mardi 13 avril 2010

L’enfer c’est les autres


On connaît bien la célèbre formule de Sartre, dans sa pièce de théâtre Huis clos. Je suis tombé l’autre jour, je ne sais pourquoi ni comment, sur ce passage d'un entretien où il commente son choix. Intéressant et intelligent :

“Mais « l'enfer c'est les autres » a été toujours mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'était toujours des rapports infernaux. Or, c'est tout autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut être que l'enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu'il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné, de nous juger. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d'autrui entre dedans. Quoi que je sente de moi, le jugement d'autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d'autrui et alors, en effet, je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu’ils dépendent trop du jugement d'autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu'on ne puisse avoir d'autres rapports avec les autres, ça marque simplement l'importance capitale de tous les autres pour chacun de nous.“

Le problème (« l’enfer ») ce n’est pas tant les autres que la place que nous leur accordons parfois en nous…

30 commentaires:

  1. Buon giorno,
    - mais comment développer cette autonomie de pensée dans ce cas ?
    - "la place que nous leur accordons": accorder implique que cela soit un processus volontaire, délibéré. Ce n'est pas toujours le cas ! comment délimiter dès lors ce qui est à "nous" de ce que pensent les autres ? être certain que ce que "nous" pensons/percevons est plus juste que ce que les autres pensent/perçoivent ? et comment accepter que l'on puisse penser différemment ?
    On se croirait au bac philo.
    Bàv !
    B.A.

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  2. Il y a quelques années, le docteur Irvin Yalom s'est vu décerner le Pfister Award par L'American Psychiatric Association pour sa contribution aux questions religieuses, existentielles et psychologiques de la Vie et la Mort dans son livre "Existential Psychotherapy".

    L'intéressé s'est défendu d'être religieux, et a répondu qu'il est avant tout Athée bien que de culture juive et que dans son exercice au quotidien, il est confronté chez ses patients à différents types de spiritualité.
    Il compare toutes ces différentes croyances et religions à ... un arc-en-ciel de saveurs et parfums ("rainbow of flavors") qu'il essaie de renforcer pour faire de la vie de ses semblables sur terre un "Heaven in this world" càd un Paradis sur terre.

    Si vous me permettez encore un mot, le Dr Yalom disait aussi que dans ma relation à l'autre, je peux considérer ce dernier comme gênant ("a boundary experience") et j'en peux faire un déni (ce serait alors l'enfer) ou alors je peux le considérer comme un "awakening experience", une expérience enrichissante qui me sortirait de mon isolement et qui me ferait respecter la liberté de tout un chacun à pouvoir s'exprimer.

    Merci pour votre billet, Dr André

    Merci pour votre attention. Bonne journée à toutes et tous.Je me sauve.

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  3. L'enfer c'est l'inconscient colléctif car tout jugement , tout discour , toute parole adressée des uns aux autre passe d'abord par la gare de triage de l'inconscient colléctif où chaque parole ,jugement , discour est alors calibré , formaté , réorienté , normalisé et ensuite seulement expédié au(x) déstinataire(s).
    Toute relation sociale passe par le systhéme de normalisation de l'inconscient colléctif : Haut lieu des archétypes : panthéon des représentations sociales . Voila l'enfer et cet enfer est le lieu de toutes les religions . Les dieux et les démons sont une seule et même chose : Les rouages du totalitarisme religieux qui domine et ordonne les sociétés et enferme chaque individu dans ce jeu : punition-récompense = enfer-paradis .
    Pour moi la réponse est simple : Désobéir ! ...

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  4. Ca m'étonnerait qu'au bac de philo, on soit capable d'appréhender ce genre de sujet?!...

    Notamment, parce qu'on est encore bien trop dans "la totale dépendance d'autrui", dont il est justement question dans les propos de Christophe.
    L'interrogation du jour est vraiment de taille!!!...

    Yves

    PS:

    J'aimerais intervenir à rebours sur le billet de vendredi.
    Il me semble que si Simone Weil était si "exigeante" et difficile à supporter, c'est parce qu'elle avait de sacrées longueurs d'avance!
    Le plus dur à vivre a sans doute été pour elle, et non pour des autres?...

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  5. Bonjour!
    Félicitations pour vos commentaires; ils sont tous intéressants!
    Tout d'abord, Sartre a été un des premiers à me faire réfléchir sur la vie... J'ai beaucoup aimé ses livres. A lire et à relire: "Les mots", sorte d'autobiographie. Cela fait longtemps que je l'ai lu, mais je me rappelle l'humour et les mots justes...
    Je trouve aussi qu'il est difficile de savoir que penser de soi, même lorsqu'on essaie d'être sincère ou d'écouter les jugements des autres (sont-ils eux-mêmes sincères d'ailleurs?)... Difficile aussi de se faire une opinion sur les autres même proches! Doit-on se faire une opinion au fait? Ou doit-on accueillir l'autre avec un regard neuf chaque jour?
    Finalement, l'enfer c'est bien les autres tout de même, d'après l'explication citée dans le billet de ce jour, car nous savons que nous vivons sous le regard des autres, malgré nos efforts pour s'en détacher!

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  6. En suivant cette logique - irréprochable -, on a envie d’opposer à Sartre, mais au singulier seulement :
    « L’autre, c’est (aussi parfois) le paradis. »
    Mais l’autre est multiple, bien sûr, ce qui justifie l’emploi du pluriel.

    Sinon, c’est sûr : à moins d’avoir fait le deuil du monde, on se lit, on se découvre dans le regard, dans la reconnaissance, au sens propre, de l’autre. Les amoureux, l'artiste qui tend la main à son public, le travailleur zélé auprès de son patron, le rescapé des camps de la mort lisant son humanité, malgré tout, dans les yeux de son Kapo/bourreau…

    Pour finir, j'apprécie votre conclusion, maître blogueur, (« Le problème, ce n’est pas tant les autres que la place que nous leur accordons parfois en nous… ») qui renvoie à la place unique de l’enfant du fait de la fragilité extrême du petit d’homme qui cède toute la place du monde à ses parents dans la représentation de soi. Et quand cette représentation est mise à mal ou viciée…

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  7. Bonjour !

    J’ai une petite idée (enfin, elle vaut ce qu’elle vaut, à vous de voir) comment résoudre ce dilemme, le fait qu’on se juge avec le regard des autres (en fait, je suis pédiatre et psychothérapeute cognitivo-comportementaliste).

    Tout d’abord, c’est un fait qu’on se regarde avec le regard des autres et je pense que la majorité d’entre nous aura du mal à gérer la place qu’on leur accorde dans nous …trop dure ça, je trouve … donc je commencerai par ACCEPTER ce fait. Ensuite je prendrai CONSCIENCE … du fait , que les autres aussi se regardent avec le regard que nous portons sur eux … et, peut-être, cette prise de conscience nous remplira de BIENVEILLANCE envers eux … que nous leur transmettrons à travers notre regard et qu’ils nous retourneront ensuite … et voilà, le tour et joué, nous seront BIENVEILLANT ENVERS NOUS MÊME et tout est gagné … enfin, presque … en tout cas une bonne base pour repartir … rebondir… ce qu’on veut …

    Ca vous fait sourire peut-être ? Et bien voilà, c’est ça, essayer de le garder, ce sourire !

    Bonne journée à tous,
    Adrian

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  8. Agnostique tiqueApr 13, 2010 03:33 AM

    L'inconscient collectif...
    Il se trouve des gens pour dire qu'ils n'y croient pas, à l'inconscient collectif.
    Personnellement je ne connais pas bien ce "concept". Mais je sais qu'il ne fait pas l'unanimité.

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  9. Agnostique qui tiquez ! . personnellement je pense que l'unanimité n'existe pas ....
    Je pense également que les inconscients (individuels) ne sont que des avatars de l'Inconscient colléctif . L'inconscient colléctif est une illusion colléctive , donc il existe en tant qu'illusion , mais toutes nos représentations du monde passe par cette illusion . Cette illusion (l'inconscient colléctif) est la matrice de toutes nos illusions et c'est en son sein que naissent les dieux , les démons , les idéologies et tous les totalitarismes qui écrasent l'humanité depuis des millénaires . Personnellement je pense donc que la libération passe par la désobéissance à l'inconscient colléctif , donc pour moi "désobéissance" est présque synonyme de "désillusion".... Pour moi "désillusion" est donc un mot positif .

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  10. Chacun croit en quelque chose et chacun utilisera ce quelque chose pour soutenir sa propre existence. Le choix est vaste et ce blog nous en donne déjà un petit aperçu.

    Dans la mesure du possible, développer son libre arbitre, son sens critique, dans le sens positif du terme, se poser des questions sur nos propres choix.

    L'enfer peut être créé par nos préjugés, par ce que porte l'inconscient collectif, par notre éducation, culture, conditionnement... Le racisme que ce soit sur une couleur de peau, une religion, une maladie psychique, un mode de vie, etc... fait partie de l'inconscient collectif et ce n'est pas simple d'y échapper, mais on peut en sortir peu à peu si l'on en prend conscience et que l'on développe son libre arbitre.

    Désobéir à qui à quoi ? Si c'est faire tomber ses illusions, cela ressemblerait plus à se libérer de nos conditionnements, ce qui en effet pourrait devenir salutaire si on est trop mal dans ce que l'on vit au quotidien.

    Bonne continuation

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  11. Agnostique tiqueApr 13, 2010 05:44 AM

    @ Zoé

    Ouiiiiiiii?
    vous avez l'air de vous comprendre,
    c'est l'essentiel.

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  12. Rairoa Ce que tu dis en tout cas ce n'est pas cela que j'ai dit , mais que tu dirais autrement .
    Donc , te répondre point par point ? ....
    Trop long . Je me rend compte de l'inutilité des discussions à chaque instant . La plupart du temps il ne s'agit que de débats de sémantique . Alors , à quoi bon discuter de mon point de vue ? ..... Trop long à expliquer aussi et c'est peut-être cela que je recherche finalement en discutant encore ici : à épuiser la discussion en la poussant jusqu'à ses ultimes limites où enfin je me rend compte que je DOIS continuer seule pour rechercher ce qui m'interesse . C'est finalement comme la marche : la solitude pour aller plus loin sur mon chemin et me dire : "Enfin ! le désert ! .... Et je comprend alors la nécessité du désert .

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  13. Et si nous arrêtions de penser/juger et que nous nous contentions de sentir. Tel évenement provoque en moi telle émotion, je ne juge pas, je me contente de l'accueillir qu'elle soit négative ou positive. Idem pour les autres, je ressens profondément les sentiments que leurs paroles ou leurs actions m'inspirent au moment où elles sont dites / ont lieu et j'évite d'extrapoler sur leur signification et d'enfermer les autres dans des cases de ma petite cervelle d'où bien sûr j'aurais du mal à les faire sortir.
    l'enfer c'est de juger ...

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  14. A mon avis , toute discussion aboutit fatalement si elle dure assez longtemps , soit à un consensus moux genre : "tout le monde est beau , tout le monde est gentil" , soit au constat d'une incompréhension irréductible .
    Personnellement et parceque je pense qu'il faut choisir , je choisi donc l'incompréhension irréductible .

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  15. Jamais tranquilleApr 13, 2010 08:41 AM

    Ayant connu la promiscuité pénible d'un petit logement occupé par une grande famille, j'ai donné moi à cette l'expression un sens trivial: c'est qu'il est infernal de ne pas pouvoir être seule merveilleusement toute seule juste pendant un moment!

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  16. Bonjour,
    Plus on réduit le moi et mieux on est avec les autres. C'est loin d'être simple dans une société qui pronne plutôt l'individualisme. Sans être bouddhiste, c'est une philosophie ou je retrouve un sens dans la réalité des choses.
    Accepter, comprendre par la philosophie me permet de mieux vivre aujourd'hui.
    Bonne soirée.

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  17. Insupportable en effet de devoir intégrer l'antinomie par nature. De devoir se résoudre à ce que nos frontières physiologiques se révèlent finalement tronquées, illusoires. L'autre n'est pas que en dehors mais bien - au moins en partie - en dedans (on nous aurait menti ? :)
    Et le rejeter, le nier c'est s'amputer d'une partie de soi-même, ou provoquer une hémorragie interne.
    Oui, l'Enfer, c'est le jugement comme vous dites, la Considération. Que l'on subit automatiquement ("bien", "pas bien", "en suspens").

    Mais Sartre c'est un peu trop philo pour moi en fait. Une fois le diagnostic posé, je serais plus 'révolte camusienne'. Tout cela est absurde > ok, mais raison de + pour agir au nom du libre-arbitre.
    Explorer, toujours chercher, vivre en pleine conscience, et puis... à fond la pompe à bienveillance ! (y a du boulot je sais :)
    Pour moi c'est çà l'alternative à l'impasse.
    Acceptation > conscience > bienveillance (tel que décrit + haut) çà tient la route non ?

    Je pense de toutes façons que chacun détient un fragment de vérité, et que le débat du jour en est une illustration plus qu'intéressante.
    A chacun son puzzle. Celui qui tombe sur la case "déni" repasse par la case départ (sans toucher 20 000 FF :)

    Quand à 'Dieu', c'est un concept séduisant (et confortable) mais à ne pas mettre entre toutes les mains non plus. Et surtout, qui ne doit pas être sujet à publicité.
    A mon avis si l'abandon à une représentation supérieure transcendant l'égo ne s'impose pas d'elle-même à un individu, elle est viciée et corrompue. C'est une adhésion intime qui prévaut.
    Désobéir ? Pourquoi pas . Désapprendre aussi alors.

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  18. Alala les regards que nous lançent les autres!Silencieux, mais en disent long.
    Tout un programme!
    Il y a les regards moqueurs, les regards curieux, les regards envieux, les regards dédégneux, méprisants,dégoutés, les regards reprochants ou déçus....
    Mais il y a aussi tous ces regards admiratifs, ces regards amusés et bons publics, les regards compréhensifs, les regards reconnaissants et les regards AIMANTS.

    Il y a jugement négatif mais il y a aussi jugement positif.
    Et le regard final est une "bouiallabaisse" de tous ces regards.
    Alors à table! looooool

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  19. Cher Docteur André, spécialiste des phobies, notamment sociales : pour moi "l'enfer, c'est les autres" c'est ma phobie sociale!! ma peur du jugement d'autrui qui m'empêche de vivre et d'avoir une vie sociale. Pas par la faute des autres bien sûr, mais parce que c'est ancré en moi...

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  20. "L'autre est le plus court chemin vers soi-même"
    Paul Ricoeur.

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  21. Je viens de rentrer du travail et j'ouvre le blog entre autres..pour moi, il y juste ..rien à rajouter. Des hazards qui n'en sont pas..C'est ce que je vis en ce moment, et je viens de lire ce sur quoi je n'arrivais pas à mettre de mots. C'est étrangement soulageant même si un peu triste à accepter.Cela permet un lacher prise bienvenu.
    Bonne fin de soirée

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  22. Je me faisais une tout autre image de Sartre. Je suis plutôt d'accord avec lui.

    "Quoi que je sente de moi, le jugement d'autrui entre dedans" oui mais ce "jugement d'autrui" aura un impact assez peu important, à mon avis, si dans notre enfance, nos parents nous aurons aimé et reconnu. La reconnaissance est ce qu'il y a de plus important, c'est aussi (apparemment) l'avis de Pascale Piquet :
    "Nos parents nous doivent reconnaissance, affection et protection. La reconnaissance passe en première (...)
    Quand vos parents, pris dans leurs propres névroses, ont oublié de vous aimer, de vous encourager, de vous complimenter, de vous encadrer, démontrant que vous existez pour eux, vous risquez de chercher cette reconnaissance toute votre vie."
    article complet à cette adresse : http://www.machronique.com/le-besoin-de-reconnaissance/

    Je suis un peu comme Anonyme de 21:09, une "peur du jugement d'autrui ancrée en moi", un manque d'assurance qui fait que l'on finit par s'enfer...mer. Je me demande si mon enfance n'a pas quelque chose à voir avec ça.

    Merci pour ce post, docteur.

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  23. un dernier mot :
    Les vémiches...vous connaissez ?
    Vous pouvez lire ce petit conte avant de vous endormir :)
    http://www.relation-aide.com/art_description.php?id=380

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  24. une vémiche pleine de gommettesApr 13, 2010 03:21 PM

    Très beau conte!
    Merci Myalagan

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  25. L'ironie de cette phrase et de la pièce c'est que si les personnages de Huis clos avaient davantage porté les autres en eux, avaient davantage intégré le jugement moral que les autres pouvaient porter sur eux, ils ne se seraient pas eux-mêmes condamnés par leurs actes lâches ou meurtriers à l'enfer...Parce qu'avant de vivre en enfer, c'est ceux qui les ont côtoyés qui ont vécu un enfer... Encore aurait-il fallu pour cela qu'ils soient libres. Et on retombe sur la question du libre-arbitre...

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  26. Le prof qui nous avait parlé de cette pièce l'avait visiblement comprise au premier degré. Alors j'ai choisi "Les mains sales" du même auteur.

    Dans un reportage diffusé il y a quelques jours par Radio-Canada, sur le tournage d'un film québecois, suisse ou belge tourné au Maroc je crois, aussi avec la population locale, on n'a pu, évidemment, faire abstraction des points de vue divergents (même si le désert n'était pas loin).

    Un des cinéastes a dit à peu près ceci :
    "C'est normal, il faut des frictions pour faire un bon film. Quand je trouve que la vision de mon collègue n'est pas bonne, je dois le confronter. D'abord pour qu'il essaie de me convaincre, ou pour lui montrer ma vision. Et il faut arriver à une fusion des visions".

    Ce que j'ai aimé, c'est le "pour qu'il essaie de me convaincre" et la "fusion des visions".

    Je trouve qu'il est très important, dans une discussion, de la laisser ouverte en apportant des arguments pour ou contre les arguments de l'autre, mais pas en la fermant en critiquant la personne elle-même, et, de la même façon, se sentir suffisemment détaché pour ne pas se sentir critiqué à travers ses propres arguments. C'est ce que j'essayais de travailler ces derniers jours. Pas facile.

    Autre chose. Quand on refait le monde, entre amis par exemple, autour d'un café ou d'une bière, ou sur un blog, on peut se permettre d'arriver au "consensus moux" ou à "l'incompréhension irréductible" dont parle Zoé, mais lorsqu'on veut créer quelque chose ensemble, concrètement, et c'est ce que j'aime et trouve beau, il faut avoir le courage de se confronter, se faire critiquer, le courage aussi de critiquer et de s'affirmer, et enfin le courage de reconnaitre que le point de vue de l'autre peut être 100 fois meilleur que le nôtre. Bref, avoir le courage de mettre de l'avant la valeur de la création collective et non les idées de chacun.

    Les groupes dans lesquels j'ai travaillé sur un projet, université, théâtre, association, là où nous avons connu le plus de succès, c'est là où soit la religion créait un ciment entre les individus, soit une personnalité forte s'imposait pour assurer une cohérence, une continuité et le respect des délais. Et ce, envers et contre mes principes, je dois bien l'avouer, démolissant totalement mes illusions sur la nature humaine.

    Les commentaires sont vraiment super aujourd'hui, et ce n'est pas un "consensus moux" : je trouve les points de vue très variés, personnels, originaux. La vérité est un diamant aux multiples facettes et pour toutes les voir, il faut se déplacer pour en faire le tour.

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  27. IL existe une autre possibilité non-totalitaire pour créer ensemble , Boulezaïl ... Une possibilité qui sait se passer des religions et de la loi du plus fort et du consensus moux également .... C'est la démocratie avec ces contrats sociaux .

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  28. On est bien d'accord, Zoé, j'aurais souhaité que cela se passe autrement et je reste fidèle à mes principes "quand-même" ...

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  29. L'enfer c'est les autres parceque l'altérité viend toujours faire éclatter l'illusion paradisiaque du "NOUS" . L'altérité apparait et brise l'harmonie totalitaire du "NOUS" qui nous noue . Alors ON dit ("ON" c'est "NOUS" encore nous , toujours nous , jusqu'à la neutralité qui nie l'individualité dans ce "NOUS" totalitaire) Alors on dit : "L'enfer c'est les autres !"..... Mais l'enfer , le vrai , c'est toujours le "NOUS" qui le fabrique pour chacun d'entre "NOUS".......

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