Je me souviens : en classe de 5ème, cours de Sciences Naturelles. Je suis assis à côté d'un élève de ma classe qui n'est pas un vrai copain (la prof nous a placé d'office pour séparer les vrais copains, justement), mais nous coexistons sans heurts.
Ce jour-là, le cours porte sur la main. Nous devons dessiner nos mains, les doigts, les ongles et tout ça. Quand nous avons fini, la prof passe dans les rangs pour regarder le résultat : "il manque quelque chose, il manque quelque chose" répète-t-elle à tout le monde. "Regardez mieux". Je regarde mieux, mais j'ai beau regarder mieux, je ne vois rien que je n'ai pas dessiné.
Elle a fait le tour de la classe, personne n'a trouvé ce qu'il fallait voir. Elle nous aide : "regardez mieux vos ongles". Et elle repasse dans les rangs. Tout à coup, je vois ce que nous avons oublié : la lunule. Je la rajoute, et j'attends tout fier que la prof repasse.
Mais manque de bol, elle commence par mon voisin : "ah ! enfin ! bravo, très bien !" Le fourbe a vu mon dessin et l'a recopié à toute allure ! Puis elle passe au mien, et laisse tomber : "évidemment, si le premier trouve, l'autre aussi..." Et elle repart au tableau nous faire le dessin complet. Il ne se dénonce même pas, il ne me demande pas pardon, il est juste sacrément embarrassé, il n'ose plus me regarder ni me parler.
Je m'en souviens encore aujourd'hui ! De la scène, de son prénom et de son nom (je ne cafterai pas...), de sa tête. Je ne lui en veux plus, évidemment. Je crois que je ne lui en ai même pas voulu à l'époque. J'en voulais plutôt à la prof. J'étais en colère contre l'injustice, pas contre les humains qui en avaient été les vecteurs. D'ailleurs, en y repensant, je me souviens de la majorité des injustices dont j'ai été l'objet. Sans colère, mais avec intensité. Même si elles n'étaient absolument pas graves, comme l'histoire de la lunule. C'est drôle comme nous sommes psychologiquement équipés pour ne pas tolérer l'injustice. C'est drôle et c'est bien ; sans cette allergie à l'injustice, nos sociétés ne seraient pas bien agréables à vivre...
Illustration : "regardez mieux !"
Bonjour !
RépondreSupprimersauf que nous sommes en général plus équipés pour la justice nous concernant, que pour celle concernant les autres.
Sauf que nous apprenons aussi à vvire avec l'injustice...faite aux autres ("on n'y peut rien", "ça a toujours été et ce sera toujours", "rien n'arrive par hasard").Peut-être devrait-on aussi étudier les mécansimes d'acceptation de l'injustice, même quand cette dernière est...inacceptable justement !
Pensées bienveillantes !
B.A.
Ha ces profs! Moi j'étais tellement discrète en classe, que malgré ma présence à tous les cours dans une classe surchargée de BTS, la prof n'avait jamais du me remarquer! A l'examen d'oral de fin d'année, elle me dit, je ne vous ai pas beaucoup vu à mes cours, vous!! et malgré un examen que je pense pas trop mal, elle me colle une sale note! elle m'a saqué en somme! ce jour là aussi j'ai vu l'injustice, et surtout j'ai compris que dans la vie, il valait mieux se faire remarquer (même en mal! comme ces garçons chahuteurs qui pertubaient le cours, mais qui marquaient leurs présences et qui finalement étaient appréciés)que d'être complètement transparente! aujourd'hui quand je vois sur le bulletin de ma fille, qu'elle est dissipée en glace et qu'elle se fait remarquer, j'ai presque envie de la féliciter!! mais je n'en fais rien evidemment!
RépondreSupprimer"en classe" et pas "en glace" !!
RépondreSupprimerJe n'aime pas non plus l'injustice qui a tendance à m'énerver grave....Voici trois voix des balkans , à bien écouter : http://www.myspace.com/triotzane
RépondreSupprimernb : on se demande pourquoi les élèves chahuteurs ont tant besoin de se faire remarquer ?
sgl
Etre l'objet d'une injustice est douloureux, mais avoir été injuste envers autrui et, bien sûr, le reconnaitre, est aussi difficile à vivre, surtout quand vos responsabilités sont importantes, vis à vis de vos enfants par exemple ou au boulot. Le sentiment de culpabilité est alors au moins aussi fort que celui d'injustice. Ce dernier peut donner de l'énergie pour se faire reconnaitre, le premier mine de l'intérieur car le "mal" est fait et par nous.
RépondreSupprimerCe qui fait, à mon avis, que certains sentiments sont davantage incrustés dans notre matrice émotionnelle, c'est d'une part l'intensité avec laquelle ils sont vécus (sans blague?) mais aussi d'autres part le silence qui les accompagne et qui empêche de se délivrer de l'embarras ( de votre voisin)et de la colère. Qui sait aussi si votre maîtresse en repensant à la scène ne s'est pas trouvée trop sévère, voire injuste pour son jugement bien rapide?
Le silence qui laisse les états d'âme mijoter me semble aussi pesant qu'une parole injuste et blessante.
Bonjour,
RépondreSupprimerEt merci pour l'accroissement lexical : lunule parce que la tache a grosso modo la courbe d'un croissant de lune ? C'est poétique.
A part ça, cette prof - ma collègue aujourd'hui à la retraite sans doute - a eu tout faux ce jour-là. Le pire est l'insulte gratuite, ce qui est tout à fait navrant venant de la part d'un adulte, et pire que tout vis-à-vis d'un enfant/ado. Cette anecdote pourrait s'intituler : " Comment perdre ses élèves".
Ayant interrogé tous mes proches et d'autres encore sur leurs souvenirs de classe, j'ai compris que chacun de nous avait en mémoire des souvenirs de profs méprisables, irrespectueux voire insultants,
(cf Mémoires de maîtres, paroles d'élèves, coll. Librio, dont je recommande la lecture à tout le monde - remontée de souvenirs tellement assurée que je me sens prêt à vous rembourser si ce n'est pas le cas ;o)
... mais également des profs superbes dont la compétence, mais aussi la drôlerie, parfois l'affection nous restent en mémoire de manière aussi nette que cette lunule, Christophe André.
Je ne doute pas que vous en ayez aussi votre part.
Bonne journée à tous
Bonjour,
RépondreSupprimerVous avez raison, l'injustice est souvent présente. C'est d'ailleurs une chose qui me fait réagir à coup sûr.
Une question néanmoins, le type d'injustice que vous décrivez n'influence-t-elle pas notre estime de soi ? surtout lorsque nous sommes enfants et que cette estime de soi se construit ?
Merci pour cet éclairage : j'ai revisité certaines anecdotes de mon enfance sous un nouvel angle grâce à vous.
Bonne journée
Le seul bienfait de l'injustice à notre encontre est de nous obliger à faire mieux, à devenir meilleur, à conserver l'espoir... qu'un jour, justice nous soit rendue, c'est l'Espoir.
RépondreSupprimerPour supporter les grosses injustices, il faut avoir la conscience en paix et cultiver mieux que jamais l'estime de nous-même qui nous permet, malgré et en dépit de tout, de continuer.
Pouvoir se dire chaque soir : "j'ai fait du mieux que je pouvais, en toute conscience". Comme il n'y a pas d'alternative, nous devons en passer par l'acceptation de l'injustice.
La vieille dame écrit ce que sa raison lui a toujours dicté mais il n'en demeure pas moins vrai que la petite fille qu'elle a été n'est toujours pas d'accord et se rebelle...
Qui doit se taire de la vieille dame qui a supporté beaucoup trop d'injustices en essayant de grandir ou la petite fille qui pleure parfois parce qu'elle n'a pas une fée pour marraine ?
Il me semble juste de souligner que nous sommes plus sensible à l'injustice qui nous touche personnellement, même si nous pouvons nous sentir solidaire d'autres victimes. Cela m'intéresse de constater que d'autres gardent la le souvenir des injustices subies. Par contre en ce qui me concerne je suis troublée par le mélange émotionnel en ces circonstances: la colère et la tristesse étroitement mêlées,à côté de l'indignation une pointe de ressentiment (Même en sachant que le pardon libère avant tout l'offensé) C'est difficile de dénouer l'écheveau et parfois ce n'est qu'une illusion:la résurgence du souvenir ému nous le montre.
RépondreSupprimerL'erreur de l'enseignante peut avoir plusieurs explications ce qui n'excuse rien. Par contre d'autres scénarios sont possibles ensuite.Le "coupable" se dénonce en avouant qu'il a copié ( cela s'est vu:je parle d'expérience!) Les voisins interviennent: "Madame , il a triché c'était lui le premier" en désignant le véritable auteur(idem) Enfin "l'accusé" proteste avec vigueur contre l'injustice et là à nouveau c'est l'enseignante qui reprend la situation et elle peut déraper ou pas...
RépondreSupprimerJustice, vérité, réparation, pardon font partie de ces étapes de reconstruction pour pouvoir vivre en paix avec soi-même et l'autre.
RépondreSupprimerDocteur, si je me permets de me mettre à votre place, je n'en voudrais pas à la maîtresse, car elle n'a pas pu connaître les faits exacts.
C'est à mon voisin ou à moi qu'incombe ce travail de vérité. Il ne s'est pas dénoncé, je l'ai pas cafté, seulement voilà, je me sens lésé, car j'ai peut-être besoin du regard de ma maîtresse pour "grandir". Et le voisin ne s'est même pas excusé. J"ai l'impression de vivre dans un monde où les régles sont "pas vu, pas pris, pas condamnable". Que faire?
Pour ma part, sans me révolter contre les injustices et les mensonges puisqu'ils font partie de notre monde imparfait, j'essaie de grandir sous le regard d'un autre monde moins visible, plus intangible où justice, vérité, miséricorde peuvent coexister en paix.
Bien à vous.
Bonjour,
RépondreSupprimerMes enfants et beaucoup d'autres enfants ont souffert d'une maîtresse tyranique ( femme de directeur d'école, conseillière pédagogique pour les nouvelles enseignantes). Mon fils a encaissé sans trop se plaindre de ses méthodes d'un autre temps mais ma fille rentrait tous les jours dans un état de colère terrible, recréant les scènes qu'elles vivaient dans cette école . Elles réunissaient ses poupées et hurlaient dessus comme dans sa classe. J'ai été voir cette femme pour en parler mais elle m'a expliqué que ma fille avait des difficultés à assimiler la lecture ...
Je l'ai remis à sa place avec ses méthodes dépassées (méthode de lecture globale) et sur son attitude indigne d'une institutrice. Je l'ai fait trop tard en fin d'année scolaire, puis nous l'avons changée d'établissement . Par la suite elle a fait la connaissance de deux nouvelles institutrices qui l'ont acceuillie avec une telle gentillesse qui lui ont redonné le goût à l'école. J'étais trop ignorant à l'époque des concéquences de telle méthode sur le psychisme d'un petit être humain en construction Aujourd'hui je me rend compte que des traces sont présentes et l'ont affaiblies.
Si j'en parle c'est pour tous les parents pour qu'ils prennent conscience que ces traumatismes laissent des cicatrices dans la construction de leurs enfants.
Bonne journée . Merci Mr André pour votre dernier livre gratuit que j'ai réussi à me procurer en librairie.
Je reviendrai peut-être plus tard avec quelque chose de sérieux mais Nathalie j'étais tellement contente de lire en glace...
RépondreSupprimerUne de mes expressions favorite est de dire " je suis comme les enfants, je ne supporte pas l'injustice". On se rejoint cher Christophe.
RépondreSupprimerJ'ai 2 ans de moins que vous et j'ai connu à maintes reprises ce type de situation.
Pour mes parents les profs avaient toujours raison et ne seraient pas aller contester leur autorité en leur demandant quoique ce soit.
Alors il fallait survivre dans cet univers difficile qui m'a endurcie d'un grand bahut de province des années 70.Ces profs ou instit qui tout auréolés de leur pouvoir, nous ont fait subir ces petites injustices , ces petites humiliations sournoises, ces blessures à l'estime de soi en construction comme l'ont dit plusieurs de nos commentateurs.
Moi aussi de temps en temps j'y pense encore, ça ne fait plus mal bien sûr.
Depuis il y a eu les autres grandes injustices, les autres grandes humiliations, les graves blessures à l'estime de soi que m'a réservée la jungle professionnelle.
Ceux qui s'attribuent votre travail, ou le dénigrent pour se valoriser. Ce qui vous réservent leur haine parce que vous êtes meilleure qu'eux, parce que vous êtes plus brillante. Mais encore, avoir raison avant tout le monde et donc trop tôt...
Est-ce que les petits malheurs de l'enfant éclairent les malheurs de l'adulte?
Quelles traces cela laisse t-il en nous?
Est-ce que au contraire ça rend plus fort pour affronter la vie?
Que feraient les gosses d'aujourd'hui face à cette injustice vécue par Christophe André?
Quelques parents peuvent-ils m'éclairer? Est-ce que ça a changé?
Bon j'arrête avec mes questions. Merci Doc de m'avoir renvoyée 40 ans en arrière...
Que feraient les enfants d'aujourd'hui face à cette injustice?
RépondreSupprimerLa plupart n'hésiterait pas à la signaler selon mon expérience de prof!
Nos élèves crient bien vite à l'injustice ...j'en fais l'expérience en " heure de vie de classe" où les élèves n'hésitent pas à faire part de leurs récriminations contre tel ou tel prof qui a mis un mot dans leur carnet: bien sûr, ce n'est jamais fondé! C'est toujours une profonde injustice!!!
Pire que l'injustice : la "non-reconnaissance". Aux rencontre parents-profs, les profs ne voyaient même pas qui j'étais ! Résultat : ma première rencontre avec les profs en tant que parent, j'ai emporté des photos de mes enfants dans ma poche ! En même temps, ils ont tellement d'élèves, comment se souvenir de tout le monde? ("on ne peut être rien que parmi des milliers...")
RépondreSupprimerPour ma part, je n'en voudrais pas à la maîtresse pour l'imposture qu'elle ne pouvait pas imaginer mais pour son manque de réserve dans ses propos désobligeants et peu respectueux.
RépondreSupprimerPour ma part, je viens de vivre ce sentiment d'injustice pour un fait bien peu important mais tout mon être s'est rebiffé malgré tout. Oui, nous sommes programmés pour ne pas supporter l'injustice et elle nous touche de plein fouet même lorsqu'elle est d'une conséquence mineure et même lorsqu'on est adulte comme moi (j'ai 54 ans).
0 Pifou
RépondreSupprimerJ'ai eu l'occasion de rencontrer un parent avec la photo de son fils . Je lui ai dit que c'était une gentille attention. Si dans ce cas précis je connaissais bien l'enfant, il m'est arrivé d'avoir un moment de doute.Une réunion programmée trop tôt dans l'année, une classe vue seulement 1h par semaine ou une grande fatigue en soirée au bout de 2h de défilé ininterrompu après une journée de cours...Parfois le prof "révise" avant l'entrevue sur un trombinoscope de la classe pour être OK
Par contre je n'aurai pas imaginé la motivation.Il est vrai que les timides se font oublié, personnellement je n'aurai jamais fait de reproche sue ce fait. Les discrets sont aussi appréciés
Une prof de dessin a dit un jour en montrant mon "oeuvre" : "Voilà exactement ce qu'il ne fallait pas faire". Du haut de mes douze ans , je me souviens d'un peu de honte, puis très vite de ma colère ; "tu ne sais pas ce que je vaux.." Plus tard, je me suis dit que ce genre de remarque pouvait faire beaucoup de dégâts pour quelqu'un de peu sûr de soi... Il n'empèche qu'il m'a fallu bien 15 ans pour reprendre des pinceaux avec plaisir...
RépondreSupprimerLa 1re chose quand mes enfants me rapportent une injustice, je les écoute avec attention et je valide leurs émotions pour éviter qu'il y ait une double injustice ou un double abus. Jamais minimiser ce qu'ils partagent. Ensuite, je leur fais remarquer que j'ai surtout écouté jusqu'à maintenant et leur demande s'ils veulent mon opinion ou non. Cette façon de fonctioner donne d'assez bons résultats avec des adolescents. On regarde ensemble s'il peut y avoir réparation et si cela en vaut le coup. Je les ramène a leur pouvoir personnel quand ils ne souhaitent pas transformer les plaintes en action en leur disant qu'ils eux savent ce qui s'est réellement passé et que leur version sera toujours intact dans leur mémoire. Je suis souvent prise dans un dilemne car mes enfants ne souhaitent jamais que je m'en même et je suis alors divisée entre protection et autonomie. Si cela est trop grave alors je prends position quand même et je me dis que plus tard ils comprendront l'intention derrière le geste i.e. être l'adulte protecteur.
RépondreSupprimeril y a aussi parfois des remarques de personnes injustes à l'égard de nos enfants ... ma fille Juliette me dit souvent qu'elle est punie par sa maîtresse en ce moment .
RépondreSupprimerPunie de quoi ?je n'en sais pas plus . Je décide de rencontrer sa maîtresse un soir, à la sortie de l'école afin de connaître les raisons de ces punitions .
Elle me répond haut et fort que Juliette (5ans) prend trop la parole en classe sans lever la main; ma fille est là à côté de moi , elle entend, la mine boudeuse, les paroles de sa maîtresse. Puis soudainement, celle-ci se tourne vers ma fille et lui demande de manière agressive (mon ressenti) : "arrête s'il te plait de faire cette tête quand on te dit les choses", puis rajoute "JE NE VEUX PLUS QUE TU DEVIENNES LA POISSOnNIERE DE LA CLASSE" ; en tant que maman et pédagogue de par mon métier, mon coeur se met à battre super vite, je sens que ma gorge se noue et des sueurs envahissent tout mon corps très rapidement. Et là au fond de moi, je me dis stop . Non je ne veux pas porter caution de cela. Ca dépasse mes limites . Je recule , je respire , j'attends un instant et je réponds cette fois-ci en regardant d'abord ma fille "ok, il y a un règlement dans cette classe, la maîtresse tient à ce que tous vous le respectiez, en l'occurrence celui de ne pas parler sans lever la main"; et je finis en regardant cette fois-ci l'instit : "ce que je ne peux pas accepter c'est ce que vous venez dire à ma fille , le ton, les mots que vous avez employés, ce n'est pas possible, je vous les rends, ils ne sont pas à moi". La maîtresse troublée finit par me répondre : "en fait c'est de ma faute, j'ai trop chouchouté votre fille" ... Nous finissons par nous saluer, je repars, très émue de cet entretien, ma fille me serre la main, la mine réjouie à l'idée de savoir qu'elle va rentrer dans sa maison .. et moi, maman, j'ai des interrogations: "punir parce qu'elle prend trop la parole, oups, c'est dur ça ... " et aussi le "c'est de ma faute, j'ai trop chouchouté votre fille" : là j'avoue que j'ai du mal à comprendre ... maladresse affective ou tout simplement une protection ? se protéger de quoi d'ailleurs ? de cette prise de conscience d'avoir manqué de pédagogie ?
Et là je pense à votre sagesse Christophe, en me disant que j'ai les moyens de ressentir de l'empathie pour cette femme ... aujourd'hui, ça va mieux, nous n'avons pas perdu contact , et ma fille est épanouie pour de vrai, j'espère .
Beatrizia a écrit :
RépondreSupprimer« Sauf que nous sommes en général plus équipés pour la justice nous concernant, que pour celle concernant les autres. »
Un bon point pour vous :)
Les racines du mal résident dans le cœur : égoïsme, ignorance, jalousie, haine....
L'injustice que l'on peut ressentir face à Dame Nature qui ne nous a peut-être pas gâté concernant notre physique ou nos aptitudes ... je ne parlerai pas de beauté... Mais n'empêche que les enfants se montrent facilement du doigt entre eux n'oubliant pas de relever le moindre défaut. L' injustice, oui ! elle commence dès le berceau : première injustice subie... "Etre né quelque part..." comme le chante si bien Maxime le Forestier. Eh, oui...
RépondreSupprimerBonne soirée à tous.
Je cherchais justement ce soir un outil destiné aux enfants, aux élèves pour gérer les conflits, exprimer leurs émotions, pour permettre aux mots de prévenir les coups ou les blessures physiques et ou psychologiques.
RépondreSupprimerJ'ai retrouvé traces des travaux d'une Québecoise, Danielle Jasmin et voici un lien vers entre autres les "messages clairs":
http://www.icem34.fr/detail.php?nw_id=62
développés par des écoles, notamment Freinet Montpellier.
JYves Le Treust
En vous liasnt ce soir, j ai l'impression de revivre des moments de mon enfance empreints d'injustice.
RépondreSupprimerCes injustices, nous ont construit, rendus plus sensibles et plus empathiques que les autres.
Pourquoi ressortir cet épisode aujourd'hui?
Y aurait-il un copieur? ...
Une grande confiance en soi due à une béquille appelée "amour" et construite pendant notre enfance devrait nous aider à dépasser de telles situations.
Faute de quoi, on se sentirait selon les aléas un "boiteux " de la vie.
Gardons confiance en nous!
Bonsoir,
RépondreSupprimerMoi je me rappelle d'une injustice en CM1. J'étais un peu enrobé à cet âge là et certains instituteurs m'avaient dans le colimateur (deux vieilles dames) parce que j'étais un enfant influençable et renfermé. Tous les efforts que je faisais maladroitement pour "être comme les autres" me retombaient toujours sur le coin de la figure. Un peu comme un chien-chien qui tire trop sur sa laisse et que l'on rattrape par un coup sec de cette laisse...
Tout cela pour dire qu'en CM1 j'ai vécue ma première d'une longue série d'injustice jusqu'à mon "immancipation" par la rebellion vers 17-18 ans...
Je jouais, donc avec des camarades au loup dans la cour... Une fille de mon âge me poursuivait... J'étais heureux parce qu'on jouait avec moi, c'est affreux pour un enfant de vivre ce genre de vie ! Cette petite fille m'a bousculé pataudement pour m'attraper et m'a fait tomber... J'ai entraîné dans ma chute un plus petit garçon que moi qui jouait dans un coin : il s'est ouvert l'arcade sourcilière sur le rebord d'une fenêtre en métal... Le sang coulait allègrement... A 10 ans, je croyais que je l'avais tué !
Ces institutrices m'ont exclue des cours tout le reste de la journée et m'ont laissé chialé dans le hall alors qu'elles me traitaient de brute, de lourdeau... Moi un enfant si délicat... Je me rappelle mes pensées se choquer contre un mur dans mon cerveau, ces femmes voulaient y pénétrer et m'inculquer le poison de l'influence négative, elles auraient tellement aimé que je sèche mes larmes, que je me lève et je leurs disent : "maîtresses, merci de me montrer que la vie sera dure car je suis différent et que ma place n'est pas parmi les êtres supérieurs que vous êtes"...
je ne pense pas que l'injustice nous construise,les difficultées oui,mais pas l'injustice!
RépondreSupprimeret puis n'oublions pas que tout le monde n'a pas,ce que LOLO appelle la" béquille amour" et là est peut être la première injustice et la plus fatale!
l'injustice règne partout, il y a toujours eu des opprimés, et des gens pouvant crier haut et fort tous leurs droits, d'autres sont bafoués et pourqouoi un enfant venant au monde souffre déjà soit par la maladie ou par un manque d'affection alors que des anciens ne demandent qu'à partir pour le long voyage, ils ont fait leur vie, un enfant n'a pas demandé à souffrir, un jeune n'a pas demandé à quitter ce monde en laissant des gosses en bas âges, des familles attristées mais notre Père céleste en a décidé ainsi et souvent tout retombe sur toujours la même personne il y en a qui sont vraiment nés sous une mauvaise étoile
RépondreSupprimerC'est dur, d'être prof, vous savez... on n'est pas parfait, et justement nos élèves voudraient bien que nous le soyons. On n'est pas juste, et nos élèves voudraient bien... bref, on n'est pas leurs parents, et pourtant, pour les quelques heures de cours avec eux, il faudrait être aussi bon, aussi doux, aussi juste que la meilleure des mamans...
RépondreSupprimer"Regardez mieux" c'est très difficile, nous voyons d'abord avec ce que nous sommes, il faut bien se connaître, et encore, pour pouvoir regarder mieux.
RépondreSupprimerUn enfant malade vit la vie comme une injustice et pourtant qu'y a-t-il d'injuste ?
C'est quoi l'injustice ?
Oh la la ! Comme c'est difficile ! Plein de choses se bousculent !
RépondreSupprimerLa lecture de ce billet et les commentaires ne me rassurent pas du tout. J'aimerais pouvoir me laisser croire que je suis seule victime d'injustice. Pas pour être unique et victimiser, non, pas du tout, mais pour me dire : "Eh bien je n'ai qu'à travailler sur moi-même, sur ma confiance en moi, et tout va rentrer dans l'ordre". Mais cette lecture me confirme ce que j'essaie pourtant de ne pas me répéter, ce qui m'obsède depuis ces dernières années : "Qu'est-ce que c'est que ce monde de merde ?"
Au commentaire de Frédéric, je n'étais plus capable, les larmes ont jailli, et à celui de Boubou, j'ai éclatté en sanglots. Voilà ce que ça me fait, le sentiment d'injustice, que ce soit envers moi ou envers les autres, cela me révolte, mais comme je me sens impuissante, je ne peux que pleurer de rage.
C'est bien que des parents comme Rachel apprennent à leurs enfants à gérer ce sentiment d'injustice, mais tous les parents n'ont pas les outils pour le faire.
Et puis, je pense à l'illustration du billet "Waf" du 11 décembre, qui m'avait fait sourire : "Les animaux sont-ils des hommes comme les autres ?".
Et je pense aussi à ma première critique, Dr André, latente depuis plusieurs mois, mais qui s'est formulée à la lecture des billets et commentaires de ces derniers jours. Ce n'est pas contre vous spécifiquement, c'est un peu contre tous ces livres, documentaires et autres média de conseils pour les personnes qui se retrouvent avec des difficultés psychologiques.
(suite plus bas)
(suite)
RépondreSupprimerEn réfléchissant à ce que je voulais écrire, je crois aussi comprendre un commentaire d'un anonyme (11 décembre 2009 10:45) qui trouvait les conversations de ce blog "particulièrement abstraites" :
on fait quoi, concrètement, avec ça ?
C'est bien gentil de parler d'acceptation, de Créateur ou d'antidépresseurs pour calmer les effets négatifs provoqués par le sentiment d'injustice et autres blessures d'enfance qui se répètent plus tard et que personne ne nous a jamais appris à gérer, au contraire bien souvent. Mais si les pillules ne stoppent pas les agressions et risquent d'être totalement inefficaces à la longue, pillules ou pas, à force de prendre sur soi et prendre sur soi encore, on finit comme moi (et tant d'autres), à se retrouver écrasé sous un gros tas de m... et rien que se faire dire encore gentilment : "Ecoute, prend sur toi et passe à autre chose", risque d'être une autre petite goutte de plus qui fait déborder le vase.
Je n'ai pas tout lu, mais j'ai lu ou parcouru de nombreux livres, et les seuls qui offrent une analyse concrète des relations humaines, sont ceux de Marie-France Hirigoyen "Le harcèlement moral : la violence perverse au quotidien" et "Le harcèlement psychologique au travail", et surtout de Isabelle Nazare-Aga avec "Les manipulateurs sont parmi nous" qui propose en plus des attitudes et des mots à opposer à ceux qui tentent de déstabiliser et même détruire notre estime de nous-même afin de nous "avoir à leur botte".
Concrètement, il n'existe strictement aucune loi pour nous protéger de harcèlement psychologique, même la loi contre le harcèlement psychologique au travail est la chasse gardée des harceleurs-manipulateurs eux-mêmes.
En passant, si vous voulez vous guérir de votre hypersensibilité à l'injustice, devenez avocats ou juges : eux-mêmes disent que la Justice n'est pas au service de la justice.
Finalement, cette absence de loi, c'est presque rassurant. Ce qui l'est moins en revanche, c'est l'absence de support psychologique. Aucun des médecins, psychologues, intervenants ne savaient de quoi je parlais. Je n'ai trouvé de mots et d'écho à ma douleur trop violente que dans les livres de ces deux auteurs.
Voilà ma critique, je ne sais pas ce qu'en pensent les autres, avez-vous trouvé du support ?
Merci Boulezail d'être là. Comme pour vous la lecture de "harcèlement moral" a été une révélation. L'auteur dit enfin qu'il y a une "victime" et un "agresseur". Quel soulagement pour toutes les personnes à qui l'on disaient qu'elles étaient "maso". Une de mes amies m'a m^me dit un jour que j'avais un "tempérament d'esclave", me blessant ainsi profondément au lieu de m'aider. Grâce au travail remarquable de Marie-France Hirigoyen, le harcèlement moral est également reconnu au sein du couple. Mais s'il faut prendre ses distances à tout prix avec les "harceleurs", il s'avère, de mon point de vue, que nombre d'entre eux ne sont pas responsables de leur comportement, et lorsqu'on en prend conscience, c'est un immense soulagement, cela permet la compassion et le pardon. Et la restauration de l'estime de soi.
RépondreSupprimerUn "monde de merde", sans doute, Boulezail, mais on n'en a pas d'autre. Accepter, ça ne veut pas dire se résigner, mais faire avec du mieux qu'on peut. Et surtout ne pas " prendre sur soi", je déteste avec vous cette expression débile et destructrice. S'exprimer, ne pas "garder pour soi", c'est déjà un bébut, c'est déjà beaucoup, et c'est ce que nous permet ce cher docteur en ouvrant son blog à notre parole libérée.
Merci Christophe André, Merci Boulezail, merci à vous tous.
PS : je vais me précipiter sur "manipulateurs...", j'en ai une au bureau qui est très talen-tueuse et que j'ai bien du mal à "gérer".
Moi cette situation, je la vis au quotidien. Le collègue (juste au dessus de moi, dans la hiérarchie, malheureusement) ne fait rien et les rares fois où il fait, il bâcle atrocement... Moi je passe des heures et des heures de préparations et monsieur, s'attribue mon travail, ça me ronge, j'en ai parlé à ma hiérarchie, ils ont bien compris seulement personne ne dit rien, quand chef est venu pour dire, mais qui prépare cela, devant moi, le collègue a dit des fois c'est elle des fois c'est moi, là j'ai du ça non, c'est entièrement mon travail pour juste une 1h30 dans la journée, il me faut 1h30 de prép, mais le collègue persiste à faire passer mon travail pour sien aux yeux des autres collègues... (dans mon dos biensur, j'entends juste des bruits de couloir) alors le27 avril nous avons une grande réunion, j'ai écrit une petite lettre que je compte bien lire, je l'ai pensée pour qur je ne me mette pas en colère ce qui me dessert chaque fois.ça va pourrir l'ambiance (et encore si le collègue comprend car, il fait souvent semblant de rien) Mais cette injutice vécue au quotidien est horrible et douloureuse, voir ses idées,son temps et son argent, bref le gros investissement qu'on met dans un travail qu'on aime, spolié par un idiot et qu'on est juste assistante, c'est destructeur.
RépondreSupprimerpff à la réunion on m'a fait comprendre que le collègue ne pouvait pas avoir la possibilité de faire ça, pas le temps! Je sus un peu écoeurée en plus l'inspecteur va venir depuis 2 semaines, le collègue le sait alors il change tout, il fait des référents à montrer à tout le monde mais complètement inutile sur le terrain...
RépondreSupprimerC'est fou comme ce sentiment d'injustice peut persister.
être minée par la culpabilité des injustices commises, l'incompétence face à des difficultés importantes,l'incapacité de rassurer un papa qui pleure,l'incapacité de gérer la colère de deux mamans qui dénonçaient une injustice .Voilà comment a commencé le week-end et comment il se termine.
RépondreSupprimerEtre un prof heureux....
demain , comment un prof malheureux pourra-il être efficace dans son enseignement et dans sa relation avec l'élève?
Comment croire en lui?Et s'il ne croit plus en lui,comment croire dans son élève?