lundi 14 novembre 2011

Suicide




J’ai lu un jour, je ne me souviens plus où, cette définition :
« Suicide : la solution définitive à des problèmes transitoires. »

Elle est malheureusement souvent vraie. Il faut toujours commencer par résister à ses tentations suicidaires, le plus longtemps possible. Alors on arrive souvent à ce stade que Cioran décrivait avec talent et laconisme dans son Journal : « J’ai vaincu l’appétit, non l’idée du suicide. »

Belle manière de dire l’essentiel : le drame n’est pas d’avoir des idées suicidaires, mais d’y adhérer et de les écouter. Laisser passer les vagues, juste s'efforcer de surnager. Un jour, bientôt peut-être, tout sera bien...

Illustration : vagues basques (merci à Louis-Marie).

42 commentaires:

  1. Merci pour ce beau sujet, en écho au commentaire d'hier. Oui, le suicide, il faut en parler sans pathos. Qui n'a jamais été touché de près ou de loin par le suicide ? Je suis sidérée de voir que ce sujet tabou ne fait pas l'objet de campagnes nationales de préventions, car beaucoup suicides pourraient être évités. Encore récemment, une collègue a mis fins à ses jours. Elle disait "je ne prends pas de médicaments, moi." en parlant des anti-dépresseurs/anxiolytiques qui lui avaient été prescrits. Je n'ai ressenti que colère devant notre culture arriérée.

    RépondreSupprimer
  2. OUAIH ! Je suis d'accord DOC ! ...
    Se suicider c'est chiant comme la mort ! ...
    C'est vrai quoi ! ...

    RépondreSupprimer
  3. Je me souviend qu'un jour j'ai céssée de croire au suicide . Je ne me souviend pas quand c'était mais ce fut comme une sorte de libération mentale assez étrange . Je ne croyais plus au suicide ... et pourtant ça continuait d'exister cette possibilité ... Mais je n'y croyais plus . C'est bizarre de ne plus croire en quelque chose qui existe pourtant .
    Alors je me souviend que j'ai cessée d'avoir honte d'exister . Et c'est celà qui était important et qui l'est toujours . Et ça ! ça me fait vraiment rire ! ...

    RépondreSupprimer
  4. Pas facile de prendre de la distance quand on est au milieu de la tempête. Un peu comme d'apprendre à nager alors qu'on est en train de se noyer.

    Pour l'avoir vécu, j'ai compris à postériori que ce n'est pas la mort que l'on souhaite si fort, mais tout simplement faire cesser la douleur. Et le savoir ne m'aide pas plus quand les vagues, parfois, sont trop violentes, douloureuses.

    La prévention passe par la reconnaissance des douleurs physiques et psychiques, par leur prise en charge efficace. On nie trop la douleur, et lutter contre elle épuise !

    Aujourd'hui pas de tempête mais un magnifique soleil que je souhaite partager avec vous tou(te)s.

    RépondreSupprimer
  5. J'ai cessée de croire au suicide . Et j'ai réfléchi à ça et je me rend compte que j'ai également abandonnée l'idée de la dette , de devoir mon existence à qui que ce soit . En fait j'ai ce sentiment de ne rien devoir à personne , ni à papa-maman ni à l'humanité et celà me procure une sensation de solitude joyeuse . En fait pour moi l'idée de suicide était liée à l'idée de dette , à l'idée d'appartenance fusionnelle , à l'idée d'une mission existenciel à accomplir , à la croyance en tout un systéme sacrificiel totalitaire inculqué depuis l'enfance .
    J'ai cessée de croire en l'idée de suicide parceque j'ai cessée de croire en ma mission . Et ça !!!! C'est une sacrée délivrance .
    En fait j'ai assassiné le dieu totalitaire de mes ancêtres . Voilà le sens métaphysique de mon incroyance au suicide .

    RépondreSupprimer
  6. Alors la PREVENTION . Oui la prévention , ohlala! Quelle idée géniale! et si on pouvait tout prévenir et se prévenir de tout ...
    Mais où est la limite entre prévention et intrusion?... Entre prévention et controle totalitaire?... Entre prévention et fichage et flicage?... Et fantasmer sur un monde d'assurence , de rassurence et d'éternelle enfance où chacun n'existe que pour les autres et les autres n'existent que pour chacun . Un monde où la solitude serait INTERDITE ... Merde! quel horreur que ce monde de compassion totalitaire ... ça me fait penser à ces méres qui crient à leur enfant : "Attention! ne cours pas! Tuvas tomber!"...
    Oui il faut tomber pour pouvoir apprendre à tomber et à se relever ... et pourquoi le verbe tomber devrait-il fatalement être synonyme du mot TOMBE ? .... Alors la prévention ... Ouaih! .....

    RépondreSupprimer
  7. la vieille dame pas très digne14 novembre 2011 10:40

    Lorsque les épreuves sont trop nombreuses dans un même temps, trop répétitives, si difficiles dans l'affrontement et que nous nous luttons et résistons avec toute notre raison, à la sortie de la tempête(quand on en connaît une), nous trouvons l'épuisement. Notre seuil de vulnérabiité a alors chuté parfois vertigineusement. A ce stade, finalement, ce que nous souhaitons, ce n'est pas de connaître la mort mais de cesser de vivre (ce qui est peut-être le signe d'un soupçon de résilience) pour trouver le repos.

    La vague de la photo est une vague de beau temps dans laquelle les gens prennent du plaisir et s'en amusent. Une tempête, c'est autre chose (je vis sur l'Atlantique)... et mon questionnement est celui-ci : Ce que je vois si impressionnant de par la masse en mouvement, est-ce la même chose dans les profondeurs ? Y-a-t-il des dégâts et des drames ?

    P.S. : j'emploie "nous" car je n'aime pas "on".

    RépondreSupprimer
  8. Pour moi, le suicide ce n'est pas l'envie de mourir, mais le désir de vivre autrement. Lorsque la souffrance devient intolérable, le suicide peut sembler être la seule solution pour faire taire cette douleur que l'on ne parvient pas à dire.

    RépondreSupprimer
  9. C'est sûr que le suicide doit rester le plan 'Z', mais quand on en est au plan 'X' ...

    Je connais quelqu'un qui disait : "Quand tu es la cible de harcèlement psychologique, tu n'es pas mieux que mort : si le(s) harceleur(s) ne t'a(ont) pas tué, l'aide que tu iras chercher t'achèvera".

    Alors qu'on sait très bien (en théorie) que les conséquences du harcèlement psychologique vont jusqu'au choc post traumatique et même au suicide, que la première étape de la thérapie, c'est d'écouter la victime sans la juger, et qu'aucun psy, après 9 ans ne vous a jamais écouté, que les personnes en situation d'aidantes, aux prises elles-mêmes avec les difficultés socio-économiques qu'on connaît utilisent elles-mêmes leur position d'autorité uniquement pour se revaloriser tout en assurant leur gagne-pain et ne veulent surtout pas risquer de le perdre, que vous arrivez dans leur décor comme preuve vivante que ce qui vous arrive peut leur arriver aussi, comment voulez-vous qu'elles vous viennent en aide ?

    Le but ultime de ceux dont la profession est de vous aider est de vous faire disparaître, car vous incarnez ce qu'elles craignent le plus au monde : l'impuissance, la perte de contrôle sur sa propre vie.

    Alors ces personnes aidantes (psychologues, intervenants d'organismes communautaires et gouvernementaux, avocats, juges) décident tout simplement que le problème ne peut venir que de la victime elle-même qui, selon à qui elle s'adresse, sera tantôt considérée comme une irresponsable ou une délinquante à laquelle il faut enseigner les bases de la vie en société, une malade mentale qui a besoin d'un encadrement serré et de médication. Et on sait très bien les conséquences graves de telles mesures sur une personne souffrant de choc post traumatique : on appelle cela de la "victimisation secondaire".

    Le système prend le relais du(des) harceleur(s) : d'emblée on vous fait taire et vous met dans la bouche des paroles que vous n'avez jamais prononcées, on vous accuse de fautes que vous n'avez jamais comises sans que vous puissiez ouvrir la bouche pour protester, on parle en même temps que vous et plus fort pour vous faire taire et si jamais vous réussissez, malgré l'épuisement à hausser un peu le ton, on vous reproche le ton que vous employez envers ceux qui font tout pour vous aider et auxquels vous devez faire profil bas et auxquels vous devez une reconnaissance infinie, on connait mieux que vous vos intentions, on décide pour vous ce qui est dans votre intérêt.

    RépondreSupprimer
  10. (suite)

    Après être passé entre les mains de dixaines d'aidant(e)s qui ont apporté chacun leur grain de sel personnel à "votre" histoire, vous vous retrouvez avec une histoire totalement incohérente, et comme vous ne pouvez toujours pas placer un mot, et que c'est la parole des "experts" qui fait foi, vous vous faites en plus accuser d'être incohérent.

    Bref, vous n'êtes plus qu'un animal, ou pire, un objet, une marionnette qui représente un vilain personnage qu'il faut à tout prix neutraliser et faire disparaître.

    Après des années et des années de souffrances où il vous a fallu beaucoup de courage pour reconnaître ce qu'il vous est arrivé ("Victime de harcèlement psychologique ? Moi ? Quelles sont mes erreurs ? Qu'est-ce que j'ai fait d'incorrect pour que ça m'arrive ?"), reconnaître ensuite que malgré tout votre bagage de vie, votre éducation, votre philosophie, vos efforts, vous ne pourrez pas vous en sortir seul et devez demander de l'aide, que cette aide ne fait que vous enfoncer toujours plus jusqu'à ce que mort s'en suive, si vous voulez garder le peu d'humanité qu'il vous reste après des années de chosification, le peu de contrôle ou même d'illusion de contrôle sur votre destinée, il ne reste alors qu'une seule et unique option.

    Après bientôt 10 ans de résistance, seule envers et contre tous, il m'est un peu difficile de me faire dire d'aller puiser dans mes ressources et d'aller chercher de l'aide sans un cynisme certain.

    Il est absolument urgent d'enseigner de nouvelles lettres de l'alphabet aux "spécialistes" qui n'en sont qu'aux balbutiements de l'abc en matière de harcèlement psychologique.

    Comme dit Cesar Millan, ce n'est pas un problème neurologique, c'est un problème psychologique. Et comme il n'ose pas trop le dire, c'est un problème social. Il est temps de cesser de se fermer les yeux et les oreilles pour se déculpabiliser, il faut se responsabiliser. Comme les rescapés de Millan, garder la tête haute, rester vigilant, à l'écoute de l'autre.

    RépondreSupprimer
  11. Tout passe même les idées suicidaires, mais il faut les laisser passer comme elles viennent, sans bouger.Même la douleur s'amenuise avec le temps,je dirais même qu'on apprend à avoir moins mal,à être moins sensible, tout est possible pourvu qu'on le veuille vraiment.

    RépondreSupprimer
  12. Boulezail j'ai pas tout compris à ce que tu écris mais j'ai l'impression que tu as essayée beaucoup de thérapies par la parole et que c'est la catastrophe , alors sans rire pourquoi ne pas passer à autre chose comme faire du Délta-plane , partir vers le nord en traineau à chiens , éscalader une montagne ... Des choses dans ce genre . Ouaih ! sans rire , pourquoi pas ? ... Parceque toujours se rejouer son histoire c'est traumatisant aussi à force .
    Bon , c'est peut-être mal dit mon truc mais voilà ....

    RépondreSupprimer
  13. Bonjour
    Le billet de Christophe André est celui d'un psychiatre soucieux de prévention.Je veux dire par là que je suis sensible à son côté pragmatique,utilitaire.

    J'ai été à la fois surprise et soulagée de son "laisser passer les vagues,juste s'efforcer de surnager"mais c'est la surprise de quelqu'un qui apprend.

    La métaphore du nageur qui voit le courant et qui ne se laisse pas emporter,ça convient bien mais c'est déjà difficile à appliquer aux inquiétudes mineures. Mais alors, quand il s'agit de lames de fond, je comprends qu'il faut de l'entraînement par moins gros temps...

    Il faut compter sur cette compréhension et cet entraînement pour trouver les mots justes, le cas échéant, pour soi ou pour les autres.

    RépondreSupprimer
  14. Bonsoir docteur André,

    là encore, comme pour les pensées obsessionnelles, croyez-vous qu'il est si facile que ça de résister à des pulsions suicidaires?

    Et que des mantras magiques du style : "laisse passer la vague" peuvent être efficaces?

    Quand la pulsion de mort vient, elle vous envahit totalement : corps et esprit. Vous ne pensez plus qu'à une chose : sortir du corps de souffrance.

    Ce qui est certain, c'est que pour écrire des énormités pareilles docteur André, vous n'avez jamais ressenti une pulsion suicidaire. Vous ne savez pas de quoi vous parlez!

    Je renonce à consulter les billets de votre blog qui me font, depuis quelque temps, plus de mal que de bien.

    RépondreSupprimer
  15. @ un internaute (que l'on lit assez souvent)
    "Je renonce à consulter les billets de votre blog qui me font, depuis quelque temps, plus de mal que de bien.
    14 novembre 2011 20:04"

    Et bien alors, arrêtez !!

    ;-)

    RépondreSupprimer
  16. C'est l'histoire d'un bébé chameau qui s'aperçoit que sa maman se laisse dépérir à petit feu. Il décide alors de lui dire un jour:

    - Maman, pourquoi tu n'as plus envie de vivre?
    - Petit, peux-tu me dire pourquoi nous avons de longues pattes?
    - Maman, c'est pour mieux trotter dans le désert.
    - Petit, pourquoi nous avons deux bosses?
    - Maman, c'est notre réserve d'eau pour traverser le désert.
    - Petit, dis-moi alors, qu'est-ce-que nous fichons ici, au zoo, avec tous nos talents qui sont enfouis, et qui ne servent à rien?

    [silence du bébé chameau] Mais il se reprend très vite et répond: "Dis, Maman, si tu pars, avec qui vais-je contempler la terre, le ciel et les constellations quand la nuit tombe? Ne m'as-tu pas dit qu'aimer, c'est savoir regarder, contempler dans la même direction?"

    [Gros silence de maman]


    Bonne soirée à Boulezail et à vous tous.

    RépondreSupprimer
  17. Très intéressante votre vision du suicide docteur André. Merci pour ce très beau billet.

    Bonne soirée à tous.

    RépondreSupprimer
  18. Je pense qu'il y a pleins de petites agonies au quotidien . Des petits suicides de rien qui rongent la vie . Depuis que je ne crois plus au suicide je m'en rend compte de tous ces petits suicides miniatures et je crois que j'ai entrepris de les abandonner aussi . C'est comme abandonner des fantomes de moi-même ... Je pense que c'est pour celà que j'ai détruit toutes mes photos de moi . Comme pour exorcicer tous ces petits fantomes de moi-même , les laisser mourir ... et moi ; continuer ma vie ...

    RépondreSupprimer
  19. Personnellement je vis cette idée (récurrente) du suicide sous un angle quasi thérapeutique. J'ai l'impression que çà me libère d'entre-ouvrir cette porte. Je me dis qu'après tout, si je peux ainsi mettre fin quand je veux à cette aventure tragi-comique à laquelle j'adhère d'un peu trop près... c'est que tout çà ne doit pas être si grave que çà !
    Cela dit, j'ai trop de respect pour la vie pour passer à l'acte. Le suicide est un garde-fou, un outils de recentrage pour moi.

    RépondreSupprimer
  20. Bjr,
    je suis gênée par la co-existence de deux mots à mon avis contradictoires: d'une part "résister" et de l'autre "laisser passer".
    Ne dit-on pas en pleine conscience qu'il faut abandonner la lutte et au contraire faire de la place aux émotions, obnserver les pensées sans chercher à les arrêter ni les juger et bien sûr sans les suivre? me trompé-je ?
    Bàv,

    B.A.

    RépondreSupprimer
  21. Bonjour

    A Anonyme de 7h42

    Je ne vois pas de contradiction entre "résister" et "laisser passer".

    "Résister",c'est ne pas passer à l'acte,c'est ne pas suivre une pensée là où elle veut nous emmener.Vous le dites bien "sans les suivre".
    C'est ne lui donner qu'une valeur de pensée et non de moteur de l'action.

    "Laisser passer",c'est lui donner sa place de pensée,la laisser vivre sa vie de pensée et seulement sa vie de pensée.

    La "contradiction" apparente ne vient que du fait que cette pensée est une injonction ou une tentation à agir.

    Non seulement ne pas la suivre dans le passage à l'acte.Je pense que c'est le "résister".
    Et ne pas la suivre non plus comme pensée,"laisser passer la vague".

    RépondreSupprimer
  22. De toutes façon on est dans la métaphore et la métonymie , alors ... Arlette , Anonyme , vous allez vous égarer dans la sémantique .
    Chacun peut inventer ses propres métaphores pour parler du suicide ... Ainsi chacun va exprimer son approche singuliére de l'idée suicidaire par ses choix métaphoriques .
    Inconsciemment peut-être le DOC exprime là égalemet son approche personnelle de l'idée suicidaire . Par le choix de la citation de Cioran , par l'idée de la vague , de l'océan ...

    RépondreSupprimer
  23. Azraelle

    Ce que j'ai découvert dans le billet,c'est une réflexion sur l'idée suicidaire mais qui la banalise en quelque sorte, en lui appliquant le même "traitement"qu'on peut appliquer aux autres idées.Pour cette approche,je suis reconnaissante à Christophe André.
    Mais,je comprends,Azraelle,que j'ai pu paraître confuse et "m'égarer" à vos yeux,car ces choses sont difficiles à exprimer à la fois avec justesse et clarté.

    RépondreSupprimer
  24. Je crois que le DOC hésite entre la tentation d'exister et la tentation du néant . IL réve d'un éternel présent noosphérique . IL s'efforce de réconcilier la science et la mystique . Peut-être réve-t-il de réconcilier la raison avec la folie ? ... D'où son choix d'exercer la psychiâtrie ? ... Alors , la place du suicide la dedant ? ... Vague , brouillard ... "Un jour , bientôt peut-être , tout sera bien"... Mais quoi DOC ? ... Que cherchez vous au fond chez les autres ? ... ces autres que vous soignez ... Des réponses à vos quéstions ? ... Ou trouvez vous à les soigner quelques consolations à vos propres angoisses par la maitrise que vous prétendez exercer sur les leurs ? ...

    RépondreSupprimer
  25. ... Arlette , personnellement je pense que la VERITE est toujours au delà de l'horizon et que c'est pour celà que la vie existe ...
    Voilà pourquoi je ne crois plus du tout a suicide sous quelque forme que ce soit .

    RépondreSupprimer
  26. @ Anonyme a dit…

    - @ un internaute (que l'on lit assez souvent)

    - Ah bon vous faites la différence entre 2 anonyme vous!


    - Et bien alors, arrêtez !!

    ;-)

    - Les conseilleurs ne sont pas les payeurs!!

    ;))))))))))))))))))))))))))))))))

    RépondreSupprimer
  27. le jour où j'ai compris que j'aurai le courage d'aller jusqu'au bout, c'est à dire de passer à l'acte et de réussir le suicide, de ne plus avoir peur de mourir, de m'autoriser à passer à cet acte si la vie pour moi n'avait plus de sens, je me suis senti libéré d'un poids énorme et ma liberté à repris un sens et depuis je ne pense plus au suicide qui était une pensée de tous les jours. Pour mes enfants, j'ai fait le choix de passer à la pensée positive et de relativiser les problèmes d'argent. J'essaie d'aller à l'essentiel. Mon entourage n'a jamais su dans quelle détresse véritable j'étais! L'appétit de la vie ce n'est pas si facile! Votre blog,je viens de le découvrir.Il est fort! merci.E.L

    RépondreSupprimer
  28. Bienvenue E.L. Merci à vous! B.P

    RépondreSupprimer
  29. " le drame n’est pas d’avoir des idées suicidaires, mais d’y adhérer et de les écouter."

    J'aime bien quand vous dites cela, docteur. Et cela est valable non seulement pour le suicide. Notre cerveau a une capacité colossale. Tellement de choses le traverse, des idées incongrues, amusantes ou honteuses. Le pauvre il ne peut pas tout scanner. L'action, elle, elle peut et doit être réfléchie et raisonnée.

    Ca me rappelle une petite histoire(je ne sais pas si ce sera aussi bien raconté que les histoire de l.n. ;-)
    mais je me lance)

    Dans un couvent à la fin du XIX eme siècle, il y avait une petite carmélite qui se battait contre certaines pensées envers une des ses collègues. Elle ne la supportait pas tout simplement. elle la trouvait trop critiques envers elle, trop bruyante lors des temps de prière,bref il y a des gens comme ça qu'on supporte pas trop...
    Ca arrive...
    Elle décida d'offrir toutes ses choses à Dieu en essayant de ne jamais rien transparaître dans son comportement, en lui souriant quand elle la croisait, en l'aidant, lui parlant gentillement.
    Et puis un jour notre petite carmélite mourut.
    Après sa mort,on demanda à sa collègue ce qu'elle pensait d'elle de son vivant, si elle étaient amies...
    Et voici sa réponse:" Oui on s'entendait très bien, je crois qu'elle me considérait comme sa meilleur amie"

    La petite carmélite était St Thérése de Lisieux :-)

    RépondreSupprimer
  30. Bonjour,
    D'abord merci mille fois Christophe pour votre conférence sur la méditation de pleine conscience le soir du lundi 14 novembre à Rouen.
    Ensuite, je propose d'inverser la citation et sans l'appliquer au suicide bien sûr puisque les morts ne reviennent pas sur la terre (pour moi du moins): la solution provisoire à des problèmes définitifs. Tel est l'écho qu'a eu en moi cette citation. Je me dis que les gens ont toujours eu des problèmes depuis la nuit des temps et qu'ils essaient de faire de leur mieux pour ne pas souffrir, et qu'ils trouvent parfois des solutions provisoires! Le suicide étant la solution définitive, puisqu'il signifie la disparition physique des personnes. Amicalement, Patrick FARRE à Rouen.

    RépondreSupprimer
  31. @ Christophe André

    Le passage à l'acte n'est pas un espoir de mettre fin à des problèmes transitoires.

    Pour qu'il y ait passage à l'acte, il faut que préexiste un fond dépressif ancien parfois ignoré ou nié par la personne elle-même.

    L'idée : "je me suicide parce que j'ai des soucis d'argent, un chagrin d'amour, ou perdu mon boulot, etc." est une idée fausse.

    Vous faites fausse route docteur André et vous ne comprendrez jamais les mécanismes du suicide chez vos patients avec des raisonnements pareils!

    RépondreSupprimer
  32. Lors de ma dernière dépression, à tendance suicidaire, c'est exactement ce que je ressentais : je me sentais couler avec à peine la force de tenir la tête hors de l'eau. Ma vie à ce moment là ne tenait plus qu'à un fil !
    La dernière fois (il y a de cela 2 ans maintenant) j'étais couché et je savais que si je mettais un pied par terre tout se serait enclenché sans que je ne puisse plus rien retenir... Je suis resté ainsi plusieurs heures jusqu'à ce qu'on sonne à ma porte et que le cours des événements empêche le drame...
    Ce que dit Christophe résonne bien à mes oreilles : résister... laisser passer les vagues... surnager... Un jour tout sera bien... C'est le cas pour moi aujourd'hui, tout est bien !
    Je souhaite la même chose à tous ceux qui ne se sentent pas bien aujourd'hui.
    Mille bisous à tous !...

    RépondreSupprimer
  33. Bonsoir,
    J'ai lu dans le livre "Les états d'âme: un apprentissage de la sérénité" par Christophe André que plus d'un tiers de la population générale a eu au moins une fois dans sa vie des idées suicidaires.Ce n'est pas seulement le lot des personnes avec un trouble psychique et il est rare qu'aucune personne " bien portante" n'ait été au moins effleurée par des idées sur sa propre disparition.
    Les pensées de mort ou de suicide résultent généralement d'un sentiment de désespoir par rapport à l'avenir ou d'impuissance par rapport à une situation. Quand on ne voit pas d'autres solutions à nos problèmes, ou de raisons de nous retenir, la mort peut alors devenir une solution acceptable.
    En matière de prévention, il existe aussi un exercice(Le trouble bipolaire - Manuel d'exercices pour une meilleure qualité de vie - RAMIREZ BASCO Monica ) pour aider à combattre les pensées de mort, il suffit d'établir une liste reprenant nos raisons de vivre et d'en faire un plan utile pour ces moments où on peut douter que la vie vaut la peine d'être vécue. Une liste de ce dont on aimerait se rappeler quand les temps sont durs ou dans ces moments difficiles qu'on peut vivre.

    Exemples:

    Raisons pour lesquelles je ne devrais pas partir:

    Les personnes pour qui je vis:

    Les choses que je raterais:

    Les expériences que je n'ai pas encore vécues:

    Ce qui compte à mes yeux:

    etc...

    Il y a toujours des solutions, la priorité à mon avis de non spécialiste, c'est de se faire aider par un professionnel avec une place essentielle à l'alliance thérapeutique, dont les principes généraux sont le respect, l’empathie, la reconnaissance de la souffrance, l’écoute bienveillante et compréhensive.

    Laisser passer ou surfer sur la vague, en ce moment cela ne va pas mais cela ne veut pas dire que ce sera pareil demain.

    Merci pour ce billet et pour les commentaires bienveillants.

    RépondreSupprimer
  34. "Où vont les sables à leur chant s'en vont les Princes de l'exil,
    Où furent les voiles haut tendues s'en va l'épave plus soyeuse qu'un songe de luthier,
    Où furent les grandes actions de guerre déjà blanchit la mâchoire d'âne, Et la mer à la ronde roule son bruit de crânes sur les grèves,
    Et que toutes choses au monde lui soient vaines, c'est ce qu'un soir, au bord du monde, nous contèrent
    Les milices du vent dans les sables d'exil... »

    Saint-John Perse, Exil.

    Blog Christophe André, 20 février 2011 22:13

    RépondreSupprimer
  35. ~ BELLE PLAISANCE ~16 novembre 2011 00:46

    Je suis très touchée par ce billet...

    D'autant plus que j'ai énormément de respect et de tendresse pour Cioran, qui fut un de mes nombreux compagnons de route...
    Aussi étrange que cela puisse paraître, il me faisait beaucoup rire, c'est vrai qu'il est drôle, ce qui pour moi, était loin d'être négligeable !

    À partager avec vous, quelques extraits tirés du livre Quiétude aux éd. Ariane (2003) d'Eckhart Tolle
    Chapitre 10 : La souffrance et sa disparition.

    "La souffrance est-elle nécessaire ? Oui et non.
    Si vous n'aviez pas souffert comme vous l'avez fait, vous n'auriez ni profondeur humaine, ni humilité, ni compassion. Vous ne seriez pas en train de lire ceci, maintenant.
    La souffrance est nécessaire jusqu'à ce que vous preniez conscience de son inutilité."
    ~
    "Beaucoup de souffrance et de malheur surviennent lorsque vous tenez pour vraie chaque pensée qui vous vient en tête. Ce ne sont pas les situations qui vous rendent malheureux. Elles peuvent vous causer de la douleur physique, mais sans plus. Ce sont vos pensées qui rendent malheureux, dont vos interprétations, les histoires que vous vous racontez.
    "Les pensées que j'ai à présent me rendent malheureux." Cette seule prise de conscience rompt votre IDENTIFICATION INCONSCIENTE à ces pensées."
    ~
    "Lorsque vous souffrez, quand vous êtes malheureux, restez complètement avec ce qui est, au Présent."
    ~
    Allez, un peu de Sagesse Amérindienne pour terminer...

    * Chaque combat, gagné ou perdu, nous donne des forces pour celui qui reste à venir.
    Il n'est pas bon pour les hommes d'avoir une vie facile.
    Lorsqu'ils cessent de combattre,
    ils perdent leur vaillance et leur énergie.
    Certains ont besoin de subir
    une série de défaites pour développer
    la force et le courage de remporter la victoire. *

    VICTORIO, CHEF DES APACHES MIMBRES
    ~
    De tout coeur avec tous ceux qui souffrent, bon courage à vous. Gardez la Foi quoi qu'il arrive, observez et comme disait Stephen Jourdain avec son emphase coutumière : "Il faut se battre, non d'une pipe, jusqu'au bout !" Se battre, oui, envers et contre tout...

    * Les vents contraires peuvent bien frapper très fort mon visage,
    j'irais de l'avant, je ne reviendrai jamais
    sur mes pas, et je continuerai
    d'avancer jusqu'à la fin... *

    TEEDYUSCUNG, INDIEN DELAWARE (VERS 1700-1763)
    ~
    Allez, en avant camarade ! Aie confiance et n'oublie jamais :

    " UN JOUR, BIENTÔT PEUT-ÊTRE, TOUT SERA BIEN... "

    Merci Dr André, douce nuit à vous... Et de là où vous êtes, faites de beaux rêves,

    Belle Plaisance.

    RépondreSupprimer
  36. Le TCC iste de service16 novembre 2011 02:01

    Christophe,

    Ce sujet est très sérieux.J'interviens pour dire que selon moi l'acceptation détachée des pensées de suicide doit plutôt intervenir quand on a pu mettre à jour le schéma inconditionnel négatif.
    Je m'explique un peu plus .
    Si nous arrivons à envisager de nous donner la mort, c'est la suite logique ou illogique d'une cascade de pensées. Ces pensées chargées d'émotions tellement négatives sont elles-même le produit d'un préjugé construit à un moment de notre vie , préjugé négatif sur nous même.( le schéma inconditionnel négatif) Ce préjugé est tellement douloureux , ( par ex: "je n 'ai jamais eu de chance" ou bien " je suis né dans la mauvaise famille", ou bien " je suis différent de tout le monde " que nous avons ensuite construit un mur de béton pour nous en protéger , du style " si je suis tres .. gentil ou très rigolo ou très riche... ou très ...; ce que l'on voudra" , alors seulement à ce compte là ,j'oublierai mon préjugé négatif.( c'est le schéma conditionnel)
    Si le mécanisme de défense marche, on pense toujours vrai le préjugé négatif et si il ne marche plus on accrédite encore plus le préjugé.
    D'où une forme d'impuissance apprise.
    Tout cela pour dire que si chaque personne qui a des idées de suicide peut avec son thérapeute mettre à jour son préjugé profond négatif ainsi que le mécanisme de défense alors là oui et seulement là elle pourra apprendre à "souffler" sur ces idées , à les laisser s'évanouir . Car un préjugé n'est qu'une illusion construite par un enfant sur lui meme. C'est à mon avis seulement à ce moment là que l'on pourrait étudier l'impact positif de l'attitude "détachée" par rapport à une construction mentale. Mais je suis inquiète de le proposer directement sur l'idée de suicide .

    RépondreSupprimer
  37. d'accord, mais quel jour ?:-)

    RépondreSupprimer
  38. Pour Christophe André et ses liens

    Définition de la "litost", "Le livre du rire ou de l'oubli", Milan Kundera, 1978

    "Si notre vis-à-vis est plus faible que nous, nous trouvons un prétexte pour lui faire du mal, comme l'étudiant a fait du mal à l'étudiante qui nageait trop vite.
    Si notre vis-à-vis est le plus fort, il ne nous reste plus qu'à choisir une vengeance détournée, une gifle par ricochet, un meurtre par le biais du suicide. L'enfant fait une fausse note sur son violon jusqu'à ce que le professeur devienne fou et le jette par la fenêtre. Et l'enfant tombe et pendant sa chute il se réjouit à l'idée que le méchant prof sera accusé d'assassinat."

    Morale de l'histoire : les "faibles" tentent souvent de mettre fin à leur jours parce qu'ils pensent ainsi devenir les plus "forts" et gagner leurs combats. Ils pensent punir les "forts" et ainsi devenir -devant l'éternité- eux-mêmes des "forts".

    Étant donnée la fulgurance de nos passages sur cette terre, le "faible" aurait mieux fait de fuir le combat et de ne pas permettre au "fort" de s'en tirer à si bon compte...

    Les pulsions suicidaires sont parfois passagères. Elles ne sont là que dans un contexte de vie particulier. Parfois elles reviennent...et elles finissent par l'emporter.

    Ce qui fait des névrosés des cas désespérants c'est qu'ils chutent et rechutent souvent sur des petits cailloux au lieu de s'en servir pour retrouver leur chemin...

    RépondreSupprimer
  39. En ce moment je n ai pas très envie de vivre.Aussi je n'ai pas très envie d'en parler,alors pourquoi ne pas l'écrire...Je fais ainsi l'économie de devoir maîtriser mes sanglots.Qu ils m'énervent ces sanglots!Ils sont l'expression de mon impuissance,ils s'incrustent impolis invités.C'est souvent que je me prend à penser"tiens je pourrai partir là".Voir tt d'en haut,spectatrice de la vie.C'est comme ça que je comprend que je ne me sent pas à ma place dans le tourbillon des sentiments humains.Il n'y a rien à comprendre,moi qui ne crois qu'à l'amour,c'est ce qu'il est le plus difficile à recevoir.Je suis à 34 ans fatiguée.La douceur infinie des joues de mes enfants,me donne l'impulsion de continuer...C 'est une grande chance et un noble bonheur,mais je crois que ça ne suffira pas.

    RépondreSupprimer
  40. L'histoire des sanglots c'est une diversion,je l'écris ici parce que je ne peux en parler à personne.

    RépondreSupprimer
  41. Comme je vous comprends... Je me sens solidaire avec vous parce que je connais, je sais ce dont vous parlez. La société moderne est une monstruosité. Sachez-le. Vous ne devez pas céder, surtout pas. Gardez confiance, faites confiance en la Vie. La grande Sainte Hindou, la Merveille des Merveilles, Mâ Ananda Môyi disait qu'il fallait déposer son fardeau aux pieds du Seigneur, lui donner ses larmes et se jeter dans ses bras comme un enfant le fait dans les bras de sa mère lorsqu'il est triste. Vous parlez d'amour, permettez-moi de vous dire que vous êtes sur la bonne Voie. C'est une chance, une bénédiction. L'Amour, c'est Dieu. Vous avez entièrement raison de ne croire qu'en cela, c'est ce qu'il y a de plus essentiel. Vos enfants ont besoin de vous, même "souffrante". Pour eux, vous devez vous battre. Acceptez le fait d'être triste, de pleurer, acceptez, et observez, surtout, sans juger. Laissez la vie être, c'est la seule chose que vous ayez à faire. Acceptez ce qui est et soyez. Je sais que c'est difficile. Sachez que vous n'êtes pas seule et pensez à vos enfants, c'est primordial, ils ont besoin de vous comme vous avez besoin d'eux.
    Je suis de tout coeur avec vous, j'espère que vous allez bien, courage !

    RépondreSupprimer
  42. Je commente ce billet bien en retard mais je lisais hier votre livre " Les états d'âme" et en particulier le passage sur les désespoirs. Comment dire? J'ai trouvé çà touchant et bouleversant à la fois. J'ai réalisé aussi en lisant le paragraphe " je me souviens..." que contrairement à ce que j'aurais pu m'imaginer, vos états d'âme ne doivent pas être légers tous les jours ...je ne sais pas pourquoi mais j'avais cette fausse impression que certaines personnes sont plus ou moins épargnées, que leur vie est plus douce ( vous notamment...) et je réalise que c'est faux! Ce que vous vivez dans votre métier me paraît bien difficile et me déprimerait vraiment. Du coup, moi qui étais vraiment sceptique quant à la méditation ( j'y voyais plus un gadget pour " bobos" qui n'ont pas de gros problèmes dans l'existence..), je vais reconsidérer mon jugement.

    RépondreSupprimer