
On dit souvent que la première impression est la bonne. Ce genre d’affirmations me met mal à l’aise.
D’abord parce que cela ne nous laisse guère de chances si cette première impression n’a pas été bonne, justement. Je pense à tous mes patients timides, mal à l’aise et maladroits face à toutes les premières fois : si tout le monde raisonne comme ça avec eux, quel gâchis ! Ils sont très gauches les premières fois, puis se bonifient avec le temps.
Ensuite parce que c’est faux. Ou partiellement vrai, mais pas complètement. La première impression nous donne des informations souvent fondées (pour les timides, par exemple, l’information qu’ils peuvent être très très mal à l’aise, et donc peu avenants). Mais souvent incomplètes (ils peuvent être aussi autre chose que mal à l’aise, ne plus l’être lorsqu’ils sont en confiance).
Quelqu’un qui se montre d’emblée désagréable et négatif va nous faire une mauvaise impression. Est-ce la bonne ? C’est juste un bout de lui qu’il nous a montré. Il y en a sans doute d’autres. Et peut-être meilleurs et plus intéressants. Le piège, comme toujours c’est de trop vite juger et généraliser. La première impression est parfois vraie, mais jamais représentative de la globalité d’une personne.
Alain Berthoz, professeur au Collège de France, a inventé un beau mot qui permet de réfléchir à ça : la simplexité ; pour nous rappeler que le simple n’existe pas, et que la complexité est toujours à l’œuvre en arrière-plan de toute simplicité apparente. La simplexité des rapports humains... À la fois très simples (dans nos besoins fondamentaux) et très compliqués (dans leur mise en œuvre).
Image : "Bonjour Monsieur Courbet", au Musée Fabre, de Montpellier.
Pourrions nous prendre en compte le registre de la 1ère rencontre ? personnel , professionnel , amoureux , etc... il y a des situations qui permettent de reconsidérer la " 1ère impression", et d'autres qui nous invitent à valider une intuition ...
RépondreSupprimerPour moi , "être à l'aise" peut résumer beaucoup d'éléments autour de cette 1ère lecture , et ,
si je considère la relation d'aide dans laquelle j'exerce ma fonction , cet ensemble de sensations est très souvent remis en cause , bien sûr !
En revanche , dans les rencontres personnelles , l'intuition me guide...et j'ai appris à lui faire confiance.
Je me refuse à chaque fois de croire à mes premières impressions... Et pourtant !
RépondreSupprimerJe donne de nouvelles chances : endroits, discussions, situations.... Malheureusement, je me fais avoir par ce sentiment de générosité pur de toute arrière-pensée car mon intuition première est la bonne. Alors quelle simplexité !!!
Bonjour,
RépondreSupprimerUn grand merci de consacrer une place, que je sais importante pour vous, à ceux qui souffrent de cette timidité qui peut aller jusqu'à la phobie sociale si invalidante socialement et si douloureuse à vivre au quotidien.
A ce propos, pour faire une petite référence à votre post d'hier, nombreux sont ceux qui peuvent citer "La peur des autres" que vous avez co-écrit avec Patrick Légeron en 1995 comme leur livre de chevet (peut-être pas d'enfant mais d'adulte, sûrement).
En effet, cette pression énorme, peut-être induite par notre culture, de devoir faire ses preuves au premier regard, celui qui tue quasiment pour l'anxieux social. Se mettre à nu, dévoiler sa fragilité, livrer sa vie en pâture lors du premier échange (entretien d'embauche, rendez-vous galant, inscription à un club de sport ou de randonnée....). Quel supplice, quel gâchi car bien des évitements, des renoncements naissent de cette pression sociale qui ne rime
à rien. Juste parce qu'on ne laisse pas de "deuxième chance", qu'on n'accorde pas du temps, de la place à l'autre pour tenter qu'il existe.
Car les personnes sujettes à la timidité ou souffrant de phobie sociale sont souvent passionnantes, riches d'émotions, de créativité.... comme le peut tout à chacun.
Alors prenons le temps.
Merci.
Annie GRUYER
Présidente de Médiagora Paris, l'association de celles et ceux qui souffrent de phobie et d'anxiété.
Hé bien, je ne me fie pas aux 1ières impressions...ni aux apparences.Parce que mes capteurs sensoriels sont déficients, je l'avoue.
RépondreSupprimerPrenez Susan BOYLE par exemple: bouleversante, une très belle voix. Mais osez dire la pensée automatique qui a précédé l'émotion...
Pour ma part, la vue est sans aucun doute le plus mauvais de mes sens. L'odorat étant le plus subtil...Mais bon!
Alors, je fonctionne plus à l'émotion.
MERCI SUSAN.
Eh oui, c'est affreux cet étiquetage sur les gens sans laisser une chance de "rachat".C'est souvent très confortable pour chacun de nous (car malheureusement nous avons tous étiqueté un jour ou l'autre)de dire il est comme ceci ou comme cela; cela me fait penser à la dualité; on a beaucoup de mal à être dans la nuance. Donc soyons tous vigilants pour ne pas avoir un regard rigide sur l'autre; essayons d'être dans la justesse grâce à une vigilance juste de chaque instant; ne nous laissons pas emporter par nos émotions ! Pascale P-R
RépondreSupprimerEn fait, lors d'une première rencontre, je me demande avant tout ce que l'autre a pensé de moi, lui ai-je plu? Estime de soi déficiente ou un égo auquel je donne existence. Les deux surement...
RépondreSupprimerLes rencontres ont un destin différent, nous serons amis(ies) ou simples connaissances "de vue", nous travaillerons ensemble, relation hiérarchique ou pas;ou peut-être ne nous réverrons-nous plus..La première fois lève un voile mais le temps dénude au fur et à mesure.
Laissons-nous donc le temps..
Qu'est-ce que la première impression ? Juger quelqu'un sur son apparence ou son comportement lors d'une première rencontre , ne constitue pas à mon sens l'ensemble de ce que l'on nomme "la première impression" car le fait de juger relève d'un mode de pensée logique et rationnelle.
RépondreSupprimerLa première impression est également intuitive ; elle reléverait donc également du ressenti que l'on n'est pas toujours capable d'expliquer car il s'agit d'une multitude d'éléments que nous avons enregistrés sans en avoir forcément conscience . La première impression est en rapport avec notre inconscient .
Face à une personne , ou dans une situation donnée , nous éprouvons un bien-être ou un mal-être ( un malaise)que l'on ne maîtrise pas . Ne dit-on pas "celui-là , je ne le sens pas " ?
Ne dit-on pas aussi en entrant dans un endroit " je ne le sens pas ( cet endroit)" : ces réflexions sont purement réflexes et subjectives , basées sur un ressenti brutal pas toujours explicable dans l'immédiat mais qui est la résultante de ce que nous sommes avec notre expérience de vie .
On peut faire abstraction de son ressenti mais si celui-ci a provoqué chez vous un mal-être , il y a de fortes chances pour que l'avenir ( à plus ou moins long terme ) justifie l'adage qui veut que " la première impression soit la bonne"