
L'autre jour, je bavardais des pollutions sociales avec un copain. Et il me racontait cette grande pollution des voyages en train (notamment) : la conversation à voix haute sur un portable, dont tout le wagon profite. Je me demandais pourquoi c'est si agaçant, après tout ?! Finalement, lorsque deux personnes bavardent en vrai dans le compartiment, cela va faire 2 fois plus de bruit (elles sont deux) et donc 2 fois plus de gêne. Ben non, me répondit-il.
Non, parce que d'abord, lorsqu'on parle dans un portable, on a tendance à parler plus fort qu'en face-à-face : c'est un classique de la psychologie du contrôle. Vous savez, le fait que quand on veut faire des gros chiffres en jouant aux dés, on les jette plus fort que quand on veut faire des 1 ou des 2 (là, on les jette doucement). Et au téléphone, c'est pareil : on a montré que plus les gens téléphonaient à des personnes se trouvant géographiquement loin, plus ils avaient tendance à parler fort dans le combiné. Ça ne sert à rien, mais c'est comme ça : de notre mieux, sans nous en rendre toujours compte, nous tentons d'exercer un contrôle sur les petits détails de notre vie. Et du coup, on parle inutilement fort dans nos portables, parfois.
"Et non aussi, me dit-il, parce que ce sont des hémiconversations. Ton cerveau peut faire abstraction des vraies conversations, si elles ne se déroulent pas trop fort. Mais pas de ces conversations téléphoniques bancales, où tu n'entends que la moitié des répliques : trop anormal, trop artificiel, nos neurones ne savent pas se mettre en position off..."
Ça m'a bien plu, ces explications. Bon, ce n'est pas sûr que ça m'aide beaucoup à mieux supporter les prochaines hémiconversations. Mais si, peut-être ; ce sera une petite consolation mesquine : je me dirai qu'elles ne procureront qu'un hémiplaisir à leurs émetteurs, au lieu du plaisir d'une vraie conversation. Ou de celui, encore plus savoureux, d'un moment prolongé de silence...
Illustration : deux passagers du TGV Paris-Lyon qui en viennent aux mains à cause d'une hémiconversation. Non, je rigole : c'est le combat de Jacob et l'ange, fresque imposante (là, c'est juste un bout) d'Eugène Delacroix, à l'église Saint-Sulpice de Paris.
Buon giorno,
RépondreSupprimerc'est amusant mais l'autre jour, même épisode que vous et là je me demande: dois-je pratiquer la pleine conscience et donc profiter de ce moment ou plutôt les techniques genre affirmation de soi (que je n'ai vues que dans un livre) ? D'un point de vue général-le respect des autres, j'aurais préféré la seconde mais peur? incertitude ? (est-ce moi qui suis une grincheuse?quel est le seuil de tolérance acceptable?), j'ai choisi la première. Pas sûr que cela ait contribué à changer l'attitude du braillard hémisphérique !
Belle journée à tous,
B.A.
ALLO ? DIEU !!!! ALLO ? DIEU !!!!!.....
RépondreSupprimerQui c'est qu'A enlevé l'échelle ? .....
JE DIS KI C'EST KA ENLEVE L'ECHELLE ? MERDE !!!!
ALlO !!!!! DIEU ? NE COUPEZ PAS !!!!!!
MERDE ... il a raccroché ......
Problémes de conscience . Miracles . Guérison .
RépondreSupprimerRetour de l'être aimé .....
Tappez : ALLO DIEU 24/24 ......
Appel gratuit ....
Génial l'humour de Zoe ce matin ! Plus l'interlocuteur est loin et plus on hausse le ton, quoique parfois ça fait du bien de crier, quand on s'adresse à Dieu je veux dire ! Alors s'agit-il d'une hémiconversation ? Dans le sens où cela nous empêcherait d'entendre la réponse ? En fait on passe son temps à entrtenir avec sa conscience une hémiconversation pour dire tout ce qui ne va pas, "c'est pas une vie ça ! pourquoi ça m'arrive à moi ? j'ai pas mérité une chose pareille ! etc...etc..." alors qu'il vaudrait mieux se poser tranquillement, faire silence, écouter notre vie intérieure pour entendre ce qu'elle a à nous dire, ça c'est une "vraie conversation", et ça vaut le coup d'essayer...je crois...
RépondreSupprimerMoi, j'aime bien écouter les gens parler au téléphone, m'amuser des mimiques qu'ils esquissent, m'adonner à deviner qui est au bout du fil. Même pour les vrais conversations physiques avec retour, je suis bon public.
RépondreSupprimerNul place pour la discrétion de ma part, n'est-ce pas! ;p
Mais personnellement, je déteste parler au téléphone dans le train ou dans le métro. Tous ces bruits qui se superposent à ma conversation, et puis j'ignore pourquoi, tous ces regards tournés vers moi; sans doute parce que moi aussi je parle trop fort dans l'appareil, quand il y a du bruit autour.
Quand je prend l'avion(que je prends plus souvent que le train) à chaque fois j'attends de voir quels inconnus vont s'asseoir à côté de moi. En effet, j'ai une fâcheuse ou drôle(selon les cas) habitude de finir TOUJOURS par discuter avec mon voisin de gauche ou de droite. C'est vraiment dingue, Doc!!
Je vous raconte une tite anecdote:
Je me souviens une fois dans un avion, je m'étais dit à moi même:
"cococinelle, cette fois tu ne dis rien à personne, tu lis ton bouquin, torture ta grille de sudocu, pique un som...mais tu ne parles pas avec ton voisin! Et on verra si tu en es capable". Croyez-moi j'étais décidée de le mettre en pratique.
On arrive à la moitié du vol, j'étais presque ravie de moi, quand arrive la gentille hôtesse pour ramasser les gobelets vides. Je lui tends le mien, je me tourne vers le garçon de droite qui regardait par le hublot. Je prends la liberté de saisir son gobelet vide sans lui dire mot. Il se retourne et me sourit en me remerciant. Et ensuite, je ne sais pas comment ni pourquoi exactement, on finit quand-même par papoter tout le reste du vol. Il me raconte où il va et pourquoi et on compare les pays, les gens des différents pays...
Bref, Evidemment, mon pari avec moi-même n'a pas Tenu longtemps!
Cette histoire insignifiante, juste pour dire Doc, que participer aux conversations dans les transports en commun, c'est presque inscrit dans le gènes chez "certains".
Ne nous en voulez pas, cher Doc! ;)
Belle journée!
Ah, Cococinelle est de retour ! ;o)
RépondreSupprimer5 (CINQ) jours sans commentaire, tout de même ! Tu avais fait voeu de silence, dis donc, ou tu travaillais d'arrache-langue tes examens ? Enfin, le plus important, c'est que tu reviennes parmi nous.
Quant aux conversations hémisphériques, pour en venir au sujet, je me permets de rappeler à cette noble assemblée l'existence de ces petites boules de cire ou de caoutchouc (ces dernières fonctionnent mieux) qu'on se met dans les oreilles - une invention parmi les plus utiles du siècle, à coup sûr.
Bon silence du jour à tous
Bonjour Christophe,
RépondreSupprimerintéressante illustration, jolie église St Sulpice...
Jacob devient suite à un combat contre Dieu (symbolisé par un ange) : Israël.
Rencontrer Dieu dans un train, pourquoi pas? Se battre contre lui? Combat perdu d'avance, à cause du silence qui est très destructeur ou alors on devient mystique (c'est-à-dire déjà un peu fou).
Mais peut-être que c'est pour vous là un travail de tolérance à faire de laisser exister les parleurs au téléphone portable dans les trains.
Sinon, vous faites ZORRO, sortez votre cape et votre épée et vous faites le justicier : "vous ne voyez pas que vous êtes dans un compartiment, le téléphone il dort là, c'est dessiné, même pas besoin de savoir lire!"
Mais comme parfois il y a plus de personnes deséquilibrées dans la rue que dans les hôpitaux psychiatriques, Dieu seul sait où votre désir de justice vous mènerait (dans le meilleur des cas, un bon coup de poing comme en mêlée peut-être!).
Quant au silence, il est le bienvenu quand on vit au quotidien avec les personnes, quand on est sur la même longueur d'onde devant un feu de bois, un paysage, une oeuvre dans un musée, etc.
Mais le silence à distance, il est indifférence, tout simplement.
Certaines personnes ne font pas partie de vos priorités donc vous ne leur répondez pas.
Et dans le train, vous faites quoi vous? Vous méditez?
Bonne journée de tolérance au tout Autre.
Hello cher Michko :)
RépondreSupprimerAu plus grand plaisir de te retrouver! ;)
En effet, tu résumes bien "travailler d'arrache langue". Et ce n'est toujours pas fini.
Quoi qu'un petit voeux de silence ne me ferais pas de mal :)))
Ah oui... les boules Quies... mes grandes copines depuis que je suis étudiante.
"Elles" et moi avons traversé mult vents et marées ;)
Douce journée à toi!
Qu'en est-il des grincheux colériques... lorsque LEUR téléphone sonne?
RépondreSupprimerParce que ce sont souvent les mêmes qui râlent dans un premier temps et qui aussitôt répondent en braillant!
Personnellement, si je ne suis pas dérangée par les appels d'autrui, je le suis terriblement si mon téléphone retentit... j'avoue appuyer alors très vite sur le rouge si j'ai oublié de l'éteindre plus tôt! Facile de rappeler plus tard et dans un lieu calme.
Cococinelle, je partage avec toi ce bavardage instantané entre inconnus rapprochés par le hasard du voyage ou dans le même rayon d'un magasin ...ou ailleurs, pour peu que je sois d'humeur et que j'ai le temps. Je trouve que c'est amusant d'échanger avec des inconnus, d'entrevoir des pans de vie, de reconnaitre des expériences voisines des siennes ect. Ce trait agaçait un peu mes enfants jeunes maintenant cela les fait plutôt rire...et moi aussi
RépondreSupprimerDans les transports, un peu confortable - train, avion... - les sièges côte-à-côte sont une évidente invitation à être en contact, olfactif, visuel et plus, avec le voisin, la voisine.
RépondreSupprimerQue dans les transports où la promiscuité est envahissante, chacun(e) soit en mode repli forcené sur soi... C'est, compréhensible.
Mais, bien installés dans leur fauteuil, je suis toujours surpris par la proportion d'individus enfermés.
La plupart sont ailleurs, dans leur lecteur, dans le meilleur des cas; mais le plus souvent absorbé(e)s totalement par leur gadget électronique: téléphone, ordinateur...
Ils ne sont pas présents. Ils sont absents.
Cette absence de présence suppose un mutisme, que les conversations téléphoniques de ces absents viennent rompre.
Les absents redeviennent présents, à leur insu (s'en rendent-ils vraiment compte? Ils s'en foutent!...)
Souvent pour le pire.
Rien ne vaut une vraie présence!
Je m'habituerais assez aisément, et simplement, à un certain partage, notamment, dans les temps de transports en commun, qui sont très nombreux pour beaucoup d'entre nous.
Je ne sais pas pourquoi, mais je suis plus apte à la tolérance en train ou en avion... Je suis détendue, peut-être parce que je n'ai rien à faire d'autre qu'ETRE LA... Je suis dans l'écoute, l'observation et je parviens à rester calme dans des situations qui m'agaceraient dans d'autres circonstances! Bizarre?
RépondreSupprimerDans les transports, je dois faire partie de ceux qu'Yves Robert appelle les 'mutants' (enfermes dans leur mutisme).
RépondreSupprimerJ'adore ces moments entre ciel et terre ou simplement entre deux villes, ou on peut reflechir sereinement, se concentrer, justement sans telephone ni sollicitation exterieure (je ferme donc mon telephone et n'ai donc meme pas la possibilite de redevenir presente...)
C'est souvent des moments (rares) dans ma vie ou j'ai l'impression d'avancer (un peu...)
Et tres sincerement, je deteste quand mon voisin (ce qui m'arrive assez souvent...) me detaille sa vie par le menu...
-"Vous êtes sur le répondeur de Jeanne d'Arc !
RépondreSupprimerJe suis abscente pour le moment . Vous pouvez laisser un méssage aprés le signal sonore !"...
-"Allo ? Jeanne ! C'est l'archange Saint Michel à l'appareil !... Bon , alors j'ai vu le Patron et c'est décidé en haut lieu , il faut que vous alliez boutter les Anglois hors de France ... Rappelez moi le plus vite possible dés que vous aurez ce message , au numéro habituel pour régler les détails de l'affaire . Si je ne suis pas là , demandez Sainte Catherine ! Alors , à plus !!! et la bises à vos moutons de ma part !!!!!"....
Bête à bon Dieu et Cococinelle, se rencontreront peut-être au croisement de deux chemins de fer, de deux couloirs d'embarquements ou de deux rayons fruits/légumes-charcuterie, pour un échange à première vu, le temps d'un petit voyage.
RépondreSupprimerMais le souvenir de celui-ci perdurera plus longtemps et se retrouvera, un jour, peut-être, gravé sur la toile d'un blog sympathique;)
Ces instants presque intimes où l'on me raconte sa vie(car c'est rarement dans l'autre sens, étonnamment), me font sortir de l'ennui du voyage ou la peur de l'avion(qui serait un grand handicap ds mon cas).
Il est vrai que parfois l'envie de papoter me manque, mais l'appétit vient en mangeant paraît-il ;)
Bon appétit si vous êtes à table :D
Aux Cococinelle(s) – je mets un « s » mais je sais bien que tu es unique, « notre » Cococinelle ;o) et autres sympathiques « bêtes à bon dieu » dont je salue et partage le goût pour l’échange avec l’Inconnu (avec un grand « I », tout compris), je recommande expressément des vacances américaines en train.
RépondreSupprimerAinsi la compagnie Amtrak (publicité non sollicitée et totalement désintéressée), laquelle présente l’immense avantage d’avoir construit des wagons dont les parois extérieures sont de glace, permettant aux voyageurs de
1) se dire : « Ah, que c’est bon le train, on n’a pas peur comme dans l’avion ;o)
2) jouir du paysage sans modération, et
3) de papoter à foison, à l’américaine, avec ses voisins d’un jour.
Ajoutez à cela que quand on traverse une région historique, le conducteur ralentit (15-20 km/h) tandis qu’un accompagnateur vient vous raconter comment le général Custer, par exemple, satisfaisait affablement sa soif d’en découdre avec les Sioux et autres Comanches, avant que ces derniers ne le lui rendent cruellement la pareille à « Little big horn » si ma mémoire est bonne.
Bref, c’est tout simplement merveilleux. Ces trois jours et nuits passés entre New York et San Francisco tiennent parmi mes meilleurs souvenirs de grand espace. Et l’apprenti psy qui sommeille en moi y apprit incidemment combien il est facile d’entendre et de raconter sa vie à un parfait inconnu, et plus encore d'être tout à fait sincère, à la limite de l'indiscrétion, s’il descend à la prochaine.
Et à moi de me dire, "ah que c'est bon ce petit voyage virtuel au pays des cowboys et des idiens, entre deux cours à étudier" ;)
RépondreSupprimerPeurmeutez meua de vow dire thank u my Lord :D
My pleasure, dear to my heart, my pleasure.
RépondreSupprimerI have the honour, my Lady, to be your obedient servant.
;o)
;))))
RépondreSupprimerI'm blushing, my friend :))
Très intéressant tout ça.
RépondreSupprimerCe qui attire notre attention dans ces hémiconversations, ne serait-ce pas le fait que l'on veuille savoir ce que l'autre répond ? On est intrigé et on essaie de deviner les réponses. Et il y a peut être aussi le fait qu'il s'agisse de quelques paroles entrecoupées de silences. Je veux dire...il nous arrive de nous endormir dans un endroit où règne un brouhaha (ou devant la télé qui fonctionne), par contre, lorsqu'on s'endort dans un endroit silencieux et qu'une personne se mette à parler, cela suffit à nous réveiller.
Parler fort au téléphone, j'y suis parfois obligée mais c'est chez moi, et sur le fixe (je n'ai pas de portable), et à l'autre bout du fil se trouve ma chère maman (84 ans), qui se désole de ne pas pouvoir suivre toutes les conversations lorsque l'on se retrouve en famille.
Votre billet me fait aussi penser à vendredi soir. C'était soirée resto. Mon mari et moi étions assis à une petite table (à l'extérieur), un autre couple était installé à la table juste à côté de nous. Eh bien, avant d'en "griller" une, le jeune homme nous a demandé si cela ne nous dérangeait pas. Cela m'a surpris.
Enfin, une dernière pensée...c'est un passage du film "La folie des grandeurs" (il me semble). A un moment, un sourd-muet "parle" à De Funès (en language des signes évidemment), et celui-ci répond sur un ton agacé "parlez pas si fort !" (le genre de réplique qui m'amuse :))
Bonne soirée
@ Zoé
RépondreSupprimermerci Zoé.
J'ai bien ri en lisant votre message.
L'avez-vous entendu mon rire?
C'est enfin l'été, le ciel sera peut-être étoilé, ce soir?
Et franchement, face à un ciel étoilé, les hémiconversations superficielles et banales d'humains ferroviaires, ce n'est pas grand-chose!
Douce nuit étoilée à vous. * * * * * * * * *
Dans une salle d'attente de Médecin, j'ai un coup de fil et je dois répondre car cela est urgent. Je parle tout bas pour ne déranger personne.
RépondreSupprimerLà, je me fais enguirlander par une personne, "vous pourriez sortir" pour téléphoner.
Je m'énerve et lui réponds que c'était urgent et qu'il avait bien vu que je parlais tout bas pour limiter la gêne occasionnée. Mais je sors dans le couloir pour finir mon coup de fil.
Souvent dans la salle attente, il y a des enfants qui hurlent, font des galipettes etc...
Personne n'engueulent les parents. Les gens supportent.
Je pense donc que le portable, c'est plus un problème d'agacement sélectif, car on projète sur la personne des intentions : il est sans-gêne ... La plupart du temps, c'est donc plus l'attitude à mon avis qui agace que la réelle gêne, à part quand les personnes parlent vraiment fort.
François