mardi 21 avril 2009

Vidéos de vacances : ruminations


Le piège principal sur le chemin des états d'âme : s'enliser et ressasser.
Voir la vidéo.

Illustration : Saint Jean Baptiste, par Deodato di Orlando (1284-1315). Frankfurt, Städelsches Kunstinstitut.

13 commentaires:

  1. EA: Bonjour , il y a un probleme avec le lien de la vidéo. Merci d'avoir créer ton blog et de partager ainsi ton savoir et ton expérience de vie.
    Question : et les ermites ? les retaites spirituelles ?

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  2. Christophe André21 avril 2009 16:55

    Voici le lien complet pour la vidéo :
    http://www.omegatv.tv/video/19071482001/psychologie/sentimentsemotions/etats-d-ame--le-probleme-des-ruminations-.php
    Les retraites spirituelles posent justement la question du bon usage de l'introspection : au début, on est souvent submergé par ses états d'âme ; puis on se pacifie peu à peu, et méditation et réflexion peuvent commencer.

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  3. Colette GALAUP22 avril 2009 06:26

    Bonjour,

    Peut-on réellement de but en blanc sans aucun travail sur soi effectuer une retraite spirituelle?

    C'est la question que je me pose....

    N'est-il pas conseillé d'en avoir effectué un au préalable car comme vous l'écrivez les états d'âmes peuvent nous envahir et les émotions nous submerger mentalement et physiquement.

    Que se passe t-il alors?

    N'y a t-il pas là un risque pour la personne...?

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  4. Bonsoir,
    Je profite de l'occasion pour parler encore une fois de mes expériences :
    Ma soeur vient de se faire agresser près de chez moi aujourd'hui. Cela devient presque quotidien dans mon coin. Plus de peur que de mal heureusement (des bleus et le sac à main retrouvé) mais tout de même...je me retrouve avec une multitude d'états d'âme : états d'âme de peur, de colère, de haine, d'insécurité. Rumination, rumination toujours et toujours. Voilà, je pense, la cause (en grande partie) de ma "souffrance". Moi, qui avais réussi à acquérir dernièrement une certaine sérénité, me revoilà avec ce même sentiment d'insécurité pesant. J'ai du boulot et cela (si j'ai bien compris le dernier livre de Christophe André et assimilé les précieux conseils de Matthieu Ricard) passe par une meilleure compréhension et une certaine mise à distance de ses états d'âme. Plus facile à dire qu'à faire, mais ça vaut peut-être le coup d'essayer...
    Bravo encore une fois pour ce blog ainsi qu'aux autres participants pour leurs commentaires enrichissants.
    A+
    Sylvain.

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  5. Je viens moi-même de me faire agresser ds mon travail il y a une heure...Et je dois y retourner...Ce qui aide c'est de partager avec une autre personne en qui on a confiance pour prendre du recul et ne pas s'enfoncer ds des états d'âme avec lesquels la peur se mêle et s'entremêle. Un appel téléphonique a surement empêché ce processus...Essayer oui, ce qui vaudra un jour de réussir... Merci car là encore cela me permet de m'apaiser...

    Sylvie.

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  6. Christophe André22 avril 2009 23:24

    Pour Colette : effectivement, il y a souvent un "effet rebond" lors des retraites : rebond de nos anxiétés et désarrois, une fois que nous sommes privés (volontairement...) de nos distracteurs habituels (TV, radio, ordinateurs, portables, etc.). Mais ce n'est pas dangereux, juste inconfortable. Et en tenant bon, en quelques jours, ça passe, et on accède alors à une étape plus apaisée et intéressante !

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  7. Christophe André22 avril 2009 23:26

    Pour Sylvain : désolé pour votre soeur. Et je comprends bien vos ruminations : la sérénité, ou l'équilibre intérieurs, ne peuvent nous rendre insensibles aux événements douloureux. Mais ils peuvent nous aider à ne pas trop déraper dans le désarroi ou (comme ici) la haine et le ressentiment. Et à nous en remettre rapidement.

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  8. Christophe André22 avril 2009 23:29

    Pour Sylvie : désolé également (mauvaise passe, toutes ces agressions...). Effectivement, la consolation du lien social est sans doute la plus puissante. Et puis communiquer et échanger nous empêche de nous enfermer, de ressasser, d'amplifier encore les problèmes, même s'ils sont bien réels. Merci à toutes et tous de vos témoignages.

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  9. Merci à vous pour vos réponses.
    Désolé aussi pour Sylvie.
    J'avais oublié de préciser que, effectivement, la seule souffrance encore réellement palpable était celle causée par la rumination des états d'âme de colère et surtout de haine. Autrement dit, si l'agression a bien été le déclencheur de mon "malaise", elle n'est pas à l'heure actuelle ma cause principale de "souffrance" (le mot est peut-être un peu fort mais peu importe...) : ce sont mes ruminations qui en sont la cause. Je crée donc mon propre mal-être. J'en suis conscient (ce qui est déjà une étape de franchie). Voilà pourquoi on dit que la haine est souvent inutile voire désastreuse. Bien sûr, cela n'excuse pas l'agresseur.
    J'ai donc un respect sans limite pour les gens qui doivent faire face au meurtre d'un de leurs enfants (j'ai en tête les deux étudiants français tués en Angleterre par des centaines de coups de couteau, ou alors cette jeune fille violée par plusieurs garçons dans un train récemment) et qui arrive à la longue à ne plus ressentir aucune haine ni aucun sentiment de revanche.
    A bientôt,
    Sylvain.

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  10. Bonjour,
    Il y eu depuis le sujet sur l'impermanence...J'ai avancé sur ce chemin,cela m'a aidé à le comprendre. Comme quoi!Tout va bien.J'ai réussi à en parler, ce qui ramène à partager pour abréger et couper court à ce que l'autre vous a fait.
    Vous rappeler au plus vite qu'il y a des personnes qui vous aiment parce vous êtes vous tout simplement..Il y a un court passage sur le lien à la famille dans le livre...Très éclairant. Rassurez-vous, rien de grave physiquement; la violence verbale a eu un impact terrible. Qd le passé ressurgit par une porte que vous pensiez bien fermée...
    Une journée commence, et pour être dans le présent, je vous souhaite à tous un très bon vendredi 24 avril! Et merci de tout coeur de votre soutien!
    Sylvie

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  11. Cher Mr Christophe André,
    Voilà, je rentre d'une semaine de vacances à l'île de Ré et je voulais vous remercier d'avoir éclairé mes soirées de votre dernier livre...J'y ai appris que j'étais une "ruminatrice hyper-sensible", imparfaite, mais heureuse et libre... surtout lorsque je faisais du vélo au soleil en bord de mer...
    Je vais essayer de prolonger ces moments de bonheur en me promenant le long de la Seine, en île-de-France, sous la pluie !
    J'ai beaucoup aimé le chapitre qui parle de compassion, de douceur et de gentillesse...
    J'aime beaucoup aussi toutes les citations et les évocations très personnelles que vous faites...Par vos livres et votre blog, vos nouveaux patients ne "risquent"-ils pas de vous connaître mieux que vous ne les connaîtrez quand ils se présenteront à vous ? Qu'en serait-il de l'inévitable "transfert" qui pourrait s'opérer ?
    Bonne rentrée à vous aussi !
    Cathy

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  12. Christophe André26 avril 2009 22:04

    Merci Cathy. Pour le transfert, cela ne me gêne pas : cela concerne plutôt les psychanalystes, qui restent "mystérieux" afin que les patients puissent imaginer et projeter sur eux. Ma façon de travailler est différente : je discute beaucoup avec mes patients, et je donne parfois des exemples personnels, comme dans mes livres.

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  13. Je ne sais pas si quelqu'un reviendra faire un tour par ici ...

    Est-ce que les psychologues sont aussi obsédés par le "transfert" que les psychanalistes ? Cela expliquerait la gêne de mon psychologue lorsque j'ai parlé de l'importance de la séduction dans les relations sociales en général et le fait qu'il n'ait donné aucun écho à mes questions sur le sujet. Cela me confirmerait aussi que mes suppositions (Fin de théapie -- 1 octobre 2009 21:52) n'étaient pas trop loin de la réalité.

    Pour Sylvain et Sylvie. Il y a deux personnes qui ont empoisonné ma vie et que j'ai détestées à un point que je ne dirai pas ici, mais cela eu probablement l'avantage de me rendre très tolérante envers tout le monde (pendant des années). Ma haine était en effet totalement monopolisée par ces deux individus stupides et méchants. Lors de mon "burn out", tout s'est mélangé : le présent, le passé, et je suis tombée sur un livre qui m'a beaucoup aidée : "Les 7 lois de la sérénité" de Virginia Clarke ... exactement le genre de titre et de nom d'auteur que j'aurais totalement ignoré en temps normal. Mais, alors que le mot "pardon" à lui tout seul me donne la nausée, après plusieurs tentatives de fuir le chapitre, je me suis lancée. Le pardon est présenté comme une libération de la douleur causée par le ressentiment, la colère, la haine, etc. En pardonnant ainsi, on ne libère pas l'autre de sa responsabilité, on se libère soi, du poison de la douleur.

    Même si l'auteur invite ensuite à s'ouvrir à l'amour inconditionnel, je n'en suis pas rendue là, et ne le souhaite pas, je me suis sentie soulagée d'un poids considérable : "Donnez-vous la chance de vous délester de tout ce qui vous empêche de vivre pleinement le moment présent".

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