C'est un de mes amis qui est devenu grand-père. Ce n'est pas un grand expansif, il vit ça sobrement, sans grandes déclarations. Mais ça lui plaît.
Lors des vacances de Toussaint, nous avons passé quelques jours ensemble dans une grande maison de vacances où il y avait tout plein de monde, dont sa fille et sa petite-fille. Un après-midi où la maison était calme, alors que presque tout le monde était parti en ballade, lui et moi étions restés. Moi pour bouquiner et lui pour s'occuper de sa petite-fille. J'étais à un bout de la grande pièce et lui à l'autre. Il m'avait complètement oublié.
Et à un moment, plongé dans mon livre, je l'entends qui fait des bruits bizarres, des petits grognements tendres. Je lève la tête discrètement : c'était mon pote, qui poussait ces petits cris primitifs en donnant le biberon, pour causer avec le bébé, les yeux plissés de bonheur, un petit sourire au coin des lèvres.
Comment dire ? Ce tout petit instant m'a bouleversé plus que tous les grands discours possibles sur le bonheur d'être grand-père. Cet amour paléolithique qui sortait du fond de sa gorge et de la nuit des temps m'a ému jusqu'aux larmes.
Illustration : Jean-Étienne Liotard, Fillette à la poupée.
Superbe simplicité du bonheur !
RépondreSupprimerBonne journée.
Damery
Hola,
RépondreSupprimerje trouve bien que vous n'ayez pas eu le réflexe de vous moquer de votre ami et qu'au contraire vous ayez su laisser libre cours au sentiment de joie...
Amitiés,
B.A.
Devenir grand-père, peut-être moins angoissant que devenir père... certainement.
RépondreSupprimerLe grand-père n'aura pas la responsabilité de l'éducation, enfin, normalement. Avec la grand-mère ou sans, il est là pour les mercredis après-midi, les sorties, les câlins, le baby-sitting et surtout, la transmission... un socle de références...
Douce journée à tous et belle fête des Lumières à Lyon où plein de grands-pères tiendront la main à leurs petits enfants en leur faisant découvrir la beauté de cette ville et leur en racontant : "tu sais, de mon temps, il n'y avait que des lampions à chacune des fenêtres... c'était simple, mais déjà si beau dans la lumière et la communion..."
Un bébé est un concentré d'amour
RépondreSupprimerc'est vrai que ce sont des moments émouvants, et qui parlent a tous ceux qui ont eut le bonheur de tenir dans leur bras "un concentré d'amour" comme le dit anonyme, concentré d'amour qui nous ramène finalement a ce qu'il y a de beau et de vrai en nous....merci de ce partage...
RépondreSupprimerbelle journée
Virginie.
Le dit grand-père s'est reconnu, et trouve que le Dr André éxagère en parlant de "bruits bizarres, de petits grognements tendres, de cris primitifs", alors que je fredonnais à ma petite fille la partition de violoncelle du concerto N°3 de Mozart, dans l'intertprétation de Pablo Casals!
RépondreSupprimerBonjour,
RépondreSupprimerLes relations avec les nourissons sont d'une richesse inépuisable.
Mes parents n'ont pas vraiment exprimé par des gestes ou des mots l'amour et la tendresse qu'ils avaient pour leurs enfants. C'était souvent le cas pour les gens de leur génération, chez eux c'était de la pudeur et les conséquences de leur éducation.
Ils se rattrapent avec leurs petits-enfants!!
et çà me fait sourire de les voir à quatre-pattes ou dequand ils donnent le biberon où à manger. Ils sont heureux!
Je crois aussi qu'ils m'ont aidé à faire en sorte de profiter au maximum des moments passés avec mes enfants pour ne pas avoir à le regretter, parce qu'une fois de plus ce sont de ces moments qui vous donnent intensement un sens à la vie, une raison d'être.
Quand nous laissons place..
RépondreSupprimerà la Musique en nous .
Un de mes patients me disait que plus il vieillissait plus il aimait les nouveau-nés ! Je le perçois chaque jour , en tant que maman , avec un troisième enfant ,12 ans aprés la deuxième. Quelle joie cette innocence et cet appétit à s'ouvrir au monde sans stratégie preetabli comme ce qui dirige une partie du monde actuellemnt! Voilà pourquoi , nous sommes si émerveillés.
RépondreSupprimerLe grand père qui doit être un bon ami du Dr André (pour que celui-ci soit ému aux larmes) ne devait pas être trés doué pour qu'il ne reconnaisse pas un morceau de violoncelle!!
Bonne semaine à tous.
Pascale A
Que j'aime vos états d'âmes Docteur André ! Enfin, un psy qui est un être humain touché par les manifestations du spectacle de la vie dans sa beauté et indulgent et compréhensif pour ce qui est moins beau...
RépondreSupprimerMERCI, Docteur, de me permettre de sourire à chacun de vos textes.
Je ne serai jamais grand'mère, moi qui rêvais de sauter à pieds joints dans les flaques d'eau avec mes petits enfants pour oublier ce que j'ai été contrainte de faire pour la réussite de l'éducation de mes enfants. Je m'étais promis de leur faire plein de bisous à ses petits enfants, moi qui n'ai jamais été embrassée par ma propre mère.
Lorsque les contraintes ne sont plus aussi lourdes, on réfléchit à sa vie et on aimerait pouvoir faire ou réparer ce qu'on n'a pas forcément bien fait parce que la vie nous opposait des adversités dont il fallait triompher. Et puis, nous avons des choses à transmettre... bien que l'expérience des uns ne serve pas aux autres.
J'aime bien " la chansonnette" d'Yves Montand . Et vous ?
RépondreSupprimerSgoux.l
mise à part cette scène qui m'a également émue, j'ai éclaté de rire en lisant le commentaire du "grand-père qui s'est reconnu" et qui laisserait entendre que Monsieur Christophe n'a pas su reconnaître Mozart en interprètation libre dudit grand-père.... alors on vous laisse régler vos comptes entre amis Messieurs;) lol
RépondreSupprimerAnne
entre accompagner son patient marcher et ce témoignage, pleins de belles émotions...
RépondreSupprimerUn pastel pour illustré la douceur de vivre sa granpèritude quel bon choix . Un pastelliste anonyme
RépondreSupprimerA l'approche de Noël, j'aimerais retrouvé des petites traditions, des rituels familiaux, des recettes qui porteraient ce sens de fête... pour les offrir à mes enfants qui les garderont pour les leurs... mes parents ne sont plus là et quelquechose au sens de "racine" n'est plus porté... Il faut rechercher, réinventer, pour nous et pour eux...
RépondreSupprimerRecréer un fil, une filiation... la préparation de Noël est un moment pour ça, pour les grands-parents, pour les parents et les enfants.
Bonne soirée.
Je serai grand mère dans 2 mois pour la première fois... votre article m'a émue au larmes. Avec le temps les hommes ont gagné en sensibilité et se donnent le droit de "jouer" à la maman, montrer leur émotion, pouponner. Chose carrément inconsevable pour les plus anciens, il n'y a pas si longtemps. L'ère du "je suis gaga et j'assume" est enfin arrivé.
RépondreSupprimerOn a "grandi". C'est mon opinion...
En tout cas merci pour ce partage très riche en émotions. Véronique
c'est ça la vie de grands parents qui parfois au départ se refusent ce statut, ensuite dès qu'ils ont la garde de ce petit, ils en sont fous et se revoient certainement en train de poupnnner leurs enfants et là en plus ils ont plus de temps, ils sont souvent en retraite et non plus la contrainte des heures de travail En fait, c'est ça l'amour, et ça ne s'explique pas.
RépondreSupprimerJe n'avais jamais fait attention, mais il y a sur le mur ce grand panneau de photos que je ne vois plus que par réflexe. En bas mon père, et sa main cache presqu'entièrement le visage de ma fille. Deux rangs au dessus, je la tiens dans mes bras. Même profil, même sourire, même bébé couvert d'amour...
RépondreSupprimerChristophe, branche ton sonotone (pour reconnaitre Mozart) et prends soin de toi, sinon tu vas finir par avoir besoin d'un psy (j'espère que tu n'es pas allergique à l'humour caustique) ! ;))
RépondreSupprimerJe fais partie de celles qui souffrent en lisant ce billet. Mais si je suis capable de le dire, c'est parce que je commence à me laisser apprivoiser par cette douleur ... 47 ans, je n'ai jamais trouvé un gars assez responsable pour devenir le père de mes enfants et le grand-père de mes petits enfants ... colère, chagrin, regrets ...
RépondreSupprimerMes meilleurs souvenirs sont ceux passés chez mes grands parents. Mon grand-père aimait la musique, le jardinage, la lecture, la contemplation, et j'ai gardé cela de lui.