jeudi 16 avril 2009

Vidéos de vacances : intériorité et introspection


Nous irions beaucoup mieux en prenant régulièrement le temps de descendre en nous-même, observer un peu ce qui s'y passe...
Voir la vidéo.

Illustration : Antonello da Messina, Saint Jérôme dans son cabinet d'étude, vers 1475. National Gallery, Londres.

mercredi 15 avril 2009

Vidéos de vacances : le matérialisme est psychotoxique


"La surabondance n'a rien à voir avec la fertilité." (Louis-René Des Forêts)
Et réguler ses états d'âme par la consommation et la distraction, ce n'est pas très bon !
Voir la vidéo.
Pour plus d'informations, voir aussi le chapitre 13 de mon livre Les états d'âme : Guérir de la maladie matérialiste.

mardi 14 avril 2009

Vidéos de vacances : les états d’âme


Ce sont les vacances pour les écoliers de Paris, et leurs parents, dont je suis. Alors durant ces deux semaines, pour soutenir mes filles, je suis moi aussi en vacances. Et je vous transmettrai, au lieu de textes, des petites vidéos ayant trait à mon dernier livre.
Voici la première d’entre elle, sur le thème général des états d’âme. Vous noterez ma tête fatiguée : j'avais vraiment besoin de vacances !
Voir la vidéo.

lundi 13 avril 2009

Noli me tangere


Lorsque Marie-Madeleine se rend auprès de la tombe de Jésus, le jour de Pâques, elle le prend d’abord pour un jardinier avant de le reconnaître, ressuscité d’entre les morts. Alors qu’elle se jette à ses pieds, il prononce les célèbres paroles : " Noli me tangere " (Ne me touche pas).
Je pense souvent à ces mots de Jésus, revenu des plus grands des traumatismes - la torture, l’agonie et la mort - lorsque je rencontre des patients ayant eux aussi survécu à des traumatismes (violences, guerres, attentats) et lorsqu’ils me racontent comment ils se sentent fragiles, et différents des autres, au point d’avoir du mal à les côtoyer, à partager leur quotidien. Tant ils se sentent vite agressés, violentés, par de tout petits détails et maladresses...
Et je ne connais pas de peinture de cette scène plus émouvante que la fresque de Fra Angelico, qui se trouve dans l’une des cellules de moines du couvent San Marco, à Florence.

vendredi 10 avril 2009

Ne jamais faire peur aux vieux


Orphée, mon filleul, est invité à la maison avec une de ses sœurs, Aurore. Je leur ai proposé de changer l’eau des poissons, alors ils essayent de les attraper avec une petite épuisette avant de vider le bocal. Évidemment, ils se chamaillent. Orphée, qui est un garçon délicat et soigneux, trouve qu’Aurore s’y prend de manière trop brusque : « Doucement ! Tu fais peur au gros poisson ! Il est vieux, en plus. Et il ne fait jamais faire peur aux vieux : ça les fait mourir ! »
Comment dire… Après m’avoir fait rire, ça m’a collé un petit coup de vieux. Bizarre comme je me suis identifié au vieux poisson plutôt qu’aux jeunes enfants !

Crédit photo : l'excellente Galerie Sollertis, Toulouse

jeudi 9 avril 2009

L’intouchable


À Sainte-Anne, avec un nouveau patient.
Il me raconte son histoire, triste, triste : une histoire d’enfant émotif, fragile, sans défenses, qui avait l’habitude d’être rejeté par les autres enfants (au mieux) ou de leur servir de tête de turc, de bouc émissaire (au pire). Du coup, aujourd’hui, il a du mal dans ses rapports avec les autres, du mal à accorder sa confiance, à imaginer qu’on puisse être bienveillant avec lui, comme ça, sans arrière-pensées.
Il me raconte encore - visiblement ça lui fait du bien - ces souvenirs d’école où ce qui lui faisait peur, ça n’était pas les moments de cours, ou de passer au tableau, mais les récréations : là, c’est la loi de la jungle qui règne, les forts peuvent martyriser les faibles, par petits bouts, chaque jour. « Pourtant, me dit-il, parfois des forts me prenaient sous leur protection, des chefs de bande décidaient de me protéger ; je ne comprenais jamais bien pourquoi, mais alors c’était la paix assurée, l’immunité, ça changeait tout pour moi, je me sentais en sécurité. Je devenais un intouchable : pas d’amitié mais pas de violences non plus. »
Je ne sais pas pourquoi, tout à coup, je me sens très ému en l’écoutant me raconter ce détail. Il continue son récit, mais pendant quelques secondes, j’ai du mal à l’écouter, je reste « coincé » dans ce qu’il vient d’évoquer : au milieu de toute cette violence dont il a souffert, le fait de savoir que parfois, des « forts » ont décidé de l’en soulager m’émeut et me réconforte.
L’humain, capable du pire et du meilleur, souvent sans raisons claires, sans bien savoir pourquoi…

mercredi 8 avril 2009

Pénurie

L’autre jour, en me baladant, j’ai entendu un monsieur qui appelait son chien «Pénurie» ! Je vous jure ! Vraiment, il l’a appelé deux ou trois fois comme ça (pas obéissant, le chien). Je me suis mis à rêver en continuant ma promenade. J’imaginais qu’il avait un autre chien, qui s’appellerait « Panade ». Et encore un à la maison ; lui, ça serait « Pétrin ». Juste pour pouvoir leur aboyer de temps en temps : "Pétrin, Panade, et Pénurie ! Au pied !"

mardi 7 avril 2009

Pédagogie policière


À une époque, pour gagner un peu de temps en allant à Sainte-Anne, j’empruntais 10 mètres de trottoir dans une rue en sens interdit, pour éviter de faire le détour d’un gros pâté d’immeubles, avec deux feux rouges. Bien sûr je prenais garde de n’écraser ni n’effrayer personne, bien sûr, il ne passait jamais beaucoup de piétons. Mais les scooters sur les trottoirs, c’est interdit et c’est logique.
Le problème, c’est que juste à côté du service où je travaille, il y a l’Infirmerie Spéciale de la Police. Avec par définition, beaucoup de policiers qui vont et viennent….
Et ce jour-là, je n’avais pas fait attention, mais une voiture banalisée descendait la rue que je remontais (doucement) sur le trottoir. Deux policiers s’arrêtent, me font signe, et descendent. Ils me demandent papiers et explications. Un peu piteux, j’explique que je suis médecin dans le service, là, justement, et que ce matin, je suis en retard, alors je me suis permis de faire ça, exceptionnellement, que je sais que c’est interdit, mais que je suis désolé, etc. Pas du tout envie de payer une amende pour 10 mètres de trottoir remontés à 5 à l’heure ! Le policier m’écoute poliment, avec un petit sourire (il doit en avoir attrapé des paquets comme moi !). Quand j’ai fini de parler, il me dit simplement, en me rendant mes papiers : « C’est bon, allez-y. Mais vous devriez plutôt être un exemple, en tant que médecin… » Et il me salue d’un « Au revoir, docteur ! »
États d’âme de culpabilité et de soulagement mêlés ; de reconnaissance aussi. Mélange très efficace pour moi : depuis, je n’ai jamais repris ce trottoir. Et je ne suis pas sûr qu’une amende ou des remontrances trop lourdes auraient aussi bien marché : du coup, je me serais rebiffé...
Je suppose que c’est ce qu’on appelle de la prévention : ça existe et ça marche. Chapeau à ce policier anonyme ; ou plutôt, casquette !

lundi 6 avril 2009

Crise et sérénité


Ça m’étonne toujours quand on m’interroge à propos du côté «décalé» de mon livre sur l’apprentissage de la sérénité, en cette période de crise économique mondiale.
Mais la sérénité, l’équilibre intérieur, le bonheur, ça n’est pas fait pour nous couper du monde, nous isoler, nous inciter à nous replier sur nous. La sérénité, ça n’est ni l’immobilité ni le retrait. C’est exactement le contraire !
Pouvoir nous stabiliser intérieurement, ne pas oublier de nous réjouir de ce qu’il y a de réjouissant dans les détails du quotidien, cela va nous aider encore mieux à nous engager dans l’action pour changer le monde, mais une action sereine, lorsque c’est possible.
Et puis même si elle n’est pas sereine, même s’il faut de la bagarre, des secousses, même s’il faut s’engager de toutes ses forces pour que «ça bouge», il va bien falloir ensuite s’apaiser, pour souffler, pour préparer les prochaines actions. Engageons-nous dans ces efforts d’apaisement de toutes nos forces aussi !
Nous avons besoin de tout : de l’énergie pour nous lancer, de la sérénité pour récupérer, et du bonheur pour avoir envie de reconstruire.

PS : en illustration, un dessin paru cette semaine dans Livres Hebdo, la revue professionnelle des libraires, pour nous rappeler en un clin d’œil le nécessaire équilibre entre intériorité et ouverture au monde (cliquez sur l'image pour l'agrandir).

vendredi 3 avril 2009

"Papa, je m'ennuie..."


Je travaille souvent à la maison le mercredi : je ne peux pas pratiquer la psychiatrie à temps plein, je perds alors peu à peu mes capacités et mon plaisir d’écoute. Bref, travailler à la maison le mercredi, c’est sympa, parce qu’il y a les enfants dans le coin ; mais c’est compliqué parce qu’il y a les enfants dans le coin…
Un mercredi où je travaillais dans mon bureau, ma deuxième fille Louise tournait un peu en rond dans la maison, ayant épuisé son quota de temps de télé et d’ordinateur, et n’ayant pas de sœur ni de copine sous la main. Comme la porte du bureau est fermée, elle n’ose pas rentrer, de peur que je ne rouspète (elle a raison, je rouspète souvent si on m’interrompt dans mon boulot !). Je l’entends qui tournicote dans le couloir, puis il y a un bruissement de papier : elle vient de glisser sous ma porte un petit message d’appel au secours : « Papa, je m’ennuie, aide-moi SVP » (sic). J’éclate de rire, et je vais ouvrir la porte derrière laquelle elle attend en rigolant elle aussi, sûre de la pitié que son triste sort va m’inspirer. Je ne me souviens plus de ce que je lui ai proposé alors comme activité, mais nous avons du parler de l’ennui : nos enfants, plus surstimulés que nous ne l’étions à leur âge, supportent encore moins bien que nous l’ennui.
Pourtant, de petites doses d’ennui jouent un rôle important dans nos équilibres intérieurs, nous poussant à l’introspection et pouvant nourrir dans un second temps notre créativité.
L’ennui : un état d’âme utile, donc. Mais il doit nous inciter autant à repenser notre mode de vie (pas assez de mouvements et de changements ?) que notre façon de percevoir le monde (ne passons-nous pas à côté de tout un tas de choses intéressantes autour de nous par manque d’attention et d’approfondissement ?).
Allez, bon week-end, avec ou sans ennui !