mardi 8 septembre 2009

Prendre du recul face à sa propre colère


Avec le sourire, comme Pierre Desproges, au Tribunal des Flagrants Délires : « Bonjour ma colère, salut ma hargne, et mon courroux : coucou ! »
Ou avec sérieux, à partir de cette réflexion d’André Comte-Sponville : « La colère naît le plus souvent d’un dommage injuste, ou que l’on juge être tel. Ainsi y a-t-il de justes colères, quand elles viennent au secours de la justice. Mais la plupart ne viennent au secours, hélas, que du narcissisme blessé : désir, non de justice, mais de vengeance. »
Je ne souviens pas d'une seule de mes colères après laquelle je ne me suis pas senti mal. Même si elle me semblait juste. Toujours eu le sentiment que j'aurais pu m'y prendre autrement...

22 commentaires:

  1. La ronde des émotions ... la colère étant une couleur parmi toutes les autres ... les Bouddhistes disent que c'est une illusion générée par une pensée qui vient du mental ,
    ...
    depuis des années , je me questionne sur ce thème: en thérapie , j'ai été formée à apprendre et à reconnaître les émotions... et...
    et si tout cela n'était qu'un fausse loi du mental ?
    ...
    avec la Advaïta Védanta , on est invité à accueillir l'émotion quand elle est là...
    ( puisqu'elle est déjà là !) et ne pas lui donner plus de place que ce qu'elle est :
    le produit d'un ressenti , généré par notre monde intérieur , subjectif et changeant ,
    (par définition) ...
    alors ,
    mon crédo :
    accueillir et laisser partir !
    je vois souvent l'image dans le ciel des nuages qui se laissent pousser par le vent ...
    ça m'aide !

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  2. Lorsque je suis en colère, je juge! Et c'est cela qui me fait le plus mal..."Juger, c'est ne pas comprendre" (A.Malraux, dixit votre livre, Dr). Je ne sais pas si je m'égare pas un peu mais je pensais à cet état ds lequel nous met la colère...Elle nous rend vivant, réactif...elle est l'amie de nos regrets...
    L'accepter, en sachant que la prochaine sera plus modérée, qu'on essayera de l'éviter en s'accordant le temps de..comprendre..

    bonne journée!

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  3. Je n'aime dénigrer la colère, même lorsqu'elle semble, a priori, ne se rattacher qu'à une blessure narcissique.
    Elle fait pour moi partie de la palette de nos émotions qui fait de nous des humains.
    Je choisi de prendre la colère comme elle est: un signal, une alerte face à un déséquilibre grandissant.
    Du coup, lorsque la colère m'assaille, loin de vouloir la rejeter, je prends au contraire le temps de l'écouter, de rechercher ce à quoi elle fait écho en moi. C'est très instructif, elle m'éclaire sur mes manques, mes besoins.
    Cette prise de distance me permet de marquer un temps bénéfique avant d'agir. Mais parfois celà ne suffit pas, le tonnerre gronde quand même et la voix s'emporte.

    Finalement, je me demande si la petite voix qui répète qu'on aurait pu si prendre autrement n'est pas plus dangereuse encore que l'accès de colère lui-même. Elle peut cacher un désir de perfection, une non acceptation de nos imperfections. Et ce mal ronge comme de l'acide alors que la colère est éphémère.

    Comment être empathique face aux colères des autres si l'on se donne nous mêmes comme impératif de ne pas y succomber?

    Loin de voir les colères comme des défauts à combattre, j'ai plutôt travaillé à les accepter et les dédramatiser. Et lorsque j'arrive à déterminer à qui appartient le problème, alors je ne vois plus quelqu'un qui m'agresse, juste quelqu'un qui gesticule et manifeste un mal-être. Et ce quelqu'un, c'est parfois moi! :))
    La colère cesse alors d'être contagieuse. Elle reste ce qu'elle est: un signal d'alerte, une sirène tout au plus.
    Bonne journée, avec ou sans colères!

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  4. Bonjour,

    Est-ce que le niveau d’états d’âme négatifs que génère notre colère à avoir avec le niveau de l’estime de soi. Les personnes ayant une haute estime de soi doutent-elles autant de la légitimité de leur colère que les personnes à estime de soi, disons, plus basses ?

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  5. Bonjour Monsieur André
    La colère…. Ah ! La colère…..
    Une fois passée, nous dîtes-vous, il vous reste la question « comment aurais-je pu m’y prendre autrement ? »
    J’en risquerais une autre : « maintenant que je l’ai eue, qu’est ce que j’en fais ? »
    Je cherche à comprendre pour que cela ne se reproduise plus ? rationalisations, rationalisations, rationalisations…..pour que les choses se conforment à mon désir, ou pour me rassurer sur ma capacité à être celui que j’ambitionne d’être ? « C’est sûr, la prochaine fois, je saurai mieux faire ! Ca ne se reproduira plus!»

    Ou, ou, j’accepte d’avoir été cet autre qui l’espace d’un instant n’était plus vraiment moi-même. Je m’assois, le visage défait et les mains moites, et je prends le temps de consentir à ce que je suis.

    Rat des champs

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  6. L'estime de soi haute ou basse influe très certainement sur le sentiment ressenti après la colère : honte, regret, contentement, justification... Mais certaines des personnes à basse estime de soi n'arrivent peut-être pas facilement à se mettre en colère face à un adversaire autoritaire ou coriace, non ?

    J'ai mis du temps à savoir me mettre en colère... je suis certaine que parfois il faut savoir montrer à l'autre qu'il y a des limites à ne pas atteindre afin que notre moi intime ne se sente pas bafoué, violenté... Pour savoir se positionner, bein souvent, face à la mauvaise fois et autres petites joies dans l'adversité, la colère peut être utile et bénéfique... Mais on n'est pas obligé d'envoyer valser la vaisselle, la colère peut s'exprimer d'une façon plus tempérée, non ?
    Allez, bonne journée sous le soleil !

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  7. J'aime bien les commentaires ce matin ! Le "politically correct" n'a pas encore corrompu tout le monde !
    La colère, oui, mais il faut l'apprivoiser, la comprendre, comprendre ses causes, et la laisser partir comme dit Gandha-Catherine, comme tout le reste, pour ne pas "ruminer".
    Je me sens mal aussi après une colère (et j'en ai beaucoup depuis ces dernières années, et elles sont justifiées), car je me suis encore laissée submerger par mes émotions ! J'ai perdu le contrôle, et cela s'ajoute au sentiment d'impuissance qui avait provoqué la colère elle-même.

    Je crois effectivement que le sentiment de colère est important, comme le disent si bien Sylvie, Myriameuh et Anna "elle nous rend vivant, réactif", "elle est: un signal, une alerte", et sert à "montrer à l'autre qu'il y a des limites".

    Mais j'aimerais faire une différence entre colère et fermeté. La colère est un sentiment qui nous submerge et qui nous fait perdre plus ou moins le contrôle. Elle vient d'un sentiment d'impuissance face à une adversité, ou même une simple contrariété. Comme tout ce qui se passe en nous, je crois qu'on doit l'écouter et la désamorcer dès le début, car, comme le dit Myriameuh, elle nous fait autant de mal à nous-même, sinon plus, et en plus elle est contagieuse.
    Mais il faut effectivement lui donner une suite et c'est là que la fermeté intervient. Lorsque j'y parviens, je me sens toujours bien, sans regret et forte : je me suis protégée contre l'autre et aussi contre moi-même.

    Il y a une autre "arme" que la colère, et tout aussi contagieuse. Je m'en suis souvenue justement ce matin en me réveillant : l'humour ! Dans l'un de ses films, Jackie Chan s'aperçoit que ses forces sont décuplées lorsqu'il rit, alors il rit pour rien en combattant ; l'effet est très drôle en plus !

    Sans parler des effets thérapeutiques du rire !

    Bonne journée

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  8. Etre en colère me semble effectivement normal et sain. Cela fait écho à nos valeurs, notre territoire (qui peut se résumer à nos pieds!), c'est quasi-épidermique! Et bien oui quoi! nous sommes humains, on peut être blessé, choqué et en colère. Vouloir tout accepter-dépasser, désarmer notre colère pour ne pas s'emporter, garder le contrôle : voilà ce que j'essaye de faire depuis quelque temps. Mais du coup, je n'ai plus de coups de gueule, et j'ai l'impression d'avoir perdu en personnalité, ne plus savoir qui je suis vraiment. Bien-sûr, je souffre moins des conséquences négatives de mes colères, mais je me dis aussi que je suis comme dans une bulle. Sommes-nous appelés à être chacun dans nos bulles respectives, pour ne plus nous heurter. C'est compliqué tout ça. Mais j'avoue que parfois, je me dis que c'est la peur qui nous dicte ce contrôle de nous, ces acceptations, relativiser... on ne monte plus au créneau, on attend que ça passe. C'est confortable certes, mais j'ai l'impression que ça me rend plus insipide. Ce qui n'est peut-être pas grave, puisque je dois aussi me détacher du regard des autres... alors s'ils ne voient plus dans ma bulle, c'est pas grave???

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  9. J'aime beaucoup la métaphore de Fletcher qui utilise pour illuster les formes d'affirmation soit la carpe (l'inhibée), le dauphin (l'affirmé)et le requin (l'agressif). Il dit que parfois le dauphin a intérêt à se transformer en requin afin de survivre et de montrer que lui aussi a un seuil d'intolérance. Pour ma part, je me mets rarement en colère et mon entourage dit en rigolant que je fais des montées de lait écrèmé tellement je m'énerve peu. Le fond de toile émotif de ma vie est plutôt le doute...

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  10. "Toujours eu le sentiment que j'aurais pu m'y prendre autrement" écrivez-vous. Ce sentiment, je le partage aussi. Et c'est finalement là que cela devient intéressant : ne pas s'enliser dans une rumination stérile(enfin, essayer...) mais réfléchir à : pourquoi on n'a pas fait autrement et comment on aurait pu faire autrement. Et puis essayer de s'en souvenir pour une prochaine fois.

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  11. Petite nuance aussi entre vivre sa colère et l'agir...

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  12. Desproges est sans le savoir dans le registre de l'approche narrative.

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  13. Oui, j'avais oublié, même en parlant d'humour, merci pour ce petit clin d'oeil à cette émission qui a éclairé ces années-là de son humour percutant, rafraîchissant et sympatique. Merci à Pierre Desproges parti trop tôt et à tous ces humoristes qui l'animaient.

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  14. Moi qui parlais récemment de mes colères à un ami prêtre, en lui exprimant aussi le mal-être qui s’en suit, je suis revenue sur le blog aujourd’hui est j’ai souri en lisant le petit article sur la colère et la photo qui l’illustrait… « KILLER » ! J’ai souri de mes colères du coup m’imaginant être ce petit roquet ! Mais au fait, ne faut-il pas « ne pas s’identifier à ses soucis » ?? (tout comme à sa colère ?)… Cette étiquette, n’est-ce pas moi qui me la colle un peu trop ?

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  15. Ravie de tous vous lire! j'avais lu ce matin l'état d'âme du jour et réservé pour plus tard un commentaire.Précision: la colère m'est familière!
    Elle a mauvaise presse :c'est un péché capital et une mauvaise conseillère c'est vrai! Mais elle peut être aussi une force et un moyen comme un autre de poser des limites. J'ai appris à modérer les miennes tant" en volume "si j'ose dire qu'en objet:la réserver pour un motif "justifié". Accepter sa colère comme les autres émotions et la laisser passer. Il est vrai qu'elle exprime parfois des choses ignorées de nous-mêmes et qu'elle nous renvoie à l'introspection.Une colère peut en cacher une autre.

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  16. Moi qui croyait que notre psychiatre était d'un calme légendaire....

    Comme le dit le proverbe :

    "Ce sont souvent des personnes d'apparence inoffensive dont il faut le plus se méfier."

    :)

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  17. Ici on parle beaucoup de sa colère individuelle, avec les conséquences que cela peut nous apporter quand la bouffée est éteinte (honte, ressentiment, culpabilité.. ;) ça je peux encore le gérer en travaillant petit à petit (toute une vie ?) mais quand une colère (la sienne) affronte une autre colère (celle d’un autre) chacun étant persuadé d’être dans son bon droit et que l’on voit les dégâts que cela peut faire on peut comprendre pourquoi le monde va comme il va. Des fois j’ai très peur de la « colère » de tous « les sans joie » de notre planète dont les besoins essentiels (boire, manger, dormir, s’abriter) sont bafoués littéralement. Cette colère collective qui s’accumule, comment en gérer les conséquences d’un point de vue planétaire…

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  18. Exprimer sa colère ... dès fois j'aimerai bien la ressentir dans le moment et non pas de manière décalée et du coup stérile parce qu'à contre-temps. La colère n'est peut-être pas bonne conseillère, mais elle signifie clairement aux autres où sont nos limites. La colère est me semble-t-il une réaction saine qu'il faut certainement apprendre à contrôler dompter pour ne pas à son tour dépasser des limites que l'on regretterai. Si prendre du recul s'est apprendre à orienter et diriger sa colère, je suis pour. En revanche si prendre du recul c'est tenter d'étouffer cette colère je ne suis pas sur que l'on gagne en sérénité. Moi qui ne me met pas en colère facilement et surtout pas de façon réactive, je m'en veux souvent beaucoup de ne pas avoir dit "stop ! là je n'accepte pas ça". Etre dans la compréhension de l'autre nous emmène parfois malheureusement plus loin qu'on ne l'aimerait. De bien entendu tout cela est certainement une question de juste équilibre ! Bonsoir à tous !

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  19. Très intéressantes ces réflexions...
    Passionnant de pouvoir réfléchir chaque jour à un thème. Merci Cher Christophe et chers tous !
    Bonne nuit.

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  20. "Chante la colère, déesse, du fils de Pélée, Achille, colère funeste, qui causa mille douleurs aux Achéens, précipita chez Adès mainte âme forte de héros, et fit de leurs corps la proie des chiens et des oiseaux innombrables."
    (Début de L ´ILiade)

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  21. Oui ! ? En fait c'est une question de moyen . Plus on existe , moins on a besoin de se mettre en colére pour survivre . Moins on existe , plus on a besoin de se mettre en colére pour survivre . La colére c'est une arme (plus ou moins efficace) Oui ! au bout du compte la colére c'est seulement une arme parmis tout un tas d'armes diverses genre : s'enfuir en courant , hurler à la mort , coup de poing , coup de pied dans les roubignettes , bombe atomique , bacile de la peste bubonique et autre trucs plus ou moins dévastateurs pour écraser l'ennemi . D'où ma conviction que la colére est une arme et que , donc si on existe vraiment beaucoup ( voir ENORMEMENT) bin , on a plus besoin d'armes et on se sent mieux .... enfin , c'est mon avis ....

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