vendredi 22 mai 2009

Étoile de mer


Je reçois souvent des petits mots ou mails sympas de lecteurs, qui commentent ou complètent mes livres. En voici un - merci Corinne - qui m'a fait réfléchir :

« Je passe quelques jours à l’île d’Oléron et me délecte de la lecture des Etats d’âme. Je lis notamment cette anecdote sur l’étoile de mer, pour qui cela aura une signification d’être remise à l’eau.
Le lendemain, je pars faire quelques pas sur la plage, je cherche du regard un joli galet à rapporter et là, surprise, une étoile de mer, encore vivante, gît à mes pieds.
Ne sachant comment la saisir, je m’empare d’un bout de bois et la remets délicatement à l’eau. Déception, l’étoile de mer semble trop agonisante. Elle est à la merci des roulis de la marée et ne réagit pas.
Et je me dis, c’est exactement cela, toute la difficulté de la relation d’aide. Il y a la question de l’outil (est-ce le bout de bois qui l’a achevée ?), la question du moment (trop tard pour elle ?)
Et me voilà finissant ma promenade, me morfondant, ai-je prolongé son agonie en la remettant à l’eau ou au contraire, lui ai-je offert une fin plus douce dans un environnement propice ?
Frustrante et délicieuse humanité avec ses questions sans réponse ! »


La vraie vie est parfois - non, toujours – un peu plus compliquée et déconcertante que les belles histoires – qui nous sont, elles, nécessaires pour nourrir nos idéaux et donc notre motivation...

6 commentaires:

  1. Bonjour,

    La premiere "victime" de votre dernier livre: une etoile de mer.

    Ce qui m'aide et renforce mes ideaux ce ne sont pas de belles histoires mais plutot des accomplissements: de savoir que l'on a ete sur la Lune ou la neuvieme symphonie de Beethoven, ca me rassure sur le genre humain.

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  2. Que dire de l'enfant que j'étais, découvrant avec émerveillement un hippocampe prisonnier d'une petite poche d'eau de mer à marée basse sur une plage vendéenne.L'idée première et (est)salvatrice: transporter le petit cheval de mer dans un seau et le ramener à l'océan...mais au final l'enfant s'en est remis à l'adulte qui passait par là, auréolé de sa fonction d'enseignant...
    Que croyez-vous qu'il fit du petit animal cabré?
    Un trophée dans un bocal formolé!
    Dépit et amertume ... j'étais inconsolable.
    D'autant que devenue femme ce petit animal "maternant" a toujours suscité mon admiration attendrie.
    N'ai-je pas failli ce jour là en n'écoutant pas mon instinct et en me soumettant trop facilement à "l'autorité".

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  3. pour corinne qui se demande si elle a agi comme il fallait , au moment où il le fallait, je tiens à dire que je suis une grande adepte de :
    "C'EST L'INTENTION QUI COMPTE"
    Il est vrai cependant que, pour pouvoir prétendre aider quelqu'un, cela sous-entend connaître la personne et ses besoins... pendant des années j'ai cru aider ma mère en lui faisant son ménage alors que ce qui lui faisait vraiment plaisir, c'était sortir et lire... heureusement j'ai fini par m'en rendre compte!

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  4. j'ai pris le parti d'écouter ou éventuellement faire réfléchir à une vision nouvelle de la situation.. proposer de l'aide à qqun est souvent source de souffrance tant pour celui qui est censé "recevoir" s'il n'en a pas exprimé le besoin, que pour celui qui est censé "donner" s'il est rejeté, ou incompris... cela me rappelle les fondements de la communication non violente... "exprimer ses besoins" ou " savoir faire comprendre que l'on a besoin de connaître les besoins de l'autre"...tout un programme!
    douce soirée
    Anne

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  5. Cher Auteur,

    Merci à Corinne et à vous de nous livrer cette anecdote qui amène bien des questionnements utiles sur notre mode "faire", et surtout notre mode "bien faire".

    Cette histoire, me fait prendre conscience, un peu plus encore s'il le fallait, combien le métier de psychiatre-psychothérapeute est un métier très exigeant, très impliquant humainement de par les décisions à prendre, les stratégies thérapeutiques à tenter de mettre en place pour chaque personne en souffrance, compte tenu chacune de leur degré de fragilité, de vulnérabilité, d'énergie disponible, de ressources envisageables, d'histoire de vie, de soutien environnemental... .

    Décidément vous faites un très beau métier qui mérite tout notre respect.

    Ressourcez-vous bien ce week-end.

    A.G.

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  6. Colette GALAUP23 mai 2009 12:05

    Bonjour,

    Aider....quelle tâche délicate que voilà....

    Laisser libre court à notre envie d'aider tout en respectant les besoins et envies de l'autre...trouver les mots pour dire sans blesser, ni heurter, tout un art.....

    Etre à l'écoute, identifier la demande, le besoin puis proposer, guider, conseiller sans influencer ni forcer ou brusquer , en laissant toute liberté à l'autre du choix....

    Pas toujours facile de rester dans les clous et de ne pas avoir envie de bousculer quelque peu les choses lorsque l'affect est là, bien présent, lorsqu'il s'agit d'êtres de coeur....

    Difficile de rester impuissant parfois devant la ou les souffrances et accepter de lâcher prise lorsque cela est nécessaire....

    Peut-être nous ferez-vous le plaisir de nous donner vos ressentis, vos perceptions concernant le sujet.....

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