mercredi 7 octobre 2009

Une patiente

Une patiente qui a du mal dans la vie, plein de problèmes psychiatriques. Du mal, beaucoup beaucoup de mal, à se faire des amis. Et à les garder. Heureusement, elle a une soeur qui l'aime et s'en occupe de son mieux. Elle l'invite souvent et lui présente ses connaissances à elle. Alors la patiente me résume ça d'une formule lumineuse : "Ma soeur est très sympa avec moi, elle me prête ses amis..."

30 commentaires:

  1. Oui, c'est émouvant et triste car j'ai connu aussi cette exclusion. La maladie et l'isolement, l'un ne se prête pas toujours à l'autre... La clé est bien sur de rompre cet isolement, c'est bien que sa soeur l'ai compris et elles ne peuvent que s'en trouver mieux.

    RépondreSupprimer
  2. La fratrie, j'ai toujours rêvé d'avoir des rapports sans nuage avec ma soeur ainée, cela n'a jamais été, je n'ai comme souvenir que des confrontations, des violences, ce qui ne c'est pas arrangé avec le temps. Nous étions l'opposé au point que même si elle m'avait prêtée ses ami(es) je doute que cela est pu marcher. Mais chose étonnante j'aurai aimé qu'un contact existe

    RépondreSupprimer
  3. Moi , je trouve ça bien . C'est une bonne idée .
    Et puis c'est sympa comme cadeau un une amie , plutot qu'un pot de fleurs ou un robot ménager .
    Genre : " Salut Frangine ! Je t'ai amenée une amie ".... " AH ! ouaih ! elle est super ! "....
    Bon , en même temps si elle lui offre pleins d'amis , la frangine a intéret à avoir une grande maison , mais moi je suis pour le principe . Aprés , bon ... faut voir à agrandir le jardin potager ....

    RépondreSupprimer
  4. J'ai la même soeur !
    Voici un petit mot de Jacques Salomé qui a enchanté ma journée :
    "La vie n'est pas ailleurs, ni chez l'autre, ni avant, ni après, ni trop tôt, ni trop tard,
    Elle est en toi, elle est là, vivante, dans la palpitation du présent, dans l'élan du moment.
    Elle source de partout en toi,
    Elle coule seulement là où il y a une ouverture, un chemin possible pour elle"
    Avec toute mon amitié

    RépondreSupprimer
  5. Sur eBay on doit pouvoir aussi en acheter, non?

    RépondreSupprimer
  6. Ne t'en fais pas jfd...!.
    Merci pour ce billet qui me reconnecte avec mes périodes de vie traversées par la dépression et qui m'ont faient voir que je n'étais pas seule sur terre ! et aussi la spontanéité de ma ptite soeur qui ne me voyait pas seulement comme une malade.
    Quand on souffre on a toujours l'impression d'être seul(e), c'est normal, la douleur isole renferme, ça fait que l'on se repli sur soi.
    Pouvoir être invité(e) présenté(e) à d'autres personnes c'est déjà partager, dans le silence peut-être au début. Celà à été valorisant et important pour ne plus me déprécier et aussi redéfinir les contours de ma valeur.
    Mes pensées les plus chaleureuses

    RépondreSupprimer
  7. Une simple réflexion comme ça en passant,
    Chacun vibre à sa façon et parfois les mots des uns résonnent sur les maux des autres.
    Bonne journée, merci pour cette note qui m'a permis au final des cogitations plutôt positive.

    RépondreSupprimer
  8. Bonjour,

    Comment explique t-on que certaines personnes aiment cloisonner les differents aspects de leur vie, et d'autres qui, au contraire, veulent que toutes les personnes qu'elles connaissent se connaissent entre elles.
    La soeur de votre patiente ne cloisonne pas, elle aurait pu etre presente pour sa soeur sans pour autant vouloir lui preter ses amis.
    Comment se construit une personnalite cloisonnante?

    RépondreSupprimer
  9. Là ça me touche... Idem histoire pour une grde solitaire..Cela me fait penser que ma soeur est un fil rouge ou une intermédiaire. En ce moment ds le travail. Oui et cela peut-être parce qu'elle est pour moi une valeur sure,et pas moi.J'ai confiance en elle et pas en moi;elle est même la seule que je crois qd elle me dit qu'elle m'aime et à qui je peux dire ces mots.J'ai trop échoué..Au propre comme au figuré.. Elle est la seule qui peut me prendre en photo,aussi..
    Cela fait bcp..Trop?! Vivons-nous à travers un frère ou une soeur et laissons-nous le droit d'exister ds la fratie?
    En tout cas, je viens d'en prendre conscience juste là maintenant!
    Un peu perso comme réaction mais ptêtre qu'il y un moment pour toute prise de conscience et Dr André,sans le vouloir vous m'avez éclairée. Merci. A voir ce qu'il va en ressortir?

    Bonne après midi!

    RépondreSupprimer
  10. Un danger: les amis "prêtés" ne se prêtent souvent pas longtemps au jeu. J'ai été témoin d'un épisode du genre.
    La notion de décloisonnement m' intéresse aussi: je me suis souvent demandé ce qui se cachait derrière ma volonté de ne pas mélanger justement.
    Je me souviens aussi d'une amie célibataire qui m'avait présenté sa sœur mariée et qui s'est offusquée que les couples sympathisent. C'était pour elle une blessure et je n'ai pas donné suite.
    Pas toujours simple tout ça!

    RépondreSupprimer
  11. "Doc" c'est ainsi que ses amis appellent un personnage de "Rue de la sardine" de Steinbeck
    un roman intéressant et drôle.
    Sur ce site je découvre aussi des références de livres. Merci!

    RépondreSupprimer
  12. J'ai toujours rêvé d'avoir une grande soeur ou un grand frère (bien sûr, j'idéalise). J'ai eu des tantes qui ont été pour moi comme des grandes soeurs. L'une est partie (leucémie) et je n'ai toujours pas fait mon deuil. J'ai de très bons amis (peu), mais c'est différent du lien familial. Il existe un organisme de parainage "grand frères" "grandes soeur" (bénévoles) pour les jeunes. Pour les adultes, il n'y a que ce qu'on appelle "coach", mais c'est très cher. Ce serait bien, quelque chose d'équivalent pour les personnes aux prises avec des maladies ou des blessures mentales, plutôt que de les rassembler entre eux dans des "ghettos" bien intentionnés (comme l'enfer) d'activités gentillettes pour malades mentaux, alors qu'on a besoin plus que tout de modèles à peu près "normaux" pour s'en sortir.

    Excellente remarque, Hanna. Je crois que les personnes "cloisonnantes" éprouvent elles-mêmes une certaine fragilité, et l'aide qu'elles pourraient vouloir apporter risque d'être très dangereuse. J'en ai souffert des ces "amies" ou "amis" qui vous isolent et vous gardent en réserve pour les jours où ils se retrouvent seuls, se servent de vos faiblesses pour exercer un contrôle qu'ils n'ont ni sur eux-même ni sur d'autres. Ce ne sont pas des amis et même un membre de la famille comme ça, il faut le fuir, si on n'a pas la force de poser ses limites.

    RépondreSupprimer
  13. Moi "Doc" ca me fait penser à Emmett Brown dans "retour vers le futur".

    RépondreSupprimer
  14. A propos des "amies" qui vous gardent seulement pour distraire leur solitude, j'ai entendu une expression d'enfant très forte et glaçante: "Je ne veux pas être une amie-poubelle" (Explication fournie:celle qui est rejetée quand arrivent les "vraies"!)

    RépondreSupprimer
  15. Ouaih ! ? .... Bon , moi je suis pas un cadeau alors ! ..... Genre : "Tiens ! je t'ai amenée une amie ".... "Heu ! .... On peut l'échanger ? .... Contre un ... un robot ménager ! Ouaih ! c'est bien ça ! un robot ménager "..... Dur pour moi , et aprés y en a qui s'étonnent que je déprime ..... Même montée en lampadaire je ne fais pas l'affaire . Même pas en potiche , alors ! c'est pour dire .....

    RépondreSupprimer
  16. Coucou Zoé,
    Et bien voilà il fallait un post comme celui que tu viens d'écrire pour que je te fasse une confidence que je gardais pour moi depuis que je te lisais : j'aime beaucoup tes posts, alors lampadaire, potiche ou quelqu'un qui permet aux autres d'élargir leur regard ?
    J'ai entendu récemment : "il faut tout remettre en cause, tout" j'aime bien cette idée même si ce n'est pas simple et tu me sembles douée.
    Et puisqu'on est dans la série compliments, j'aime aussi beaucoup tes photos !
    C'est tout pour aujourd'hui

    RépondreSupprimer
  17. Parfaitement d'accord avec vous, Rairoa, mais avec tous ces compliments, c'est en montgolfière que Zoé va se transformer.

    Mais pourquoi pas ? On est toujours ému de découvrir ses horizons, et la plupart du temps, avec quel humour !

    RépondreSupprimer
  18. Un autre petit mot pour dire que je viens d'y penser : je n'ai moi-même pas été la grande soeur idéale, alors ...

    Et puis je parlais ce matin de mes tantes, et je viens de recevoir un petit coli de ma tante grande soeur "coach" ! C'est Noêl aujourd'hui, et seulement ouvrir le colis est un plaisir immense que j'ai envie de partager ici. Voilà, je peux encore mettre un peu de confiture (de fraises) sur ma tartine, il y a même du chocolat aujourd'hui et des biscuits !

    Je sais qu'on va me couper l'électricité d'un moment à l'autre, mais cela n'a rien à voir avec le bonheur que je ressens en ce moment, n'est-ce pas ?

    RépondreSupprimer
  19. Moi j’ai un frère et une sœur avec qui je m’entends bien mais je les vois beaucoup moins souvent depuis que j’ai déménagé… mais les amis, nous n’en avons pas beaucoup en commun… En ai-je d’ailleurs ? Oui, des connaissances, j’en ai plein… Qu’est-ce qu’un véritable ami ?
    Parfois je me sens malheureuse car j’ai l’impression de n’avoir pas beaucoup d’amis au sens où moi je l’entends ; alors je me dis que ce n’est pas une question « d’avoir » mais « d’être » Quelqu’un que j’aime bien m’a dit un jour « sois une bonne amie pour toi et tu auras des chances d’être une amie pour les autres ! »
    Ps : j’ai pensé à me tenir droite aujourd’hui : ça m’a même aidée à avoir moins peur des autres.

    RépondreSupprimer
  20. C'est vrai Francine ce qu'on vous a dit, je l'ai expérimenté autrefois et ça marche. J'avais énuméré tout ce que je reprochais aux autres et tout ce que j'attendais d'eux. Puis un déclic s'est produit : "Es-tu capable toi-même d'être ce que tu exiges des autres ? Commence donc par toi, et après tu critiqueras". Ce fut efficace, croyez-moi ! Mais le temps passe, et comme on dit, le naturel revient au galop. Alors j'essaie aujourd'hui de voir cela comme un exercice ou une chose aussi quotidienne que se brosser les dents : travailler à être l'amie "idéale" pour moi-même et pour les autres. Pas facile tous les jours.

    RépondreSupprimer
  21. Oui ! ohlala ! Merci !.... Tiens à propos de mongolfiére , je vous donne la technique de fabrication du tapis volant : recueuillir des fils de toile d'araignée au petit matin avant que la rosée qui en fait de si beaux colliers de perles ne s'évapore . Les tisser soigneusement par une nuit de pleine lune . Et voilà ! vous avez un merveilleux tapis volant . C'est super pour méditer ... Et pour l'équilibre interieur .

    RépondreSupprimer
  22. "prêter des amis" la formule sonne assez tristement à mon oreille

    RépondreSupprimer
  23. Alors que je méditais sur mon merveilleux tapis volant confectionné à la hate avec quelques étoiles de mer (Zoé, on fait avec les moyens du bord)me vint une idée lumineuse ! l'amitié c'est comme la confiture de fraise de boulezai, c'est bien meilleur lorsqu'on la partage dans l'amour et la fraternité.(la fraternité étant universelle comme la confiture de fraise d'ailleurs)

    RépondreSupprimer
  24. Se donner c'est bien . Moi j'ai beaucoup aimée me donner ... Mais parfois on s'y perd , il est vrai , et on se réve aussi splendide en amitiée ... Donner toujours le meilleur de soi-même ? alors on voudrait donner ses amies car elles sont le meilleur de nous-même , mais elles s'appartiennent ..... Alors , on les prête . Voilà .....

    RépondreSupprimer
  25. Oui c'est vrai ! la confiture de fraise des bois est un parfum surnaturel qui va bien à la fraternité ....

    RépondreSupprimer
  26. Pour Boulezail : pourquoi privilégier le lien familial ? Quelle différence entre un ami ou une amie et un frère ou une soeur ? Les liens du sang ? Mais ça veut dire quoi ? Pour être un peu provocatrice, on oublie les enfants de facteur !

    Il nous faut des attaches : d'accord mais je serais plus proche du clan ou de la tribu ... J'ai vu un reportage sur une tribu africaine (je crois) où la mère s'occupe de l'enfant jusqu'à 2 ans et ensuite il passe sous la responsabilité de toute la tribu.

    Quant "à prêter ses amis", je dirais comme anonyme de 21 h 07, la formule sonne assez tristement pour moi, quoique la vue de Zoé à 22 h 05 offre une autre vision ...

    Pour une fois je vais me coucher de bonne heure pour tenter de recueillir les fils de toile d'araignée au petit matin ... en essayant d'être aussi matinal que notre ami le Docteur André ...

    Bonne nuit ...

    RépondreSupprimer
  27. Hello;
    parfois on présente une personne à ses amis sans arrière-pensée ou plan préconçu, simplement parce qu'ils se trouvent à être là.
    Peut-être que la soeur prête aussi votre patiente à ses amis ?
    Bonne soirée,
    B.A.

    RépondreSupprimer
  28. Et bien pour moi la pensée du jour m'a fait décrocher mon téléphone pour appeler mes soeurs. Et j'ai beaucoup parlé parce que c'est tard!!!
    Bien à vous

    RépondreSupprimer
  29. Je ne privilégie pas le lien familial, Natacha, j'ai probablement eu de plus belles relations avec des amis qu'avec la famille (comme on dit, on chosit ses amis ...), mais c'est vrai que j'aurais aimé avoir une aussi belle relation avec ma soeur et mes frères. Pourquoi ? Les raisons sont vagues, je n'y ai jamais vraiment réfléchi. Sans doute l'influence des modèles sociaux ? La nostalgie de mon enfance ? J'ai eu la chance que mes parents et frères et soeurs soient les premières personnes les plus proches au début de mon existence, et je regrette de n'avoir jamais pu développer de complicité avec ces personnes (qui sont en fait des étrangers), même si je sais que c'est stupide.

    C'est vrai que le modèle familial "occidental" est restreint comparé aux modèles des sociétés dites "primitives" qui offrent un meilleur équilibre aux enfants et un meilleur soutien aux mères ... ironie du sort, cela n'a pas tenu longtemps, et la nature humaine semble reprendre ses droits avec les familles reconstituées. Cela pourrait être bénéfique pour les enfants, si les préjugés n'étaient pas aussi négatifs sur ces nouveaux modèles ... malheureusement les parents doivent courir de plus en plus, faire du temps supplémentaire et travailler les week ends pour y arriver, et si le pouvoir d'achat continue à baisser, on ne sera pas trop de quatre pour élever des enfants. En plus, avec les boomers qui vieillissent et qui ne veulent pas aller dans les mourroirs qu'ils ont construits pour leurs parents, la famille risque de ressembler de plus en plus aux tribus d'antan ... Tant mieux.

    L'importance des liens du sang ? Il faut peut-être le demander à mon instinct de conservation. Mais j'ai une vision très large de la famille, les maris de mes tantes sont mes oncles et les soeurs de ceux-ci sont mes tantes et leurs enfants sont mes cousins, et les enfants du facteur et les enfants adoptés aussi ... La famille, c'est une grande toile d'araignée, des fois on y est piégé, des fois on y trouve des perles.

    RépondreSupprimer
  30. Lors d'une rencontre familiale, l'un de mes clients psychotiques disaient avoir une grande gratitude envers son frère qui l'aide a socialiser en l'invitant dans ses soirées car depuis sa psychose il arrive difficilement à socialiser (symptôme négatif). Son frère a accepter cette gratitude et lui a fait remarquer que maintenant ses amis le voyaient sans lui et qu'il n'est plus de frère de... Mon client disait voir enfin la lumière au bout du tunnel et son frère lui a dit que c'est lui qui l'éblouissait. Cet amour entre frère m'a vraiment touché.

    RépondreSupprimer