Entendu un jour cette émouvante formule, dans la bouche d'une personne proche de quelqu'un de très malade : "Je ne peux rien faire de plus qu'être là, à ses côtés. Impuissant mais présent."
Magnifique : impuissants et présents. Rester pour aider, de notre seule présence, même si nous ne pouvons rien faire.
Tout faire alors pour que notre présence soit à la mesure de notre impuissance. Aussi intense.
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C'est petit rien dans un monde ou tout est souvent relié à une valeur matérielle. La puissance de l'homme à travers sa présence et vraiment merveilleuse. Mais je pense à la peur, peur de la souffrance, de la mort, qui font fuir
RépondreSupprimerEst-ce l'impuissance qui est si difficile ou le fait que l'on ne soit pas assez "habitués" à ETRE plutôt qu'à FAIRE ?
RépondreSupprimerDans mon éducation , j'ai souvent entendu de mes parents : " Qu'est-ce que tu fais ? "
et il a fallu de nombreuses années pour apprendre aussi à ETRE !
Etre présent , c'est peut-être tout simplement SAVOIR ETRE tout court...
Tout un programme !
Quand il m'est arrivé de passer du côté de la patiente pour laquelle personne ne pouvait rien faire... j'ai pu observer l'incapacité à accompagner par la présence que j'avais si bien ressentie en étant " en forme "...
Je rêve d'une éducation à l'école et à la maison où l'enfant dès son plus jeune âge pourrait se donner des espaces pour apprendre la qualité de présence...
C'est tellement bon de pouvoir donner sa présence ... et c'est tellement précieux ...
on touche parfois au parfum du sacré ...
Une pasteure racontait qu'un jour, à l'hôpital, une dame très malade refuse de lui parler, n'ayant aucunement besoin de parler vie/mort, religion ou quoi que ce soit. La pasteure s'est assise et a commencé à tricoter (avec la permission de la malade). Au bout d'un certain temps, elle s'en est allée : la malade l'a chaleureusement remerciée. Un peu moins de solitude dans la solitude justement.
RépondreSupprimerBonne journée,
B.A.
Il m'arrive souvent de me comparer à un légume, comme par exemple un oignon qui a comme particularité d'avoir des couches, en temps normal ou habituel on hésite à les retirer par peur, mais lorsque l'on y arrive c'est la personne humaine dans toute son humanité qui surgit, je crois en l'homme et en son humanité et à la sensibilité que l'on peut avoir au contact des autres, la présence est possible et elle doit se voir, sans les autres on est(être) mais on est les autres on est plus
RépondreSupprimerBonjour,
RépondreSupprimerLa première fois que j'ai pu donner du sens à cette phrase c'était lors d'un deuil très douloureux, alors que je sortais de l'adolescence (important car à cet âge les amis sont un peu désarmés devant ces épreuves et préfèrent souvent fuir, ou éviter les contacts de peur de maladresses). Cette présence dont j'avais "bénéficié", m'avait permis à l'époque de constater où et qui étaient mes amis. Deux personnes avaient su être là, juste là....
Cela peut être ressenti comme de l'impuissance pour celui ou celle qui ne "fait" apparemment rien, mais quelle puissance pour celui ou celle qui reçoit ! Ce que j'ai vécu là me revient toujours à l'esprit quand je me sens "impuissante" devant une personne qui souffre.
Ce sont des moments où l'on peut mesurer l'importance de la communication non verbale, qui représente en fait la majeure partie de notre communication.
Je vous rejoins tant Anonyme à propos de la mort qui fait fuir (comme je disais plus haut) et Gandha avec l'idée que nous voulons toujours "faire".
Un espoir ici.... on est à bonne école pour apprendre à être! Apprivoiser l'idée de la mort aussi, peut être?
douce journée
Anne
Super.....
RépondreSupprimerBonjour,
RépondreSupprimerImpuissants et presents...
Mais ne pas juger ceux qui n'arrivent pas a etre presents.
Il y a des amis qui avant de venir chez vous demandent:" alors, qu'est ce qu'on va faire?"
RépondreSupprimerD'autres viennent simplement pour être avec vous.
Il y en a même dont on sent la présence sans qu'ils soient là.
Bonjour à tous,
RépondreSupprimerTrès intéressant , vous apportez tous un avis et ou une expérience intéressante, douloureuse, émouvante. Dans mon domaine professionnel l'accompagnement dans la maladie est quotidien pour ma part depuis 25 ans c'est avec le toucher, d'une joue, d'un bras, d'une main, d'un regard souriant que je me sens présente, bien plus qu'avec des mots. Apprendre à respirer ensemble, à réguler une angoisse ou une douleur par le souffle (merci Benj), bonne journée et à bientôt
j'aime bien la façon dont "Anonyme" aborde le sujet, en effet c'est souvent la peur d'être maladroit qui nous paralyse face à la douleur, toute la difficulté à livrer instinctivement notre chaleur enveloppante. Un petit mot pour Anne concernant un deuil très douloureux pour lui dire quand dans la relation amicale nous pouvons être lâche face à la souffrance de l'autre car elle nous renvoie trop de choses....
RépondreSupprimerPourquoi faut-il la proximité de la souffrance et de la mort pour être présent ? Pourquoi faut-il une grosse catastrophe pour voir l'humain retrouver son sens de la solidarité gratuite ? Sans mots inutiles, sans fla-fla, en toute simplicité, c'est là qu'il retrouve sa vraie nature et sa puissance ? Pourquoi laisser retomber tout cela une fois que tout semble aller mieux ? Comme certains amis de Stéphane, tout simplement être là ensemble ?
RépondreSupprimerCette présence à la vie, à moi-même, à mon environnement, aux autres, la présence de l'autre, c'est au théâtre que je l'ai apprise : être avant tout présent à soi-même, puis établir des liens. Rares sont les comédiens qui ont une "présence" mais ce sont ceux qu'on préfère. Les autres ont besoin de maquillage, de masques, de costumes ...
La souffrance et la mort nous démasquent nous replacent dans notre nudité, devant notre vulnérabilité, nous nous retrouvons nous-même tels que nous sommes. En attendant, j'aime être présente à une fleur, à un oiseau qui passe, à mes amis, à des inconnus invisibles avec qui je partage ces pages, à tout instant que je respire encore.
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RépondreSupprimer"Impuissants mais présents"... Magnifique et bouleversant. Rien à rajouter.
RépondreSupprimerj'ai abordé le sujet par la rubrique "souffrance" parce qu'apparemment elle était sous entendue par l'évocation de notre "impuissance". Je suis bien d'accord que la présence à l'autre est affaire quotidienne, tout comme bien sûr la présence à soi.
RépondreSupprimerNadine j'ai aussi bien compris que "l'absence de présence" de certaines personnes devant notre souffrance est souvent une incapacité à y faire face ; c'est aussi pour cette raison que j'insiste sur l'importance d'apprendre à être là (je pense en particulier aux plus jeunes qui ne savent pas toujours comment réagir)...que ce soit déjà pour des moments moins "désirables" mais pas dramatiques.
Et loin de moi l'idée de juger ceux qui sont dans l'incapacité de le faire.
Comme dit Boulezail, soyons présents..toutes les occasions sont bonnes! et d'instant en instant ;)
douce soirée
Anne
Etre présent chaque jour, autant qu'on le peut ... Mais parfois on est trop recroquevillé sur ses problèmes, ses souffrances intimes. Il faudrait pouvoir les déposer quelque part, repartir plus léger vers ceux qui nous attendent, pour ensuite pouvoir s'occuper de soi, car la présence n'est possible que si on prend du temps pour soi.
RépondreSupprimerQuelle belle formule qui résume exactement ce que je ressentais, sans savoir l'exprimer, devant la douleur de personnes qui m'entourent ! Merci pour ce cadeau...
RépondreSupprimerChaleureusement
etre présent c'est ce qu'il y a de plus important, je suis étudiante infirmière et cela compte beaucoup pour moi, d'autant que je fais mon mémoire sur ce sujet
RépondreSupprimerd'ailleurs si quelqu'un aurait une idée de livre à lire pour moi sur ce sujet je suis preneuse
merci