jeudi 12 novembre 2009

Panic transmitter


L’autre jour, Patricia, une des infirmières de la consultation, vient me remettre un bip d’une genre un peu spécial. Il est écrit sur sa boîte en carton : « Panic Transmitter ». C’est un moyen d’alerter tout le service en cas d’agression par un patient violent (ou par n'importe qui, d'ailleurs, il n'y a pas que nos patients qui peuvent péter les plombs ; ils le font peut-être même moins que les autres, mais bon, c'est un autre débat).
C’est vrai que le soir, nous finissons parfois nos consultations tard et seuls ; et que les portes sont souvent ouvertes, n’importe qui peut aller et venir. Donc, risque d'agression envers l'infirmière ou le médecin qui fait son boulot. Pas très gai, mais c’est comme ça, ça existe.
En tout cas, c’est drôle comme appellation : « Panic Transmitter », transmetteur de panique…
Ça va faire une sacrée ambiance, le jour où ça va sonner dans le couloir. D’ailleurs, pour éviter les fausses manœuvres, la manipulation est un peu compliquée : il est nécessaire d'appuyer sur les deux boutons en même temps. Mais du coup, il ne faudra pas trop paniquer tout de même…

23 commentaires:

  1. "Que rien ne te trouble, que rien ne t'épouvante, la patience triomphe de tout... Dieu seul suffit."
    Sainte Thérèse d'Avila

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  2. et en plus vous êtes debout à 6h du matin pour nous mettre sur votre blog votre petit message ! Je sais pas comment vous faites pour dormir si peu ! Merci en tout cas de nous faire si bien profiter de votre temps ! (moi si j'ai pas mes 8h de sommeil... je pète les plombs ! lol)

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  3. ah oui.... c'est pour les paniques d'attaque... et non pas pour les attaques de panique lol ; c'est mieux de ne pas les transmettre celles là!
    maintenant, si on se dirige "solutions" dans la rubrique traduction : comment pourrait-on nommer dans notre belle langue ce petit appareil? "signal d'attaque??" ce serait déjà mieux que le "transmetteur" : au moins on signale sans vouloir transmettre la panique lol
    A part cela, je rejoins Laurent quand il se demande comment vous faites pour "démarrer" si tôt.. mais à chacun son rythme et si celui là est le vôtre,c'est l'essentiel.
    douce journée
    Anne

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  4. "Panic transmitter", je ne sais pas pourquoi mais cela me fait penser a un film SF de série B genre l'attaque des tomates tueuses!!..
    Ça fait très Panic a l'hôpital , cela me parait un peu surréaliste mais j'imagine que si vous êtes équipé de la sorte, c'est que le risque est bien réel...Enfin j'espère que vous aurez a l'utiliser le moins possible.
    Belle journée..
    Virginie.

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  5. Avec un tazer, ce serait plus efficace et puis l'électrochoc, çà fait encore partie de la panoplie thérapeutique, non?

    Sinon, pour se lever à 6 heures ; acheter un nourrisson!

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  6. Cher Auteur,

    Merci et merci encore de faire changer le regard chaque jour un peu plus sur ceux qui souffrent de troubles psychologiques. Travaillant moi-même en hôpital psychiatrique, je suis souvent agacée (le mot est faible) de ce qui peut être mis sur le dos des patients.

    Un départ d'incendie : "encore un patient qui a mal éteint sa cigarette"; un vol dans un bureau d'un sac à main : "un patient toxico pour s'acheter sa dose". Tout cela bien sûr sans avoir jamais vu l'auteur. Supputation, discrimination. Et puis souvent, en tous cas, pour les sacs à mains, il faut des clefs du service....

    D'ailleurs il faut des clefs pour tout, si jamais la maladie mentale se transmettait par les airs. C'est comme les blouses blanches, pourquoi sommes-nous obligés de porter ces uniformes. Il me semble que les métiers du soin relationnel ne sont pas "salissant"? C'est sans doute rassurant pour certains "soignants". Et je sais que vous ne la portez pas, cete fichue blouse. Ce n'est pas elle qui fait naitre l'empathie, améliore la bienveillance. Peut-être même, produit-elle l'effet inverse.

    Je ne n'ai pas les données sous la main, mais statistiquement, il y a beaucoup mais réellement beaucoup plus de risque d'être agressé dans le métro que dans l'enceinte d'un établissement psychiatrique et d'autres données montrent que notamment les personnes atteintes d'un trouble schizophrénique font partie des personnes parmi les plus vulnérables pour être agressées.

    Et si on l'appelait "appel solidaire" ce panic transmitter ?

    Bonne journée.

    AG

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  7. Bonjour,

    Je suis aussi de l'avis d'AG et un peu effrayé sur ce transmetteur de panique. Pour prévenir la violence, il ne faut pas nécessairement “bourrer” les patients de pilules non plus, mais plutôt s''attaquer à la consommation d''alcool et de drogues.
    Christian Joyal qui détient un doctorat en neuropsychologie de l''Université de Montréal précise que «jusqu''à 10% des personnes schizophrènes peuvent avoir des comportements agressifs, ce qui est très peu en chiffres absolus.Les schizophrènes ayant une tendance à user de la violence sont surtout des hommes et le font le plus souvent envers un membre de la famille ou un proche dans le contexte d''un délire de persécution paranoïde; ils ne sont donc pas dangereux pour la population en général, contrairement à la croyance populaire.»
    Pour ce qui concerne les patients enfermés dans les chambres d'isolement, je ne trouve pas normal non plus que dans certains endroits, les sonnettes d'alarme soient débranchées.
    Bonne journée!

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  8. Bonjour,

    En fait, c'est à vos patients que vous devriez confier un "Panic Transmitter" !
    Précisément à ceux qui sont touchés par les attaques de panique.

    Quand j'en faisais une et souvent plusieurs par semaine ( cela a duré 12 ans ), c'était l'indifférence la plus totale à Paris dans le RER. Jamais un geste ou une parole de réconfort. Vous pouvez être malade comme un chien, mais personne pour vous aider, même avec une chemise bien repassée et des chaussures cirées. ( Je n'ose même pas imaginer la galère des SDF. )

    Le "Panic Transmitter" pourrait être utile non pas pour alerter le SAMU mais aurait peut-être un effet placebo.

    Ce qui m'a souvent aidé c'est que le RER que je prenais tous les matins passait par une station proche de votre consultation, Docteur, à Ste Anne. Je savais que je pouvais trouver de l'aide mais cela n'a jamais eu lieu car au bout de 45 mn le pic était passé.

    AG ci-dessus parle du métro; J'ai passé la semaine dernière à Paris. J'y ai vu beaucoup de détresse.

    En recherchant « Panic Transmitter » sur Google, je vois que votre blog a été immédiatement repéré au bout de 3 heures et arrive sur la première page en deuxième position !

    En recherchant toujours sur Google uniquement "dr christophe", vous arrivez largement en tête avec 1 410 000 résultats !

    Il n'y a pas de quoi paniquer mais cela fait réfléchir...

    Bonne journée à tous.

    Alain L

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  9. Bonjour,

    Je suis d'accord avec vous Alain, on devrait peut etre donner un panic transmitter aux patients, comme une sorte de prevention.

    Ce que je trouve amusant c'est le contraste entre le nom de ce bipper: "panic transmitter", qui pour le moins anxiogene et le nom de la boite qui le fabrique:"Honeywell"

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  10. Pour Bipote,

    Merci pour votre précieux complément d'informations.

    Quant aux chambres d'isolement, sujet délicat.
    Il y a le "faire" dans l'action "d'isoler" mais il doit y avoir aussi "l'être" au travers de l'intention que le soignant met dans cet acte. Malheureusement, ce n'est pas toujours fait dans une démarche purement soignante pour apaiser la personne en crise.

    Fermer une porte c'est souvent fermer le dialogue. Certes, parfois, celui-ci n'est plus possible temporairement, du fait de l’état de crise. Mais il ne faut pourtant pas que cet acte se transforme (ou soit vécu) comme punition, rejet de la personne mais être juste un moyen à très court terme de canaliser la souffrance. La parole doit demeurer même sans réponse verbale de celui qui souffre. Le lien doit demeurer.

    Pour Alain L.

    J'ai vécu aussi des attaques de panique et c'est terrible et j'habite Paris ! C'est vrai que le premier mouvement en lisant le blog de bon matin, a été celui de recul (mais pas de fuite tout de même)face à cette expression "panic transmitter". Un petit courant froid m'a traversé et puis, j'ai respiré et le mini pic est redescendu.

    Souvent, il ne faut pas grand chose pour être apaisé et pas spécialement avec des médicaments.
    Je me souviens d'une dame sur qui je veillais le soir chez elle et qui était atteinte d'un cancer du sein. Elle devait passer un IRM, or elle était sujette à la claustrophobie. Les médecins ne trouvaient jamais la solution pour qu'elle puisse passer l'examen. Un jour, elle a demandé à ce qu'un infirmier, sans doute un peu plus empathique, vienne avec elle et simplement lui tiennent d'une main sa cheville qui dépassait de la machine imposante. Elle a pu passer son examen sans trop de peur parce q'uelle était connectée, en LIEN, avec une autre personne.

    Les choses simples sont encore les meilleures.
    AG

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  11. MDR (morte de rire) Stéphane avec : "pour se lever à 6h du mat, "acheter" un nourrisson...

    eh ben on pense à tout maintenant dans les hôpitaux...

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  12. Après le franglais, c'est l'anglais tout court qui s'invite. Et visiblement, plus on lui donne de la place, plus il en prend.

    Je propose de nommer l'appareil un "SQP", variante française du SOS. Tiens, ça me rappelle ce bon vieux George, votre affaire... :

    "C'est une plage où même à ses moments furieux,
    Neptune ne se prend jamais trop au sérieux,
    Où, quand un bateau fait naufrage,
    Le capitaine crie : 'Je suis le maître à bord'
    Sauve qui peut le vin et le pastis d'abord,
    Chacun sa bonbonne, et courage !"

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  13. Ma thérapie trés personnelle pour apprivoiser la panique (les enfants ! ne faites pas celà , c'est trés dangeureux et réservé à ZOE la loufdingue) : Je vais seule dans la forêt la nuit (de preference une nuit de pleine lune)et je marche ..... Alors viennent vers moi tous les fantomes de la nuit , alors remontent toutes les peurs ancéstrales , alors les arbres tendent vers moi leurs mains de branches aux doigts de feuilles frémissantes , et je me laisse envahir par les ombres et les bruits de la forêt , les rumeurs étranges , les hululements , les feulements , les craquements , les chuintements , les aboiements douloureux des chevreuils me bouleversent , les les plaintes des chouettes me transpercent et je sens de trés anciennes peurs animales montées en moi et leurs petits doigts glacés me caressent le dos ..... et c'est trés thérapeutique à condition de ne pas devenir fou mais je m'en fout je suis déja folle ..... Voilà ! c'était ma thérapie trés personnelle contre la panique .

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  14. très courageuse zoé ........

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  15. Bonsoir Docteur

    Est -ce que vous pouvez nous parler du phénomène de la double personnalité .Cette duplicité est normale , ça existe dans nous ou c` est plutôt une patologie?Comment on peut savoir si on souffre de ça.

    Merci

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  16. L'écoute active devrait être un cours obligatoire à l'école. Et même pour les adultes, surtout ceux qui travaillent avec le public, et tous les intervenants, du travailleur social au psychiatre. Pas seulement les gens qui répondent sur les lignes téléphoniques d'urgence (et encore, pas tous ont réussi leur exam !).

    Surtout aujourd'hui où les gadgets télécommunicationnels semblent destinés à nous dispenser de communiquer humainement ...

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  17. J'ai un bouton panique dans mon bureau car 60 % de nos clients ont un trouble concommittant i.e toxicomanie et santé mentale. Je n'ai jamais sentie ma sécurité compromise et je ne l'ai jamais utilisé. Mesures préventives... Je n'ai jamais eu peur d'un client jusqu'a maintenant.

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  18. Donc, risque d'agression envers l'infirmière ou le médecin qui fait son boulot. Pas très
    gai, mais c’est comme ça, ça existe.


    L'homme, ce primate à la fois très intelligent mais aussi comportementalement très
    primitif, capable des pires horreurs....

    Pourquoi les psychologues ne se penchent-ils pas sur cette question : pourquoi tant de sauvageries chez certains?

    Merci pour ce blog qui me fait bien cogiter.

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  19. Je vois dans les propos de Tdarky , poindre comme une tentation à la psychiatrocratie . L'homme qui , malgrés la civilisation , réste un "primitif" devrait donc être gouverné par une autorité supréme toute puissante toute sachante toute gentille qui l'obligerait à se tenir en ordre . Une sorte d'ordre du "bonheur obligatoire" qui ferait de nous "pauvres humains primaires" des ésclaves heureux délivrés par cette toute gentille gouvernance du souci de nous-même ..... Cette tentation sécuritaire psychiatrocratique s'exprime déja chez certains polititiens qui voudraient ficher les enfants dés la maternelle afin de repérer les futurs "FOUS" .... Hélas ! hélas ! hélas ! ......

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  20. @ZOE

    Le jour où vous subirez une agression verbale et/ou physique, votre discours sera tout autre.

    (Désolé pour l'humour vaseux).

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  21. Mais ,cela m'est arrivé maintes fois M'sieu Tdarkyt . Bon , il est où votre humour vaseux ?
    Sinon , je pense que les agressions que j'ai pu rencontrer m'ont au contraire permise de penser ainsi : à l'opposé du sécuritaire qui n'est qu'une illusion .

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  22. Mais, cela m'est arrivé maintes fois M'sieu Tdarkyt

    Pas d'agression physique sérieuse, donc. Juste de petites "accrochages" avec des inconnus ou autres. Rien de bien traumatisant quoi.

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  23. T'as raison Starsky ! .... Comment va Heutch à propos ? ....

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