Pourquoi la méditation est-elle ainsi devenue, depuis quelques temps, en plus d’un outil de psychothérapie à part entière, un quasi-phénomène de mode ?
C’est très logique. Nous éprouvons le besoin de faire du sport au fur et à mesure que nous sommes sédentarisés et suralimentés. Et nous éprouvons le besoin d’exercices d’intériorisation – comme ceux que propose la méditation - au fur et à mesure que nous sommes sursollicités, soumis à un tapage constant (musique permanente, publicités omniprésentes), submergés sous les interruptions et les vols d’attention (coups de téléphone, SMS, mails, Twitter). Si nous n’y prenons pas garde, nous allons devenir des handicapés de l’intériorité, incapables de penser ou de contempler de manière continue plus de trois minutes, comme d’autres sont incapables, à cause du manque d’entraînement, de courir plus d’un quart d’heure.
Voilà pourquoi cultiver notre intériorité n’est pas seulement un luxe, mais une nécessité.
Illustration : derviche tourneur découpé dans une revue (Télérama ?)
Quand j'étais petite j'étais souvent dans la lune pourrait on dire qu'il s'agissait de méditation primaire
RépondreSupprimerBonne journée à tous
Depuis que j'ai suivi les 8 semaines d'entrainement au Mindfulness, je continue à méditer régulièrement, cela m'aide à me recentrer,à calmer mon esprit"sauteur", mais je ne comprend pas quand on on dit que la méditation peut aider à augmenter la sagesse, la compassion.
RépondreSupprimerQuelqu'un peut il m'aider à comprendre?
Je reviens d’une journée (en Belgique… je ne suis pas tombée en panne !) où j’ai eu la chance de participer à un atelier-rencontre avec Marte Sonnet, peintre et sculpteur. Son atelier s’intitulait « partir en recherche au loin. C’est-à-dire tout près ». Je dois dire qu’il m’a fallu un certain temps de silence pour essayer de comprendre son moyen d’expression (le dessin, mais plus encore la sculpture) a priori sans vraie beauté esthétique au sens où on l’entend… puis j’ai compris à quel point sa sensibilité la rendait sensible au monde extérieur et le besoin qu’elle en ressentait de se retirer dans son atelier pour faire jaillir de la terre quelque chose de vrai, de profond et quelle compassion elle exprimait dans son regard sur les êtres, ressentant en elle-même leur souffrance et percevant qu’il y avait une identité inaltérable. C’est sans doute une manière de méditer ! D’un drame (les visages des victimes du Kosovo qui avait perdu leurs papiers d’identité), elle en faisait une œuvre d’art ! Merci à tous ceux qui nous aident à voir avec tendresse qui nous sommes vraiment.
RépondreSupprimerOn se crée de nombreuses nouvelles "micro" addictions en somme.
RépondreSupprimerNe pouvant suivre de thérapie MBCT, je suis tombé sur vos exercices (certes pas donnés).
http://www.symbiofi.com/fr/produits/symbiofeel/meditation
Certes un intermède pub, mais qui peut aider certaines personnes, qui comme moi ont besoin de musique de fond pendant les exercices pour calmer les ruminations trop présentes...
Ce dimanche matin, la maison était déserte, femmes et enfants étaient partis à un vide-grenier. La télé était éteinte, il y avait un calme apaisant, avec l'assurance de ne pas être sollicité.
RépondreSupprimerJ'ai fait une soupe de légumes et une mousse au chocolat.
Ce fut une très belle méditation.
"Mon interiorité" cela ne concerne que moi et je ne laisse personne me pénettrer sans mon autorisation . Parceque le concept d'interiorité a une connotation sexuelle évidente (au moins pour moi).... Mais puisqu'il s'agit de "l'esprit" donc de "spiritualité" , mon intériorité c'est la guerre , donc je cultive la guerre , et c'est trés bien ainsi .
RépondreSupprimerJe ne pratique pas vraiment la méditation, mais je suis une grande rêveuse, je suis convaincue que l’intériorité est effectivement une nécessité, et même une priorité.
RépondreSupprimerMais n’est-ce pas quelque chose de complètement naturel, que chacun porte en soi, aussi naturel que de respirer ? Simplement si il ne nous viendrait pas à l’idée d’oublier de respirer. Mais on oublie qu’il existe un espace pour une respiration intérieur. Or moins on respire, plus il s’atrophie, plus il s’atrophie moins l’on peut respirer, moins l’on peut respirer et plus on va chercher de l’air ailleurs, mais souvent malheureusement cet air ne nourrit pas notre intériorité.
On a bien vite pris l’habitude de rester connecté partout, téléphone portable, ordinateur portable, câble allume cigare. Là on est tranquille, c’est facile de se « pluger » de recharger les batteries diverses et variées. Mais notre batterie intérieure ? Où la recharge-t-on ? Personnellement je me suis aperçue depuis peu, que livré avec mon matériel corporel d’origine, on m’avait fourni un petit câble. Bon je vous l’accorde, il est resté quelque temps dans l’emballage avant que je le remarque…Mais bon maintenant je dois avouer que j’en use et j’en abuse… un arbre, un chant d’oiseau, un rire d’enfant, toute les occasions sont bonnes pour me « pluger ».
Tenez l’autre jour, après une journée de boulot, je me suis surprise en flagrant délit de « plugage » coincée dans un embouteillage, après une journée de boulot, alors que j’étais en retard pour aller chercher les enfants à l’école !! J’ai branché mon câble à une petit coin de ciel bleu qui passait par la, et je me suis sentie incroyablement détendue, apaisée, tout cela au beau milieu des klaxons et des vapeurs d’essences. C’est insensée cette histoire !!
Très belle photo. Merci !
RépondreSupprimerMais c'est quoi "pluger" "plugage" ? ....
RépondreSupprimermoi y en a pas comprendre , mais moi sauvage vivre dans la jungle alors forcement . Tiend madame "Une Sensée" je vous envoie bien des bizoux des arbres et des zanimaux sauvages pour vous consoler . Courage !
Chère Zoé, Guerrière de l’intériorité, j’accepte avec plaisir ces bisous des arbres de la foret, je t’envoie en retour des bisous des arbres des villes ;-) ; et puis je te remercie de ton intervention qui me permet de préciser que « plugger » c’est beaucoup mieux avec 2g et c’est plus français de dire brancher .Belle fin de journée à toi .
RépondreSupprimerPS : les photos de ton blog me font rêver…
Trop cool ! "Une Sensée" me répond . Bon , je suis contente que mes photos te plaise . Pour ma guerre interieure , oui je pense qu'il n'y a de guerre sainte que celle que l'on menne contre soi-même . Guerre implaquable , terrible , absolue , qui doit aboutir à la non-violence (selon moi). C'est mon entrainement de l'esprit .
RépondreSupprimerExemple : Je m'invente un texte trés court que je me récitte en marchant sur la route et dans la forêt . Mon dérnier texte : " Le pardon est de nature divine . Savoir pardonner c'est être dans la main de DIEU ".... Voila , je marche et je pense à mon texte et ça marche . C'est une guerre .....
Je suis content de pouvoir bientôt démarrer un programme , un peu excité comme si j'allais m'inscrire dans un club de sport... Vivre au présent, plus de sérénité, mieux se connaître, "gérer" les émotions, le stress... les indications sont nombreuses, difficile de passer à côté, à mon avis.
RépondreSupprimerJe souhaite que la pleine conscience se développe et que son essor ne redescende pas comme un soufflet(cf EMDR).
Bon courage!
Méditation versus médication.
RépondreSupprimerIl y a eu la Boulezail d'avant le "burn inside" et "black out" (ou inversement), qui elle aussi en avait plein la bouche du positif et s'émerveillait des petits détails (pour avoir connu déjà une extrême pauvreté -- lectures salvatrices à l'époque : "Une journée d'Ivan Denissovitch" de Soljenitsyne, et "Vendredi ou les limbes du Pacifique" (version adulte) de Michel Tournier). Elle renaissait toujours de ses cendres et a pris son envol propulsée par un profond optimisme, elle faisait rire et encourageait ses collègues de travail et consolait ses amis ou même moins proches qui se confiaient à l'occasion d'une rencontre brève. Cette Boulezail qui s'abreuvait de l'expérience et des conseils des autres (dans le temps où la solidarité existait encore à grande échelle) et de lectures, en tirait des leçons, et se remettait en question pour continuer à évoluer.
Dans "Entraînement de l’esprit" - Part I, vous citez, Dr André, le "philosophe Gustave Thibon : « L’homme a soif de vérité, mais est-ce la source qu’il cherche – ou l’abreuvoir ? »".
Si je critique la médication (avec un 'c'), c'est parce que je la considère comme "l'abreuvoir", et que nos "bouviers" veulent encore décider de ce qui est bon ou mauvais pour nous, entassés, aseptisés, écornés, une étiquette avec un code barre agraffée à l'oreille.
Dans un rêve, il y a 20 ans, un vieil indien m'avait dit : "Tu es comme le cheval qui préfère se laisser mourir de soif plutôt que d'aller boire à la source". A l'époque, j'ignorais ce qu'était la méditation (avec un 't'), et me suis longtemps demandé ce que signifiait "la source" (et me le demande encore).
Parfois la Boulezail d'avant réussit encore à me parler : "Oui, il y a une issue, la seule issue : la méditation".
Mais, comme dit Rachel, j'ai des résistances : cela ressemble trop à "Il ne te reste plus qu'une chose à faire, ma vieille : prier".
J'y travaille. Par exemple, j'ai compris (intensément) le sens des avertissements dans les livres (bouddhistes entre autres) : "Ne rien faire dans le but de ...".
Méditer dans le but de devenir sage, dans le but de ressentir de la compassion, dans le but de me sentir bien dans ma peau, ça ne marche pas effectivement (ou pas longtemps). On tombe dans le cycle des "six mondes" décrits par Shögyam Trungpa dans "Pratique de la voie tibétaine, au-delà du matérialisme spirituel". Je suis tombée dans ce cycle (qui me semblait abstrait avant) et je les ai tous visités et revisités.
Sur plusieurs années j'ai donc balancé entre la mauvaise forme de "non attente" : la résignation, et la mauvaise forme "d'ouverture" : la sensation de pouvoir, de contrôle sur ma vie. C'est pourquoi je veux maintenant entretenir cet état "neutre", et parvenir à méditer vraiment sans attente. Mais les frontières sont minces (entre non espoir et désespoir), et, comme dit Zoé, c'est une "guerre intérieure" de tout instant pour réajuster les sensations.
Bonjour,
RépondreSupprimerEst-ce que la meditation est utilisee dans le processus de guerison ou dans celui de la prevention? J'ai du mal a voir comment une personne en pleine depression pourrait beneficier de la meditation comme therapie principale, ou alors existe t-il un lien entre meditation et secretion de serotonine?
Bonsoir à tous, et merci pour la richesse de ces échanges d'expériences.
RépondreSupprimerPour rebondir sur le billet de Christophe André :
Devenus sédentaires, il nous faut faire du sport pour rester en forme.
Devenus athées, ou non pratiquants, il nous faut rechercher des façons de pratiquer notre spiritualité et de nous relier à l'invisible.
La religion prévoyait des rituels pour cela, qui avaient une fonction. Ils nous manquent aujourd'hui, et nous devons trouver nos propres rituels. Pourquoi pas la méditation ? J'aime le mot "se recueillir" il image bien le besoin de réagir contre la dispersion de soi.
@Hanna : Si les mots ont un sens, si celui de "guérir" a, comme nous l’explique Le Dictionnaire Robert, celui de "recouvrir la santé : aller mieux, sortir de la maladie", alors bien sûr que l’on peut guérir de la dépression par la pleine conscience.
RépondreSupprimerA la lecture du livre "Méditer pour ne plus déprimer" il est indiqué que l'association de la tradition orientale et de la thérapie cognitive, ces techniques, scientifiquement validées, ont fait la preuve de leur efficacité. Non seulement elles aident à guérir et à prévenir la maladie dépressive, mais elles permettent, pratiquées régulièrement, de retrouver le goût simple de la vie.
D'après ce que j'ai compris et sous réserve, cela implique la possibilité d’établir une relation différente à la maladie qui va nous mener vers la guérison."Guérir", dans le sens où il peut être utiliser, ne veut pas dire obligatoirement "soigner", même si ces deux mots sont souvent interchangeables.
Comment cette stratégie agit dans la prévention de la dépression ? Il s'agit d'une méthode supplémentaire aux méthodes cognitives classiques qui augmente les activités de décentration. Le patient apprends alors à connaître quand son humeur se détériore, puis il peut après un entraînement à des exercices de concentration, de méditation, à normaliser les ruminations et leur cortège de conséquences émotionnelles.
J'ai eu l'occasion de lire une phrase magnifique ce week end, un journaliste au sujet de Barjavel:"il avait cette chance d'avoir 100ans en souvenirs et 15 ans pour l'espoir"...C'est aussi la méditation, se laisser guider par ce qui nous a touché. Ce n'est pas chose facile, j'ai dû faire des efforts au début, mais maintenant je me lève et je sais que ce moment est privilégié. Je me le suis approprié sans rien en attendre en particulier, sans me dire que cela allait tt m'apporter...Pour etre honnête, j'ai compris au fur et à mesure. Je suis comme un instrument que j'accorde pour trouver une harmonie intérieure/extérieure. Et l'extérieur c'est l'autre, les autres. C'est importt. Je suis pourtt impatiente de plein de choses vu mon parcours, pas étonnant; la méditation me montre qu'il y a des étapes. J'ai lu "L'art de la méditation" de M.Ricard. Cela m'a aidée ds la forme, guidée ds le fd. Après chacun ressent à son niveau, selon comment on 'entend'son besoin je crois. Entendre car c'est un dialogue avec soi. Je ne sais pas si je suis assez claire, en fin de journée de travail...Désolée..
RépondreSupprimerBonne soirée!
Salut Docteur !
RépondreSupprimerVous dites que la méditation est la conséquence de notre mode de vie ultra sophistiqué. Et c'est vrai...
Mais si vous poussiez un peu plus loin la réflexion, vous pourriez découvrir que la méditation est un facteur essentiel à l'ouverture de l'esprit à l'autenthicité.
Sans cette soif d'intériorité l'homme n'aurait aucun avenir et finirait par détruire sa planète... Mais la planète n'est pas d'accord, elle nous demande de nous en retourner à l'intérieur de nous même et trouver le vrai son, celui de la raison...
;)
Réponse à Wangmo :
RépondreSupprimerLa méditation, c'est bien de continuer, par contre chercher à ce que quelqu'un t'explique comment devenir plus sage ou plus compatissant ? Ne l'acceptes jamais, la solution c'est toi qui la détient, mais soit indulgent avec le "marcheur" qui croise ton chemin sur la route de la compassion.
J'ai moi-même été des années à chercher des explications, des guides, j'ai vraiment erré comme un "fou", trop de fois on m'a insulté sur mon chemin. C'est pour ça que je demande toujours aux autres qui rencontrent des pbs d'être indulgents, c'est ainsi, c'est mieux ainsi...
Bonsoir à tous !
RépondreSupprimerEn parallèle aux livres de Christophe André je lis ceux de Anselm Gruhn un moine bénédictin allemand, qui travaille aussi la psychologie du côté des Pères du désert. J'aime beaucoup lorsqu'il conseille dans la prière ou la méditation (comme vous voulez) de ne pas chasser ce qui nous vient à l'esprit, mais de le regarder en face et de se demander les raisons pour lesquelles notre esprit nous les apporte... une manière de plonger dans son intériorité, au cœur de notre "moi".
Concernant la pleine conscience, je ne résiste pas à l'envie de vous partager mon bonheur de "nager en pleine conscience" ! Je fais ça à la piscine (j'y vais deux fois par semaine). Deux aller/retour en essayant de ressentir pleinement l'eau qui glisse sur mon corps, ne m'occupant pas du tout de ce qui se passe autour de moi, faisant le minimum de mouvements, juste pour ne pas couler... un vrai bonheur... que je vous souhaite à tous !
Bonne soirée/nuit...
Bonjour,
RépondreSupprimerAprès ma lecture matinale du billet de ce jour, ma réflexion me conduisait à me dire qu'il y avait des civilisations plus ou moins spirituelles : que les pays orientaux avec le bouddhisme ou les indiens d'Amérique du Nord très proche de la nature ... pratiquaient "naturellement" la méditation et que dans notre société occidentale, cette pratique était plutôt réservée aux religieux (prêtre, moine ...)
Mais en lisant le commentaire d'Isalugo, j'ai pensé qu'il était vrai que, pour les générations passées, la religion, qui avait un rayonnement plus important qu'aujourd'hui, offrait la possibilité de se recueillir et de méditer pas seulement aux prêtres mais à tous les croyants.
Il y a quelques temps, j'ai lu un livre "L'ART DE LA SIMPLICITE" de Dominique Loreau reposant sur l'art de vivre japonais et qui expose une approche plus spirituelle de l'existence (vider les armoires, s'habiller simplement, abandonner les achats compulsifs, manger frugal, prendre soin de son corps et de son esprit ...) (bon, pas toujours facile à suivre : aujourd'hui je me suis avalée une boîte de petits gâteaux !!! pas très frugal tout ça).
Je pense que nous sommes aujourd'hui "engloutis" par le matérialisme, l'information, la surabondance et un retour à la méditation est sans doute une nécessité.
Et pourquoi pas l'enseignement de la méditation à l'école ?
En espérant que ce n'est pas qu'un phénomène de mode car pour reprendre un billet récent :
"Etre dans le vent ? Cela expose à un destin de feuille morte." lol !
Bonsoir à tous
Dans nos sociétés occidentales, on a tendence à entendre par "méditation" : "cogitation", "concentration de la pensée, de l'esprit, de la conscience" alors que le sens oriental donné à "méditation" s'arrête à "respiration". Rien de plus. C'est au contraire absence de cogitation, absence de concentration, absence de pensées etc.
RépondreSupprimerIl me semble que cette confusion est ici alimentée par l'expression "pleine conscience" qui accompagne souvent "méditation".
Méditer, c'est respirer, profondément, calmement, sereinement. C'est tout. L'expérience de la pleine conscience est à part, et se fait dans un second temps.
Méditer, c'est effectivement comme dit Unsensée revenir à "quelque chose d'aussi naturel que de respirer" puisque c'est respirer. Et si l'on doit penser à une seule chose, c'est à la respiration.
La respiration, d'après certaines lectures, et si mes souvenirs sont bons, permet (non seulement de vivre), mais de réguler les fonctions vitales de notre organisme comme la sécrétion justement, des substances nécessaires à son fonctionnement. Elle régule aussi les battements de notre coeur, une respiration calme, ralentit les battements du coeur, c'est ce qui nous permet de rester calme etc.
Car effectivement, sous le coup de certaines émotions, la respiration s'intensifie ou il arrive même qu'on "oublie" de respirer.
Voilà grossomodo, je ne me souviens plus des détails, mais il y a des livres qui les décrivent de façon un peu plus scientifique que moi. Le yoga a le même effet, les différentes positions stimulent certaines glandes, et c'est aussi ce qu'on peut aller chercher en faisant de l'exercice, en marchant ou en pratiquant un sport, retrouver cette stimulation vivifiante.
Donc si la méditation a un effet positif sur l'esprit et la conscience par la discipline qu'elle nous procure, que ce soit un rituel ou autre, elle a également un effet purement physique reconnu.
Bonsoir,
RépondreSupprimerWangmo : "Je ne comprends pas quand on dit que la méditation peut aider à augmenter la sagesse, la compassion."
Il y a des gens plus enclins que d'autres à la compassion. En des termes spirituels, c'est une "disposition de l'âme".
On l'est à différents degrés mais par expérience je sais qu'il y a des gens qui sont d'un égoïsme frôlant le pathologique. Ils ne raisonnent que par rapport à eux-mêmes. Ils n'agissent que par intérêt personnel.
Il y a bien sûr des gens qui savent feindre la compassion ; ils cachent bien leur vrai nature mais au bout d'un temps, le naturel reprend le dessus comme on dit (chasser le naturel, il revient au galop).
Avec le temps, je finis par éprouver une certaine gêne face à ces gens-là. Leur fausse compassion finissent par mettre mal à l'aise (surtout par le regard).
Bonjour,
RépondreSupprimerMerci Bipote pour ta reponse.
Il n'y a pas de quoi Hanna surtout que je ne réponds pas vraiment à votre question.
RépondreSupprimerTout ce que je peux dire des traitements du trouble bipolaire, c'est qu'ils sont toujours plus efficace en prévention que dans la "guérison". Ce qui paraît logique comme le veut le célèbre adage, mieux vaut prévenir que guérir.
L'opposition occident orient , je n'y crois pas . Les êtres humains sont tous égaux et tous capables du pire comme du meilleur . Moi , je suis fatiguée de ce discour trop schématique . Je ne suis jamais allée en orient et pourtant , en réve je suis allée au thibet en australie et d'autres pays trés beaux . Et pleins d'autres réves . La pensée se fout des frontiéres . Alors stop à cette vision réductrice de la méditation . Pour moi la méditation est un voyage d'amour .....
RépondreSupprimermerci Docteur pour ce sujet ancien et d'actualité. J'ai commencé à m'y intéresser depuis peu, mais j'avoue ne pas savoir commentfaire. je suis entrain de lire "relaxation et meditation" du Dr Dominique Servant . Avez vous d'autres livres à conseiller et est ce que mes exercices rentrent dans le cadre d'une bibliothérapie? autrement dit faut il une personne qui nous enseigne cet art de la méditatio?
RépondreSupprimerBonsoir Christophe,
RépondreSupprimerEtre présent à soi même pour fuir les sur sollicitations de notre " époque" qui va toujours plus vite.
je peux passer des heures à contempler mon feu de cheminée et me sentir pleinement heureuse et comblée sans attente de quoique ce soit. Juste un rendez-vous avec moi-même...
Zoé, je n'ai fait que répéter ce que j'ai lu dans des livres écrits par des maîtres tibétain et japonais. Il ne s'agit que de technique.
RépondreSupprimerMaintenant, on peut rêver ce que l'on veut, que les arbres ont des ailes et galopent dans le ciel, qu'on peut courir sur la mer et jouer à la marelle avec les continents, l'imagination n'a pas de frontières, c'est vrai, mais les mots en ont ...
Que faire ? Regarder les animaux et réapprendre à se passer de mots pour se comprendre ? Chaque jour, j'essaie d'être une élève digne de mes petits maîtres.
Oui ! ? je ne t'adresse aucun reproche BouleZaïl . C'est plutot un discour général qui oppose orient et occident et je pense que cette opposition est fausse . IL faut , pour s'en appercevoir , lire des textes anciens de philosophes divers et de mysthiques occidentaux . On se rend alors compte que cette opposition est arbitraire et que la pensée circule depuis toujours à travers le monde .
RépondreSupprimerBises Zou ! ! !
"T'es encore dans la lune, hein ? Moi aussi ça m'arrive souvent". A travers le brouhaha des conversations des autres membres de la famille, mon grand-père venait d'établir un pont invisible entre lui et moi, et, sans que les autres ne remarquent rien, nous marchions tous les deux là où personne n'a encore mis le pied. Votre commentaire m'a rappelé ces souvenirs, Sbike.
RépondreSupprimerDepuis tous petits nous sommes conditionnés à tout faire dans le but de ..., et l'entrainement de l'esprit se situe encore dans le but de ...
Je crois que nous avons plus besoin de le mettre en jachère de temps en temps, notre esprit ; d'arrêter de nager et faire la planche spirituellement de temps en temps ; d'être dans la lune, et, comme plusieurs l'ont dit, de prendre le temps de contempler, de se laisser aller à la contemplation, sans aucun but.
Bonjour,
RépondreSupprimerJe profite de ce post sur la méditation pour vous interpeller sur la confusion que vous faîtes dans votre dernier livre entre expérience d’éveil et méditation.
Je pense que l’expérience d’éveil est une expérience de l’ETRE, une expérience de révélation de l’être, dans ce sens elle est une expérience éminemment intellectuelle. Elle est ce retour qu’accomplit l’intelligence sur son propre acte d’intelliger une réalité extérieure. C’est pourquoi les expériences d’éveil se font toujours face à une réalité matérielle qui s’impose à nous dans toute sa force d’exister.
Cette expérience d’éveil, Saint Thomas d’Aquin l’appelle dans la continuité de la mystique plotinienne : Redditio Completa (retour complet), c’est une expérience fondatrice de notre capacité de conscience mais aussi de notre capacité de jugement. D’où la grande nécessité de faire et refaire (est-ce possible) cette expérience dans une démarche psychothérapeutique.
La méditation, elle, engage certes l’intelligence mais surtout et d’abord la volonté.
Or si l’intelligence se porte presque naturellement sans effort vers des objets extérieurs et finalement vers le vrai, la volonté ne se porte pas sans effort vers le bien et c’est avec difficulté qu’elle atteint ce qu’elle désire.
La méditation est donc une expérience à la fois supérieure à l’expérience d’éveil mais aussi plus difficile, plus exigeante et finalement plus dangereuse. Beaucoup s’y sont perdus, beaucoup s’y perdent. Elle appartient donc nécessairement à une tradition religieuse qui va baliser cette expérience et permettre d’éviter au maximum les dangers qu’on y rencontre. Mais à un certain stade, la méditation débouche nécessairement sur ce que la tradition des maîtres du Carmel, notamment Saint Jean de a Croix, appellent les nuits : nuit des sens et nuit de l’esprit. Je ne pense pas que la méditation puisse se faire en dehors de toute tradition religieuse car lorsque ces nuits arrivent il faut pouvoir les interpréter, dans la Lumière de la Croix (pour d’autres, même si je pense que c’est dangereux pour l’intégrité psychique de la personne, dans la disparition de tout désir)
Alors l’expérience d’éveil en psychothérapie OUI mais pas la méditation. Qu’en pensez-vous ?
Merci Leroy pour ces précisions, très intéressantes. Mais la méditation que nous utilisons en psychothérapie est en général de type "pleine conscience", consistant à s'ouvrir à l'instant présent, et non méditation mobilisant réflexion et intelligence, comme expérience intellectuelle.
RépondreSupprimerCher Christophe André,
RépondreSupprimerLa Redditio Completa n’est absolument pas un une réflexion intellectuelle discursive ou même une méditation, elle en est plutôt la condition. L’homme ne peut accéder à la conscience de soi que par un mouvement d’extraversion de l’intelligence qui saisit une réalité extérieure dans son acte même d’exister, et se replie sur soi pour « intelliger qu’il intellige », c’est la Redditio Completa.
Je n’ai pas de plus belle description d’expérience de Redditio Completa que celle décrite par le grand philosophe juif Martin Buber dans son œuvre majeure « Je et Tu » (qui inspire d’ailleurs toute la métaphysique de Benoît XVI) :
« O faible paillette de mica qui m’as la première donné l’intuition que le JE n’est pas quelque chose « en moi » - pourtant c’est en moi seulement que j’ai été relié à toi,… Mai quand une âme vivante se dégage des choses et prend existence pour moi et s’approche de moi par la présence et par le langage, qu’il est inévitablement bref, le moment où cet être est entièrement un TU pour moi ! »
Si ces questions relatives à la métaphysique de la conscience vous intéressent, je me permets de vous conseiller le livre du philosophe suisse François-Xavier Putallaz : Le sens de la Réflexion chez Thomas d’Aquin. C’est un spécialiste de ces questions.
Il écrit : « Saint Thomas a su mettre en valeur cet étonnant paradoxe de la condition humaine que l’esprit ne s’atteint lui-même qu’en se dépossédant de toute intériorité repliée, et en décrispant son élan : « C’est en effet par l’objet que l’esprit connaît sa propre opération »
Ce qui explique d’ailleurs le danger de la méditation qui peut enfermer l’esprit dans une fausse intériorité.