Jules Renard avait eu du mal avec sa mère, qui apparemment n’était guère facile à aimer. Il en parle souvent dans son Journal. Notant par exemple : « De ma mère, j’ai tous les défauts, neutralisés. »
Cette notion de « défaut neutralisé » est une jolie trouvaille : ces tendances négatives présentes en nous, mais dont nous arrivons à les contenir, à les tenir à distance, nous en faisons toutes et tous l’expérience au quotidien, non ?
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Bjr à tous,
RépondreSupprimerah j'aime bcp cette notion de neutralisation:
a) parce que ce n'est pas le contrepied systématique d'un défaut honni du parent ("il était pingre, je serai totalement prodigue") et que donc c'est la liberté.
b) parce qu'il n'y a pas de notion de contrôle et donc de frustration.
Explique-t-il comment il a réussi à le faire ?
Bàv,
B.A.
Docteur,
RépondreSupprimerHa les mères !!!!
Deux sujets dans votre billet de ce matin:
Les défauts des mères ou des pères d'ailleurs, pour nos enfants, surtout lorsqu'ils sont ados les parents n'auront toujours que des défauts, passage nécessaire pour se construire.
Et puis il y a l'idée de "défauts neutralisés", pourquoi toujours tout dichotomiser, séparer, mes défauts sont aussi mes qualités lorsque je les envisage dans des contextes différents.
Par la je ne nie pas que je ne puisse pas faire un travail intérieur et reconnaitre en moi ce que vous appelez tendances négatives.
Merveilleuse journée, à vous, la mienne sera belle, le soleil brille et les oiseaux chantent.
Bonjour tous le monde,
RépondreSupprimerC'est parfois (souvent?) avec horreur qu'on s'aperçoit qu'on ressemble à sa mère ou à son père...
On croit que ce n'est que pour les défauts et on les neutralise...
Je viens de réaliser aujourd'hui que mes parents devaient aussi avoir des qualités, que j'ai moi aussi et que je ferais bien d'exploité au max!!!! Positivons!!!!! :-)
Je vais essayer d'être fière de moi, un peu, pô facile....
Et vous les autres, vous êtes fières des des défauts et qualités que vous avez hérités de vos parents?
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RépondreSupprimerComme pour le désir, si vous contenez vos défauts ou les défauts des autres, les mettez à distance, vous détruisez la VIE.
RépondreSupprimerD'où vient le désir?
Vous avez aperçu une édition originale d'un livre de Jules Renard dans une librairie. Il y a sensation, la couverture est belle, vous la touchez, vous sentez l'odeur du cuir, qu'il serait beau ce livre dans votre bibliothèque.
Mais voilà, il coûte 700 euros, ce n'est pas raisonnable.
Alors vous ressortez de la librairie, mais vous y pensez encore (la sensation est devenue pensée). Et le lendemain, vous retournez à la librairie, il est vraiment trop beau, il vous le faut et il est encore là (quelle chance ou quelle malchance!).
Vous l'achetez, la libraire vous fait un grand sourire en vous le donnant en échange du chèque. Vous déposez le magnifique exemplaire du livre de Jules Renard dans votre bibliothèque et vous ne le regardez déjà plus, parce que vous désirez déjà autre chose...
La libraire était bien belle et finalement vous y pensez encore...
A quel moment fallait-il neutraliser le désir?
"il est essentiel d’honorer ses ancêtres - car ils font partie de nous ! Les honorer, cela peut signifier : les connaître, les analyser, les démonter, les accuser, les dissoudre, les remercier, les aimer..." Alexandro Jodorowsky
RépondreSupprimerJ'ai un peu de mal à suivre : défaut = imperfection (dictionnaire)
Neutraliser ses défauts tendrait à chercher à aller vers la perfection, or il me semble que cela va à l'encontre de ce titre : "imparfait, libre et heureux", non ? Et puis cela nourrit également le poison qu'est la culpabilité avec les notions de bien et de mal qui sont décrétés par les "bien pensant"
Les qualités, les défauts, font partie de l'identité de chacun, pour aller vers un mieux être il me semble qu'il est préférable de raisonner cause et conséquence...
Belle journée
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RépondreSupprimerOui, cette vigilance au quotidien est d’ailleurs éreintante – pour ma part en tout cas. Il n’y a rien de plus désolant que de reconnaître après coup combien on paye cher son laisser-aller, n'aurait-il duré qu’un instant.
RépondreSupprimerJ’ai eu une fois un échange semblable avec des amis, l’une d’entre eux se plaignant gentiment, de manière tout à fait acceptable, de ce qu’elle identifiait comme de nombreux défauts hérités de ses parents. Tiens, une question en passant : un défaut peut-il être autre qu’hérité ? Et de même pour les qualités. Une médecin de mes amis m’a souligné une fois combien elle était reconnaissante à son père de lui avoir inculqué un haut niveau d’exigence dans ses études comme dans la vie de tous les jours. « La chose excellente doit être difficile », écrivait Spinoza.
Mais qui n’a pas de défaut pour revenir à nos moutons ? La vraie, la seule question à se poser, c’est, je crois : « Qu’est-ce qu’on en fait ? ».
Tout cela me rappelle une citation d’André Comte-Sponville : « Il faut suivre sa pente, mais en la remontant ».
Superbe, non ? De mémoire, c’est du Gide revu et corrigé mais où, je ne sais plus... Sa dernière publication – un recueil d’aphorismes – peut-être ? Ou alors son Dictionnaire de la philosophie. Une vraie merveille que je recommande à tout le monde. Un livre qu’on ouvre au hasard, et 20 minutes plus tard on se découvre encore dedans. Rares sont les fins
de soirées où je ne le salue pas.
Bonne journée à tous.
J'ai l'impression que l'on reconnaît les défauts qu'on tient de ses parents, mais il y en a d'autres qu'on ne voit pas...
RépondreSupprimerComment faire? Peut-être en songeant aux défauts qu'on voit chez les autres? Ne serait-ce pas les nôtres???
Parfois, je me prends à fuire les personnes quand elles me rappellent un de mes défauts (en pire!); je crois que j'ai peur de la contagion!!!...
Bref! Ce n'est pas facile de neutraliser ses défauts même quand on les a repérés...
RépondreSupprimerBon courage pour la neutralisation!
En effet je fais sans cesse cette expérience surtout depuis que je suis moi même parent... neutralisés, neutralisés... pas tous en ce qui me concerne :-(
RépondreSupprimerCe pauvre Jules Renard : une mère pas facile, un père peu démonstratif... que disiez-vous récemment au sujet des conséquences d'une enfance heureuse ou malheureuse ?
Je crains d'avoir aussi, mais malgré moi, neutralisées beaucoup des qualités de mes parents...
RépondreSupprimerEtant la fille d'une mère manipulatrice, je me soupçonne toujours un peu...
RépondreSupprimer"L'objectif n'est pas la perfection mais la complétude". Carl G. Jung.
RépondreSupprimerDieu que c'est vilain comme mot "neutralisés" mais l'idée, bien sûr, est bonne.
RépondreSupprimerRare sont les bienheureux (en existent-ils ?)qui en suivant leur pente sont heureux et en paix.
C'est un travail quotidien, un combat de tous les jours pour se libérer de ses tendances négatives qui souvent sont liées à l'estime de soi, la peur, à l'égo. Le véritable travail est là. Se détacher puis se libérer de l'égo.
A mon sens, il peut rester quelques traces qui deviennent des aiguillons pour nous maintenir vigilant. Quand ces petites traces ne nous font plus souffrir mais sourire, le plus important est fait. L'étage supérieur est affaire de saint. C'est le but ultime. Pour ma part, je regarde ce but comme la lumière d'un phare mais je suis encore sur la plage et je suis bien.
J'oubliais, entres autres : merci Michko pour les citations et l'inviation à lire Compte-Sponville. L'"histoire" de la pente qu'il faut est mon Compte-Sponville à moi.
RépondreSupprimer??? je sais plus taper sur l'ordi, j'ai faim!!
RépondreSupprimerje voulais dire que l'"histoire de la pente", je l'ai lue aussi me semble t -il chez Alain qui est mon Compte Sponville à moi.
"Jules Renard avait eu du mal avec sa mère, qui apparemment n’était guère facile à aimer."
RépondreSupprimerou alors: "J. R. avait eu du mal avec sa mère, qu'enfant, il ne demandait qu'à aimer, mais qui, femme rebelle à l'amour, ne s'était pas laissée faire...
En effet, retravaillons la phrase...
RépondreSupprimerEst-ce qu'il y a des gens difficiles à aimer et des gens faciles à aimer?
En matière d'Amour, pas de distinction. L'Amour n'est pas un état d'avoir (j'ai une mère facile à aimer, j'ai une mère difficile à aimer) mais un état d'être (je suis aimant et aimé).
L'amour du commun des mortels, c'est hélas le plus souvent : attachement douloureux, dépendance affective et/ou financière, possessivité et jalousie.
Peut-être que la mère de Jules Renard ne donnait pas à son fils ce qu'il attendait d'elle, mais que faut-il attendre d'une mère? et d'un père? et d'un mari? et d'une femme?, et d'un fils?, et d'une fille? et d'une amie?, et d'un ami?, et d'un enseignant?, et d'un élève? et d'un amant?, et d'une maîtresse?, et d'un psychothérapeute?, et d'un patient? et d'un gourou, et d'un disciple?
Avoir goût à 1000 êtres et 1000 choses.
Bonsoir à tous,
RépondreSupprimerVoici quelques citations de La Rochefoucauld que j'aime bien :
— Rien n'est plus rare que la véritable bonté ; ceux mêmes qui croient en avoir n'ont d'ordinaire que de la complaisance ou de la faiblesse.
— Il n'y a que les personnes qui ont de la fermeté qui puissent avoir une véritable douceur ; celles qui paraissent douces n'ont d'ordinaire que de la faiblesse, qui se convertit aisément en aigreur.
— On ne doit pas juger du mérite d'un homme par ses grandes qualités, mais par l'usage qu'il en sait faire.
— Nous pardonnons aisément à nos amis les défauts qui ne nous regardent pas.
— Le plus grand effort de l'amitié n'est pas de montrer nos défauts à un ami ; c'est de lui faire voir les siens.
— Notre orgueil s'augmente souvent de ce que nous retranchons de nos autres défauts.
— Nous aurions souvent honte de nos plus belles actions si le monde voyait tous les motifs qui les produisent.
— Nous arrivons tout nouveaux aux divers âges de la vie, et nous y manquons souvent d'expérience malgré le nombre des années.
— On n'a guère de défauts qui ne soient plus pardonnables que les moyens dont on se sert pour les cacher.
— Nous essayons de nous faire honneur des défauts que nous ne voulons pas corriger.
— Notre envie dure toujours plus longtemps que le bonheur de ceux que nous envions.
— Les querelles ne dureraient pas longtemps, si le tort n'était que d'un côté.
— La jalousie est le plus grand de tous les maux, et celui qui fait le moins de pitié aux personnes qui le causent.
— Il semble que les hommes ne se trouvent pas assez de défauts ; ils en augmentent encore le nombre par de certaines qualités singulières dont ils affectent de se parer, et ils les cultivent avec tant de soin qu'elles deviennent à la fin des défauts naturels, qu'il ne dépend plus d'eux de corriger.
— Ce qui fait voir que les hommes connaissent mieux leurs fautes qu'on ne pense, c'est qu'ils n'ont jamais tort quand on les entend parler de leur conduite : le même amour-propre qui les aveugle d'ordinaire les éclaire alors, et leur donne des vues si justes qu'il leur fait supprimer ou déguiser les moindres choses qui peuvent être condamnées.
— Le même orgueil qui nous fait blâmer les défauts dont nous nous croyons exempts, nous porte à mépriser les bonnes qualités que nous n'avons pas.
— Il y a souvent plus d'orgueil que de bonté à plaindre les malheurs de nos ennemis ; c'est pour leur faire sentir que nous sommes au-dessus d'eux que nous leur donnons des marques de compassion.
Jules Renard, dans son roman autobiographique Poil de Carotte, dépeint l'existence d'un enfant qui a tous les défauts aux yeux de sa maman qui lui préfère ses deux autres frère et soeur. Il est le souffre-douleur d'une mère abusive, prisonnière de son image. Il réussit cependant à s'en sortir malgré toutes les tares qu'elle lui colle à la figure et tous les supplices qu'elle lui fait subir parce-qu'il a une place dans le coeur de son père qui est pour lui un confident et ami.
RépondreSupprimerExtrait de Poil de Carotte, un dialogue entre père et fils :
- Mon cher papa, j'ai longtemps hésité mais il faut en finir. Je l'avoue: je n'aime plus maman.
- Ah! A cause de quoi? Depuis quand ?
- A cause de tout. Depuis que je la connais.
- Ah! c'est malheureux, mon garçon! Au moins,
raconte-moi ce qu'elle t'a fait.
- Ce serait long. D'ailleurs, ne t'aperçois-tu de rien?
- Si. J'ai remarqué que tu boudais souvent.
- Ça m'exaspère qu'on me dise que je boude. Je boude quelquefois, j'en conviens,pour la forme, mais il arrive aussi, je t'assure, que je rage énergiquement de tout mon coeur, et je n'oublie plus l'offense.
- Mais si, mais si, tu oublieras ces taquineries.
- Mais non, mais non. Tu ne sais pas tout, toi, tu restes si peu à la maison.
- Je suis obligé de voyager.
- Les affaires sont les affaires, mon papa. Tes soucis t'absorbent, tandis que maman, c'est le cas de te le dire, n'a pas d'autre chien que moi à fouetter. Je me garde de m'en prendre à toi. Certainement je n'aurais qu'à moucharder, tu me protégerais. Peu à peu, puisque tu l'exiges, je te mettrai au courant du passé. Tu verras si j'exagère et si j'ai de la mémoire. Mais déjà, mon papa, je te prie de me conseiller. Je voudrais me séparer de ma mère. Quel serait, à ton avis, le moyen le plus simple? Si pourtant je te disais, papa, que j'ai essayé de me tuer.
- Tu charges! Poil de Carotte.
- Je te jure que pas plus tard qu'hier, je voulais encore me pendre.
- Et te voilà. Donc tu n'en avais guère l'envie. Mais au souvenir de ton suicide manqué, tu dresses fièrement la tête. Tu t'imagines que la mort n'a tenté que toi. Poil de Carotte, l'égoïsme te perdra. Tu tires toute la couverture. Tu te crois seul dans l'univers.
- Papa, mon frère est heureux, ma soeur est heureuse, et si maman n'éprouve aucun plaisir à me taquiner, comme tu dis, je donne
ma langue au chat. Enfin, pour ta part, tu domines et on te redoute, même ma mère. Elle ne peut rien contre ton bonheur. Ce qui prouve qu'il
y a des gens heureux parmi l'espèce humaine.
- Petite espèce humaine à tête carrée, tu raisonnes pantoufle. Vois-tu clair au fond des coeurs? Comprends-tu déjà toutes les choses?
- Mes choses à moi, oui, papa; du moins je tâche.
Monsieur Lepic: Alors, Poil de Carotte, mon ami, renonce au bonheur. Je te préviens, tu ne seras jamais plus heureux que maintenant, jamais,
jamais.
- J'ai une mère. Cette mère ne m'aime pas et je ne l'aime pas.
- Et moi, crois-tu donc que je l'aime?
A ces mots, Poil de Carotte lève les yeux vers son père. Il regarde longuement son visage dur, sa barbe épaisse où la bouche est rentrée
comme honteuse d'avoir trop parlé, son front plissé, ses pattes d'oie et ses paupières baissées qui lui donnent l'air de dormir en marche. Un instant Poil de Carotte s'empêche de parler. Il a peur que sa joie secrète
et cette main qu'il saisit et qu'il garde presque de force, tout ne s'envole...
Voilà , voilà le contexte.
Bien à vous
Hello Stéphane,
RépondreSupprimerBien content que les citations t'aient plu. Tu me diras des nouvelles du Dictionnaire, alors !
Alain est un très grand auteur que je dévorais à une époque. Peut-être la citation sur la pente vient-elle de lui ? Ses Carnets ? Je ne saurais dire. Tout ça fond dans la mémoire à force.
Bien à toi
On se sait qu'on est heureux que quand hélas on ne l'est plus.
RépondreSupprimerEn dominant les autres, on a l'impression d'être libre mais on est attaché au pouvoir que l'on a sur les autres donc : on n'est pas libres et heureux, on est juste imparfaits.
Donc cultivons nos graines de défauts et celles des autres pour en faire de belles fleurs.
Quand on aura fini de voir la paille dans l'oeil des autres, on finira par voir les poutres qui sont dans les nôtres.
Ce matin, chose à laquelle j'ai fait attention à ma grande surprise, j'ai entendu les oiseaux chanter. C'est fou. Vous en parlez hier, et ce matin mon cerveau y prête attention.
RépondreSupprimerPourquoi est-ce que d'ordinaire ce n'est pas le cas?
Eh bien la réponse ne s'est pas faite attendre: les chants ont été immédiatement suivis du bruit des moteurs et des coups de klaxon...
Pensées meurtrières du matin.
J'ai vécu deux ans à côté d'un immense chantier (12 grues, sirènes nocturnes par grand vent, 30 camions-bennes, allers-retours incessants, travaux de nuit pour honorer le cahier des charges, embouteillages, vibrations, moteurs de certains outils de chantiers, signaux sonores de sécurité, et tutti quanti ), ce climat d'agression sonore systématique a largement entamé ma disponibilité mentale. J'étais irascible au point que je ne supportais plus que quelqu'un de mon entourage parle si ça n'étais pas pour dire quelque chose de clair, d'intelligent et d'important. Comme si mon esprit ne pouvait plus supporter d'avoir à se mobiliser.
Depuis il n'est pas impossible que j'ai pu développer une certaine "capacité" d'abstraction.
Sans ça, je pense qu'on devient complètement dingue.
Sinon il m'arrive de mettre des boules Quiès le matin pour aller bosser. C'est pas pratique mais c'est juste vital par moment.
Ce soir je guette la quiétude, encore un peu tôt mais ça va venir.
"Neutraliser ses défaut" mwais... Il faudra m'en donner la recette!! Parce que très franchement, je me demande comment il a fait Jules Renard. Vous savez...chassez le naturel,il revient au galop.
RépondreSupprimerMais si qqun sait comment neutraliser ses défauts:"be my guest" ce serait une petite révolution dans ma vie ;))
Bonne Nuit.
Les défauts maternels...
RépondreSupprimerLesquels? Les siens ou ceux qu'elle vous aura toujours trouvé encore et encore?
Pour ma part j'ai du mal à neutraliser cet envahissement de défauts tous azimut, suivis de leurs supposés remèdes.
La seule issue, me trouver quelques qualités, tout de même...Suis-je cette monstruosité qui lui fait si peur?
Certaines personnes se plaisent à poser devant vous l'image de leurs propres peurs, un mélange de fantasmes, de manques, de folies non identifiées. Gare à vous si c'est votre mère et qu'elle vous choisit pour neutraliser les turpitudes de ses désordres intérieurs.
Oui, ce mot neutraliser m'a fait penser à ça en fait, à ce besoin qu'a eu et a encore ma mère de voir en moi l'objet de toutes sortes de contrariétés en même temps qu'elle dégaine aussitôt ses "remèdes" salvateurs... Je suis le lieu de l'incendie que ma mère pompier pyromane se charge d'éteindre.
Je crois que ça justifie en partie le fait que j'éprouve toujours quelques réserves faces aux "conseils", une réserve qui me rend récalcitrante à ces "conseils-remèdes".
Accepter le conseil c'est accepter le regard injuste. La mauvaise mise au point. Accepter de disparaître dans ce regard. Vous pouvez être sûr alors que je vais piétiner ledit conseil. Et tous les conseils de la terre ont pour moi cette empreinte maternelle. Ils ne servent qu'à neutraliser ce que je suis et non à me faire du bien car ils me nient purement et simplement.
Mais ce regard maternel fondateur est tellement pervers que je dois bien avouer que je suis le plus souvent envahis par tous ces défauts qu'on me trouve. Qu'ils viennent d'elle ou d'ailleurs.
Pour finir je crois que cette image monstrueuse de moi qui ressort du regard maternel est à la fois la forme informe et sa tentative de circonscription, de quelque chose d'un passé qui nous hante.
Lever le voile. C'est là un peu mon besoin neutralisateur.
@ Anonyme : en tous ça fait un beau texte!
RépondreSupprimer@ anonyme 7 avril 2010 22:12 ,
RépondreSupprimerJules Renard alias Poil de Carotte,comme vous, n'est ni pire ni meilleur qu'un enfant de son âge. Cependant il ne se considère pas victime des turpitudes de sa maman car il sent qu'il occupe une place tellement importante dans le coeur de son père. Son père cependant l'a compris mais ne l'a pas entendu, je veux dire par là qu'il n'a jamais défendu publiquement Poil de Carotte, car il est de nature veule.
Quelques années après, il s'est tiré une balle dans la tête et sa femme s'est précipitée au fond d'un puits.
Bon courage
A Cococinelle
RépondreSupprimerBon alors pour ta question, les Japonais ont élaboré une méthode dite des « 5 pourquoi » face à un problème, quel qu'il soit :
Se demander pourquoi la situation existe et noter les réponses ; puis se redemander, à l’égard de chaque réponse proposée, pourquoi la situation existe, et noter les réponses sous la première réponse ; enfin, répéter les étapes au moins 5 fois ou jusqu’à ce que l’on ne soit plus en mesure de formuler de réponses, l’ensemble permettant d’aborder le problème selon des perspectives différentes.
Bon, allez, je te la joue concrète, avec l'aide de mon grand ami St-Ex :
"Pourquoi tu bois ?
- Pour oublier.
- Oublier quoi ?
- Oublier que j'ai honte...
- Honte de quoi ?
- Honte de boire..."
SOS
Souriant Ostensiblement & Silencieusement)
Bon courage et bonne chance à toi
;o)
ok je vois.Merci Michko!
RépondreSupprimerJ'aime bien ton "sos" ;)
pour l'anonyme de 21h 43 et pour moi aussi
RépondreSupprimerA mère amère
Il y a de l'amour, de l'amour gaspillé
Dissimulé dessous des couches de colère
Mi-bienfait mi-blessure aura été ma mère
Qui goûtait le malheur toujours à reprocher
Il fallut tant lutter pour exister hors d'elle
Elle a souvent troublé la source de mes joies
La douceur et le fiel mêlés à chaque fois
Elle a empoisonné la vie que je teins d'elle
Du baume et du venin sur un cœur désarmé
S'épargner la folie, échapper au contrôle
On s'évade ou on meurt de tout amour geôle
Dans un chagrin en fleurs l'âme désemparée