J’ai vécu plein de moments forts cet été (et j’espère que vous aussi). Mais le plus touchant, c’est quand ma plus jeune fille m’a dit, un soir, au moment où je venais l’embrasser : « Papa, je t’aime trop, si tu meurs, je me suicide. » Sacré choc. Je me suis retrouvé les deux pieds dans ma théorie des états d'âme : immensément touché à la fois en douceur (quel message d’amour !) et en douleur (quelles inquiétudes derrière ce message ? et quels risques réels si je me fais écrabouiller par un autobus tout à l’heure ?).
En bon psy, je me suis rassuré moi-même : « Bon, réjouis-toi qu’elle t’aime aussi fort, et débrouille-toi pour ne pas mourir. Euh, en tout cas, pas trop vite... Et puis, tu sais pourquoi elle pense à ça : nous venons d’arriver chez ses grands-parents, et elle a vu leur vieux chien, tout ralenti, couché dans son coin, et elle a senti que son heure arrivait ; comme elle l’aime bien, elle a pensé à tout ceux qu’elle aimait, etc. » OK, OK, mais je me sens bien secoué tout de même.
Car au bout de tout ça, il y a notre destin d’humains, ce chemin que nous devons tous emprunter : aimer la vie puis la quitter ; aimer puis se séparer. Impossible de rester impassible. Exister c’est vibrer, et aimer c’est trembler. C’est Delherm qui écrivait « Le bonheur, c’est d’avoir quelqu’un à perdre. » Avant de perdre, aimons donc très fort. Et pensons au bonheur plutôt qu'à la perte.
Illustration de Grégoire Solotareff.
J'assume je suis la première.... Et bien, très fort ce premier "billet" du mois de septembre!
RépondreSupprimerJ'ai vécu un été très chaud, éprouvant..Dans le bon et le moins bon. C'est étrange votre texte car après des années, je viens de faire connaissance avec quelqu'un..Nous faisons connaissance...Et ds connaissance, il y a naissance...On né et nous apprenons plus tard que nous devrons quitter ce monde...Rien ne dure mais lorsque cela rempli le coeur et l'âme, l'esprit, cela fait un bien fou et on se laisse aller à penser que cela vaut le coup, sacrément... Alors oui, aimons parce que cela veut dire partager,exister pour l'autre, les autres. Et la vie devient le plus beau cadeau qu'on ait pu vous faire....
Merci Dr André.
C'est très beau, bouleversant... et çà me laisse sans voix.
RépondreSupprimerMerci pour ce témoignage "coup de poing"
Très contente de retrouver votre chronique matinale.
Marie-L.
Bonjour,
RépondreSupprimerCet été, j'ai eu des ennuis de santé... Sincèrement, nous ne sommes pas prêts à perdre tous ceux qu'on aime !
Cependant, ce moment fort nous montre tout le bonheur que l'on dispose.
Je suis heureuse de retrouver tout l'esprit de ce blog... Merci
Ces mots me font penser à ce texte qui m'est cher de Deepak Chopra ...je le partage avec chacun ici :
RépondreSupprimerGautama Bouddha, le fondateur du Bouddhisme a dit un jour :
"Cette existence est aussi éphémère qu'un nuage d'automne.
Assister à la naissance et à la mort des êtres est comme
regarder les mouvements d'une danse."
"Une vie est un éclair dans le ciel,
elle court comme le torrent dévale une montagne escarpée.
Nous nous arrêtons un instant pour nous rencontrer ,
nous regarder , nous aimer , partager .
Ce moment est précieux mais il est passager.
C'est une parenthèse dans l'éternité.
Si nous le partageons avec attention et amour , le cœur lumineux ,
nous créerons l'abondance et la joie les uns pour les autres.
Alors , ce moment aura été digne d'être vécu ."
Deepak Chopra
Bonjour Christophe
RépondreSupprimerBien égoïstement heureuse de votre retour ! Vos articles nous donnent toujours matière à réflexion, un peu comme un bonbon que nous gardons longtemps dans la bouche pour prolonger le plaisir de l'enfance.
Je me souviens de cette conscience de la mort et du jour ou plutôt du soir ou j'y ai pensé. J'avais environ huit ans, les vacances venaient de se terminer et j'avais quitté ma grand-mère adorée en sachant que je ne retournerai en Bretagne qu'aux grandes vacances suivantes. J'ai commencé à pleurer en imaginant qu'elle aussi pourrait mourir comme mon grand-père, ma mère est arrivée, et j'ai pris conscience qu'elle pourrait être jalouse (je savais déjà que c'était un de ses traits de caractère) de me voir redouter la mort de ma grand-mère et non la sienne. Je lui ai donc dit que j'avais peur qu'elle ne meure...
Et voilà pourquoi, chaque rentrée me rend nostalgique...
Chaleureusement
Heureuse de retrouver ce rendez-vous, comme les autres qui fréquentent ce site(Bon exercice de gratitude!)
RépondreSupprimerJ'ai beaucoup aimé une personne de la génération de ma grand-mère;nous avions un lien privilégié qui m'a aidé considérablement dans ma vie. J'avais la trentaine quand je lui ai confié à quel point j'envisageais difficilement de vivre sans elle, bien qu'à cette époque mon univers affectif fut riche d'un mari et d'un jeune enfant."Il faudra bien " me dit-elle doucement et je lui ai répondu que j'y arriverais.Je voulais nous rassurer et nous consoler toutes les deux.Elle ne m'a jamais quittée et mes proches la connaissent: mes enfants qui ne l'ont jamais vue comme les amis qui ne l'ont jamais rencontrée.Pour un enfant,l'apprivoisement de la perte n'a pas de sens. Il est possible de lui dire que cette perte, qui raisonnablement n'interviendra que tardivement( Tu vois,je prends mes précautions pour éviter les accidents, je me nourris bien...)pourra alors être supportable. Cest ce que j'ai fait avec mes enfants. Aprés la tempête du fort chagrin on peut se souvenir avec douceur: le souvenir du bonheur c'est encore du bonheur, ce que l'on a vécu demeure en nous;
Je crois qu'en une fois j'ai écrit pour les deux mois! D'anonyme je passe à un pseudonyme
Bonjour,
RépondreSupprimerRien de plus terrible que la souffrance que génère la perte des siens.
Cette souffrance, je la connais puisque je l'ai subi : la perte d'un frère dans un accident de deux-roues, très jeune.
Je pense que mon message n'a pas trop sa place ici mais je voulais vous faire partager ma vision.
Une chose me paraît sûre, c'est que la perte modifie en profondeur nos "schémas de pensées" : j'ai appris à vivre avec la douleur, j'ai appris à poser un regard nouveau sur la vie. J'ai lu les réflexions, les livres de Christophe André, que j'ai trouvés assez agréables à lire ; le texte est léger (au sens mélioratif) mais je me permets une petite critique : les livres manquent de profondeur en comparaison de toutes nos petites souffrances, nos échecs, nos déceptions accumulés au fil des années.
J'ai mis les livres de côté parce que je pense que les solutions à nos doutes, nos tensions, nos peines se trouvent en nous-mêmes. Nous devons donc chercher en nous et pas en dehors. L'expérience est le meilleur professeur. Nous devons évidemment expérimenter pour bien apprendre.
Je pense que l'important, c'est toujours d'écouter notre voix intérieure, notre conscience, il faut interroger notre conscience.
Quand ça va mal, on a beau se dire que la vie est magnifique mais si l'esprit refuse de coopérer, la seule chose que nous puissions faire, c'est d'accepter notre état puis sentir se produire en soi une espèce de transformation : ce qu'on pourrait appeler "l'assimilation psychique".
Le cerveau est une formidable machine. Il établit rapidement des connexions entre une foule d'éléments, telle ou telle idée se forme et se rattache à telle(s) autre(s), le tout formant un système cohérent de croyances.
Bonsoir à vous .
RépondreSupprimerHeureuse surprise en revenant ce soir de pouvoir vous relire de nouveau . Merci pour votre disponibilité et votre accessibilité grâce à votre blog .
Pendant les vacances j'ai pu apprécier votre dernier livre, celui ci est une porte pour mieux se découvrir à travers nos états d'âmes . Je viens de commencer imparfaits, libres et heureux et encore on y gagne du bien être pour mieux s'apprécier et apprécier les autres .
Concernant votre sujet sur la perte d'un proche, il y a encore quelques temps des remontées de mon fort intérieur me faisait pleurer rien qu'en y pensant, car j'en ai pris pleine conscience que depuis peu. Grâce au boudhisme, j'ai médité sur la notion de la mort et celà m'a apaisé pour mieux accepter et profiter des instants de bonheur en famille .
Bonne soirée à tous .
Bonsoir,
RépondreSupprimerah oui quel bonheur et quelle bonne heure de vous retrouver Christophe, (ici, car en fait vous nous avez -pour beaucoup d'entre nous, semble t il,- accompagnés durant cet été à travers vos livres, écrits et vidéos. et quel bonheur aussi de constater que beaucoup de personnes sont restées "connectées" à ce blog.
Quelle pression pour chacun de nous parents... cela me rappelle ma fille (adulte)qui m'a confié il y a quelque temps, sa peur que je me suicide quand elle me voyait dans mes "états d'âme pour le moins négatifs" . Cela m'a fait prendre conscience a posteriori de l'importance de l'image de stabilité, de "permanence" que les enfants pouvaient donner aux parents ou aux "grandes personnes" en général. J'ai eu comme vous Christophe, comme un choc...
Vous parlez de "moments forts" (j'en profite pour vous en souhaiter à tous plein, plein!) : j'ai l'impression que j'en vis de plus en plus ; serait ce l'effet de la pleine conscience? je crois bien que oui...développement de la sensibilité, bienveillance, tout cela ricoche, rayonne et en retour nous avons des rencontres, des échanges fantastiques.
Bon je m'éloigne du sujet du jour, mais j'avais envie de partager cela.
douce soirée
Anne
Oui, c'est un beau témoignage d'amour. En même temps tout parent souhaite transmettre à ses enfants la "furieuse" envie de vivre. Je suis étonnée de la facilité avec laquelle les jeunes et même les enfants en bas âges parlent du suicide. C'est devenu presque banal. Autrefois, on en parlait en cachette ou à voix basse, ce qui n'était peut-être pas mieux ... Mais n'y a-t-il pas une influence "morbide" des jeux de rôle, jeux de "survie" et autres "réjouissances" via internet ? Bonne journée !
RépondreSupprimerMa fille de 4 ans n'a vraiment compris ce qu'était la mort que quand son arrière-grand-mère est morte. Elle a pu la voir, voir le cercueil, l'enterrement, la tristesse... Elle a posé des tas de questions et tout ça l'a travaillée longtemps.
RépondreSupprimerAujourd'hui, elle a intégré la mort comme une chose naturelle mais il lui arrive souvent d'y refléchir à sa façon. Elle n'a pas encore bien intégré qu'en général les parents meurent avant leurs enfants. Ou bien elle s'indigne plus du fait qu'on brûle les vêtements que les personnes qui sont dedans...
"Aimer c'est trembler"... Pour accepter la mort dans notre société, il faut d'abord aborder la peur que l'on a d'elle ! ; =)
RépondreSupprimerBonsoir, je découvre votre blog ce soir et je le trouve vraiment très positif et revigorant :-)
RépondreSupprimerPS: mon fils qui a 6 ans est souvent triste en se couchant car il appréhende le jour où nous ne seront plus là... Je n'ai plus mes parents et je suppose que je lui ai transmis cette tristesse...
En tous cas votre blog est vraiment sympa e drôle et intéressant. je serai contente d'y passer régulièrement :-)
Ce message de l'enfant à son père témoigne tout l'amour qu'elle a pour lui. Si il meurt, elle n'aura plus de raison de vivre. C'est très beau et émouvant;
RépondreSupprimerLa préparation de l'enfant à la réalité de la vie, et donc de sa finalité, passe par un apprentissage progressif le plus en douceur possible.
La desillusion est moins grande et la chute moins forte quand on a les yeux ouverts sur la réalité. Mais pour cela, il faut en tant que parent et adulte, accepter cette réalité qu'un jour nous cesserons d'être car c'est la logique de la vie.
Cette réalité acceptée elle sera plus facilement transmissible et l'enfant deviendra adulte. Les parents doivent partir un jour. La logique de la vie le veut même si nos sentiments se révoltent à cette idée. C'est d'ailleurs pour moi une preuve de bonne santé mentale car le refus de la mort est avant tout un désir de vivre. Quoi de plus normal....
J'ai utilisé ce billet a quelques reprises lors que j,accompagne des gens dans des ruptures amoureuses ou des amours à sens unique et ce billet leur apporte un très grand soulagment. Merci beaucoup
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