalyse, je suis toujours aussi malade mais je sais pourquoi!"

    L'accompagnement vers l'action est une étape délicate mais indispensable, ce que celui qui procratine doit être convaincu. Il ne va pas y avoir un jour une illumination vers l'énergie et l'action mais progressivement pas à pas, une reprise de confiance, une connaissance objective de ses limites, et une acceptation de l'imperfection.
    Il faut se jetter dans le bain, et c'est si dur parfois, que l'on a besoin d'une main pour nous accompagner, voire nous pousser avec empathie.

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  36. C'est inspirant la procratisnation. Je la vois, au même titre qu'un rhume ou n'importe quelle "maladie", comme un signe que quelque chose ne va plus. Il y a un dérèglement quelque part. On attend le "déclic", comme le personnage interprêté par Paul Newman dans "The Cat on a hot tin roof", une pièce de Tenesse Williams.

    Et parfois le "déclic" tarde à venir exaspérant l'entourage, surtout ceux qui nous aiment. Les autres y voyant une occasion de plus de nous écraser. Et comme vous le voyez, Anonyme (3 décembre 2009 07:24), tous nous écrasent de toutes façons, parce que soi-même déjà, on s'écrase de tonnes de "il faut", "je dois", et de culpibilisation ... on n'a vraiment pas besoin qu'on nous en remette, ça ne servira à rien d'autre que nous écraser encore plus ... alors qu'on est en fait, comme un enfant qui apprend à marcher, ou une personne qui se remet d'un grave accident : on a besoin qu'on nous aide à nous débarrasser de tout ce poids pour pouvoir nous relever, et nous tienne la main (discrètement parfois) pour réapprendre à marcher, mais surtout pas se faire promener en chaise roulante.

    Comme vous êtes la conjointe, je crois que vous, vous avez besoin de support et de soutien, pour vous, pour vous aider dans ce que vous vivez d'abord, pour vous libérer d'un poids, et ensuite pour vous aider à aider votre mari et être disponible pour l'écouter, car c'est peut-être de cela dont il a besoin, quelqu'un qui va d'abord dans son sens abondemment.

    C'est ce que je crois.

    Parfois, je me demande si j'aurais été aussi forte si je n'avais pas été seule ... dans ce cas, on n'a pas le choix que de se débattre, et se battre, surmonter le manque d'énergie. Mais complètement seule, je ne pourrais pas faire face non plus ... c'est une question de tâtonnements très subtiles, je crois.

    Bon courage

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  37. Fatigué de ne pas faire les choses? Il y a du vrai là dedans! C'est un fardeau de se dire qu'on a tellement de choses à faire, qu'on s'est laissé déborder et qu'on ne sait plus par quel bout prendre les choses! On rumine au lieu de retrousser ses manches et de faire les choses petit à petit et retrouver un peu d'énergie!

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