mercredi 11 novembre 2009

La guerre des tranchées


Quand il fait bien gris et froid et pluvieux en novembre, et tout l'hiver, je pense aux soldats de la guerre de 14-18, et à leur sale vie dans la boue des tranchées. Je sais que c'est un peu idiot, mais je leur fais une petite prière de remerciements. Ils se sont battus et ils sont morts dans l'espoir que notre vie à nous soit meilleure. Qui peut dire si cela a été ou non utile ? Paix à leur âme.

22 commentaires:

  1. Bonjour,
    Une pensée salutaire à toutes ses vies et histoires brisées par l'horreur des guerres. Echec dramatique de compromis et de respect entre les êtres humains.
    Un très beau film a découvrir sur la fraternité "Joyeux noël" avec Danny Boon.
    Bonne journée.

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  2. 11 novembre:
    Mon grand-père et mes deux grands-oncles, dont je ne sais rien, sinon leurs noms et l'année de leur mort (1914 et 1916), qui figurent sur un monument,pas de photo,pas de lettre...

    "les morts,les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
    Et quand octobre souffle,émondeur des vieux arbres,
    Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres,
    Certes, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
    A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
    Tandis-que, dévorés de noires songeries,
    Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
    Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
    Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver
    Et le siècle couler, sans qu'amis ni famille
    Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille..."

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  3. la terre n'est pas carrée11 novembre 2009 10:21

    Aujourd'hui encore, le pourquoi de ces millions d'hommes sacrifiés en 14-18 demeure une énigme. L'aveuglement des éats majors, l'entêtement des chefs d'armée, le désir fou d'écraser l'"ennemi"... Un historien confiait se poser la question en marge de ses études: pourquoi avoir mené tant d'hommes à un tel sacrifice? Pourquoi, comment cela avait-t-il pu être possible?

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  4. Bonjour Christophe, Bonjour à Tous,

    Abraham Lincoln a dit "Quand une guerre s'achève, on ne sait plus pourquoi elle a commencée".
    Jacques Prévert a dit " Quelle connerie la guerre".

    Combien de souffrance et de morts dans les tranchées quand d'autres s'amusaient à l'arrière,ou se planquaient sans parler de l'attitude de l'Etat major...

    Et l'Allemagne qui ne s'en est finalement vraiment sortie qu'en 1989!!

    Je conserve précieusement la Croix de guerre de mon grand père qui était dans les tranchées à Verdun, et en est revenu. Je pense à lui en ce 11 novembre.

    Fort heureusement le cinéma et les fictions à la télévision "commencent" à s'interesser au thème de 14/18. Joyeux Noël ou le pantalon rouge sont des évocations remarquables de ce qu'ils ont enduré et de leurs états d'âmes.

    Voilà ce que m'inspire le billet du jour.
    Bonne journée.

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  5. Bonjour,

    Autant la deuxieme guerre mondiale etait une guerre pour le futur, autant la premiere guerre mondiale etait une guerre de son temps.
    Les pauvres soldats ne sont pas morts pour que nos vies soient meilleures, pas les soldats de 1914, ceux la ils sont morts pour rien, mais vraiment pour rien, a la rigueur ils se sont batus pour que leurs vies a eux soient meilleures, mais meme ca ils ne l'ont pas eu.

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  6. Hello,
    a) En effet, bien que je n'aie connu aucun des mes arrières-grands-parents, 14/18 est un événement qui me touche énormément parce que contrairement à 39/45, plus complexe (collaboration/résistance/etc), 14/18 montre l'Homme à 'état brut: pas de côté plus "méchant" que l'autre, juste deux coalitions qui s'affrontent ...malgré les Lumières, malgré la notion de progrès.
    b) je ne suis pas d'accord avec vous Hannah. Les historiens soulignent que ceux de 14 sont partis certes mués par le désir de revanche par rapport à la défaite de 1870 mais aussi pressés par l'idée d'une guerre de civilisation. Ce sera la "der des der". Je crois qu'ils ont été généreux en ce sens.
    Bien à vous et bien à eux !
    B.A.

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  7. Grrr...En ce jour férié, j'avais prévu de découvrir votre dernier livre et voilà qu'à la fnac on me dit qu'il ne sort que le 19 novembre ? Qu'en est-il exactement de ce "livre cadeau" ?
    Bonne journée du souvenir !
    Cathy

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  8. J'adore la luminosité de novembre, le retour du patin à glace et du ski, des glissades, des écoles fermées à cause de la neige, des plats mijotés, des chocolats chauds. Je dirige plutôt ma gratitude envers la nature qui me permet de voyager à travers les saisons sans quitter le confort de chez moi. Sinon, pour les gratitudes, j'en écris habituellement cinq par jour pour me souvenir de toute la chance que j'ai de pouvoir vivre comme je vis présentement. Cinq gratitudes par jour c'est plutôt facile à trouver quand on garde les yeux bien ouverts.

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  9. Boulezail a dit…

    Si la guerre et la misère sont des fatalités, alors l'Homme est une catastrophe naturelle comme les autres.

    La seule version historique crédible sur les motifs de la guerre 14-18, selon moi, est celle de Roger Martin du Gard dans "Les Thibault".

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  10. Hé ! DOC ! puisque vous posez la quéstion : " qui peut dire si cela a été utile ou inutile ? "....
    J'aimerais vous poser la quéstion suivante DOC ! ..... " à votre avis , à quoi ça sert le déséspoir ? " ........

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  11. Je regarde la photo de cet homme, souriant ou presque... Je repense aux récits de ma mère de la 2nde guerre...Malgré mon spleen et mes angoisses...Je me demmande si ils étaient plus fort que moi? Si quand on n'a pas choix on est plus fort... Ou pas. Je pense à la photo du frère de ma grand-mère, celui qui s'est suicidé, quelques années après son retour de la guerre... A cause de ses cauchemards, disait-on.

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  12. Et bien moi, en ce 11 novembre, je regarde vers l'avenir... Même si les feuilles sont mortes tout comme tous les poilus !

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  13. Le seul véritable hommage que l'on puisse rendre aux combattants de la Grande guerre, à mon sens, c'est de faire la paix autour de soi... et en soi ! Je vois trop souvent, de là où je suis, certains anciens combattants qui commémorent l'armistice mais provoquent de nouvelles guerres autour d'eux ! et je trouve cela est bien triste... car alors, en effet, les poilus ont mené une guerre inutile !
    Arrêtons donc les défilés militaires pour leur rendre hommage et faisons plutôt la paix partout où nous sommes !

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  14. Bien dit Laurent .Il y a trop de parade de la part de politiciens .
    Voir , Berlousconi qui dormait pendant la commémoration du mur de Berlin.
    Quelle honte! Il s`en foutait de la souffrance des gens qui ont vécu sous communisme. Et comme lui il y a aussi d` autres.

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  15. Fêtons la paix ... et faisons la paix en nous et autour de nous ... mais pour ça il faut savoir comment se déroule un conflit pour mieux l'apréhender .A quand des cours comment monte un conflit, comment arrive la colère , comment le gérer ...

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  16. pour ça, anonyme, il faut lire les livres de Christophe André ! lol

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  17. Pas la patience de lire tous les messages alors qu'ils sont touchants d'esprit de gentillesse de foi.Sensibles.Amusants des fois.
    Pas le temps mais curieuse à chaque fois de decouvrir le thème du jour du blog.
    Et c'est sympa d'avoir à chaque fois une photo.
    Ca me fait penser à ce que j'aimais par dessus tout petite : lire des livres mais à une condition-qu'il y ait des images avec.

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  18. C'est trop drôle, je n'avais pas fait le lien entre la journée du souvenir et le thème.

    Désolée également à tous ceux qui ont vécu des TSPT (trouble de stress post traumatique) suite a la guerre ainsi qu'à leurs proches et à leurs descendants.

    Quand je suis allée a Paris, j'ai été émue par le soldat inconnu. Je vous raconterai comment tout ça résonne dans mon histoire de vie un jour peut-être.

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  19. Voilà je me lance. Merci Dr André de me permettre de rendre hommage à mon grand-père, qui était sur le front et suite à une blessure s'est retrouvé brancardier à Verdun. Il était très pudique sur cette longue période de sa vie (7ans) Il ne faisait devant les enfants que de discrètes allusions à ces horreurs, c'était surement trop difficile pour lui et une manière aussi de nous préserver. Il avait un beau regard bleu, doux, un beau sourire, il aimait la musique, il aimait rire et chanter. Je me sens bien faible par rapport à lui, avec mes antidépresseurs, mes "états d'âme", je n'ai pas sa force. Je suis très heureuse de l'avoir connu longtemps, il est parti à 90 ans, d'un arrêt cardiaque...

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  20. nous ne sommes vraiment pas à plaindre dans notre société plutôt matérialiste et confortable, le message de Christophe ANDRE doit nous permettre de relativiser nos "petits" soucis quotidiens et d'accueillir une journée humide grise et froide d'automne ou d'hiver comme un instant de recueillement et de gratitude envers nos ainés qui ont tant souffert,pour la paix d'aujourd'hui, accueillons comme un don de telles journées qui sonnent comme des 11 novembre bis. PASCAL.

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  21. "VERRE D'EAU"

    On l'appelait ironiquement "Verre d'eau".

    Auguste était un vieil ivrogne sans nom.

    Hydraté dès le lever avec la pire des piquettes, la matinée se terminait invariablement dans une noyade de tonnerre et de feu, la grosse gnôle prenant vite le relais des p'tits canons...

    A travers cette voluptueuse agonie de sa conscience le buveur nageait, tour à tour hilare, hébété, larmoyant, dans ce qui semblait être son véritable élément : un univers sinistre d'amnésie tranchante et de gaité frelatée.

    Soixante-cinq ans que cela durait. Une existence entière vouée à l'ivrognerie la plus crasse.

    L'on s'étonnait d'ailleurs que "Verre d'eau" fût encore de ce monde après cette longue vie arrosée des pisses de Bacchus.

    Mais il était solide l'Auguste ! Faut-il qu'il y ait un Dieu pour les assoiffés sans fond... Il est vrai qu'il avait survécu aux tranchées de la "14". A le voir ainsi, lamentable, abreuvé d'indignité, dégueulant son ivresse, qui l'eût cru ?

    Après avoir traversé l'enfer de la Grande Guerre, qu'est-ce qui aurait donc pu l'abattre ? Pour ce passé héroïque on pouvait bien lui pardonner son vice, au vieil Auguste... Son statut de vétéran le maintenait malgré tout en estime dans le coeur de ses concitoyens navrés de le voir chanter ses "gnôleries" du matin au soir.

    Lui, ne parlait jamais des tranchées. Soûl à toutes heures de sa vie, comment aurait-il pu tenir une conversation cohérente sur quelque grave sujet ? Même lors des commémorations annuelles, il recevait l'accolade du maire l'haleine chargée de tous les alcools du diable... Se souvenait-il encore au moins de sa jeunesse dans la boue des combats ?

    "Verre d'eau" finit par mourir dans un dernier hoquet désespéré dédié à la vigne qui, depuis l'âge de vingt-deux ans, l'avait aidé à vivre.

    A oublier surtout.

    Il buvait comme un trou depuis l'âge de vingt deux ans... C'était en 1918, la fin de la guerre. Celui que désormais on allait bientôt surnommer malicieusement "Verre d'eau" venait d'être démobilisé. Vingt-deux ans et déjà toute l'horreur des tranchées dans le regard.

    Pauvre "Verre d'eau" ! Homme pitoyable, misérable, lamentable, mais surtout âme sensible brisée en pleine jeunesse, nul ne saura jamais son secret d'ivrogne.

    On inhuma bien vite le défunt sans famille.

    Nul ne sut que ce sobriquet de "Verre d'eau" sonnait aussi juste chez lui, deux syllabes lourdes comme le son du glas, sombres tel le chant fatal de l'airain...

    "Verre d'eau" : des sons clairs et sereins si proches des sons de l'enfer. Des sons qui, ironie du destin, rappelaient son drame, poignant.

    Car le drame de "Verre d'eau" c'était...

    Verdun.

    Raphaël Zacharie de IZARRA

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